mercredi, 16 mai 2012

Citations: bullies

"Bully", c'est un mot assez difficile à traduire en français. Une brute, en quelque sorte. C'est ainsi que l'on peut décrire les hommes qui tyrannisent leur famille, ou encore les petites terreurs de cour de récré. D'où le terme de "bullying" que nous rapprocherions dans le contexte de l'école du harcèlement moral, parfois du racket. "To bully" peut signifier selon le contexte: maltraiter, intimider, persécuter, brutaliser...

"You know, we forget half of what they teach us in school. But when it comes to the torment and the people who inflicted it, we've all got an elephant's memory."
(Esprits Criminels)

"Blame the family, blame the bully, blame it on me
Maybe they needed to be wanted"
(Bully, Three Days Grace)

"Never be bullied into silence. Never allow yourself to be made a victim. Accept no one's definition of your life, but define yourself."
(Harvey Firestone)

"He's not like you, you don't like that
15 years down the road, he could be everything that you won't
But right now you're breaking him down"
(Are you happy now, Megan & Liz)

"Show me a man who has enjoyed his school days, and I'll show you a bully and a bore."
(Robert Morely)

"How you been feeling [...]
It doesn't matter whose dad's richest now
How you been sleeping
From the top bunks further to fall down"
(The Bully, Sia)

Courage is fire, and bullying is smoke.
(Benjamin Disraeli)

"All you'll ever be is a fading memory of a bully
Make another joke while they hang another rope, so lonely
Push them to the dirt till the words don't hurt"
(Bully, Shinedown)

Et aussi... Mes citations préférées et mes extraits de chansons préférés.

samedi, 12 mai 2012

Savoir ce qu'on veut

J’ai beaucoup écrit sur ce blog, il y a quelques années, que je ne savais pas ce que je voulais, que je voulais trop, que je voulais tout - j'écrivais par exemple dans mon poème Pleurer pour un rien (ici): un peu de bonheur, ça suffit pas - moi je veux tout, moi je veux trop - mais personne ne comprend ça. Et c’est sans doute partiellement vrai. Mais il me semble maintenant que je sais également très bien ce que je veux. Et que c’est peut-être de là que vient le problème.

Je veux une vie simple. Loin de la ville. Travailler en free-lance. Je veux une vie de famille. Un peu de temps pour moi, un peu d’argent pour acheter des livres, un peu des deux pour faire quelques voyages.

C’est plutôt clair, non ? Bien plus clair que pour la plupart de mes camarades de promo. Eux veulent plutôt mettre leur carrière au premier plan pendant quelques années, vivre à Paris ou à l’étranger car c’est là qu’il y a des opportunités à la hauteur de leur ambition. Travailler en entreprise, bien sûr.

Je ne les envie pas, je ne pourrais pas vivre cette vie. Et au moins, quand comme moi, on sait ce qu’on veut, et quand on sait qu’on ne peut pas tout avoir, je pense qu’on risque de finir avec moins de regrets. Et Dieu que je déteste les regrets…

Mais peut-être est-ce cette différence qui me rend plus exigeante, plus angoissée. Car quand on sait ce que l’on veut, on se rend forcément compte si on ne l’obtient pas. On me met également en garde contre la tendance que je pourrais avoir à laisser passer des opportunités parce qu’elles ne rentrent pas dans ce  « plan »… je verrai bien, mais pour l’instant, je ne vois pas lesquelles pourraient me tenter.

Je ne sais pas si c’est très clair u_U …

Ce qui est drôle, aussi, c’est que c’est à partir du moment où j’ai accepté de ne pas savoir ce que je voudrais toute ma vie – impératif imposé par l’ « orientation » à l’école – que j’ai fini par trouver un métier que je pourrais bien, finalement, exercer toute ma vie. La traduction, en l’occurrence. Peut-être pas seul, et peut-être de façons différentes. Arrêter de vouloir choisir « la » bonne voie à tout prix m’a libéré… et permis d’en trouver une que j’emprunterai peut-être très longtemps.

Sur ce thème vous pouvez aussi lire... mon poème Have it all (ici), Futurs métiers, choisir une vie (ici), L'exigence, la création, ce que je veux (ici), Mes doutes (ici).

mercredi, 09 mai 2012

Quelques photos de street art

L'art sauvera le monde. Fiodor Dostoïevski.

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Dédicace à Clo, qui m'a fait découvrir l'art sous mes yeux et avec qui j'adore aller à la chasse aux photos.

Et aussi... Quelques photos d'animaux.

samedi, 05 mai 2012

Poème: Les yeux d'un humain

Un petit poème écrit le 19/03/2012, pas exactement mon style habituel. Inspiré par la vie dans une grande ville que je ne nommerai pas pour éviter qu'on m'accuse de diffamation, et parce que c'est à peu près la même chose partout de toute façon ;p. Même si bon, il faut avouer qu'avec les beaux jours ça s'arrange un petit peu.

Pardon excuse-moi je voudrais pas te déranger
Je sais qu’ici tout le monde est toujours tellement pressé
Trop pressé pour se regarder, bien trop pressé pour s’arrêter
Le temps c’est de l’argent et c’est en perdre que se parler
Mais là j’ai vraiment trop besoin de croiser le regard d’un humain

Pardon excuse-moi je ne voulais pas t’effrayer
Tu me regardes comme si je m’apprêtais à t’étrangler
Vas-y reprends ton chemin, vas-y rien ne te retient
Au temps pour moi, quelle idée, je m’étais imaginé
Que derrière cet air de dédain se cachait les yeux d’un humain

mercredi, 02 mai 2012

Extraits de chansons - danse

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Dis, quand tu danses, à quoi tu penses
Dis, quand tu danses, est-ce que tu penses à moi ?

(Lap dance, Ycare)

Quand tu crois enfin qu’tu t’en sors
Quand y en a plus eh ben y en a encore
[…] Alors on chante, lalalalalala, lalalalalala
Alors on danse, lalalalalala, lalalalalala

(Alors on danse, Stromae)

Just dance, gonna be okay, d-d-d-dance
Dance, dance, j-j-just dance

(Just dance, Lady Gaga)

Je veux juste une dernière danse
Avant l'ombre et l'indifférence
Un vertige, puis le silence
Je veux juste une dernière danse

(Dernière danse, Kyo)

Avant d'être dans le noir Je veux garder l'espoir
Et danser encore Avancer toutes voiles dehors
Et danser encore Envoyer valser la mort
Dans le décor

(Danser encore, Calogero)

Ce rêve auquel tu crois, dis qu’en restera-t-il
Si tu restes chez toi, dis qu’en restera-t-il ?
[…]
Allez danse, danse ta vie, danse

(Danse, Grégoire)

I hope you never lose your sense of wonder
You get your fill to eat but always keep that hunger
May you never take one single breath for granted
God forbid love ever leave you empty handed
I hope you still feel small when you stand beside the ocean
Whenever one door closes I hope one more opens
Promise me that you'll give faith a fighting chance
And when you get the choice to sit it out or dance
I hope you dance, I hope you dance

(I hope you dance, Lee Ann Womack)

Mes extraits de chanson préférés: ici.

samedi, 28 avril 2012

Fanfic: La voix de Manticore

Une fanfic écrite entre janvier et août 2011, en anglais à l'origine. Traduite en août 2011 avec l'aide de mon frérot qui a notamment eu l'idée de traduire "she got away from Manticore" par "Manticore est loin maintenant", et "one foot out the door" (exemple type de l'expression intraduisible) par "une issue de secours". Vous pouvez trouver la version anglaise sur Fanfiction.net (lien).

space needle, seattle, dark angel, max

 

Auteur : mari6s.

Fandom : Dark Angel.

Perso : Max.

Nombre de mots : 333.

Disclaimer : je ne suis propriétaire ni de Dark Angel, ni de Max, ni de Seattle, ni de la Space Needle, et encore moins de la Tour Eiffel, si ça intéresse quelqu'un. 

 

Ses cheveux flottaient au vent, dégoulinant de pluie. Dangereux de monter ici par ce temps – mais ne l’était-ce pas toujours ? On peut se faire écraser par une voiture à chaque fois que l’on traverse la rue, de toute façon. Si l’on commence à y penser, on peut tout aussi bien arrêter de vivre. Et si elle se mettait à vérifier les prévisions météo, elle ne rejoindrait jamais son endroit favori. Quand donc ne pleut-il pas à Seattle… ?

Elle regarde la ville en contrebas. On ne peut pas dire qu’elle soit belle – mal famée et en ruines, voilà ce qu’elle est. Mais pour une raison inconnue, cette vue la calme. L’aide à se remettre les idées en place. Et Dieu sait qu’elle en a bien besoin…

Elle peut être si agaçante, parfois. Elle est de ceux qui ont eu de la chance, et elle le sait. Manticore est loin maintenant. Elle a une vie, une belle vie vues les circonstances, et même s’il lui faut toujours rester sur ses gardes, il y a des gens qui tiennent à elle. Oui, elle le sait. C’est vrai, mais…

Mais quoi, Max ? Mais parfois, elle a l’impression d’avoir emmené une partie de Manticore avec elle. Une toute petite voix, ou peut-être pas si petite, qui ne cesse de la hanter. De lui rappeler de garder les yeux grands ouverts, ses valises prêtes sous son lit et une issue de secours.

Et malgré ses efforts pour ne pas l’écouter, la voix ne reste jamais silencieuse. On l’a bien conditionnée.

Contemplant la ville depuis ce qui fut autrefois le symbole de son avancée technologique, ruine d’une civilisation convaincue que rien ne pourrait jamais mal tourner, Max se surprend à espérer qu’un jour, peut-être, elle sera capable d’oublier cette voix tout à fait. Hum, un jour peut-être. Et même si elle ne croit pas le moins du monde aux présages, bons ou mauvais, elle se sent un peu réconfortée, un peu revigorée, voyant Seattle couronnée d’un arc-en-ciel.

Pour voir mes autres fanfictions, c'est .

Et n'oubliez pas de laisser des reviews!

écrit par mari6s - merci de ne pas l'utiliser sans inclure un lien

mercredi, 25 avril 2012

Matraquage publicitaire

L’omniprésence de la publicité nous énerve tous de temps à autre, je crois. Intrusive et envahissante, souvent stupide ou vulgaire (même si je reconnais volontiers que certaines sont des trésors de créativité), voire inquiétante lorsque l’on nous fiche à notre insu, que notre numéro de téléphone pourtant sur liste rouge circule de fichier clients en fichier clients ou que l’on piste nos habitudes sur Internet pour nous transmettre des annonces « personnalisées ». Mais la question que je me pose, c’est : pourquoi ? 

Oui, rassurez-vous, je sais bien pourquoi, ma prof de marketing (à prononcer à moitié à la française : mar-keu-ti-ng, comme on prononce management ma-na-dje-man-t) bien aimée nous l’a expliqué lors de son seul cours où j’avais daigné me déplacer (mais il y a une raison médicale tout à fait sérieuse : une allergie viscérale à son contenu) : la publicité et le mar-keu-ti-ng ont une raison d’être dans des sociétés d’abondance comme la nôtre, où l’offre est plus forte que la demande et où les marchés sont donc saturés. Il s’agit de pousser le consommateur à acheter chez nous plutôt qu’ailleurs quand il en a besoin, et surtout, à acheter plus et plus souvent qu’il n’en a besoin – un exemple au pif : changer de téléphone portable tous les six mois et de cuisine aménagée tous les trois ans.

D’accord. Admettons. Admettons que ce soit viable, durable écologiquement et sain psychologiquement – et croyez-moi, je me retiens très fort pour ne pas dégouliner de vitriol. Aujourd’hui, je veux juste remettre en question la pertinence de la stratégie de ces pousse-à-la-conso, en ne songeant qu’à leur propre intérêt.

Comme je l’ai dit en intro, la pub est omniprésente. On la retrouve dans nos boîtes aux lettres par brassées, à la télévision toutes les demi-heures voire plus, sur tous les sites Internet que l’on visite (parfois de manière bien intempestive et envahissante comme les pop-ups, les vidéos qui se déclenchent automatiquement…), dans la rue, sur les quais du métro… Ça fait déjà beaucoup d’ « information » à traiter pour notre pauvre petit cerveau, et le mien est bien incapable de dire de quel parfum Natalie Portman est l’égérie, ou si c’est le Crédit Agricole ou la Lyonnaise de Banque qui ridiculise le banquier d’en face qui ne fait rien comme il faut – et est incapable de proposer un forfait de téléphone portable à sa maman, quel goujat, cela ne fait-il pourtant pas partie de son cœur de métier ? Oh, zut, chassez le vitriol, il revient au stylo.

Et à cela s’ajoute la répétition, le matraquage. Mon prof de maths au collège avait l’habitude de dire, ne plaisantant qu’à moitié, que l’enseignement, c’est enfoncer des clous – en général, après qu’un élève ait posé une question dont il avait donné la réponse quelques minutes plus tôt. Cela s’applique apparemment a fortiori au mar-keu-ti-ng : comment, sinon, expliquer les cinq affiches identiques côte à côte vantant un site de rencontres extraconjugales à La Motte-Piquet - Grenelle ? La même pub sur un mec à l’haleine d’hyène précédant la moitié des vidéos Youtube pendant une semaine ? Encore que je comprends mieux la présence de pubs sur des sites Internet offrant un service gratuit (ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent pousser Mémé dans les orties, au risque de se prendre un coup de canne au popotin) que dans un moyen de transport public et payant.

Je ne sais pas vous, mais ça me met hors de moi, ce harcèlement - n'ayons pas peur des mots. Achetez, consommez, c'est nous les meilleurs et ça va vous changer la vie, vous rendre beau, désirable, heureux, même si vous n'en avez pas besoin et même si vous ne pouvez pas vous le permettre! Plus c’est intrusif et moins ça me donne envie d’acheter le produit vanté. Je retiens même parfois le nom de la marque pour la fuir comme la peste. Je sais bien qu’il paraît que toute publicité est bonne à prendre, mais n’y a-t-il pas un moment où l’énervement du consommateur (qui, avant de l’être, est un citoyen et une personne, quoi qu’en pense ma prof de mar-keu-ti-ng) risque plutôt de le détourner du produit qu’on essaie à tout prix de lui fourguer ? Ou peut-être, dans l’un de mes accès de naïveté utopiste, sous-estimé-je notre proximité génétique avec le mouton. De Panurge, bien sûr.

Si vous voulez découvrir mes articles sur la société, en voici des extraits choisis: ici.

Et vous, qu'en pensez-vous? Laissez un commentaire!

samedi, 21 avril 2012

Puzzle de chansons n°5: Something more & the key

We expected something, something better than before, we expected something more. And is it so wrong to wish that we’d get along? What’s the use to throw yourself at love if in the end it never seems enough, I’m trying not to pretend that it won’t happen again and again like that. In another life I would make you stay ’cause it’s you, it’s you, it’s all for you, everything I do, and I wonder if you’ll want me anyway at the end of the day… Baby come back, you know I don’t want to be free. We have the key, you’ll be you and I’ll be me.

Start a war, The National
Where did it all go wrong, Ria Ritchie
Another empty bottle, Katy McAllister
Disaster, Jojo
The one that got away, Katy Perry
Video games, Lana del Ray
Parallel, Ally Rhodes
I was an island, Allison Weiss
The key, Kate McGill

Adaptation en français:
Nous nous attendions à quelque chose, quelque chose de mieux qu'auparavant, nous nous attendions à quelque chose de plus. Et devrais-je avoir honte d'espérer que nous puissions nous entendre? A quoi cela sert-il de se ruer vers l'amour si à la fin cela ne semble jamais assez, j'essaie de faire comme si cela n'allait pas arriver encore et encore de la même façon. Dans une autre vie, je te garderais à mes côtés, car c'est toi, c'est toi, tout est pour toi, tout ce que je fais, et je me demande si tu voudras de moi malgré tout, au bout du compte... Chéri reviens, tu sais je ne veux pas de cette liberté. Nous avons la clé, tu seras toi, je serais moi.

mercredi, 18 avril 2012

Battlestar Philosophia 2: Résister ou collaborer? Du côté des justes ou des gagnants?

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A la fin de la saison 2 de Battlestar Galactica, sous l’impulsion de leur tout nouveau Président Gaius Baltar, qui en avait fait un argument de campagne contre Laura Roslin, la Présidente sortante, les humains s’installent sur une planète nommée New Caprica, en référence à leur monde d’origine détruit par les Cylons. Mais un an plus tard, les Cylons les retrouvent et installent une force d’occupation. L’épisode 3.19 (Crossroads Part 1, en français Croisements 1/2) décrit le procès de Gaius Baltar pour trahison, une fois l’occupation terminée et l’humanité de retour dans sa flotte de vaisseaux spatiaux. Romo Lampkin, avocat de l’ancien Président, argumente que :

« Le seul vrai crime commis par Baltar a été de s’incliner devant l’inéluctable. Gaius Baltar a sauvé la vie de la population de New Caprica, quand Laura Roslin aurait préféré nous voir morts, victimes d’une bataille que nous n’avions aucune chance de gagner. … Je ne sais pas pour vous, mais je suis bien content qu’elle n’ait pas été la Présidente quand les Cylons sont arrivés et ont dit “Rendez-vous ou mourez”. Je dois ma vie à Gaius Baltar et à la décision qu’il a pris ce jour-là. Et c’est aussi le cas de Laura Roslin. »
“ [Baltar’s] only real crime was bowing to the inevitable. Gaius Baltar saved the lives of the people on New Caprica, where Laura Roslin would have seen us all dead, victims of a battle we had no hope in winning. … I don’t know about you, but I’m glad she wasn’t the President when the Cylons arrived and said ‘Surrender, or die’. I owe my life to Gaius Baltar and the decision he made that day. And so does Laura Roslin.”

Difficile de ne pas être d’accord. La collaboration dans une certaine mesure serait donc parfois nécessaire. Mais n’est-ce pas le même dilemme auquel fut confronté le honni Pétain ? Lui comme Baltar ne seraient-ils alors que les victimes de leur succès – condamnés par ceux qu’ils ont permis de sauver ?

Peut-être alors faut-il introduire des degrés de collaboration. Lorsque Baltar signe l’arrêt de mort de centaines de personnes une arme sur la tempe, fait-il passer sa propre survie avant celle de son peuple… ou se résout-il à en sacrifier quelques uns en espérant sauver les autres ? Pétain, à ce que je sache, n’a pas gouverné sous la menace d’une arme, et ma sensibilité personnelle tend à tracer la ligne à la façon dont le gouvernement de Vichy s’est fait un devoir de devancer les désirs d’Hitler en faisant par exemple recenser et arrêter des Juifs de son propre chef. Mais il me paraît évident que ce ne sont pas des sujets que l’on peut traiter de façon manichéenne…

Tout d’abord, simplement parce qu’il est toujours plus facile de juger a posteriori, une fois que l’Histoire a jeté les dés… Ni Pétain ni Baltar ne pouvaient savoir combien de temps l’occupation ennemie allait durer, ni parier sur un débarquement des Alliés ou du Galactica. Alors bien sûr, si tout le monde avait fait comme eux, s’il n’y avait pas eu des hommes comme De Gaulle et Adama pour s’éloigner et revenir plus forts, comme Jean Moulin et le Colonel Tigh pour organiser la résistance et sacrifier leur vie ou un œil, et risquer la vie de leurs hommes, rien n’aurait changé. Mais comment ne pas se poser de questions lorsqu’on entend ce que promet Tigh dans l’épisode 3.02 (Precipice), répondant à un autre Résistant qui remet en question sa stratégie d’attentats meurtriers et lui demande dans quel camp ils sont : « Nous sommes dans le camp des démons, Sergent. Nous sommes des suppôts du diable dans le jardin d’Eden. Envoyés par les forces de la mort pour répandre la désolation et la destruction partout où nous allons. »
“We're on the side of the demons, Chief. We're evil men in the gardens of Paradise. Sent by the forces of death to spread devastation and destruction wherever we go.”

C’est la question de l’utilité pour le plus grand nombre des actions de chacun – et c’est là que vient se greffer l'éternel débat entre l'intention et les conséquences, entre le déontologisme et l'utilitarisme, entre Kant et Mill... (Wikipedia a de bons articles à ces sujets si vous voulez les approfondir) On peut donc s’interroger sur les motivations des uns et des autres : défendre la liberté, la démocratie, un gouvernement plus ou moins légitime, un peuple ou une ethnie, un pays, un territoire ? Mais aussi sur les résultats concrets : comment savoir quand l’occupant arrive quelles conséquences sa présence pourra avoir ? Après tout, notre Vercingétorix national a courageusement défendu « nos ancêtres les Gaulois », mais s’il n’avait pas perdu, aurions-nous profité des routes pavées, des aqueducs et des thermes importés par les Romains, qui tout occupant qu’ils aient été, font eux aussi partie de notre patrimoine génétique ?

Mais il y a aussi la question celle de l’auto-préservation… C’est un instinct fort et le plus souvent salutaire. Oui, il faut que certains se sacrifient, mais pourquoi moi, surtout si je ne suis pas assuré de faire une différence ? N’est-il pas plus sage de se ranger du côté des gagnants ? Ce n’est pas anodin que le seul résistant que nous connaissons auteur d’un attentat suicide dans la série n’est-il pas un homme qui n’a plus rien à perdre depuis la mort de sa femme ? D’un autre côté, on a le Sergent Tyrol, engagé dans la Résistance alors qu’il a un enfant en bas âge et qu’il est fort possible que, comme le dit sa femme Cally, « un jour il ne rentre pas » “One of these days, you're just not gonna come back, are you? You'll just vanish, and that'll be it. I'll never see you again. Nick will never know his father.”
Un de ces jours, tu ne rentreras simplement pas, pas vrai ? Tu disparaîtras purement et simplement. Je ne te reverrai plus jamais. Nick ne connaîtra jamais son père. », épisode 3.01 Occupation) – elle manquera d’ailleurs d’être exécutée par les Cylons à cause de ses liens avec la Résistance. En admettant que pour le bien commun, il faille des gens comme lui, cela rend-il moral le risque qu’il prend et fait prendre à ses proches ?

Dans l’autre camp, on a Jammer, qui s’engage dans la force de police humaine créée par les Cylons. D’abord sensible à l’idée de résister (ce qui est montré dans les webisodes Résistance), il décide finalement de collaborer, persuadé que cela permettra de sauver des vies et qu’il vaut mieux que les rues soient contrôlées par des humains que par les Cylons. Il est trop tard lorsqu’il se rend compte qu’il a été abusé et que les Cylons les utilisent pour arrêter des centaines de personnes destinées à une mort certaine. Reconnaissant son amie Cally parmi eux, il tente d’abord d’intercéder en sa faveur, puis il l’aide à s’enfuir. Même si cela prouve qu’il reste « quelqu’un de bien », la question posée avant son exécution sommaire à la fin de l’occupation subsiste : « Est-ce que parce qu’il a sauvé Cally, on est censé oublier qu’il a tué 23 autres personnes ? » (“Does saving Cally let him off the hook for killing 23 others?”, épisode 3.05 Collaborators, en français Le Cercle). D’un autre côté, sauver une seule vie, n’est-ce pas déjà mieux que rien? Les autres ne seraient-ils pas morts avec ou sans sa participation ? Oui, mais lui et ses camarades n’ont-il pas apporté une certaine légitimité au régime d’occupation ? C’est sans fin…

On a aussi Gaeta, qui reste au service du gouvernement collaborateur de Baltar, dans le but de transmettre des informations utiles à la Résistance. Ce genre de source interne est essentiel à la réussite d’un mouvement de résistance… Le faux collabo risque sa vie et accepte que son action ne soit pas reconnue, s’exposant à la haine et au mépris de ceux-là même qu’il aide – Gaeta passera d’ailleurs à deux doigts de l’exécution dans ce même épisode 3.05, tant son anonymat était bien protégé. N’est-ce pas là une autre forme d’héroïsme, moins voyante mais tout aussi importante ?
Je finirai avec une question : si Baltar, comme il le prétend, savait que son fidèle adjoint aidait la Résistance, et l’a laissé faire, doit-on le considérer comme un collaborateur… ou comme un résistant ? S’agissait-il d’une forme d’inertie, ou de la seule façon d’agir qu’il a trouvée ? En effet, un chef d’Etat qui serait surpris à trahir l’occupant ne risquerait pas que sa propre vie… S’il faut tirer une conclusion, ce serait sans doute qu’on peut difficilement ranger tout le monde dans deux cases bien séparées – ou plutôt, que rien n’est plus facile… ni plus réducteur. Quand Sartre dit que l’on n’a jamais été plus libre que sous l’Occupation allemande, il a sans doute raison, mais savoir si chacun récolta ensuite ce qu’il avait semé… là, c’est une autre histoire. Je vous propose dans ce registre de lire mon premier Battlestar Philosophia, qui s’interroge sur le mérite et les leçons tirées de nos erreurs.

samedi, 14 avril 2012

Poème: Just for today

Where did you go, why can’t you stay
Could we forget tomorrow just for today
Try to enjoy the time we’ve got
May I just say I love you a lot

I said the word, don’t run away
Forever can wait just for a day
Tomorrow we can figure it all out
And in the meantime no need to pout

Let’s enjoy the time we’ve got
‘Cause I really love you a lot

Ecrit le 19/11/2011