samedi, 28 janvier 2012

La médiathèque du traducteur

Voici quelques ouvrages et sites utiles à mon sens à tout traducteur, amateur ou non, ou de façon générale, à toute personne qui s'intéresse aux langues.

Umberto Eco, sans doute l'un des traducteurs les plus connus au monde, et dont je vous conseille d'ailleurs quelques lignes plus bas l'un des ouvrages, considère que "tous les grands écrivains sont des grands lecteurs de dictionnaires : ils nagent à travers les mots." C'est aussi le cas des traducteurs, peut-être à plus forte raison encore, puisqu'il faut un "réseau" de vocabulaire colossal pour trouver le mot juste, pour exprimer non sa propre pensée mais celle d'un autre...
Je vous conseille donc en premier lieu de consulter autant que possible des dictionnaires unilingues, bilingues voire thématiques. Dès que vous rencontrez un mot inconnu ou mal connu, par exemple...

  • En français, le Larousse ou le Robert.
  • En anglais, le Harrap's ou le Collins.
  • En règle générale, vérifiez la qualité d'un dictionnaire avec des "tests" sur des mots que vous connaissez: si "cat" est traduit par "chat", "chat" doit aussi être traduit par "cat" ; et mieux vaut que quelques expressions idiomatiques y figurent, comme "donner sa langue au chat".

De nombreux dictionnaires sont disponibles en ligne:

  • Le Larousse en ligne pour le français.
  • Le Merriam-Webster Dictionary pour l'anglais.
  • Le dictionnaire de la RAE (Real Academia Española) pour l'espagnol.
  • Wordreference en bilingue (anglais, français, espagnol, allemand, italien, portugais...) qui comprend de plus un forum (dont la principale qualité est aussi la principale faille: faire intervenir des locuteurs "comme vous et moi", qui peuvent indiquer ce qui est plus ou moins idiomatique, mais ne sont pas infaillibles)
  • Wiktionnaire en unilingue pour diverses langues, avec l'avantage de préciser en général l'étymologie et les mots de même origine dans d'autres langues.

Il peut également être utile d'avoir des listes de vocabulaire thématiques. Pour cela, il existe une collection formidable: Le Mot et l'Idée (Ophrys). En anglais, espagnol, russe, chinois, arabe, et même néerlandais... (je me contente des trois premiers ;p) Et puis en français aussi!

Et une fois que l'on a tout ce vocabulaire, encore faut-il trouver le bon mot... Trouver le mot juste, comme le dit ce petit ouvrage de Paul Rouais chez Le Livre de Poche, sous-titré Dictionnaire des idées suggérées par les mots. C'est magique. Il reproduit en quelque sorte notre processus de pensée, permettant en général de trouver les mots que l'on a sur le bout de la langue en s'en rapprochant par approximation.
Par exemple, pour "désespoir", il liste: désespérance, abattement, accablement, affaissement, découragement, démoralisation, consternation, prostration, déboire, désappointement, déception, mécompte, désillusion, désenchantement, désespérément. "Déception", quant à lui, nous renvoie à "erreur", qui liste entre autres: aberration, égarement, méprise, fourvoiement, confusion, quiproquo, leurre, chimère, illusion, faire fausse route, châteaux en Espagne, peau de l'ours.

Une grammaire peut toujours servir... Je crois que le choix est avant tout une question de goût, le tout est qu'elle vous convienne.

Il y a ensuite des ouvrages de "théorie de la traduction", de traductologie si l'on veut employer les grands mots. Ceux que je vous conseille ici sont passionnants et pas si théoriques que ça, en fait: parsemés d'exemples, d'anecdotes, ils se dévorent comme un bon polar ;).

  • Dire presque la même chose - Expériences de traduction (Umberto Eco), qui explique en fait comment (bien) traduire à partir d'exemples concrets (et de très nombreux contre-exemples) inspirés par l'expérience d'auteur, d'éditeur et de traducteur d'Eco, dans diverses langues: l'italien, langue de l'auteur (que, malheureusement, je ne parle pas, je lis donc l'édition française de l'ouvrage), l'anglais, le français...
  • Il était une fois 7000 langues (Louis-Jean Calvet), qui raconte l'apparition et l'évolution des langues orales et écrites, avec une partie consacrée plus particulièrement à la traduction. De nombreux encarts contenant des exemples d'alphabets, des tableaux de correspondance entre langues, des statistiques ou encore des extraits de livres, le rendent particulièrement vivant et accessible à tous.

Laissons le mot de la fin à Mark Twain:
"The difference between the right word and the almost right word is the difference between 'lightning' and 'lightning bug'."
Pour comprendre cette citation, il faut savoir que "lightning", c'est un éclair, et "lightning bug", une luciole. En voici ma traduction personnelle: "La différence entre le mot juste et le mot presque juste, c'est la différence entre 'éclair' et 'éclaircie'."

mercredi, 25 janvier 2012

Bulletin d'information de Thyroïdland

Mes deux dernières séries d'analyses sont extrêmement encourageantes!

Je vous rappelle que j'ai des anticorps "rebelles" qui attaquent ma thyroïde et l'empêchent de produire autant d'hormones qu'elle le devrait, et que les lésions peuvent devenir permanentes si on n'inverse pas le processus assez rapidement (dans les mois ou quelques années qui viennent).

Depuis plus de 6 mois je suis au régime sans gluten et sans lait, avec en plus divers compléments alimentaires (oméga 3, zinc, sélénium, etc), et depuis 4 mois je suis aussi un traitement homéopathique de fond pour traiter ma thyroïde et mon "terrain" propice aux maladies auto-immunes. Le tout en essayant de réduire mon stress, qui a une influence importante sur la thyroïde. Pour plus de détails, faites un tour dans la section "Dans ma vie" de ce blog.

En septembre dernier, mes anticorps anti-thyroglobuline étaient à 3000 UI/mL (unités internationales par millilitre, si vous voulez tout savoir) - ils avaient atteint le même niveau en 2007 puis étaient redescendus et remontés. Fin décembre ils avaient diminué de moitié, et au 20 janvier ils étaient à 1000!

Quant à mes anticorps anti-thyropéroxydase (atchoum!), ils étaient à 189 UI/mL en septembre (et étaient montés jusqu'à 300 en 2007). En décembre, ils étaient descendus à 95, et maintenant à 94.

Cela reste bien au-dessus de la normale: 115 pour les globu et 34 pour les péroxy. Mais c'est la baisse la plus rapide que j'aie connue depuis l'apparition du problème (même s'il est difficile de savoir jusqu'où ils étaient montés avant le diagnostic), et puis certains médecins considèrent que les normes sont un peu strictes.

Dans tous les cas, c'est agréable de savoir que je peux avoir une influence sur ma chère petite thyroïde, car c'est l'impuissance qui m'était la plus insupportable. Bon, je continue à paniquer dès que j'attrape un rhume et il faut de fait que je fasse attention, mais j'ai eu une grosse rhino-laryngo-bronchite fin décembre juste avant mes analyses et ça ne s'est pas ressenti ni sur celles-là, ni sur les dernières.

Donc je vais persévérer dans mes efforts (bien que j'aie fait quelques écarts sur le régime alimentaire pendant les fêtes: de la vraie chantilly, un p'tit chocolat, un bout de pain de campagne et du pain surprise...) en espérant que ça va continuer au même rythme! Pendant ce temps les hormones sont stables et ont même remonté un peu, donc je suis aux anges!

samedi, 21 janvier 2012

Poème: réécriture de... Titus et Bérénice

Un soir de novembre dans mon lit, quelques vers de la pièce de Racine me tournaient dans la tête, les plus beaux de la pièce selon moi: dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, seigneur, que tant de mers me séparent de vous, que le jour recommence et que le jour finisse, sans que jamais titus puisse voir bérénice, sans que de tout le jour je puisse voir Titus. Alors j'ai pris un carnet et un crayon et j'ai écrit une suite pour ces vers.

Si vous n'avez pas lu cette pièce (ce que je vous conseille fortement, les vers de Racine approchant la perfection), voici un petit résumé de l'intrigue: Bérénice, reine de Palestine, aime Titus, futur empereur de Rome, et est aimée de lui. Mais les Romains détestent la monarchie et ses représentants, et Titus doit donc choisir entre elle et le trône, ou selon sa façon de voir les choses, entre ses désirs d'un côté et son honneur et ses responsabilités de l'autre. Dans la pièce, après moult confrontations et changements d'avis, les amoureux se résolvent à faire leur devoir et à vivre malheureux chacun de leur côté. Mais Racine n'est pas le seul à savoir manier les alexandrins...

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice
Que me chaut ma couronne, que me chaut mon pays
Si renoncer à vous en est l’horrible prix ?
Quelle sorte de reine pourrais-je encore bien être
Si je laisse en mon cœur la rancœur apparaître ?
Et César pourra-t-il sourire à ses sujets
Pour qui il renonça à son bonheur parfait ?
Souverain malheureux n’en devient pas meilleur
Il est bien dangereux d’anesthésier son cœur
La gloire n’est rien de plus que de la vanité
Lorsqu’elle ferme les yeux sur la réalité
Et il n’existe point moins noble sacrifice
Que de faire de sa vie entière un artifice
Et enfin serons-nous assez prétentieux
Pour prétendre que d’autres ne pourraient pas faire mieux ?
Sire, laissons la politique aux politiciens
Et avançons ensemble, la main dans la main.

mercredi, 18 janvier 2012

Je m'y perds

Un petit texte écrit en septembre 2011, lyrico-méditatif je dirais. Tentative d'illustrer le processus de ma pensée qui se perd.

Je pense. Donc je suis, non ? Mais à quoi je pense ? Je ne sais déjà plus. Je pense que je pense. Ou est-ce ce que je crois ? Je m’y perds.

J’existe. C’est forcé, j’existe, Descartes l’a dit - même si je ne peux pas être sûre que lui ait existé. Mais où et quand existé-je ? Suis-je en train de rêver ? Suis-je manipulée par une créature, un Dieu, un enfant qui joue aux Sims, l’imagination délirante d’un écrivain ? Suis-je endormie quelque part, ou dans le coma peut-être ?

J’ai des souvenirs, oui. Relativement cohérents. Mais qui me dit qu’ils sont vrais ? Quelle différence entre mes souvenirs « vrais » et mes souvenirs de rêves, de films, de produits de mon imagination ? Ne suis-je pas persuadée aussi de la véracité de mes rêves, au moment où je les rêve ? Ne suis-je pas un peu amnésique au moment où je passe du rêve à la réalité ? Ne m’arrive-t-il pas de me réveiller sans comprendre où et qui je suis ?

Admettons que j’existe. Que j’existe ici et maintenant. Mais le monde autour de moi, est-il réel ? Et les gens ? On me dit qu’il y a sept milliards d’hommes sur Terre, mais qu’en sais-je ? Il y en a tant que je ne croiserai jamais, et même ceux que je rencontrerai, pourraient tout à fait cesser d’exister sans que j’en sache rien. On me dit que la Terre tourne autour du Soleil et que notre galaxie ressemble à une traînée de lait et que l’Univers est peut-être infini, mais je ne l’ai jamais vu, moi. On me dit que nous sommes composés d’atomes, mais c’est si facile à oublier dans la vie de tous les jours. On me dit qu’il existe des particules nommées quarks, mais personne ne peut les voir. La connaissance signifie-t-elle quoi que ce soit lorsqu’aucune expérience concrète n’en est possible ?

Et finalement, en quoi est-il plus rationnel de croire en les arbres que de croire en Dieu ? Les arbres je les vois, je peux les toucher et les sentir, entendre le son du vent dans leurs branches. Je peux même y grimper si je me sens aventureuse. Mais qui me dit que tout ça n’est pas un leurre ? Que je ne suis pas en train de rêver ou d’inventer cet arbre ? Que je ne suis pas en train de regarder un film en 4D, en 5D comme ils en feront sans doute bientôt… Dieu n’est pas visible, audible ou touchable, mais le quark non plus. Bien sûr un scientifique me répondrait, à raison, que l’on peut observer les effets du quark en physique. Et un croyant convaincu dirait peut-être que l’on observe aussi les effets de Dieu sur le monde. Peu importe, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la perception. Comment puis-je faire confiance à mes sens s’ils ne peuvent pas tout percevoir, s’ils peuvent se tromper ?

Fil de ma pensée, où es-tu ? J’étais en train de penser, pas vrai ? Je ne sais plus. Je m’y perds.

samedi, 14 janvier 2012

Poème: Tick tock

Seconds are running off the clock
Moments get lost in oblivion
The door is locked
And time is gone
Tick tock

Another day has gone away
So many minutes gone to waste
Do as you may
Always in haste
Lost the taste

Seconds running off the clock
So many minutes gone to waste
Always in haste
Tick tock

écrit le 29/06/2011

mercredi, 11 janvier 2012

Graphisme: l'échiquier

Fait sur Photoshop en une dizaine d'heures en novembre 2011, à partir d'un dessin au fusain et à la sanguine (création originale) offert à mon père, joueur d'échecs, pour Noël 2010.

échecs, échiquier, roi, reine, fou, cavalier, tour, pion, création originale, dessin, graphisme, colorisation

samedi, 07 janvier 2012

Street views 1: l'enfance

Ces street views sont des sortes de descriptions de passage, des scènes de rue qui m'ont frappée, regroupées par thèmes. Aujourd'hui, l'enfance.

Du 8 au 15 octobre 2011 - écrit le 15.
45 + 20 + 45 = 110 mots.

Un groupe de scouts dans le métro, se jetant à cinq sur le seul strapontin libre, l’un hurlant « Le plus vieux d’abord ! » en poussant un plus petit, avant d’atterrir au sol, les quatre fers en l’air au-dessus de son sac à dos.

Un petit garçon debout au-dessus d’une grille de climatisation, le T-shirt gonflé par le souffle d’air montant, riant aux éclats.

Une petite fille pelotonnée dans les bras de sa maman, sur le trottoir, toutes deux tremblent de froid. Un petit garçon et sa mère leur font des signes de la main depuis le porche d’un immeuble, et la fillette leur sourit de toutes ses dents.

mercredi, 28 décembre 2011

Sous le sapin

Le matin de Noël j'ai trouvé près de mes chaussons:

  • des DVDs: la saison 1 de Haven, la saison 8 de One Tree Hill (oui bon Les frères Scott si vous y tenez), la saison 2 de Sanctuary, les saisons 1 à 3 des Enquêtes de Murdoch.
  • des CDs: Simon & Garfunkel, Adele, Jessie J.
  • des livres: Ceux qui vont mourir te saluent (Fred Vargas), un recueil d'Hemingway.
  • un kit de couture dans une magnifique petite boîte en tissu fabriquée par ma mère.

Et je profiterai aussi de cadeaux des autres, comme par exemple le dernier Artemis Fowl en anglais (offert par mon père à mon frère).

Et moi qu'ai-je offert?

  • à mon père: une cravate, une BD et un livre sur les échecs.
  • à ma mère: un recueil de contes africains, un livre sur l'apparition du zéro, des recettes de macarons.
  • à ma grand-mère: un recueil anthologie de mes poèmes, un livre de photos d'évènements marquants du siècle dernier, des ciseaux de couture "cigogne" multicolores.
  • à mon frérot: une cravate rouge (comme dans Hitman!), un beau stylo à motifs celtiques, le DVD de Planète des singes: les Origines.

Et vous, que vous a réservé le petit Papa Noël cette année? J'espère en tout cas que vous avez passé un bon moment, entourés de ceux que vous aimez!

samedi, 24 décembre 2011

Extrait de ma fanfic Programme Halcyon - épisode 6

Programme Halcyon est une fanfiction dont 13 épisodes sont déjà disponibles en ligne. Pour le descriptif de cette fic, allez ici.

Je vous rappelle qu'un concours d'écriture est en cours (courte scène de vie courante ayant pour but de s'intégrer dans un épisode de Programme Halcyon), jusqu'au 31 décembre. Il est encore temps de participer ;)

Et voici un petit extrait de l'épisode 6 (Vivre et laisser vivre) :

______________________

« Bon, euh… Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour mettre au point quelque chose de valable, commença Marshall.

Kendall l’invita à continuer d’un coup d’œil impatient, mais le génie des gadgets mit encore quelques secondes à se ressaisir, déconcentré par la vision peu commune d’Elisha Clode en train de faire une cocotte en papier – ou une sorte d’origami, peut-être. Elle semblait n’accorder aucune espèce d’importance au briefing, et encore moins à ceux qui y assistaient, absorbée par son pliage.

- Oui, euh, alors… reprit Marshall, je me suis rabattu sur les bonnes vieilles techniques, et j’ai mis au point ceci.

Il saisit un petit écrin sur son bureau et l’ouvrit, exhibant ce qui ressemblait à une boucle d’oreille – un piercing. Le petit clou en métal était surmonté d’une pierre de quelques millimètres de diamètre, imitant un diamant.

- Pas tout à fait mon style, énonça Clode avant de se replonger dans son activité comme si elle n’avait jamais levé les yeux.

- C’est malheureux, railla Kendall. Marshall, continuez.

- Bon, donc comme Melle Clode l’a compris c’est un piercing, mais pas tout à fait un piercing habituel. En fait, je me suis inspiré des boucles d’oreilles que sa… euh, que Derevko a donné à Sydney, sa fille, se corrigea Marshall sous le regard mi-amusé, mi-barbé d’Elisha et celui de Jack, toujours aussi impassible. La petite… pierre, fausse, je l’avoue, est… un émetteur-récepteur, avec un micro pour… euh, enregistrer tout ce que Melle Clode dira et ce que d’autres pourraient lui dire. Les filtres sont assez performants, néanmoins je… conseillerais, de le placer sur son visage, pas trop loin de sa bouche. L’émetteur donne à ce petit bijou une fonction de traceur, et le récepteur, eh bien… Le petit… clou est rempli d’assez de C4 pour, enfin, disons qu’à votre place je ne donnerais à Monsieur Kendall aucune raison de déclencher l’explosion, et je n’essaierais surtout pas d’enlever le piercing sans… ce dispositif très pratique, conseilla-t-il en montrant un outil ressemblant à un arrache-agrafe high-tech.

- Je croyais qu’on s’était mis d’accord, pas d’explosifs dans mes accessoires ? protesta Elisha.

- Eh bien, euh, vous êtes toujours très intimidante et la dernière chose que je veuille faire est de vous mettre en rogne, mais lui, fit Marshall en montrant Kendall du menton, peut me virer, et c’est une chose que je préfèrerais ne pas avoir à expliquer à ma mère.

Clode s’autorisa un véritable sourire amusé et haussa les épaules, réaction la plus proche d’un « sans rancune » dans son éventail d’attitudes.

- Marshall, coupa Kendall, mettez-lui ce foutu piercing, qu’on en finisse.

- Sur le nez, si ça ne vous dérange pas trop, intervint Elisha tout en continuant son origami.

- Je ne suis pas du tout un professionnel dans ce genre de choses, bégaya Marshall en chargeant chaque partie du piercing au C4 dans une pince pour percer les oreilles, et, enfin, franchement, je… Ça pourrait faire un peu mal.

- Ne vous inquiétez pas, souffla Elisha. J’y survivrai, et je vous promets que vous aussi.

Marshall plaça alors les extrémités de la pince du pistolet de part et d’autre de la narine droite de la terroriste, et voyant qu’elle continuait en aveugle son pliage, il se décida à appuyer. Les deux parties du piercing se réunirent sans que l’expression de Clode n’ait changé.

- Voilà, ce n’était pas si terrible, pas vrai ?

- Non, ce n’… s’interrompit Marshall, réalisant que la question était ironique.

- Souvenez-vous, intervint Kendall. Vous n’avez pas intérêt à faire un geste de travers, tous les agents ont l’autorisation de vous tirer dessus au moindre doute.

- Et moi qui croyais qu’ils avaient toujours eu le droit de me tirer dessus… »

Programme Halcyon affiche 11 Marshall.jpg

Pour lire cette fic, cliquez ici.

Pour voir mes autres fanfictions, c'est par .

Et n'oubliez pas de laisser des reviews!

écrit par mari6s - merci de ne pas l'utiliser sans inclure un lien vers la fanfiction complète

mercredi, 21 décembre 2011

Poème: Pris dans la toile

Je n'ai rien contre la technologie, mais quelquefois elle me fait peur. Notre manque de contrôle sur elle, surtout. Notre dépendance croissante. Et puis la tyrannie qui va avec: l'obligation d'être joignable en permanence, sorte de laisse qui m'étrangle, me stresse.

 

toile, web, araignée, spider

 

Tout va si vite, tout est tellement facile
Toujours joignable sans délai et sans fil
Connecté à la toile et à tous les réseaux
L’embarras du choix entre e-mails et textos

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps
Les lettres circulaient à cheval
Les nouvelles prenaient leur temps
S’en sortait-on vraiment plus mal ?

Pris dans la toile on s’emmêle dans les mails
Tous nos contacts y mettent leur grain de sel
Internet s’infiltre jusque dans nos portables
On n’a plus le droit de n’être pas joignable

C’est beau le progrès
La technologie nous tait
La technologie nous tue
Que des fantômes dans la rue
Vérifie tes mails
Le virtuel efface le réel

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps
Les lettres circulaient à vélo
On n’abrégeait pas les mots
On s’en sortait bien, pourtant

Pris dans la toile, l’essentiel n’est qu’un détail
Mais au milieu de tous ces leurres
Un bienfait pour l’humanité
Un reste de tranquillité
Le répondeur

Ecrit les 04/10/2011 et 6/10/1991