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lundi 14 avril 2008

Taboue la mort?

1584190686.jpgLa mort, taboue? On en parle tous les jours à la télé. On lit des tas de trucs sur la mort. Alors non. Pas vrai?

Et pourtant... La mort d'inconnus, presque fictifs dans notre esprit, ça non, pas taboue. Mais dès qu'il s'agit de nous...

On ne porte plus le deuil. C'est peut-être dommage. A la mort de ma grand-mère, il y a bientôt 2 ans, j'aurais voulu que le monde s'arrête de tourner. J'avais besoin de temps. Bien sûr, la vie n'attend pas. Mais quand même... un peu de temps ne pourrait que l'aider à redémarrer sur les chapeaux de roue.

Les gens ne veulent pas parler des disparus. Et ça, ça me tue. Parce qu'ils vivent encore en moi et qu'ils devraient vivre dans nos paroles. J'adore évoquer des souvenirs avec ma famille, quitte à en avoir la larme aux yeux. C'est toujours mieux que de ne rien ressentir.

C'est dans des petits riens que le vide s'installe. Quelques mois après la mort de ma grand-mère, mon père est retourné à son appartement à Paris et m'a confié à son retour qu'en partant, il n'avait pas pu s'empêcher de regarder vers la fenêtre d'où elle nous regardait toujours partir, "comme un con" dixit lui-même. J'ai souri puis, quand le sens de ce qu'il avait dit s'est imprimé dans mon cerveau, des larmes ont mouillé mes yeux, "comme une conne" dixit moi-même, parce que je savais que c'est quelque chose que j'aurais pu faire. Et vous voyez ce simple moment partagé, c'était plus qu'un long discours. Ca voulait dire que chacun d'entre nous comprenait très bien ce que ressentait l'autre. Qu'elle ne serait plus jamais à cette foutue fenêtre, mais en même temps, qu'elle y serait toujours, à chaque fois qu'on y irait, tant que nous vivrions.

C'est ces petits riens dont on a besoin. Mon petit frère a continué longtemps, et continue encore parfois, à utiliser le présent quand il évoquait notre grand-mère. Et ça ne venait à l'idée d'aucun d'entre nous de le corriger. Parce qu'au fond ça nous faisait du bien.

On n'aime pas parler des morts. On ne parle pas de la mort. Vous avez remarqué combien de phrases on a pour désigner la mort en tournant autour du pot? "Il nous a quittés", "elle est partie", "il est monté au ciel"... Et je me retrouve à sortir ces phrases que je hais pour ne pas gêner les gens alors qu'au fond, dire "elle est morte" ne me dérange pas tellement, me semble plus naturel.

On ne parle pas aux morts. Ca ne se fait pas. A la limite sur leur tombe. Seuls. C'est tout juste si on a le droit de penser à eux - ou en tout cas, de le dire.

Moi je parle souvent à ma grand-mère, en regardant les étoiles. Je lui écris de longues lettres où je lui raconte ma vie, mes doutes, mes souvenirs d'elle. Je n'ai aucune idée de ce qu'il y a après la mort, le paradis, rien ou tout ce qu'il y a au milieu, mais ce dont je suis certaine, c'est qu'elle vit encore parce que moi, je la fais vivre, parce que ceux qui pensent encore à elle la font vivre.

texte de MOI - photo trouvée sur Google

lundi 14 avril 2008 Publié dans Réflexions | Tags : mort, tabou | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Oui... Moi j'suis bien un peu comme ces personnes... Mais il y au moins une chose qui est admirable c'est de ne pas oublier les personnes qui sont mortes et de les garder dans nos souvenirs, dans notre esprit, dans nos pensées et dans notre coeur.
Je ne pense pas que l'on a forcément besoin de la parole...

Écrit par : Adeline | vendredi, 25 avril 2008

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