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mercredi, 18 juin 2008
Revenir en enfance...
Parfois j'aimerais retrouver l'innocence de l'enfance... Appelez-la naïveté si vous y tenez, et alors? Quel mal à être naïf quand on l'ignore et que personne ne peut nous en empêcher? Quel mal à attendre le meilleur, et à continuer même quand on a été déçu?
On a perdu ce droit. On se méfie de tout. Pourquoi rire du naïf quand c'est le menteur, le trompeur qui devrait avoir honte? Pourtant c'est l'usage.
Parfois j'aimerais retrouver le temps de l'enfance... Vous souvenez-vous comme tout semblait passer si facilement, et du peu de conscience qu'on avait de ce temps qui s'enfuit? Peut-être ne nous fuyait-il pas encore... Il était notre ami.
On a perdu ce droit. On court après le temps, ne réussissant qu'à gâcher celui qu'on avait...
Parfois j'aimerais retrouver la tranquillité de l'enfance... Pas trop de regrets du passé, on savait bien mieux qu'aujourd'hui qu'on ne pouvait rien n'y changer. Pas de soucis sur l'avenir, ou alors juste pour le lendemain. Douce insouciance...
On a perdu ce droit. On ne vit que dans le passé et l'avenir, et on oublie que notre présent est un cadeau. Maintenant, on a des responsabilités.
Parfois j'aimerais hurler "Criminels!" à ceux qui tentent de voler l'enfance aux enfants. Il faut qu'ils soient autonomes, soit disant pour leur bien, en réalité simplement parce que c'est plus simple à gérer. Il faut qu'ils aient des bonnes notes dès le primaire, comme si ça garantissait des études d'avocat ou de médecin. On les rend même impatients d'être adultes! Alors les fillettes jettent leurs poupées pour avoir du maquillage et des vêtements de "grande", les garçons n'ont plus pour jouets que des armes ou des manettes de jeux vidéos...
Mais n'avez-vous donc pas conscience de ce que vous leur faites? N'avez-vous pas honte? Ou peut-être tentez-vous de vous venger pour avoir perdu la vôtre au détour d'un chemin il y a bien longtemps?
Laissons les enfants être des enfants. J'ai 16 ans et j'ai besoin d'être une enfant parfois, de me comporter comme telle, d'être un peu égoïste, de regarder le monde avec émerveillement plutôt qu'avec cynisme, de sauter dans une flaque d'eau quitte à me salir, de courir après un papillon juste parce qu'il est d'une jolie couleur. On en a tous besoin, mais on ne le fait pas, parce que ça ne se fait pas, à cause du "qu'en dira-t-on" et de ce foutu regard des autres qui nous paralyse!
Qu'est-ce qu'on en aura à faire, de ce que les autres auront pensé de nous, le jour de notre enterrement? Est-ce qu'on ne regrettera pas, une fois enterré dans une boîte en bois six pieds sous terre, de ne pas simplement avoir vécu?
Soyez fous! Vivez! Rappelez en vous cette part d'enfant, avec ses envies, ses caprices, ses rêves... Prenez le temps, avant qu'il soit trop tard, ne perdez pas votre vie à la gagner.
texte de MOI - image de Fotolia
16:34 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : revenir, enfance, jouvence, retour, passé, innocence, tranquillité






Commentaires
Marianne, tu as ô combien raison ! Voici bien longtemps que je me révolte aussi contre cette tendance à faire des enfants des adultes en miniature. Parents, enseignants, médias, tous s'y mettent... On leur demande de se débrouiller seuls, d'avoir des avis sur des sujets sur lesquels il n'ont aucun recul... !
Et s'ils résistent, on assène les mots terribles : "manque d'autonomie", "immaturité". Ah, cette fameuse "immaturité" qui parfois masque, au contraire, un trop plein de maturité ! L'enfant ou l'adolescent trop mûr pour son âge voit le monde comme il est et c'est ce qui le pousse à s'accrocher à l'enfance, tel Peter Pan...
L'adulte, trop souvent, valorise l'enfant qui lui ressemble, celui en qui il voit un "fort" en puissance, celui qui sait répondre à la perfection à ses attentes d'adulte. L'adulte se sent valorisé de voir l'enfant servilement l'imiter.
Mais avant toute chose, il craint l'innocence, la vulnérabilité assumée, la capacité à faire confiance, à s'évader, parce qu'il les a perdus et qu'y replonger signifierait perdre pied, perdre sa place dans le jeu du pouvoir. Mais ceux qui gardent cette capacité de s'émerveiller et de s'évader, de contempler le monde sans préjugé ni aigreur seront toujours les plus libres... !
Ecrit par : Milathea | jeudi, 19 juin 2008
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