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vendredi 09 janvier 2009

Journée d'Appel de Préparation à la Défense

JAPD.jpg

8h45. Le froid est insidieux et des nuages blancs émanent de toutes les bouches de lycéens, pas franchement ravis de se trouver devant l'Ecole de Gendarmerie où nous sommes tous convoqués pour la JAPD, et pas très réveillés - mais cependant plus que moi, qui me lève habituellement tout juste à cette heure...

Des groupes se sont déjà formés et je ne vois personne que je connaisse, je prie pour ne pas être toute seule toute la journée. Puis j'entre par le petit portail à côté du très grand et très impressionnant qui ferme le terrain de l'Ecole de Gendarmerie. Terrain bien plus grand encore que je n'aurais cru: la cour, parsemée de grands bâtiments tous identiques, semble sans fin.

Avec quelques autres jeunes, j'entre dans un petit bureau où on nous demande convocation et pièce d'identité, et où on nous remet un badge à accrocher sur nous, vous savez, comme dans les films, bon, sans la photo et le nom, mais avec le numéro de salle et de place qui nous sont attribués. Il faut juste avoir fait polytechnique pour trouver comment ouvrir l'attache, ce qui m'a pris un quart d'heure - ou alors j'étais vraiment endormie, hypothèse pas improbable...

Un jeune élève gendarme où je ne sais quoi d'autre (vu que je n'y connais rien et que, comme je l'ai peut-être déjà dit, je ne suis pas bien fraîche) en treillis militaire nous conduit vers une salle où d'autres JAPDistes nous attendent avec des petites viennoiseries et du jus d'orange. Je reconnais les jumelles avec qui j'étais à l'école et au collège, et les rejoins, ravie de pouvoir m'accrocher à un groupe...

Puis vers 9h, on nous fait entrer dans des salles "de classe", salle 1 pour nous qui avons un badge bleu, salle 2 pour les autres, qui ont un badge jaune. Je ne suis pas trop loin des jumelles. Je m'installe. Et me prépare à m'ennuyer - pardon, là c'est très parti-pris et pas journalistique de ma part, je rectifie: Et me prépare à tout mémoriser pour vous le relater fidèlement. Aye aye, sir.

Une femme de la marine nous explique comment va se dérouler la journée, qui promet d'être longue. Nous remplissons ensuite des papiers, situation maritale, professionnelle, et numéro de téléphone d'une personne à contacter en cas d'urgence - ils comptent pas nous faire faire le parcours du combattant aperçu dans la cour, quand même? se demande-t-on, vaguement inquiet ;p

A 9h30, deux gendarmes nous présentent le premier module: Etre citoyen français et européen. Rien de trop partial, mais rien non plus de bien nouveau pour moi: les droits et les devoirs du citoyen, j'ai rabaché ça non seulement en ECJS mais aussi en éducation civique dès le primaire. Mais passons. La présentation est correcte, et je suis consciente que beaucoup des jeunes ici n'ont pas assimilé ces notions - même si je me demande s'il n'est pas de toute façon un peu tard pour eux... Oui, c'est l'effet du manque de sommeil sur moi: pessimiste sur l'humanité - ou alors c'est mon état normal :-°

Puis vers 10h15, une pause. Des fois que nos petits neurones exploseraient. On échange nos premières impressions: pas passionnant, et il fait froid dans les salles. On discute un peu pour s'évader. Et ensuite, on nous annonce qu'on échappe au stage de secourisme pour des raisons techniques, et qu'on va donc sortir à 16h15 au lieu de 17h. Bonne nouvelle! Surtout que j'ai déjà fait du secourisme au collège, et que faire du bouche à bouche à un mannequin, surtout après d'autres élèves et sans avoir préalablement passé sa "bouche" au désinfectant, n'est pas mon rêve absolu...

Ensuite, le très redoutable et redouté test de français, avec des petites zappettes comme pour passer le code... Le test est un peu moins con-con que ce à quoi je m'attendais, mais toutefois pas d'un niveau effrayant - pour moi, en tout cas, puisque beaucoup semblent un peu paniqués. Il y a un exo où on doit dire si un mot existe ou pas (du genre hétéroclite, laquais, faubourg, pour ceux qui existent), deux où on doit dénicher des infos dans un programme de ciné puis dans un extrait de roman (un peu comme en CP quand on apprend à lire, mais avec un texte quand même un peu plus compliqué que Gafi le fantôme), et enfin un exo où on doit dire si deux mots, dont un qui n'existe pas (danger/danjer, maladie/naladie, erreur/emeur), se prononcent de la même façon. En clair, ils vérifient si on parle français et si on le lit. Et j'ai réussi à ne pas faire exprès d'avoir tout faux ^^, ce qui n'était pas gagné, vu mon esprit de contradiction légendaire.

Puis vers 11h45, nous allons manger. La nourriture n'est pas franchement extra, mais j'ai vu pire. Disons que pour une journée, ça va, je me gave de pain pour remplacer le jambon "gélatineux" et le steak bien trop saignant pour moi. Par contre, le "mess" est bondé d'uniformes, c'en est presque stressant, et je peux vous dire qu'on a fait très attention à ne pas se casser la figure devant les gradés en allant ranger notre plateau...

A la sortie du réfectoire, vers 12h30, quelques uns arrivent à fumer une clope en se planquant dans le groupe, alors que c'est totalement interdit sur toute la durée de la journée. Je vous dis pas l'odeur, c'est horrible, je suis quasi-asthmatique avec la fumée de cigarette mais évidemment, c'est ce lui qui le signale qui est rabat-joie... Tous ces gentils fumeurs en herbe (sans jeu de mot ;p) prennent cette interdiction comme une atteinte à leur "droit de fumer", mais moi je n'ai apparemment pas droit à respirer de l'air pur...

On nous laisse quelques minutes en "récré", puis on nous fait former trois groupes pour tourner dans trois ateliers: le premier porte sur le matériel du gendarme mobile, sorte d'équivalent des CRS chez les gendarmes, avec le bouclier, le casque, le masque à gaz, les protections anti-coups... On nous explique la différence entre une manif autorisée ou interdite, que les gendarmes respectent toujours le manifestant (mais pas le casseur) et qu'ils ne frappent que pour se défendre, ne réagissant pas même si on leur crache à la figure. Petite leçon de civisme qui pourrait bien s'avérer utile pour les lycéens du groupe qui ont l'habitude de manifester... Sans doute plus que quoi que ce soit d'autre dans la journée. Avec, en plus, selon l'intervenant lui-même, LE point à retenir: les grenades "touche pas à ça p'tit con", celles qui comportent un marquage jaune, ce qui signifie qu'elles contiennent une charge d'explosif et qu'il ne faut surtout pas les ramasser si elles tombent à nos pieds, au risque d'y perdre la main... D'où le nom, "touche pas à ça p'tit con", qui sera à mon humble avis mémorisé.

Deuxième atelier: présentation d'armes à feu par des élèves gendarmes. Le MAS G1, pistolet français 9mm qui est en cours de remplacement par le SIG-PRO (de fabrication allemande) chez les gendarmes; le FAMAS, fusil d'assaut d'une portée pratique de 300m (mais d'une portée maximale de plus de 10 fois cette distance) ; et le HK MP5, pistolet mitrailleur. J'ai essayé d'être attentive pour faire plaisir à mon frérot qui m'envie cette JAPD rien que pour ça, mais franchement, le moment le plus intéressant, c'est quand on nous fait passer les armes et qu'on peut les toucher pour de vrai. Rien que le pistolet est déjà assez lourd, mais pour le FAMAS, c'est même difficile d'imaginer comment on peut tirer avec ça (environ 4 kg...)

Dernier atelier: la partie scientifique, avec théoriquement une présentation du système de relevé d'empreintes et ce genre de choses, mais en fait seulement axé "prévention alcool et drogues au volant". Un peu dommage car ça ne me passionne personnellement pas vraiment, mais ça concerne effectivement pas mal de mes camarades - ou va les concerner bientôt, vu que peu ont déjà le permis. On voit donc les techniques pour dépister l'alcool et la drogue, avec le fameux ballon mais aussi l'éthylomètre (qui indique précisément le taux d'alcool), et on apprend que quelqu'un qui a fumé un joint il y a trois semaines peut être positif à un test anti-drogues. Là encore, je me sens vachement concernée. Moment émotion quand les gendarmes nous parlent des jeunes qu'ils récupèrent dans des sacs en plastique après des soirées trop arrosées - si j'avais besoin d'une raison de ne pas faire ce métier, ce serait chose faite.

Et puis, après une autre pause, vers 14h15, nous retournons en salle. Deuxième et troisième modules: Comprendre la défense et Participer à la défense. Piouuu... J'avoue, je suis pas passionnée. Comprendre, soit. Je n'apprends pas forcément grand chose, mais passe encore (même si j'ai envie de rouspéter quand on nous parle de l'importance de la dissuasion nucléaire tout en accentuant qu'il s'agit de ne jamais vraiment l'utiliser: le bluff ne marche que si on est prêt à passer à l'action, dans une certaine mesure...) Puis participer... J'écoute attentivement et sans trop d'a priori, vous seriez fiers de moi! Mais au final, tous les avantages qu'ils mettent en avant (notamment, voyager beaucoup) n'en sont pas vraiment pour moi et ne peuvent pas me faire oublier que c'est un métier difficile, qui prend beaucoup de temps, et surtout, surtout, qu'il faut obéir aux ordres, partie qui me pose vraiment problème. Je le dis sérieusement et pas seulement dans un esprit de révolte adolescente: je me méfie du système hiérarchique, car si on me demande quelque chose que je trouve débile ou qui porte atteinte à mon système de valeurs, je veux pouvoir refuser ou au moins démissionner séance tenante.

Ensuite, après une énième pause, toujours dans un esprit "Engagez-vous!", on nous parle de la retraite des gendarmes. Et là ça me dégoûte. Les gens en général me dégoûtent. Partir en retraite à 40 ans avec seulement quelques missions à l'étranger: super! Et j'entends mes "semblables" s'étonner de l'aveu d'un des intervenants, d'avoir passé l'âge où il pouvait partir avec retraite pleine, et de continuer parce qu'il aime ça... Alors que c'est celui-là qui me semble plus normal que ceux qui n'attendent que leur retraite... Et je vois mes co-générationnaires qui n'attendent que ça eux aussi, alors que justement notre génération ne peut compter que sur elle-même pour sa retraite, et je me dis que pas mal vont tomber de haut...

Enfin, une partie sur la réserve: un étudiant ou salarié peut s'engager comme réserviste, être formé en deux semaines avant d'épauler les gendarmes actifs, 30 jours par an choisis selon ses disponibilités, rémunéré ou de façon bénévole. Là encore, j'écoute attentivement bien que ne me sentant pas vraiment concernée.

Puis on nous soumet, toujours avec des petites zappettes, à des sondages pour savoir si on envisage de s'engager (NON pour moi) et ce qu'on a pensé de la journée (et mes réponses n'étaient pas toutes si négatives, non non...)

Et enfin, le moment tant attendu - surtout par mon voisin de table, qui se roulait une cigarette pour fumer aussitôt sorti de l'enceinte de l'Ecole, et trépignait d'impatience à vous stresser un moine zen depuis trente minutes alors qu'au final, on est sortis pile à l'heure prévue : la remise de nos attestations de participation. Le papier pour lequel tout le monde est venu et qui est indispensable pour passer le permis, le bac et tout un tas d'autres exams...

Et voilà, journée accomplie. On sort et on est bien contents que ce soit fini. C'était pas insupportable, mais une seule JAPD me suffit ;p...

vendredi 09 janvier 2009 Publié dans Dans ma vie... | Tags : japd, journée d'appel de préparation à la défense | Commentaires (3) |  Facebook | |

Commentaires

J'ai pas connu ça moi, trop vieille.
Mais bon, c'est de la pub grand format :)
"Engagez-vous qu'i'disaient !"

Écrit par : MADmoiselle | samedi, 10 janvier 2009

C'est tout à fait ça! Dommage selon moi, on pourrait voir des choses plus intéressantes pour l'ensemble des jeunes, et personnellement, je trouverais plus productif de passer quelques mois à effectuer un "service national" qui consisterait à aider une association ou ce genre de choses... Ce serait concret, utile, et ça conviendrait à tout le monde...
Parce que bon, que l'armée fasse sa promo, c'est une chose, mais je vois pas pourquoi ça devrait être obligatoire pour tous les jeunes... Il n'y a pas de journée obligatoire consacrée à la présentation du métier d'agriculteur, d'éditeur ou d'ingénieur!

Écrit par : mari6s | samedi, 10 janvier 2009

quelle horreur la JAPD!!!! ;)
c'était terrible pour moi lol
merci de ton gentil passage son mon blog en tout cas et bonne continuation ;)

Écrit par : DD | samedi, 10 janvier 2009

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