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jeudi 12 février 2009

Description de passage 14: la fille qui faisait semblant

Voici une petite description de passage de 500 mots, inspirée de mes "défouloirs" de mon année de 2nde, ces pages Word que je remplissais de mots pour cracher mon mal-être en pleurant pour des riens (et dont vous pouvez trouver des extraits ici)
Sur le même genre de thèmes, vous pouvez lire ces articles: Nouveau départ, Les gens raisonnables, Les conditions du bonheur, Réflexions: l'exigence, la création..., Système scolaire...

La description d'une fille qui ressemble un peu à celle que j'étais à cette époque, et finalement assez peu à celle que je suis aujourd'hui... Ce texte peut sembler triste ou dur, mais illustre surtout le chemin que j'ai parcouru...

Je précise au passage que je n'ai pas de phobie scolaire, la confusion étant courante et certains éléments de mon texte pouvant y faire penser: un phobique scolaire n'arrive pas à entrer en cours, fait des crises d'angoisse, etc. Moi je me sentais juste mal ;p

Dédiée à ceux qui font semblant et qui croient que ça ne pourra jamais changer... Gardez espoir et agissez!
Et à ceux qui, par leurs conseils, leur écoute, leur présence, m'ont aidée à devenir celle que je suis aujourd'hui et m'ont encouragée dans mes choix: Papa, Maman, Adeline, Anaïs, Clo, Drey, Flo, Gilou...

mal-être & larmes.jpg

Son réveil sonne. Elle n'a pas assez dormi et ferait n'importe quoi pour ne pas aller en cours, mais se lève quand même. Se prépare à toute allure. Seul le stress causé par la journée à venir parvient à chasser les brumes du sommeil.

Il fait encore nuit noire. Elle sort dans le froid, attend son bus, monte à bord. Prie pour que quelque chose se passe, un accident, n'importe quoi qui l'empêcherait d'atteindre le lycée. Mais rien n'arrive. Et chaque jour, elle a l'impression qu'elle n'y survivra pas.

Elle arrive en cours, s'assoit à une table dans une salle devant un prof. Elle a l'air de suivre. Ne vous y fiez pas, les trois-quarts du temps elle n'est qu'à moitié là, elle s'envole dans ses rêves, elle écrit en esprit les histoires qu'elle n'a pas le temps d'écrire pour de vrai. Allez-y, blâmez-la, elle n'attend que ça, elle donnerait tout que quelqu'un s'en aperçoive enfin. Pour que quelqu'un voit combien elle s'ennuie ici.

Oh, elle n'est pas surdouée. Juste un peu plus intelligente ou travailleuse que la moyenne, elle a juste soif d'apprendre. Tous les autres élèves, même les moins cons, s'en foutent de perdre leur temps ici. Râlent juste un peu pour faire bien, mais au fond, s'en satisfont. Pas elle. Elle n'arrive pas à accepter de ne rien apprendre en toute une journée. Ca la tue à petit feu.

Mais personne ne voit jamais rien, ou alors, ils ne veulent pas voir, parce qu'il ne faudrait surtout pas douter que tout va bien dans le meilleur des mondes. Elle a de bonnes notes, c'est une élève disciplinée, elle ne s'habille pas en gothique et ne grave pas Life sucks au compas sur les tables, alors elle va bien, forcément. Ca les arrange. Et elle joue le jeu, pour ne pas (se) faire peur, (se) choquer...

Elle se dit que c'est pas si étonnant que des gens se tuent sans que personne se soit douté de rien. Elle n'est pas suicidaire, pas assez de lâcheté ni de courage, et puis elle aime la vie et sait qu'un jour elle en fera quelque chose de mieux. N'empêche, les oeillères que les gens se mettent d'eux-mêmes tuent. Physiquement ou psychologiquement, elles tuent.

Elle est toujours un peu à l'écart, dans les couloirs ou la cour. Oh, elle a des amies, des filles formidables qui l'écoutent et la comprennent. Elle parle à ses camarades. Mais ça ne l'empêche pas de ne pas se sentir à sa place - on le lui fait savoir, parfois. Parfois elle essaie d'être un peu plus normale, le reste du temps elle tente juste d'être elle-même - pas si facile dans l'univers de l'hypocrisie...

Elle aimerait tant leur hurler à la figure ce qu'elle est vraiment. Mais elle est timide, bien élevée, et elle a peur de briser cette image qu'ils se font d'elle autant qu'elle en crêve d'envie... Alors elle se tait. Fait semblant de rien. Souffre en silence. En attendant des jours meilleurs...

texte de moi écrit le 31-01-09 - image de Fotolia

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