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dimanche 29 mars 2009

Scandales à répétition chez les cathos

Dans les dernières semaines, les scandales se sont enchaînés pour l'Eglise catholique, mettant à mal l'image du Pape... Je ne vais certainement pas avoir honte d'être catho, mais je suis attristée de voir se répéter encore et encore des erreurs de communications néfastes pour l'image de l'Eglise, et des prises de positions indignes de prétendus "chrétiens"... On the bright side, les récents évènements ont aussi montré qu'il y a des cathos -fidèles mais aussi prêtres, évêques...- prêts à protester quand l'Eglise renie selon eux ses propres principes.

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D'abord, la levée de l'excommunication des lefebvristes. Une précision à ce sujet: contrairement à ce que beaucoup pensent, les "évêques" ordonnés "illicitement" n'ont pas été réintégrés dans l'Eglise... Simplement, cette levée d'excommunication représente une main tendue de sa part vers des croyants exclus, main sur laquelle Williamson a craché par ses propos négationnistes... Ajoutez la maladresse coutumière de l'Eglise dans ses communications, et vous avez un premier scandale.

Pour ceux qui ne connaissant pas bien le sujet, je signale que la divergence entre les lefebvristes et l'Eglise catholique vient de Vatican II, le concile qui a eu lieu dans les années 60 et a "modernisé" l'Eglise (si vous la trouvez obsolète, attendez un peu de voir jusqu'où dans le passé les lefebvristes voudraient retourner) Symbole de cette opposition: la messe selon le rite de Saint Pie V (avec le prêtre qui tourne le dos à ses ouailles, et dit la messe en latin)

Mais ce point de détail est l'arbre qui cache la forêt, car les lefebvristes s'opposent aussi à la reconnaissance des autres religions comme aussi respectables que le catholicisme. En effet, l'Eglise reconnaît aujourd'hui qu'il ne faut pas obligatoirement respecter son dogme pour être absolu de ses pêchés et atteindre la "vie éternelle" (comme si Dieu allait changer d'avis à chaque fois que l'Eglise modifie le droit canonique...), or les lefebvristes s'accrochent au "Hors de l'Eglise, point de salut" et voient les non-catholiques comme des "infidèles".

Quant aux tendances négationnistes de Monsieur Williamson, elles ne se généralisent pas à l'ensemble des fidèles lefebvristes. Les Juifs restent apparemment pour beaucoup d'entre eux "le peuple déicide", cela n'en fait pas d'odieux antisémites qui se cachent la réalité historique pour autant.

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La petite Brésilienne de 9 ans qui a avorté de jumeaux, ensuite... Mon horreur devant ce drame est double. Parce que je ressens ce que n'importe quel être véritablement humain ressent aussi: de la révolte, de la pitié, de la peine, parce qu'on ne peut qu'imaginer le calvaire qu'a subi cette enfant, parce qu'on ne peut pas accepter la réaction froide et intransigeante d'une institution désuète qui excommunie une mère dont le choix était le seul possible pour sauver son enfant, et des médecins qui ont sauvé une vie au lieu d'en jeter trois par la fenêtre. Excommunication qui doit être d'autant plus cruellement ressentie, dans un pays très catholique comme le Brésil.

Et aussi parce que, en tant que catholique (même si je ne suis pas très orthodoxe), en tant que chrétienne, je ne comprends pas. L'Eglise m'a déjà déçue, j'ai déjà dit clairement que je ne suivais pas tous ses dogmes et que je la trouvais "en retard" sur notre temps. Mais là, il ne s'agit pas d'un mot malheureux, d'une incongruité. Il s'agit d'un refus terrible de toute charité, notion pourtant capitale dans ma religion. Il s'agit d'une condamnation péremptoire, là où Jésus de Narazeth prêche le pardon et l'amour. Il en aurait pourtant fallu, de l'amour et de la charité, dans une situation aussi difficile. Une fois n'est pas coutume, je vais être moi aussi péremptoire: l'évêque de Recife et le cardinal Re ne sont pas chrétiens.

Je ne comprends pas ce besoin de jeter de l'huile sur le feu. Etre contre l'avortement, c'est une position qui se respecte. Mais une fois que "le mal est fait", à quoi servent ces condamnations??? Comme beaucoup de prêtres l'ont heureusement compris, ce qui compte c'est de reconstruire, pas de détruire un peu plus encore! De comprendre, pas de repousser!

Je ne comprends pas non plus quand l'Eglise parle de respect de la vie. Qu'elle soit contre l'avortement, je trouve ça presque logique, même si son inflexibilité en toutes circonstances m'exaspère un peu, et que sa position sur la contraception me semble contradictoire. Mais ici, il ne s'agissait pas (comme le Cardinal Re l'a pourtant affirmé) de préserver la vie des jumeaux à naître! Il ne s'agit pas même de leur "droit à vivre", puisqu'ils n'auraient probablement pas survécu! Comment une fillette de 9 ans, pesant une trentaine de kilos, avec son corps d'enfant, aurait-elle pu porter à terme un enfant, qui plus est des jumeaux? Et si par "miracle" elle les avait mis au monde, elle y serait sans doute restée. Et enfin, quel Dieu voudrait qu'une petite fille accouche au péril de sa vie du double fruit de viols répétés??? Certainement pas le mien.

Et enfin, enfin, ce que je ne comprends pas, c'est l'horreur prononcée par le Vatican pour justifier la non-excommunication du violeur, en résumé: "le viol est moins grave que l'avortement". Je rappelle que l'avortement est puni automatiquement d'excommunication (sans qu'il y ait besoin de l'annoncer publiquement, l'évêque de Recife ayant probablement voulu se mêler ainsi du débat sur la dépénalisation de l'avortement, au Brésil) alors que le pire des violeurs ou des meurtriers ne reçoit aucune "sanction juridique" de la part de l'Eglise catholique... Cela fait écho à mes yeux à ce que je disais dans cet article sur la place des femmes dans l'Eglise: la souffrance d'une femme (quand ce n'est pas une enfant...) violée, meurtrie, détruite, compte moins que celle d'un embryon qui, qu'on le considère ou non comme un être humain, n'est pas encore venu au monde! Messieurs les grands prélats, vous qui n'avez pas même élevé d'enfant, tentez d'imaginer une seconde que vous ayez à élever celui d'un monstre, le rappel permanent du pire jour de votre vie? Il doit falloir beaucoup de force et d'amour pour ne pas haïr un enfant né ainsi, ou du moins pour ne pas regretter qu'il soit né... Beaucoup plus, certainement, que l'évêque de Recife n'en a montré! Oubliez un peu vos grands principes, et montrez un minimum de compassion!

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Et puis, enfin, dernière en date, la déclaration du Pape sur le préservatif. Dieu que l'Eglise est nulle en communication! (je sais, "en vain mon nom tu ne citeras" mais là, quand même, zut!) Le Pape est allé en Afrique avec des choses à dire sur la corruption, sur la misère, et tout ce que le monde tout entier retiendra, c'est une phrase sur le préservatif, dont on ne sait même pas exactement si elle a été retransmise fidèlement. Qui était, de plus, soit symptomatique d'une méconnaissance ou d'un déni des réalités, soit très mal formulée.

Je crois avoir déjà dit dans d'autres articles ce que je pensais de la position de l'Eglise sur la contraception. En résumé: irresponsable et mal placée. Parce que le refus de toute contraception (car la seule qu'ils acceptent est la "contraception naturelle" basée sur la température et la prévision de l'ovulation, qui n'en est même pas vraiment une et a un taux d'échec impressionnant ; ou l'abstinence, qui n'est qu'un voeu pieux dans les temps qui courent) fait oublier le message principal: l'Eglise prône des relations sexuelles fondées sur le respect de l'autre (sens original du mot chasteté) et la fidélité, ce qui n'a rien de rididule. Or elle veut, à mon sens, mettre la charrue avant les boeufs: la contraception est, essentiellement, nécessaire parce que les relations ne sont pas respectueuses de cet "idéal" de l'Eglise. Ils devraient tous se concentrer sur la cause plutôt que sur les conséquences! Parce que sinon, les gens ne retiennent que le "pas de contraception", pas le "du respect dans le sexe". Un message négatif là où on devrait entendre un message d'espoir...

De plus, leur position sur le préservatif me semblait déjà criminelle auparavant, et ce qu'a dit le Pape ne fait que me renforcer dans cette idée. Des gens meurent tous les jours à cause du sida, sans parler de toutes les autres sympatiques maladies sexuellement transmissibles... Et l'Eglise continue à vivre dans sa bulle, à prôner l'abstinence. Alors quoi? Toute personne qui se "conduit mal", ou toute personne qui couche avec quelqu'un qui se "conduit mal", est punissable de mort??? Ne vaudrait-il pas mieux contribuer à "limiter les dégâts" en conseillant l'usage du préservatif, et s'occuper après des changements de moeurs?

Update! L'évêque d'Orléans remet en cause la fiabilité du préservatif (sur Yahoo News). Encore du pain bénit pour les journalistes, mais cette déclaration me semble moins scandaleuse, en ce qu'elle repose uniquement sur des considérations scientifiques (c'est-à-dire, le fait que le virus du sida soit plus petit qu'un spermatozoïde et pourrait donc, éventuellement, passer à travers le latex). Je ne connais rien au sujet, mais étant donné que la communauté scientifique semble vouloir nier toute possibilité que cela arrive, je précise tout de même qu'en plus des "accidents" où le préservatif craque, il arrive aussi qu'il y ait des lots défectueux, pas tout à fait imperméables, même pour les spermatozoïdes. La proposition de l'évêque de préciser sur les boîtes de préservatifs que ce n'est pas une contraception fiable à 100%, que ce soit pour les MST ou pour la fécondation, n'a donc rien d'aberrante à mes yeux... Puisqu'il s'agit ici d'informer les gens et pas de leur interdire sans s'expliquer comme si c'était un péché d'utiliser une contraception quelle qu'elle soit.

Résumons: l'Eglise est contre l'avortement et la contraception, parce qu'on ne doit pas empêcher un être humain futur ou possible. Mais dans ce cas, excommunions les couples qui ne couchent plus ensemble! Ainsi que tous ceux qui ne se rencontrent pas par un concours de circonstances, eux aussi tuent un enfant hypothétique!!! Je sais, c'est absurde, mais je me demande juste où est-ce que ce raisonnement s'arrête!

Je concluerai en posant une question toute simple: le Dieu tout puissant en lequel le Vatican croit, ne serait-il pas capable, si tant est qu'il souhaite faire naître un enfant dans un couple qui ne veut ou ne peut pas l'élever (et je me demande bien pourquoi une telle idée lui passerait par la tête), ne serait-il pas capable de contrer l'effet d'un comprimé, d'un morceau de latex?

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Mes autres articles sur la religion:
L'Eglise, une bande de machos?
Mon Credo
Déclaration de foi
Questions de religions

Commentaires

Bin, honnêtement, je n'ai suivi aucune de ces affaires.

Comme je n'ai pas de religion, j'ai du mal à comprendre comment parfois certains peuvent être aussi obtus. Parfois jusqu'à l'extrêmisme.
Alors si en plus ils ne savent pas communiquer correctement...

Écrit par : MADmoiselle | lundi, 30 mars 2009

Je te rassure, moi-même je suis croyante et je ne comprends pas mieux l'étroitesse d'esprit de certains...

Sans parler des quelques extrémistes haut-placés qui ne facilitent certainement pas l'ouverture de l'Eglise, je crois que l'ensemble des dirigeants de celle-ci n'ont simplement pas conscience des réalités du monde moderne, ils vivent dans une bulle. Ce qui n'aide pas, notamment, à communiquer...

Mais dans l'affaire de l'avortement au Brésil par exemple, il ne s'agit pas seulement de gens trop à cheval sur leurs principes, mais d'un refus d'adapter ces principes à des situations exceptionnelles, et d'un déni de toute charité, de toute humanité... Il ne s'agit pas d'extrémistes mais de "non-chrétiens" et de "non-humains"...

Écrit par : mari6s | lundi, 30 mars 2009

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