Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi 03 septembre 2009

Premier jour

Voici un petit texte un peu hors-norme, différent de ce que j'écris habituellement. Pas vraiment une description de passage, mais cela s'en rapproche un peu ; pas du tout un poème, mais il y en a les sonorités et le rythme. Ca m'est venu comme ça, un soir dans le noir, et j'ai été obligée d'allumer la lumière pour m'en débarrasser en le couchant sur le papier.

Cette fille, ce n'est pas moi et ça ne l'a jamais été, bien moins encore que la fille qui faisait semblant. J'ai ressenti les mêmes envies qu'elle, à certains moments, mais je n'ai jamais su jouer la comédie de cette façon ; heureusement, car comme je l'explique dans Nouveau départ, on est vite pris à son propre piège...

Donc voilà ce texte, intitulé Premier jour mais qui pourrait aussi s'appeler 700 jours ou, encore une fois, la fille qui fait semblant, et dont j'ai pensé qu'il se prêterait bien au contexte de la rentrée : dites-moi ce que vous en pensez.

masque.jpg

Premier jour, le premier sur plus de 700 qu'elle passera ici. Premier jour, important, capital même: il déterminera tout ce qui suivra.

Cette année, elle a décidé que tout allait changer. Nouveau départ, nouvelles têtes dans un nouvel endroit, chance d'être percue autrement. Elle a bien tout préparé, tout étudié, chaque détail de sa tenue, chaque accessoire, chaque attitude, elle a répété devant son miroir, le soir. Elle a quelques phrases, passe-partout mais cool, à prononcer, elle sait quoi dire, et quoi répondre, dans chaque circonstance, pour ne pas gâcher cette chance.

L'esprit torturé, mais le pas assuré, elle arrive au lycée. Un peu en avance, voir les groupes se former et savoir à qui parler. Comme en mission, mission d'infiltration, elle étudie la situation. Se rémémore tout ce qu'elle a décidé, comme son nouveau surnom. Vital, aucun mot ne doit lui échapper ; pas un lapsus, pas un tic ne doit la démasquer.

Pourquoi serait-elle condamnée à encore incarner la fille coincée, pas vraiment ringarde mais pas populaire non plus? Le collège c'est terminé, le lycée va tout changer. Elle sait qu'elle peut être plus, il faut juste leur montrer.

Et puis de toute façon, elle-même ignore qui elle est, comment eux le sauraient? Elle peut devenir qui elle veut, du moins elle veut le croire. Et comme elle ne sait pas qui elle veut devenir, elle leur laisse la main, elle sera ce qu'ils veulent, pour leur plaire, et pour ce faire elle gère jusqu'au moindre geste, comme si sa vie en dépendait.

N'est-ce pas le cas, en fait? 700 jours en dépendent, autant dire bien plus loin qu'elle ne peut se projeter.

écrit par mari6s, été 2009.

jeudi 03 septembre 2009 Publié dans Descriptions de passage, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.