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lundi 09 novembre 2009

Petite réflexion au passage...

"Les évènements nous façonnent; il ne tient cependant qu'à nous de ne pas les laisser nous définir."

C'est une phrase qui m'est venue comme ça, sans que je sache vraiment d'où elle venait...

Je ne sais pas si elle vous semblera aussi claire qu'à moi. Ce que cela signifie pour moi, c'est que ce qui nous arrive modifie ce que nous sommes, mais que cela ne doit pas définir notre identité: c'est à nous de choisir les éléments "utiles" de ces évolutions.

En cela, je suis plutôt d'accord avec ce sacré Sartre et l'existentialisme: on est responsable de ce que l'on est, car on choisit en quoi les évènements l'affectent.

Cela dit, je n'irais pas aussi loin qu'eux en affirmant que l'inconscient n'existe pas: de fait, les évènements nous affectent, et laissent des marques que l'on ne contrôle pas toujours.

Mais la "mauvaise foi" décrite par Sartre existe aussi: c'est trop facile d'accuser les circonstances de ce que l'on est devenu, et quand on agit de la sorte, on se condamne de fait à être entièrement déterminé par les évènements extérieurs, puisqu'on l'accepte: on devient passif.

Ce genre de réflexion me touche personnellement: notamment dans mon rapport à mes périodes de maladie. Beaucoup voudraient me voir me poser en victime, mais ce ne serait pas honnête: celle que je suis aujourd'hui, je la dois aussi à ces évènements, qui m'ont endurcie - donnant tout son sens à "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort". Il ne s'agit pas de vouloir souffrir pour être plus résistant, mais d'accepter les souffrances passées comme faisant partie de nous - bien que ne nous définissant pas. En clair, je ne regrette rien de mes périodes d'absence scolaire et d'ennui fiévreux, mais je refuse qu'on me voie comme la pauvre fille qui les a subies - ce n'est pas moi. A ce sujet, je vous suggère de lire mon poème Un peu de moi.

D'une certaine façon, je ressens la même chose envers ce système scolaire dont je vous rebats les oreilles et qui m'a tant fait souffrir et douter. Même si dans ce cas, la "blessure" reste encore, certes pas béante, mais pas non plus vraiment cicatrisée, et que j'ai pour l'instant un peu de mal à ne pas regretter les moments douloureux. Sans doute car ma relation au savoir est terriblement personnelle, quasi passionnelle, et comme j'ai longtemps assimilé savoir et école, je me suis sentie véritablement trahie quand l'école m'a déçue. Bien sûr, après 2 ans au Cned et autant de réflexion sur la vie et l'apprentissage, je vais mieux, et je me sens effectivement plus forte d'avoir 'survécu' (métaphoriquement). Mais cela reste un processus en cours.

Mais je digresse, revenons à nos moutons: moi qui ai tout juste 18 ans, j'affirme avec arrogance que c'est ça, l'âge adulte: ne plus rejeter la faute sur les autres, sur les circonstances, sur le hasard ou le destin, sur l'alignement des planètes, et s'accepter pour mieux s'améliorer... Un long chemin!

Voici une citation, de Wendell Berry cette fois, qui résume bien tout ça à mes yeux: "C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé qu'en tentant de l'améliorer."

lundi 09 novembre 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

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