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mercredi 10 mars 2010

Concrete signs of a different civilization

Je vous ai parlé de la végétation ; mais ce n'est pas la première chose que l'on voit quand on arrive aux Etats-Unis, à moins d'être dans un bateau qui s'échoue sur une plage déserte...

Ce que l'on voit en premier, c'est un aéroport. Tous les aéroports, d'après mon expérience fort limitée, se ressemblent sans être identiques ; le premier "choc", si l'on peut dire, est donc celui du langage, écrit (sur les panneaux) et parlé (instructions du personnel de sécurité et de douane). Cela dit, ce choc est le plus souvent dilué dans le temps, notamment quand on voyage avec une compagnie américaine (le langage principal dans l'avion est alors l'anglais). De plus, j'ai acquis un très bon niveau de compréhension réelle simplement par l'immersion dans les films et séries télé en version originale.

Quand on sort de l'aéroport, une fois les formalités remplies et les bagages récupérés, on se retrouve dans une zone urbaine somme toute assez classique, pas moins familière que l'extérieur de l'aéroport Charles de Gaulle. Assez rapidement, cependant, comme je vous l'ai déjà dit, c'est la taille des voitures (et, à moindre mesure, leur forme) qui indiquent qu'on est "ailleurs". C'est drôle, ça fait cliché, et pourtant je ne m'attendais pas le moins du monde à être aussi dépaysée par ce genre de chose...

Et puis une fois sur la route, là encore je vous en ai déjà parlé, il y a la signalisation. Légèrement différente pour un oeil averti, et j'en ai deux depuis que je conduis moi-même (crotte de mamouth, je ne vais pas pouvoir conduire pendant mes deux mois ici! bachibouzak! - sorry, je me suis emportée...). Les voies qui vont dans un sens et celles qui vont dans l'autre sont délimitées par des lignes jaunes, et pas blanches, mais le système de pointillés pour indiquer quand on peut doubler est le même ; beaucoup de routes ont au moins deux voies dans chaque sens de circulation, et beaucoup de carrefours ont des feux (les rond-points n'existent pour ainsi dire pas ici) ; il n'y a pas de priorité à droite (!) ; et dans beaucoup de carrefours, les quatre voies ont un stop (et l'ordre de passage est déterminé par l'ordre d'arrivée). Dans l'ensemble, les Américains sont beaucoup plus courtois au volant, plus respectueux que les Français (ce qui n'est pas bien difficile!).

Quand on y prête plus attention, on repère d'autres détails... Par exemple, les bâtiments: paradoxalement, je les trouve plus... bas. Dans les "petites villes" (qui sont plutôt grandes pour un Français), la plupart des magasins, etc, n'ont qu'un seul étage, et assez bas ; et les maisons ont au plus deux étages.

Pour ce qui est du style de bâtiments, il n'y en a pas vraiment "un". Ici dans le Nord-Ouest, le plus courant semble être une maison en planches de bois (à la verticale et/ou à l'horizontale, parfois en diagonale sous les pentes de toit), peintes d'une couleur plutôt claire, avec un toit en petites pierres foncées, à la pente formant un angle entre 20 et 40° par rapport à l'horizontale. Mais on rencontre aussi des maisons en briques, en ciment, des toits en tôle, en tuiles... Dans cette partie du pays, il n'y a pas de maisons vraiment vieilles, puisque le peuplement réel remonte à peu de temps.

Le long des routes, l'on voit bien plus d'enseignes et de publicités qu'en France. Pour ceux qui connaissent le périph' parisien, avec les énormes lettres accrochées aux bâtiments, eh bien imaginez la même chose sur toutes les routes bordées de magasins, avec des bâtiments plus petits. Même les cabinets de dentiste ont des enseignes aux couleurs tape-à-l'oeil...

Information intéressante: le pays étant relativement jeune et ayant été "créé" en peu de temps, ses infrastructures sont bien plus organisées que les nôtres. Je crois que tout le monde a en tête les plans de villes américaines avec des rues est-ouest et des avenues nord-sud (ou parfois, vice-versa), bien différents de ceux de Paris, par exemple, où les rues s'entrelacent et se mélangent... De plus, beaucoup de rues et d'avenues sont numérotées: 9th street, 10th street, etc. Et si la 11ème rue a un nom (Maple street, par exemple), la suivante s'appellera tout de même 12th street.
Je n'ai appris que récemment que l'organisation va bien plus loin: dans une adresse, le numéro est donné par la route perpendiculaire la plus proche (par exemple, une maison située sur 115th street, mais proche de 101th avenue aura pour numéro: 101), rallongé par le nombre de maisons qu'il devrait y avoir depuis cette route perpendiculaire (par exemple, s'il n'y a qu'une maison entre 101th avenue et la nôtre, mais qu'il pourrait y en avoir 2 étant donné la place disponible, alors on aura le numéro 10103, la première maison ayant le numéro 10101). Autre précision à apporter: deux lettres indiquant la position de la rue par rapport au centre de la ville, par exemple SW si l'on est au sud-ouest => on se trouve donc au 10103 SW 115th street. Dès qu'on voit une adresse, on peut donc en général la situer assez facilement par rapport à là où l'on se trouve!
Dans le même genre de logique, il y a la numérotation des sorties d'autoroutes: ce n'est pas l'ordre (1, 2, 3...) comme en France, mais la distance depuis le "début" de l'autoroute (pour les interstates, le comptage commence à la frontière de l'Etat): si une sortie se trouve à 1 mile du début, alors elle sera numérotée "exit 1" ; mais si la suivante se trouve à 10 miles, alors ce sera l' "exit 10". On sait donc toujours quelle distance on a parcouru, et en plus de ça, s'il faut un jour ajouter une sortie supplémentaire, nul besoin de renuméroter les autres ou de recourir à un "sortie 5 bis": le numéro correspondant reste disponible (comme pour les maisons tout à l'heure: si une maison est bâtie entre le 10101 et le 10103, ce sera le... 10102!).

Dernier signe distinctif: le drapeau américain, très présent partout. Bon, pas à toutes les maisons ni à tous les bâtiments, bien sûr, mais on en voit quand même énormément, en voiture on ne peut pas rouler cinq minutes sans en voir un, à moins d'être en pleine nature...

Au risque de paraître obsédée par la signalisation, je crois que les différences de code de la route entre la France et les Etats-Unis sont représentatives de différentes façons de penser. La priorité au premier arrivé et les carrefours à 4 stops ne fonctionneraient jamais en France, parce que l'automobiliste français (et je parle ici d'un stéréotype basé sur la moyenne des comportements) se sent prioritaire par principe et considère que les règles ont été créées pour l'emmerder et ne s'appliquent pas à lui, puisqu'il est bien meilleur conducteur que "les autres". Ce n'est apparemment pas le cas de la majorité des conducteurs américains, ici en tout cas. De même, il n'est pas rare qu'un conducteur se range sur le bas-côté pour se laisser dépasser par plus rapide que lui, alors que certains français se font un devoir d'accélérer pendant qu'on les dépasse...

Pour ce qui est des pubs, je crois que cela dénote une société de consommation à un stade encore plus avancé que le nôtre. Les grosses voitures, les très grandes maisons donnant souvent dans le clinquant sont un beau reflet de l'american way of life et de ses signes extérieurs de richesse, qui sont acceptés et même glorifiés à un point où, en France, on les trouverait trop ostentatoires.

Je ne me risquerai pas plus loin dans l'interprétation fumeuse, vu que j'ai peu de recul et qu'il se fait tard (enlevez 9h à l'heure de publication!)... To be continued!

Bilan résumé (nouveautés)

Activités:

  • Pilates
  • jardinage

Nourriture:

  • indien

Mots:

  • shovel (pelle)
  • wheelbarrow (brouette)
  • clippers (sécateur)
  • willow (saule)
  • weeping cherry (variété de cerisier)
  • a graph (graphique), a peek (pic)

mercredi 10 mars 2010 Publié dans USA | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

Tes articles me rappellent (logiquement) mon séjour à Ottawa, en 1995. Ce mélange d'intense familiarité (notre "occidentalité" transposée) et de subtiles différences. Même chose pour la culture, qu'au bout d'un mois j'avais eu tout le loisir d'appréhender.

Je me souviens que l'un de mes plus grands étonnements était de voir des écureuils courir dans les rues - là où en France, abondent plutôt les pigeons. Et ces feux rouges (au début, je ne savais pas où regarder !) Et ces maisons de bois, communes à toute l'Amérique du Nord.

Voilà donc ton blog devenu blog de voyage : comme quoi, ce serait un tort de limiter un blog à une seule thématique, le destin d'un blog est d'être polymorphe en fonction des circonstances et des envies !

J'attends avec impatience tes prochaines notes ! En attendant, amuse-toi bien et profite au maximum de cette superbe expérience !

Écrit par : Milathea | vendredi, 12 mars 2010

J'ai vaguement pensé à créer un blog de voyage spécialement pour l'occasion, et puis je me suis dit: "Quelle idée! Pourquoi faire? Parler de mon voyage sur un autre blog tout en laissant celui-ci en suspension pendant deux mois?". Faire évoluer Clé&Fil en même temps que ma vie m'a semblé la solution la plus logique et pratique, et je suis bien contente que cela te plaise!

Les écureuils sont en effet assez présents, et la comparaison avec les pigeons est tout à fait pertinente, puisque c'est quant à moi leur manque de timidité qui m'a surprise: j'ai déjà vu des écureuils (bien que plus roux) en France, mais ceux d'ici n'hésitent pas à s'approcher des passants et ne se cachent pas au plus petit bruit...

Je suis ravie que tu apprécies mes "chroniques", et compte bien en effet continuer à profiter de ce séjour!

Écrit par : mari6s | vendredi, 12 mars 2010

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