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samedi 21 janvier 2012

Poème: réécriture de... Titus et Bérénice

Un soir de novembre dans mon lit, quelques vers de la pièce de Racine me tournaient dans la tête, les plus beaux de la pièce selon moi: dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, seigneur, que tant de mers me séparent de vous, que le jour recommence et que le jour finisse, sans que jamais titus puisse voir bérénice, sans que de tout le jour je puisse voir Titus. Alors j'ai pris un carnet et un crayon et j'ai écrit une suite pour ces vers.

Si vous n'avez pas lu cette pièce (ce que je vous conseille fortement, les vers de Racine approchant la perfection), voici un petit résumé de l'intrigue: Bérénice, reine de Palestine, aime Titus, futur empereur de Rome, et est aimée de lui. Mais les Romains détestent la monarchie et ses représentants, et Titus doit donc choisir entre elle et le trône, ou selon sa façon de voir les choses, entre ses désirs d'un côté et son honneur et ses responsabilités de l'autre. Dans la pièce, après moult confrontations et changements d'avis, les amoureux se résolvent à faire leur devoir et à vivre malheureux chacun de leur côté (à ce sujet, voir mon article Les héroïnes de tragédie, ici). Mais Racine n'est pas le seul à savoir manier les alexandrins...

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice
Que me chaut ma couronne, que me chaut mon pays
Si renoncer à vous en est l’horrible prix ?
Quelle sorte de reine pourrais-je encore bien être
Si je laisse en mon cœur la rancœur apparaître ?
Et César pourra-t-il sourire à ses sujets
Pour qui il renonça à son bonheur parfait ?
Souverain malheureux n’en devient pas meilleur
Il est bien dangereux d’anesthésier son cœur
La gloire n’est rien de plus que de la vanité
Lorsqu’elle ferme les yeux sur la réalité
Et il n’existe point moins noble sacrifice
Que de faire de sa vie entière un artifice
Et enfin serons-nous assez prétentieux
Pour prétendre que d’autres ne pourraient pas faire mieux ?
Sire, laissons la politique aux politiciens
Et avançons ensemble, la main dans la main.

samedi 21 janvier 2012 Publié dans Poèmes | Commentaires (0) |  Facebook | |

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