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mercredi 28 mars 2012

Révolution internautique

Que sauront nos enfants de nous ? La question vient de me venir à l’esprit. Avec l’omniprésence de la photo, de la vidéo, des réseaux sociaux et des blogs… Sauront-ils tout de nous ? Liront-ils nos révoltes adolescentes, nos premières amours, nos doutes métaphysiques ? Verront-ils l’historique de nos « relations » sur Facebook (relations libres, partenariats domestiques et autres « c’est compliqué ») ? Les groupes que nous y avons rejoint (« je parle aux animaux avec une voix débile et je crois qu’ils me répondent », « pour la légalisation du cannabis », « je ne veux pas d’enfants plus tard ») ? Pourront-ils regarder, immortalisés sur pellicule, carte mémoire ou DVD, nos premiers pas, nos premiers émois amoureux, nos soirées bien arrosées ?

C’est un changement non négligeable. Cela rendra tout mensonge plus difficile, mais je me demande surtout si ce surplus d’information est une bonne chose pour le développement d’un enfant ou d’un ado. A des âges où les nuances ne sont pas la première préoccupation, se prendre en pleine figure les incohérences de ses parents, leurs changements d’avis, leurs errances, est-ce souhaitable ? Ne risque-t-on pas de trop en tenir compte, que ce soit pour les imiter ou pour s’en différencier ?

Quel rapport à l’image auront nos descendants ? J’ai vu récemment des vidéos super-8 tournées par mon grand-père, avec mon père et ses frères et sœurs, et ma grand-mère trentenaire et quadragénaire, des vidéos sans son et abîmées, en noir et blanc ou en sépia. C’est très émouvant, cela n’a rien à voir avec les photos, d’autant qu’à l’époque on ne prenait la pose que pour des occasions importantes… Si mes enfants s’y intéressent un jour, ils pourront dénicher des cassettes et des fichiers numériques de moi et mon frère en train de jouer, de nos spectacles scolaires et de ceux que nous organisions dans notre jardin. Et des milliers, probablement des millions de photos de tous les anniversaires, les repas de famille, les vacances, les sorties entre amis… dont certaines en accès relativement facile sur Internet. Cela ne peut pas être anodin.

Il y a un aspect positif, bien sûr. Et par exemple, ceux qui perdent un parent trop tôt pourront voir son visage, entendre sa voix, le regarder danser… ce qui est une bonne chose, sans doute, à condition d’être bien géré. Cela changera probablement la conception de la généalogie : d’ici quelques générations, les gens pourront regarder des vidéos de leurs arrière-grands-parents, de leurs arrière-arrière-grands-parents, ils pourront lire ce qui s’apparente à leur journal intime sur le net… Cela ne veut pas dire que tout le monde le fera, bien sûr – la quantité astronomique de données poserait problème. Mais cette seule possibilité aura forcément des conséquences.

Et j’en viens à me demander s’il ne devrait pas y avoir une date de « péremption » aux publications internautiques, même si pour certains elles sont l’assurance de laisser une trace pour l’éternité. D’autant plus que le stockage de toutes ces données finira par représenter un coût énergétique gigantesque – il n’y a qu’à voir le nombre de sites créés en seulement vingt ans d’existence du web, dont certains ne seront pas supprimés lorsqu’ils ne seront plus utilisés, je pense notamment aux blogs… En tout cas, je crois qu'on devrait tous se poser la question: combien sommes-nous prêts à laisser de nous sur cette Toile pour toute l'éternité...?

Ce qui me fait penser à cette vidéo, A life on Facebook, si vous ne l'avez pas encore vue la voici. Très drôle et finalement très poétique...

mercredi 28 mars 2012 Publié dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

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