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samedi 27 octobre 2012

J’ai entendu… Ronan, de Taylor Swift.

(écrit en septembre)

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Cette chanson de Taylor Swift est inspirée du blog de la maman de Ronan, un petit garçon de quatre ans atteint d’un cancer qui a rejoint les anges en mai 2011. J’ai dû l’écouter une dizaine de fois en deux jours, et les larmes continuent de couler et je me surprends à frissonner. Surtout avec la version chantée en live sur le plateau de « Stand Up To Cancer », une émission du genre téléthon.

Je ne sais pas si ma réaction vient de l’horreur universelle face à la perte d’un enfant, ou de mon histoire familiale dans ce domaine – ma grand-mère a perdu un petit garçon de trois ans il y a un demi-siècle, bien avant que je sois même un projet dans les rêves de mes parents, ce qui n’empêche pas que j’ai une forme de relation personnelle avec cet oncle que je n’ai jamais connu, qui m’a notamment inspiré une description de passage (Ce qui n’a jamais été), et que j’ai décrit ainsi dans un autre article :

"Pascal est né en 1955. Je ne sais presque rien de lui, si ce n'est que ma mère lui doit son deuxième prénom - Pascale. Et qu'il vénérait son grand frère Alain, qu'il surnommait Yaya. C'est un oncle fantôme. Et pour cause, il n'a pas eu le temps de vivre."

La force que je trouve dans cette chanson, Ronan, c’est la description de tous ces petits moments de vie : "I remember your bare feet, down the hallway, I remember your little laugh. Race cars on the kitchen floor, plastic dinosaurs, I love you to the moon and back". Et celle, si simple, du deuil impossible: "I remember the drive home, when the blind hope turned to crying and screaming why. Flowers pile up in the worst way, no one knows what to say about a beautiful boy who died. And it’s about to be Halloween, you could be anything you wanted if you were still here."

Cette dernière phrase m’a particulièrement émue, peut-être parce qu’elle résonne avec ma description de passage (que j’ai dû relire pour mettre le doigt sur ce sentiment diffus) : "On parle de lui, le grand inconnu, le potentiel jamais réalisé, celui qui n’a rien pu devenir que des regrets, ce qui n’a jamais été […] celui qui est parti trop tôt, celui qui n’a rien pu devenir." Voilà comment je comprends ce "you could be anything".

Et puis en rédigeant cette note, j’avais le souvenir flou d’avoir écrit quelque chose d’autre sur la perte d’un enfant, sans arriver à trouver quoi. J’ai cherché un moment, et finalement j’ai trouvé (Les volets de sa chambre). Et là j’ai pris conscience d’une autre influence qui explique peut-être en partie mes sentiments à ce sujet : Pascal n’est pas le seul "potentiel jamais réalisé" dans ma vie. L’un de mes petits cousins est lui aussi monté au ciel avant son heure, alors que j’avais une dizaine d’années ; un bébé que j’avais tenu dans mes bras et aidé à changer, pour qui j’avais prié avec ma grand-mère. Cet article devient vraiment trop personnel à mon goût, les larmes reviennent et je me demande si je vais le publier. Si vous le lisez, de toute évidence j’aurai fait mon choix. De temps à autre je me demande jusqu'où pousser l'exhibitionnisme, si la catharsis que j'en retire justifie vraiment d'exposer certaines choses sur la place publique...

Je conclus vite avant de faire couler mon maquillage (quelle invention idiote, le mascara) en vous recommandant fortement d’écouter Ronan (et si vous la téléchargez sur iTunes, votre argent ira à la lutte contre le cancer). Et en vous renvoyant à quelques uns de mes poèmes sur la perte et le deuil:

La voix sur le répondeur (franchement déprimant).
Ton visage (que je vois comme assez positif au bout du compte).
Mon étoile (le plus optimiste).

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