Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi 31 janvier 2015

Citations : Contre l'ordre des choses

« Vous arriverez peut-être à bouleverser l’équilibre pour une génération. Peut-être deux. Mais ne vous faites aucune illusion, à la fin rien ne changera. Parce que tout le monde veut vivre éternellement. Tout le monde pense qu’il a une chance d’accéder à l’immortalité même si tout tend à prouver le contraire. Tous croient qu’ils seront l’exception. Mais la vérité, c’est que pour quelques immortels, beaucoup doivent mourir. »

(Time Out, en version originale In Time)

« La charité ne peut pas se substituer à la justice. Si l’on ne remet jamais en question un ordre social qui permet à certains d’accumuler des fortunes – même s'ils décident d’aider les plus défavorisés – tandis que d’autres n’ont pas un sou, alors même les actes bienveillants finissent par soutenir des systèmes injustes. Nous ne devons jamais ignorer les injustices qui rendent la charité nécessaire, ou les inégalités qui la rendent possible. »

(Michael Eric Dyson, Come Hell or High Water: Hurricane Katrina and the Color of Disaster)

« Et voilà que les choses se gâtent. Quand les gens se mettent à aller plus loin que la charité, jusqu’à la justice et la solidarité avec les pauvres et les opprimés, comme l’a fait Jésus, ils s’attirent des ennuis. Lorsque nous nous lions d’amitié avec les gens en difficulté, nous commençons à nous demander pourquoi certains sont pauvres, ce qui est bien plus impopulaire que de faire un don à une œuvre de bienfaisance. L’un de mes amis a un T-shirt sur lequel sont inscrits les mots de l’évêque catholique Dom Helder Câmara : “Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint. Quand je demande pourquoi ils ont faim, on me traite de communiste.” La charité vous attire les récompenses et les applaudissements, mais vivre avec les pauvres vous fait tuer. Personne n’est crucifié pour avoir vécu d’un amour qui perturbe l’ordre social et donne naissance à un monde nouveau. Personne n’est crucifié pour avoir aidé les pauvres. Les gens sont crucifiés pour s’être joints à eux. »

(Shane Claiborne, The Irresistible Revolution: Living as an Ordinary Radical)

« Il y a un ordre naturel en ce monde, et ceux qui s’emploient à le bouleverser s’attirent de grands malheurs. Ce mouvement va s’effondrer de lui-même. Si vous y participez, vous et toute votre famille serez reniés. Au mieux, vous survivrez en paria sous les crachats et les coups. Au pire, vous finirez lynché ou crucifié. Et tout cela pourquoi ? Pourquoi ? Quels que soient vos efforts, ils ne représenteront guère plus qu’une seule goutte de pluie au milieu d’un océan.

- Mais qu’est-ce qu’un océan, sinon une multitude de gouttes de pluie ? »

(Cloud Atlas)

turning the world over, clockwithnohands, revolution, fist, change, rebel, occupy, protest
Turning the world over de ClockWithNoHands

“You might upset the balance for a generation. Two. But don’t fool yourself, in the end, nothing will change. Because everyone wants to live forever. They all think they have a chance at immortality even though all the evidence is against it. They all think they will be the exception. But the truth is, for a few to be immortal, many must die.

(In Time)

“Charity is no substitute for justice. If we never challenge a social order that allows some to accumulate wealth – even if they decide to help the less fortunate – while others are short-changed, then even acts of kindness end up supporting unjust arrangements. We must never ignore the injustices that make charity necessary, or the inequalities that make it possible. ”

(Michael Eric Dyson, Come Hell or High Water: Hurricane Katrina and the Color of Disaster)

“And that’s when things get messy. When people begin moving beyond charity and toward justice and solidarity with the poor and oppressed, as Jesus did, they get in trouble. Once we are actually friends with the folks in struggle, we start to ask why people are poor, which is never as popular as giving to charity. One of my friends has a shirt marked with the words of late Catholic bishop Dom Helder Câmara: “When I fed the hungry, they called me a saint. When I asked why people are hungry, they called me a communist.” Charity wins awards and applause but joining the poor gets you killed. People do not get crucified for living out of love that disrupts the social order that calls forth a new world. People are not crucified for helping poor people. People are crucified for joining them.”

(Shane Claiborne, The Irresistible Revolution: Living as an Ordinary Radical)

“There is a natural order to this world, and those who try to upend it do not fare well. This movement will never survive; if you join them, you and your entire family will be shunned. At best, you will exist a pariah to be spat at and beaten. At worst, to be lynched or crucified. And for what? For what? No matter what you do it will never amount to anything more than a single drop in a limitless ocean.

- What is an ocean but a multitude of drops?

(Cloud Atlas)

_____________________________________________________________

Toutes les traductions sont de moi, sauf celle de Cloud Atlas qui est la version française doublée. Pour In Time, j'ai un peu modifié la version française officielle. Vous pouvez les réutiliser si elles vous plaisent, mais un petit lien vers mon blog serait le bienvenu.

samedi 31 janvier 2015 Publié dans Citations, extraits de chansons | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 28 janvier 2015

Poème : Marianne et Charlie

Un poème rédigé les 22 et 23 janvier, qui m'a été inspiré par les événements récents. J'ai ressenti le besoin de retourner aux racines pour comprendre (et expliquer) ce qui dans mon histoire familiale a façonné mon point de vue sur les religions et la laïcité.

J'en profite pour expliquer la fin du poème : je ne me sens pas vraiment républicaine, je suis plutôt démocrate dans l'âme (je suis d'ailleurs pour une démocratie plus directe ou au minimum vraiment représentative), et j'applique à la politique la même méfiance qu'à la religion en ce qui concerne l'allégeance inconditionnelle à un groupe. La République, ça ne me parlait donc pas trop. Mon prénom, Marianne, je ne l'associais pas au symbole de la République (sauf dans mes souvenirs de plaisanteries d'école primaire). Patriote, je ne le suis pas pour deux sous. Ce qui n'empêche pas que je me sente française, et ces derniers temps, fière d'être française, car même si certaines réactions m'ont déçue, dans l'ensemble j'ai été agréablement surprise.

crayon, guidant, peuple, rassemblement, république, nation, stéphane, mahé, reuters, le crayon guidant le peuple, tableau, drapeau, statue
                                                                                        Stéphane Mahé (Reuters)

Familles catholiques tranquilles
Du côté de mes grands-parents,
Tous croyants, plutôt pratiquants,
Ceux des villes comme ceux des champs.
Études scientifiques pour mes parents
Avec leur foi tranquillement,
Sans faire de bruit, sans faire de vent,
Ils ont éduqué leurs enfants.

Tant de livres à la maison,
Dicos, magazines, romans,
Des qui expliquent les religions,
Des qui expliquent l’évolution.
Baptisée mais sans communion,
L’église seulement de temps en temps,
Avec Dieu notre relation
N’a pas besoin de démonstration.

Remue-méninges adolescent ;
Amie agnostique, échanges passionnants,
Je me fabrique mes convictions.
Symbolique, la résurrection ?
Quand je l’annonce à mes parents,
Ils me disent que pour eux aussi.

Puis remue-méninges pour mon frère,
Il lit la Bible, le Coran,
Il farfouille sur la webosphère
Et nous annonce qu’il est athée.
Quelques discussions animées ;
Sans Dieu aussi, dur d’être tolérant.

Mais l’amour dépasse les religions ;
L’intelligence, les traditions.
Ma grand-mère à quatre-vingt ans
Sait dire quand elle trouve les papes cons
D’interdire toute contraception
Quand le monde en souffre tellement.

Et puis un jour, Charlie Hebdo.
J’entends tant parler de blasphème
Chez presque toutes les religions,
Et voilà que je comprends
Pour quelles valeurs ils se battaient ;
Je comprends la chance que j’ai,
Moi, pas tellement républicaine,
Que mes parents m’aient élevée... Marianne.

crayon, guidant, peuple, rassemblement, république, nation, martin, argyroglo, tableau, drapeau, statue
                   Martin Argyroglo (photographe indépendant)

samedi 24 janvier 2015

Puzzle de chansons n°28 : So cold playing me with goodbye

I spent so many nights thinking how you did me wrong, so good at keeping me around while still keeping my confidence down. Why do you play me like a game? Always someone else to blame. Careless, helpless little man, how could you be so cold? Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye, did you think I'd crumble, did you think I'd lay down and die? You think that it is over, when did it ever begin?

I will survive (Gloria Gaynor)

Here’s to the heartbreakers (Katy McAllister)

Left outside alone (Anastacia)

Heartless (The Fray)

I will survive (Gloria Gaynor)

Here’s to the heartbreakers (Katy McAllister)

Attendre voyage valise route femme stop autostop.jpg

J’ai passé tant de nuits à penser au mal que tu m’as fait, tellement doué pour me garder près de toi tout en maintenant ma confiance au plus bas. Pourquoi me manipules-tu comme si c’était un jeu ? Toujours la faute de quelqu’un d’autre. Petit homme négligent, impuissant, comment peux-tu être aussi froid ? N’est-ce pas toi qui a essayé de me blesser en partant, croyais-tu que je m’effondrerais, croyais-tu que je m’aplatirais, que je mourrais ? Tu dis que c’est fini, mais cela avait-il même commencé ?

samedi 24 janvier 2015 Publié dans Puzzles de chansons, Puzzles musicaux | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 21 janvier 2015

En six mots (six-word memoirs) : Ras-le-bol

Some people just can't follow instructions.

Leave a message and leave off!                                  

Can't hang up in real life.

Don't put words in my mind!                        

My choices don't necessarily challenge yours!

        Don't blame me for your insecurities.

can't hear you, cookiemonstah
I can't hear you by cookiemonstah

Mes autres six-word memoirs : ici.

Déjà publiés sur ce blog :
Divers
Deuils & épreuves

Colère
Regrets
Météo
Happiness Prescription

Away from Home
Décisions & actions

Where is my mind?

D'autres arrivent bientôt ;)

mercredi 21 janvier 2015 Publié dans En six mots, Mes écrits | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 17 janvier 2015

La minute Charlie

J'ai décidé de diffuser sur ce blog des dessins de Charlie Hebdo, dans un bloc intitulé La minute Charlie situé dans la colonne de gauche et mis à jour régulièrement. Tous les dessins que je choisirai ne seront probablement pas politiquement ou religieusement corrects, certains m'auront même personnellement choquée dans mes convictions, par exemple dans leur anticléricalisme forcené qui me heurte souvent. Pourquoi cette décision ? Parce que la liberté d'expression, ce n'est pas seulement quand on est d'accord. C'est facile de défendre le droit d'exprimer des idées que l'on soutient ou du moins que l'on comprend... Je me serais sans doute arrêtée à dire « Je suis Charlie » et à assister au grand rassemblement, peut-être à acheter sans en faire tout un plat les prochains numéros pour que le magazine survive, mais certaines prises de position récentes m'ont interpellée. S'il y en a qui participent à un débat de société sur les limites de la liberté d'expression (incitation à la violence, à la haine... l'apologie du terrorisme en fait-elle partie ? quelle distinction faire entre l'humour et le premier degré ? etc.), d'autres m'inquiètent fortement, notamment de la part de certains représentants religieux (musulmans, juifs et chrétiens).

Le droit à la satire, et notamment au blasphème, me paraît extrêmement important. Le terme même de blasphème est pour moi un anachronisme, de par mon éducation pourtant chrétienne, et quelle n'a pas été ma stupeur de l'entendre brandi partout autour de moi... ce qui m'a forcée à reconnaître qu'il me manquait des éléments du débat, que certaines choses que je trouve évidentes ne le sont pas du tout pour d'autres. Chacun a le droit de croire ce qu'il veut, mais chacun a aussi le droit de critiquer et de rire des croyances, ou des institutions religieuses (les siennes et celles des autres). C'est même un fonctionnement très sain à mes yeux, tant qu'on ne tombe pas dans l'incitation à la discrimination ou à la violence. Être exposé à différentes idées, même si on ne les adopte pas pour autant, c'est quelque chose qui manque apparemment à bien des gens... Je ne vois pas pourquoi la religion jouirait d'un statut à part alors qu'on a le droit de rire de tout un tas d'autres croyances, idéologies et comportements, de la politique à la mode en passant par la philosophie de vie.

Mon frère est athée. Il n'a pas de religion mais plutôt une absence de religion, ou une philosophie. Pourquoi aurait-on plus le droit de se moquer de lui ou de critiquer ses convictions que des miennes, simplement parce que je les mets en partie sous une étiquette chrétienne, ou que de celles d'amis plus pratiquants ? Pourquoi aurait-on le droit de se moquer de moi, de s'opposer à mes idées, de mettre en avant mes contradictions parce que je suis contre le capitalisme libéral, pour la démocratie participative, ou que je défends la médecine douce et l'agriculture bio, mais pas parce que je crois en Dieu ? Pourquoi aurait-on le droit de critiquer les institutions politiques et ceux qui les représentent, mais pas les institutions religieuses ? Au nom d'un « sacré » bien commode ? C'est oublier trop vite que nombre de gouvernements se sont mis et se mettent encore à l'abri des critiques de la même façon.

On accuse Charlie de faire de la provoc', de diviser à une époque où l'on n'a que les mots rassemblement et unité à la bouche. Mais aussi grisant et rassurant qu'était ce grand rassemblement dimanche dernier, il ne faut pas se leurrer sur une prétendue unité concernant les mesures à prendre, même parmi ceux qui faisaient partie des cortèges. Se rassembler, c'est bien dans des moments pareils, mais ça ne fait pas tout. L'unité est vite récupérée à fins politiques pour montrer du doigt tous ceux qui vont contre, tous ceux qui critiquent, et l'une des solutions est justement de secouer les gens pour les mettre face à leurs contradictions, les pousser à réfléchir plus loin que le bout de leur nez. L'humour est pour cela une arme redoutable, qui présente l'avantage de ne pas laisser d'autres séquelles qu'un éventuel bourgeonnement de l'esprit critique. Utilisons-la et n'en ayons pas peur.

J'ai choisi comme première caricature un dessin du pape François, que j'apprécie pourtant beaucoup. Une façon pour moi de commencer par attaquer ma propre chapelle, mais également de protester contre sa déclaration récente qui mettait bien trop de « mais » à la liberté d'expression (notamment : « On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision ») et qui l'a fait baisser dans mon estime. Condamner la violence avant de dire que quelqu'un qui insulte sa mère doit s'attendre à un poing dans la figure, je trouve ça limite, surtout pour quelqu'un qui est censé donner l'exemple. Sans aller jusqu'à tendre l'autre joue, il y a des façons plus constructives de réagir...

samedi 17 janvier 2015 Publié dans Blog, Par rapport au blog, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 14 janvier 2015

Pharmacie d’urgence anti douleurs musculaires & tendinites

Après ma pharmacie d’urgence anti-rhumes, voici à présent mes remèdes contre les douleurs musculaires, tendinites et autres périostites.

ergonomie, travail, bureau, position, posture, station

D’où vient le problème ?

Tout d’abord réfléchissez à la source du problème, surtout si ce sont des douleurs récurrentes. Une mauvaise posture, une station de travail mal adaptée, trop de temps passé sur ordinateur, tablette, portable, ou à lire ou écrire dans une mauvaise position… Bien sûr on peut rarement changer radicalement ses habitudes, mais il y a de petits trucs qui permettent de limiter les dégâts.

repose, poignet, ordinateur, clavier, souris, gel

Par exemple, on peut utiliser des repose-poignets pour taper à l’ordinateur, installer un lutrin pour lire des documents que ce soit sur papier ou sur tablette, ou encore un repose-pied sous son bureau… Et puis faire des pauses régulières pour se lever et marcher un peu, étirer ses muscles.

De plus, il est possible que comme moi vous ayez des articulations hyperlaxes, ce qui signifie qu'elles sont en quelque sorte trop souples et peuvent donc aller trop loin sans faire mal sur le moment. À terme cela favorise les tendinites. Pour limiter le problème, vous pouvez faire une cure de fluor, mais il faut aussi faire attention aux mouvements qui peuvent vous paraître naturels mais qui forcent en fait sur vos tendons.

étirement, poignet, main, tendinite, canal carpienétirement, bras, dos, poignet, main, tendinite, canal carpien
Étirements et massages

Vous trouverez sur Internet des séries d’exercices pour différents problèmes. Pour les problèmes de dos, de cervicales et de poignets, très courants quand on passe sa journée à travailler sur ordinateur, je vous conseille des étirements des bras (vers le haut, les côtés, devant, derrière) puis de décrire des cercles avec ses bras étendus sur les côtés. Faites aussi tourner votre nuque lentement, enroulez et déroulez le dos en vous penchant en avant comme pour toucher vos orteils avec vos doigts (même si vous n’arrivez pas jusqu’au bout).

Plus particulièrement pour les poignets, vous pouvez pratiquer trois exercices. Ils sont adaptés aussi bien pour les problèmes de canal carpien que pour les tendinites en général (dans mon cas, des zones reliées au pouce et à l'auriculaire). Cela peut faire mal si votre poignet est enflammé, n'abandonnez pas mais ne forcez pas trop ; cela fonctionne aussi très bien en prévention.
1) Bras droit étendu devant vous, paume vers le bas, posez les doigts sur les doigts de la main gauche perpendiculaire et paume vers le haut et poussez doucement vers le haut jusqu’à ce que la main droite soit à angle droit avec le bras, et essayez de pousser de la main droite tout en résistant de la main gauche.
2) Bras droit étendu devant vous, paume vers le haut, posez les doigts de la main gauche perpendiculaire paume vers le bas sur les doigts de la main droite et poussez vers le bas jusqu’à ce que la main droite soit à angle droit avec le bras. Là encore, poussez et résistez.
3) Enfin, faites un poing avec la main droite (pas trop serré), bras étendu devant vous, et appuyez sur le dos de la main avec les doigts de la main gauche, tout en résistant, le but étant de garder la main droite dans le prolongement du bras et de ne pas la laisser descendre. Renouvelez ces trois exercices avec l’autre bras. À faire au moins une fois par jour, voire à chaque pause soit toutes les heures ou toutes les deux heures pendant la journée de travail.

Les jambes peuvent également souffrir d’une position assise prolongée. Tout d’abord il faut marcher autant que possible, mais l’on peut aussi étirer ses jambes : attraper sa cheville et la soulever derrière soi jusqu’à toucher ses fesses et tenir la position vingt secondes. Puis lever le genou jusqu’à la poitrine et l’y maintenir avec les bras pendant vingt secondes. Étendre une jambe devant soi à quelques centimètres du sol, et secouer un peu le pied pour détendre tous les muscles de la jambe.

Il y a bien d’autres exercices en fonction de vos problèmes précis, mais si vous pouvez déjà intégrer tous ceux-ci à votre quotidien, c'est un bon début.

Des massages réguliers peuvent également beaucoup aider ; méfiez-vous cela dit en cas d’inflammation de ne pas empirer les choses. Il est difficile de masser son propre dos mais on peut se masser au moins les épaules et la nuque, le bas du dos, ainsi que les bras, les poignets et les mains (même les doigts), les jambes, les chevilles et les pieds. Si vos mains se fatiguent rapidement (problème quand on a une tendinite par exemple), vous pouvez vous masser avec les articulations des doigts et avec les coudes, qui vous donnent plus d'appui sans forcer sur des zones sensibles.

poche, pack, chaud, froid, cold, hot, nexcare, thermogel, actipoche, gel, bleu, bouillotte
Chaud et froid

La chaleur et le froid sont très efficaces… mais comment savoir lequel utiliser ? En règle générale, en cas d’inflammation, préférez le froid, et pour toute autre douleur musculaire, utilisez la chaleur qui détend les muscles. Des poches en vente en pharmacie permettent les deux : on peut les mettre au congélateur pour les refroidir, et les passer au micro-ondes ou au bain-marie pour les réchauffer.

En cas de doute, faites ce qui vous soulage le plus ; sur une méchante tendinite poignets et pouces, il m’est arrivé sur conseil de mon médecin d’alterner froid et chaud pour à la fois limiter l’inflammation des tendons et détendre les muscles qui eux n’étaient pas enflammés mais ultra-tendus. Et comme toujours, si la douleur persiste, allez voir un médecin !

gaulthérie, couchée, huile, essentielle, phytothérapie, muscle, musculaire, articulation, articulaire, tendinitemacadamia, huile, végétale, massage
Huiles essentielles

La gaulthérie est notamment anti-inflammatoire, calmante et vasodilatatrice. Elle est très efficace contre les douleurs musculaires et articulaires, les tendinites, contractures et rhumatismes et détend avec une douce chaleur. Elle s’applique en massage avec une huile végétale (de macadamia par exemple), à raison de trois gouttes de gaulthérie pour une dizaine ou une vingtaine de gouttes de macadamia.

Pour des huiles essentielles à l’action prolongée avec les bienfaits de la chaleur en plus, vous pouvez utiliser les patchs chauffants Puressentiel dont les ingrédients incluent le capsicum et des huiles essentielles comme la gaulthérie et le niaouli (pour huit heures à ne pas renouveler plus d’une fois par période de vingt-quatre heures) ou les emplâtres américains Saint Bernard au capsicum et à l’essence de girofle (que l’on peut garder deux voire trois jours). Très fins, adhésifs et extensibles, ils se portent facilement sous les vêtements et s’adaptent aux mouvements.

En cas de début de tendinite ou de muscles très tendus dans les mains ou les bras, vous pouvez en enrouler une bande de quelques centimètres de large autour du poignet ou du bras. On peut également en coller des bandes de plus ou moins grande taille dans le dos ou sur la nuque, autour des chevilles, etc. Dans un tout autre registre, je les utilise en longue bande collée sur le ventre juste en-dessous du nombril en cas de règles douloureuses : c’est discret et la chaleur diffusée soulage efficacement.

argel, gel, massage, huiles, essentielles, menthe poivrée, thym, cajeput, romarin, argile, verte, pommadeflector, gel, anti-inflammatoire, antalgique

Pommades et gels

En traitement régulier, vous pouvez utiliser l'Argel, gel de massage à base d'argile verte et d'huiles essentielles de menthe poivrée, de romarin et de thym entre autres. Il détend et crée une sensation de chaud-froid qui vous met sur un petit nuage. Il n'est à ma connaissance pas disponible en pharmacie, il faut le commander en ligne - si vous constatez comme moi son efficacité, vous pourrez rentabiliser les frais de port en le commandant en quantité.

Pour les tendinites déclarées, vous pouvez appliquer du Flector en traitement ponctuel. C'est un antalgique et anti-inflammatoire efficace disponible en pharmacie sans ordonnance, mais il ne faut surtout pas l'utiliser à jet continu - si les douleurs persistent et que les autres solutions ne suffisent pas, filez chez le médecin.

périostite, périostesemelles orthopédique.jpg
Et pour les périostites

Une périostite est une inflammation du périoste, la membrane qui recouvre les os. La plus fréquente est la périostite tibiale, souvent causée par des sports comme la course à pied, particulièrement sur surface dure et/ou avec de mauvaises chaussures. Si vous êtes concerné, commencez par consulter un médecin ou un podologue : vous avez peut-être besoin comme moi de semelles orthopédiques.

Mais même en arrêtant le sport et en portant des chaussures et semelles adaptées, la périostite peut mettre un bon moment à guérir. La première fois que j’ai eu le problème, quand je m’entraînais pour le bac en 2009, je n’ai pas pu recourir pendant deux bons mois (et j’ai donc été dispensée d’épreuve de sport) même après qu’on m’ait prescrit des semelles, et j'ai longtemps eu mal en marchant. La seconde fois, cet automne, la périostite n’a pas été causée par la course mais par une marche déséquilibrée et sans semelles (après que mon petit orteil ait été fêlé suite à un choc, je boitais donc un peu et j’ai dû retirer mes semelles pour que mes chaussures soient moins serrées). En seulement deux jours, mon tibia commençait à me faire mal, et j’ai reconnu la douleur de la périostite. J’ai réussi à m’en sortir en moins d’une semaine avec deux solutions simples, en plus de l’application de froid et de gaulthérie que j’avais déjà utilisée la première fois mais que j’ai commencée plus rapidement cette fois.

Il s’agit, d’une part, d’enrouler un sparadrap (ou un scotch) autour du mollet à peu près à mi-hauteur, et un autre quelques centimètres plus haut. Pas trop serré, mais pas trop lâche, il évite que les muscles subissent trop de secousses en marchant. C’est un truc utilisé par les sportifs quand ils reprennent la course après une périostite, mais ça marche très bien en toutes circonstances. Vous pouvez aussi porter un plus gros bandage autour du tibia ou des bas de contention, mais attention à ne pas trop le comprimer.

D’autre part, essayez d’étendre votre jambe le plus souvent possible. La position genou plié me crispait, alors j’ai trouvé moyen d’étendre la jambe concernée sur un carton posé sous mon bureau, au travail, et sur une chaise, chez moi. Essayez d’en changer la position régulièrement pour bien étirer tous les muscles. Vous pouvez aussi masser la jambe, pas en appuyant sur la zone enflammée du tibia, mais les muscles du dessous de la jambe sont souvent crispés et les masser peut soulager la douleur.

Dans tous les cas évitez de reprendre le sport avant que la douleur n’ait disparu ! Vous risqueriez de repartir à zéro.

ostéo, ostéopathe, ostéopathie
Et si ça ne suffit pas…

Vous pouvez également aller voir un ostéopathe qui, contrairement à un masseur ou à un kiné (qui fait de la rééducation), pourra remettre en place des éléments décalés. Parfois les problèmes apparaissent à un endroit mais la source est tout autre ; par exemple, une ostéopathe consultée récemment a beaucoup soulagé mes problèmes récurrents de dos et de poignets en seulement deux séances, en travaillant essentiellement sur mon bassin, mon cou (les membranes qui entourent la thyroïde étaient tendues, ce qui est apparemment courant quand on a des problèmes de thyroïde), et mes mâchoires (que je crispe beaucoup la nuit). Bien sûr le travail est à continuer pour moi avec des massages réguliers des mâchoires et du cou, et des efforts sur ma posture, en complément de ma pharmacie d’urgence quand un travail intensif sur ordi ou le stress relancent les douleurs. L'ostéopathie n'est pas remboursée par la sécu, mais certaines mutuelles la prennent en charge.

Et vous, avez-vous d'autres astuces à partager ?

mercredi 14 janvier 2015 Publié dans Santé | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 10 janvier 2015

Je suis Charlie : l'humour & les images...

Suite à la tuerie de Charlie Hebdo, j’ai voulu écrire sur quelque chose qui m’a interpelée et dont je suis un peu plus à même de parler que de terrorisme ou des prises d’otage encore en cours au moment où je compose cet article. Tuer des dessinateurs, c’est tellement absurde. Le terrorisme lui-même est absurde, bien sûr, mais prendre pour cible un journal humoristique m’apparaît comme un symptôme d’une bêtise sans nom. J’ai été très émue par les magnifiques réactions de citoyens et de certains journaux, notamment les centaines de dessins de célébrités et d’anonymes auxquels j’ai voulu ajouter ma petite goutte d’eau avec le dessin ci-dessous. Mais j’ai aussi été particulièrement choquée par les dessins de Charlie Hebdo floutés ou pixelisés publiés par certains journaux qui parfois n’hésitent pas pour autant à montrer la vidéo de l’exécution du policier abattu dans la rue. Cela revient à dire que Charlie Hebdo avait tort de les publier, finalement. Que la liberté d’expression doit céder à la violence, qu’on peut rire de certains mais pas de tous. Voici donc une petite réflexion sur deux aspects qui me frappent : l’humour pris au premier degré, et l’opposition à toute représentation de Mahomet.

dessine, moi, un, crayon, dessiner, draw, pencil, charlie, hebdo, je suis charlie

Commençons par les représentations imagées. Il serait irrespectueux pour la religion musulmane de représenter son prophète car elle l’interdirait. Je parle au conditionnel car cette interdiction est loin de faire l’unanimité… Tout d’abord, si le Coran interdit l’idolâtrie, rien n’y interdit les représentations ; on n’y trouve référence que dans les hadith, les paroles de Mahomet collectées des années après sa mort, classées selon leur fiabilité et précisant la chaîne de témoins qui les rapportent (« X dit que Y a dit que Mahomet a dit… »), parfois extrêmement longue. Les hadith se contredisent parfois entre eux. Dans plusieurs hadith, on rapporte que Mahomet se serait prononcé contre la représentation d’êtres vivants. L’un d’entre eux dit que « les anges n’entreront pas dans une maison où il y a un chien, ni dans celle où il y a des images. » Pourquoi ? D’une part pour ne pas reproduire la création de Dieu et d’autre part pour éviter l’idolâtrie, le culte de ces images – rappelons qu’avant Mahomet, l’Arabie était majoritairement polythéiste. Cette interdiction n’est pas suivie par tous les musulmans, loin de là : il y a des peintres, des photographes, des cinéastes musulmans qui produisent des images d’êtres vivants, et bien des musulmans qui regardent ces peintures, ces photos, ces films, qui ont des photos chez eux… ou un chien, d’ailleurs. Mise à jour 12/01 : Le Point a publié un article sur les représentations de Mahomet dans différents pays musulmans.

Et puis soyons clairs : c’est le droit de chacun de considérer que leur(s) dieu(x) leur interdi(sen)t les représentations d’êtres vivants, de Mahomet, ou encore la musique, la viande de porc, et j’en passe. En revanche, ce n’est absolument pas leur droit d’imposer ces interdictions aux autres. Si toute représentation de Mahomet offense la religion musulmane, alors pourquoi ne pas interdire aussi toute peinture, photo, vidéo d’êtres vivants, toute musique, et la consommation de porc pour ne pas manquer de respect aux musulmans ? Il faut faire la différence entre les obligations et interdictions que l’on s’impose à soi-même, et la liberté des autres de vivre comme ils le souhaitent à côté. Si je déjeune avec un ami musulman, je peux choisir de ne pas manger de jambon par respect pour lui, mais c’est également mon droit de décider d’en manger, tout comme avec un ami végétarien !

D’autre part, l’interdiction des représentations n’est pas l’apanage historique de l’islam. Le christianisme comme le judaïsme ont une tradition d’iconoclasme, inspirée du deuxième commandement : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point. » Selon les traductions, l’expression « image taillée » peut être remplacée par « idole ». Certains font ainsi une différence entre « idole » (interdite) et « icône » (autorisée car associée au culte du Dieu unique). Lors de la Querelle des images de 723 à 843, les empereurs byzantins interdisent et font détruire toute icône du Christ ou des saints. La Réforme protestante a également donné lieu à la destruction d’un certain nombre de représentations, dont la vénération était considérée comme relevant du paganisme. L'iconoclasme a également eu de beaux jours avec divers rois, pharaons égyptiens etc. qui détruisaient les effigies de leurs ennemis ou prédécesseurs. Je précise tout cela pour ne surtout pas pouvoir donner l'impression d'attaquer la communauté musulmane plus qu'une autre, surtout vu les amalgames que certains font en ce moment, en disant que quelle que soit la religion ou l'idéologie dont ils se réclament, tous ceux qui veulent détruire ou interdire l'art sombrent pour moi dans l'obscurantisme.

charlie, hebdo, couverture, responsable, irresponsable, blanche

Passons maintenant à l’humour. Car oui, les dessins de Charlie Hebdo, c’est de l’humour, de la satire, et pas si « bête et méchant » que le proclamait la devise de son prédécesseur Hara Kiri… Quand on voit les caricatures qui ont déclenché l’ire de certains musulmans et la fatwa des islamistes, ça laisse rêveur. Elles étaient franchement gentilles par rapport à d’autres dessins sur d’autres religions, comme celles des papes catholiques par exemple, ou encore sur des politiciens ou des célébrités. Je ne dis pas que tout était toujours du meilleur goût, mais le principe des dessins de presse est justement d’être percutant, de ne pas faire de cadeaux, de ne pas rester dans le politiquement correct, dans l’édulcoré, comme le montre bien la couverture alternative de Charlie Hebdo datant de 2012, ci-dessus, ou le dessin de Shaw ci-dessous. Charlie Hebdo, ça s'attaquait à tout le monde et vous pouviez d'un dessin à l'autre rire aux éclats, être choqué en vous disant qu'ils allaient un peu loin, ou les deux. Ils ne laissaient pas indifférent, et faisaient souvent réfléchir. Chercher à interdire des dessins, des gags, parce qu'ils ne plaisent pas à certains, c'est refuser la liberté d'expression, le droit à la satire, cet héritage qui a pris si longtemps à se construire tant il a toujours dérangé. Ne pas s'en inquiéter parce qu'on ne lisait pas Charlie Hebdo, parce qu'on n'appréciait pas leur humour, c'est accepter que, demain, la censure ou l'autocensure s'attaque à d'autres journaux, d'autres artistes, et nous serons tous perdants.

shaw, charlie, hebdo, cartoon, politically, correct, ethnically, religiously, socially, blanc, blankTraduction : Veuillez profiter de manière responsable de ce dessin humoristique culturellement, ethniquement, religieusement et politiquement correct. Merci.

Ce qui m’interpelle, c’est l’interprétation au premier degré, qui est pour moi symptomatique des extrémismes, des totalitarismes, des sectes, de tous ceux qui cherchent à embrigader, à manipuler et à contrôler les esprits. La manipulation des mots, dont j’ai déjà parlé dans cet article, ne peut fonctionner que si chaque mot n’a qu’un sens, chaque phrase une seule interprétation possible. Les extrémistes prétendent toujours que les fondements de leur idéologie (religieuse ou non) doivent être interprétés littéralement, à la virgule près, tout en les manipulant à leur guise et en les « expliquant » à leurs disciples pour justifier leurs propres intérêts. Ce n’est pas par hasard qu’en Chine, par exemple, le gouvernement a récemment interdit les jeux de mots dans les médias (article en anglais, article en français) sous le prétexte qu’ils créent « le chaos linguistique et culturel ». Or, les jeux de mots sont un moyen souvent utilisé par les opposants au régime pour le critiquer en échappant à la censure, notamment sur les réseaux sociaux…

Et par-dessus tout ça, on a un troisième mécanisme de l’esprit complètement délirant : décider d'acheter une kalach et d’organiser une tuerie. Mais si l’on a quelque chose à apprendre de cette tragédie en tant que société, je crois que ces deux autres éléments sur l’humour et les différences culturelles sont essentiels pour respecter autrui sans pour autant l’écraser.

Je voudrais pour conclure rendre hommage au courage des victimes, ces dessinateurs qui vivaient avec une cible dans le dos depuis des années simplement pour exercer un métier qui ne devrait pas être aussi dangereux, ces policiers qui ont choisi un métier qui l'est malheureusement toujours pour protéger les autres au péril de leur vie, et puis tous ceux qui se sont trouvés au mauvais moment au mauvais endroit. Et puis aux survivants auxquels j'espère que les blessures physiques et psychologiques laisseront le moins de séquelles possibles, et aux familles pour qui le drame vient juste de commencer.

Finissons avec quelques citations :

« Parfois, le rire s’étrangle, mais c’est notre seule arme, l’humour, la dérision. »
CABU

« Je préfère mourir debout que vivre à genoux.  »
CHARB

« La caricature est un témoin de la démocratie. »
TIGNOUS

« L'humour est le plus court chemin d'un homme à un autre. »
WOLINSKI

Et quelques dessins de soutien à Charlie Hebdo de partout dans le monde :

charlie hebdo, arme, arma, tomar las armas, prendre les armes, dessin, art
FRANCISCO J. OLEA (Chili)

charlie hebdo, crayon, pencil, sharpener, taille crayon
LUCILLE CLERC (France)

charlie hebdo, twin towers, tours jumelles
RUBEN OPPENHEIMER (Pays-Bas)

charlie hebdo, he drew first
RAFAEL MANTESSO (Brésil)

je suis charlie, charlie, hebdo, pencil, crayon, draw, dessin, cartoon
JEAN JULLIEN (France)

mercredi 07 janvier 2015

Poème : Sometimes I Wonder

Un poème retrouvé dans mes archives, écrit en juin 2012.

poem, poème, poetry, poésie, sometimes, i, wonder, i wonder, crossroads, road, traveled
Crossroads de vijamoga

Sometimes I wonder, could I have loved you
If I had just really wanted to
Could you have seduced me if I’d let you
Would you still have loved me too?

It doesn’t make sense, it doesn’t matter
But I can’t help it, sometimes I wonder
If we’d tried to be together
Could we have been happy ever after?

It wasn’t the right time and place
Maybe not the right person either
But when it’s the right time and place
Will I let him in, sometimes I wonder…

© mari6s
Si vous le citez, merci de préciser que je suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 07 janvier 2015 Publié dans Mes écrits, Poèmes | Tags : poem, poème, poetry, poésie, sometimes, i, wonder, i wonder | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 03 janvier 2015

Citations & Réflexion : la lutte des classes & l'espérance de vie

On n’est pas tous égaux devant la Faucheuse. Ce n’est pas nouveau, les plus pauvres ont toujours eu les tâches les plus pénibles et les conditions de vie les plus exposées aux éléments ainsi qu’à la transmission de maladies de par la promiscuité. Mais récemment, l’espérance de vie des plus pauvres a commencé à reculer dans plusieurs pays comme l’Allemagne (moins deux ans de 2001 à 2010 pour les hommes qui gagnent moins des trois quarts du revenu moyen) ou les États-Unis (moins cinq ans de 1990 à 2008 pour les femmes blanches sans diplôme, trois ans pour les hommes). En France, si l’on n’observe pour l’instant pas d’augmentation de l’écart entre classes sociales, il n’en reste pas moins que l’espérance de vie stagne, l’espérance de vie en bonne santé diminue, et que les ouvriers vivent déjà en moyenne six ans de moins que les cadres. Au Royaume-Uni, l’écart est de huit à dix ans entre les zones les plus pauvres et les plus riches ; aux États-Unis, plus de douze ans.

Outre les raisons évoqués plus haut, les scientifiques mettent en cause les conséquences du stress lié à la difficulté à joindre les deux bouts, les coûts des soins, ainsi que la malbouffe : les pauvres doivent souvent se contenter de nourriture industrielle et peu variée, puisque les aliments plus sains sont généralement plus chers (fruits et légumes, aliments bio, etc.).

longevity, gap, income, life, expectancy, espérance, vie, longévité, revenu, écart, inégalitélongevity, gap, income, life, expectancy, espérance, vie, longévité, revenu, écart, inégalité

Je me suis penchée sur le sujet en septembre dernier lors de mon stage à Courrier International, lorsque j’ai traduit un article sur le « longevity gap », littéralement l’écart d’espérance de vie. Vous pouvez trouver l’article original ici ; l’article traduit n’est par contre accessible en entier qu’aux abonnés de Courrier.

Cela m’a rappelé le thème du film In Time (traduction française bizarre : Time out, commenté ici) : dans un futur relativement proche, les progrès de la science permette d'arrêter de vieillir à 25 ans. Mais après ça, on n'a plus qu'un an de temps en réserve, et il faut en gagner en permanence puisque le temps a remplacé l'argent. Lorsque le compteur que l'on porte au bras arrive à zéro, on meurt. C'est une critique du capitalisme métaphorique... mais peut-être pas tellement, quand on voit toutes les évolutions de la médecine (nanotechnologies, etc.) qui pourraient permettre aux plus riches de vivre cent-vingt ans voire plus. Voici donc une petite sélection de citations sur ces thèmes.

clock, counter, compteur, montre, in time, time out, justin, timberlake, amanda, seyfried, vert, green

« La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. »
(Edward Abbey)

« Je m’oppose à un ordre social qui permet à un seul homme qui ne fait absolument rien d'utile d'accumuler une fortune de plusieurs millions de dollars, tandis que des millions d'hommes et de femmes qui travaillent chaque jour de leur vie obtiennent tout juste assez pour une vie de misère. »
(Eugene V. Debs)

« Qu’arrive-t-il aux gens qui vivent dans une société où tout le monde en position de pouvoir ment, vole, triche et tue, quand nous savons tout ça au fond de notre cœur, mais regarder ces mensonges en face a des conséquences tellement monstrueuses que nous continuons à espérer que peut-être cette fois l'administration, le gouvernement, les entreprises et les médias sont réglos avec nous.
Les Américains me rappellent les rescapés de violences domestiques.
Il y a toujours l’espoir que ce soit la toute, toute dernière fois qu'on nous recassera les côtes. »
(Inga Muscio)

« La pauvreté est un voleur.  Non seulement elle diminue les perspectives d’avenir d’une personne, mais elle lui vole aussi des années de sa vie. »
(Michael Reisch, professeur en justice sociale à l’université du Maryland)

« Que se passera-t-il lorsque de nouvelles découvertes scientifiques rallongeront la durée de vie potentielle des humains, exacerbant ces injustices à une échelle bien plus large ?  L’ultime lutte des classes pourrait bien ne pas être axée sur la question de l’argent en soi, mais plutôt sur l’opposition d’une espérance de vie de 60 ans contre 120 ans ou plus.  Tout le monde acceptera-t-il sans broncher que les nantis vivent deux vies alors que les plus démunis en ont à peine une ? »
(Linda Marsa, « The longevity gap », Aeon)

« Vous pourriez bouleverser l’équilibre d’une génération. Peut-être deux. Mais ne vous faites aucune illusion, à la fin rien ne changera. Parce que tout le monde veut vivre éternellement. Tout le monde pense qu’il a une chance d’accéder à l’immortalité même si tout tend à prouver le contraire. Tous croient qu’ils seront l’exception. Mais la vérité, c’est que pour quelques immortels, beaucoup doivent mourir. »
(Time Out, en version originale In Time)

Voilà pour moi la citation la plus puissante du film, qui se transpose très bien dans notre monde avec l’argent à la place du temps. Cela explique pourquoi des ouvriers ou des chauffeurs de taxi vote pour des partis qui diminuent les impôts des plus fortunés, pour que « quand ils seront riches » ils n’aient pas à verser une partie de leur fortune à l’État, alors même qu’ils pourraient bénéficier aujourd’hui d’un système de redistribution plus juste...

clock, counter, compteur, montre, in time, time out, justin, timberlake, amanda, seyfried, vert, green, zero, zéro, zeroes, timed out, dead

“Growth for the sake of growth is the ideology of the cancer cell.”
(Edward Abbey)

“I am opposing a social order in which it is possible for one man who does absolutely nothing that is useful to amass a fortune of hundreds of millions of dollars, while millions of men and women who work all the days of their lives secure barely enough for a wretched existence.”
(Eugene V. Debs)

“What happens to people living in a society where everyone in power is lying, stealing, cheating and killing, and in our hearts we all know this, but the consequences of facing all these lies are so monstrous, we keep on hoping that maybe the corporate government administration and media are on the level with us this time.
Americans remind me of survivors of domestic abuse.
This is always the hope that this is the very, very, very last time one's ribs get re-broken again. ”
(Inga Muscio)

“Poverty is a thief. Poverty not only diminishes a person’s life chances, it steals years from one’s life.”
(Michael Reisch, professor of social justice at the University of Maryland)

“What will happen when new scientific discoveries extend potential human lifespan and intensify these inequities on a more massive scale? It looks like the ultimate war between the haves and have-nots won’t be fought over the issue of money, per se, but over living to age 60 versus living to 120 or more. Will anyone just accept that the haves get two lives while the have-nots barely get one?”
(Linda Marsa, “The longevity gap”, Aeon)

“You might upset the balance for a generation. Two. But don’t fool yourself, in the end, nothing will change. Because everyone wants to live forever. They all think they have a chance at immortality even though all the evidence is against it. They all think they will be the exception. But the truth is, for a few to be immortal, many must die.”
(In Time)

samedi 03 janvier 2015 Publié dans Citations, extraits de chansons, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |