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mercredi 24 février 2016

J'ai vu... Occupied

La Norvège occupée par la Russie... avec la bénédiction de l'UE. Science-fiction ?

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Cette série norvégienne d'anticipation est rudement bien menée. Dans un futur relativement proche, la Norvège élit un premier ministre écologiste. Malgré les pressions extérieures, celui-ci applique aussitôt son programme : l'arrêt immédiat de la production de pétrole et de gaz, qu'il compte remplacer par des centrales nucléaires au thorium, considérées comme plus sûres, moins polluantes et à terme plus productives.

Mais c'est sans compter la détermination de l'Union européenne, qui n'a jamais fait l'effort d'une transition énergétique et se retrouve donc sans essence pour ses millions de véhicules, sans gaz pour le chauffage d'innombrables foyers. Le premier ministre cherchant à leur forcer la main, ils se sentent contraints à faire appel à la Russie, dont la puissance militaire lui permettra de prendre le contrôle des plateformes pétrolières et gazières afin qu'elles irriguent à nouveau l'Europe. Note importante : dans l'univers de la série, les États-Unis sont sortis de l'OTAN et se refusent désormais à toute intervention dans les affaires des autres pays.

Le gouvernement norvégien se retrouve donc face à un choix : résister à une puissance qui ne peut que les écraser, ou appliquer une politique contraire à leurs principes et au programme qui les a fait élire. Le tout étant d'éviter que la population comprenne à quel point les Russes contrôlent le pays...

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Impressionnant et addictif. Les personnages que la série suit vont rarement dans la direction à laquelle on pouvait s'attendre, ou du moins pas longtemps. Leur développement psychologique est solide, et les interactions diplomatiques sont terrifiantes de réalisme et d'hypocrisie.

L'intrigue nous conduit à réfléchir non seulement aux choix que nous ferions dans la peau de ces personnages, mais aussi à la gouvernance, aux ingérences et aux « doigts dans l'engrenage » de notre monde actuel. Pas si invraisemblable que ça...

mercredi 17 février 2016

Charlie, Aylan, Cologne, et le cimetière de Méditerranée

Cela fait un bon moment que je n’ai pas publié un article de réflexion, pas trop le temps en ce moment ! Mais là j’ai quelques minutes devant moi et des choses à dire, donc je prends le temps de compiler et d'adapter l’essentiel de débats et discussions que j’ai eues récemment au sujet d’un dessin de Charlie Hebdo.

Si vous ne savez pas duquel je parle, vous avez beaucoup de chance, car tous les « médias » Internet en ont fait leur buzz le mois dernier. Il s’agit d’un dessin représentant en haut à gauche le petit Aylan, enfant kurde syrien mort noyé l’an dernier pendant la traversée de la Méditerranée, et dans le dessin principal, « ce qu’il aurait pu devenir » s’il avait grandi : « tripoteur de fesses en Allemagne ».

Scandale, choc, stupéfaction : Charlie ferait donc dans l’humour noir voire morbide, et d’un goût bien particulier ? Le Point, Paris Match et autres BFMTV se sentent obligés de diffuser partout ce dessin et notamment de le montrer au papa du petit Aylan, qui n’avait rien demandé à personne et en a pleuré. Le Figaro notamment fait preuve d’un peu plus de recul (ici), mais dans l’ensemble cela reste au niveau du constat des réactions, sans explication. Même chose dans les médias internationaux, qui s’offusquent la plupart sans comprendre le 2ème (voire 3ème degré)… Résultat, des débats houleux entre les pro Charlie qui prennent les autres de haut car eux, ils ont compris la blague, et les anti Charlie pour qui « là, ils vont vraiment trop loin » et la liberté d’expression n’excuse pas tout.

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Premier point : la ligne éditoriale de Charlie est d'aller TOUJOURS trop loin. Ils n'épargnent rien ni personne, rien n'est sacré. Le mauvais goût et les rapprochements de choses qui n'ont aucun rapport, c'est leur marque de fabrique ! Le principe, c'est de choquer et de faire réfléchir. Ça peut surprendre en venant des autres médias, tous plus aseptisés les uns que les autres... Et il y a certains de leurs dessins que je trouve juste choquants sans que ça me fasse particulièrement réfléchir, ça dépend des jours, ça dépend des sujets, et ça changera d’une personne à l’autre... Mais en résumé, ça ne sert pas à grand-chose d'en ouvrir un exemplaire si ce genre d'humour vous heurte ou vous blesse vraiment !

Malheureusement, maintenant qu'ils sont très médiatisés, tous les journaux reprennent leurs dessins les plus choquants et les analysent au 1er degré, allant jusqu'à les montrer au papa d'Aylan qui ne peut évidemment qu'en pleurer, ne comprenant pas les intentions qu'il peut y avoir derrière...

Alors que justement, il s’agit pour moi d’une caricature hilarante au 3ème degré, sur les raccourcis et les préjugés ! Je le trouve hilarant autant qu'il fait pleurer ce dessin : il m'évoque tous ces Européens qui essuyaient une larme devant leur télé en voyant Aylan mort sur une plage, et qui quelques mois plus tard, non seulement n'ont pas bougé pour aider tous les autres enfants comme lui, et pourquoi pas leurs parents tant qu’on y est (combien sont morts depuis ?), mais en plus se replient sur eux dès qu’on leur donne un prétexte, j’ai nommé les agressions à Cologne à la Saint Sylvestre. Comme si les viols n'existaient pas en Europe avec ou sans migrants, comme si on s'imaginait auparavant que tous les migrants seraient forcément des anges, et que finalement ils étaient tous des prédateurs ! Ce passage du « oh pauvre petit chou, il avait toute la vie devant lui ! » à « renvoyez-les tous chez eux, ils ne sont pas comme nous ! », voilà où se situe la dissonance, l’hypocrisie, voilà où doit se glisser l’humour engagé.

D’ailleurs, Plantu, qui fait pourtant dans le beaucoup moins trash que Charlie, défend aussi ce dessin : ici.

Pour autant, je comprends parfaitement que ça puisse heurter. Le dessin est fait pour choquer, entre la situation elle-même, le rappel d’Aylan noyé (même si la photo a beaucoup circulé, cela reste forcément marquant), le physique caricatural des « tripoteurs »... Et tous ces éléments qui participent selon moi à la satire et à l’électrochoc qu’il veut provoquer, peuvent aussi, c’est sûr, susciter l’émotion et la tristesse chez les plus sensibles et les moins habitués à ce type d’humour. C’est leur droit le plus élémentaire d’être peinés, blessés, choqués. Mais cela ne veut pas dire à mon sens que les dessinateurs doivent forcément édulcorer leur vitriol…

Après une autre polémique, toujours sur un dessin d’Aylan par le dessinateur Riss (celui avec McDo, « si près du but »), un autre dessinateur de Charlie, Luz, avait écrit : « Tu fais partie des millions de ‟nouveaux lecteurs” qui ont découvert Charlie en même temps que son humour après les attentats de janvier dernier. On n'avait jamais imaginé que tu t'intéresserais à notre travail, toi qui habite à des milliers de kilomètres de la rédaction, loin si loin de la tradition satirique de notre pays, toi qui n'a jamais été baigné dans l'humour de Desproges, de Reiser, de Topor, de Cabu, de Charb… ». Il touche notamment au problème culturel. Beaucoup en France ont été exposés d’une façon ou d’une autre (certes plutôt avant la vague de politiquement correct) à ce type d'humour noir, qui ne respecte rien, satirique à la mode anarchiste, historiquement très français. Ceux-là peuvent être choqués tout en le relativisant et même en en riant, alors que d’autres, ailleurs dans le monde comme en France d’ailleurs, pour qui le simple fait de dessiner la mort peut être considéré comme tabou, ne voient simplement pas le 2ème degré derrière l’émotion ou l’horreur qui les saisit, ou s’ils le voient, n’en voient pas forcément l’intérêt.

L’intérêt, pour moi, c’est de secouer le cocotier, de donner un coup de pied dans la fourmilière. Amuser les gens, en soi, c’est facile. Prenez un mec qui se casse la figure au ralenti, tout le monde est mort de rire. Mais les faire réfléchir, les faire remettre en question leurs opinions à peine conscientes, leurs préjugés et leurs idées préconçues, ça, c’est compliqué. Et c’est précisément ce que permet selon moi ce type d’humour qui nous met face à nos contradictions. Alors non, ce n’est pas tendre, c’est même violent. C’est irrévérencieux et blasphématoire, souvent. Mais à un moment donné, il faut bien que quelqu’un se charge de mettre les pieds dans le plat quand tous les autres s’auto-congratulent de leur compassion tout en laissant la Méditerranée engloutir des milliers de personnes (environ 10 000 depuis 2008, d’après les chiffres du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU)... Soit dit en passant, on accuse Riss d'exploiter l'image d'Aylan car ce n'est pas son premier dessin le représentant, et cela ne semble choquer personne que la vraie photo du corps inanimé d'un enfant de trois ans, la tête dans l'eau, ait fait le tour de la planète et soit ressortie régulièrement pour faire pleurer les chaumières...

On accuse Charlie Hebdo de semer la haine. Malheureusement je crois que la haine est souvent déjà là, cachée... Vaut-il mieux faire comme si elle n'existait pas et essayer d'éviter de la réveiller, quitte à renoncer à toute liberté d'expression ? Je ne sais pas. Pour moi, il est sain d'être confronté à toutes sortes d'opinions pour former son esprit critique... Et l'humour noir a une place dans mon cœur, comme une espèce de fou du roi qui se moque de lui derrière son dos... Un rôle toujours aussi dangereux, comme on a malheureusement pu le constater.

Et il faut arrêter avec cette idée que parce qu’ils ont été victimes d’un attentat, on ne peut rien dire contre eux. Ils ont le mérite d’être assez seuls sur ce créneau, avec aussi le Canard Enchaîné. Pour autant, évidemment, on a le droit de ne pas être d’accord avec Charlie, et d’exprimer ses opinions à leur sujet – c’est ça aussi la liberté d’expression ! Mais les museler ou attendre d’eux un humour gentillet ne sera jamais une solution. D’abord, parce que si une fatwa et les kalachs ne les ont pas arrêtés, je crois qu’il n’y a pas grand-chose qui peut le faire. Et ensuite, parce que quand on se sent agressé par une opinion, la solution est rarement de mettre un poing dans la figure de celui qui l’a énoncée (et cela, même quand il s'agit d'une insulte, désolée Saint Père). La solution, c’est soit de se demander si on se sent agressé parce qu’on se sent mal à l’aise avec notre propre opinion... soit simplement de l’ignorer !

Pour finir, je conseillerais à ceux d’entre vous qui ne connaissent Charlie Hebdo que par l’intermédiaire d’autres médias, d’ouvrir le magazine ou de consulter leur site internet ne serait-ce qu’une seule fois, un jour où vous êtes tranquilles et d’humeur stable, en vous préparant à être choqué. Il y a de très bons articles de fond, très bien écrits et souvent pertinents, notamment les articles d’investigation, qui même quand on n’est pas d’accord explorent les sujets plus en profondeur que la plupart des journaux « sérieux ». Et il y a aussi beaucoup de dessins. Sans doute trouverez-vous 50 % d’entre eux inutilement choquants, et il est fort probable que vous ne compreniez pas l’humour de 25 % de plus, parce qu'il y en a pour tous les goûts. Mais comme les dessinateurs sont justement très éclectiques, je parierais qu’au moins un quart vous fera rire aux éclats. Et réfléchir. Ils avaient notamment récemment un dessin hilarant sur la visite de Rohani en Italie, avec la fameuse histoire de « cachez-moi ces statues que je ne saurais voir » (mais je ne peux pas l’inclure ici sans risquer les foudres de la police des mœurs internautiques, car il est assez… cru).

Et si ce n’est vraiment pas votre truc, eh bien, vous n’aurez plus qu’à éviter comme la peste BFMTV et consorts. Ce qui est de manière générale plutôt bon pour la santé du ciboulot.

mercredi 10 février 2016

Photos : Minettes prévenantes

Les chats sont des compagnons si prévenants... Dès que l'on s'attaque à une tâche, ils ne demandent qu'à participer, enfin, à nous soutenir, moralement bien sûr.

Minette déménageuse : « Je supervise »
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Minette artiste peintre : « Je te prépare les toiles »chat, chatte, cat, minette, prévenant, serviable, attentionné, helpful, considerate, desk, bureau, atelier, studio, art, paint, peinture

Minette cadre sup : « Je te rends service, cette chaise donne mal au dos »chat, chatte, cat, minette, prévenant, serviable, attentionné, helpful, considerate, desk, bureau, travail, work

Minette au bureau : « Je m'occupe de ta paperasse »

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Octobre à décembre 2015 - © mari6s

mercredi 03 février 2016

Citations : Histoire & révolutions

« Il est en notre pouvoir de recommencer le monde à zéro. »

(Thomas Paine, révolutionnaire britannique, américain et français)

« Souvenez-vous, souvenez-vous toujours, que nous tous, et plus particulièrement vous et moi, descendons d’immigrants et de révolutionnaires. »

(Franklin D. Roosevelt)

« L’un des grands freins de l’Histoire est la torpeur de bien trop de gens au cours des grandes périodes d’évolution sociale. Toute société a ses protecteurs du statu quo et ses fraternités d’indifférence, tristement célèbres pour leur capacité à dormir d’un bout à l’autre des révolutions. Aujourd’hui, notre survie même dépend de notre capacité à rester éveillés, à nous adapter à de nouvelles idées, à demeurer vigilants et à faire face aux défis du changement. »

(Martin Luther King Jr.)

« Fantasme. Délire.

C’est ce qu'on dit de toute révolution qui ne s'est pas encore réalisée, puis elles deviennent un tournant historique inéluctable. »

(David Mitchell, Cartographie des nuages)

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“We have it in our power to begin the world over again.”

(Thomas Paine, British, American and French revolutionary)

“Remember, remember always, that all of us, and you and I especially, are descended from immigrants and revolutionists.”

(Franklin D. Roosevelt)

“One of the great liabilities of history is that all too many people fail to remain awake through great periods of social change. Every society has its protectors of status quo and its fraternities of the indifferent who are notorious for sleeping through revolutions. Today, our very survival depends on our ability to stay awake, to adjust to new ideas, to remain vigilant and to face the challenge of change.”

(Martin Luther King Jr.)

Fantasy. Lunacy.

All revolutions are, until they happen, then they are historical inevitabilities.”

(David Mitchell, Cloud Atlas)

°*°

La traduction française des citations est de moi, sauf pour Cloud Atlas où je me suis fortement inspirée de la version française officielle, que j'ai légèrement modifiée. Vous pouvez réutiliser mes traductions si elles vous plaisent, et dans ce cas un petit lien vers mon blog serait le bienvenu. N'hésitez pas non plus à me suggérer vos propres solutions si vous êtes inspirés !