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mercredi 08 janvier 2014

J'ai vu... Cloud Atlas

J’avais vu Cloud Atlas au cinéma il y a plus d’un an, en Californie, et j’avais adoré. Je n’avais pas écrit de critique tout de suite, car c’est un film complexe dont il est difficile de parler sans l’avoir vu plusieurs fois, et même aujourd’hui, après l’avoir revu en DVD, je ne suis pas tout à fait sûre de ce que ça va donner. Mais tentons le coup ;)

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« Our lives are not our own. From womb to tomb, we are bound to others. Past and present. And by each crime and every kindness, we birth our future. » 

 « Nos vies ne nous appartiennent pas. Du berceau au tombeau, nous sommes liés les uns aux autres. Dans le passé, comme dans le présent. Et par chacun de nos crimes, et chacune de nos attentions, nous enfantons notre avenir. »

Voilà sans doute la citation la plus importante du film, qui revient à plusieurs reprises comme un mantra. Comment vous expliquer le principe ? Nous suivons six histoires, à six époques différentes, qui s’entremêlent. On a Adam Ewing, un jeune juriste voyageant dans l’Océan Pacifique en 1849 ; Robert Frobisher, un jeune compositeur homosexuel en 1936 ; Luisa Rey, une journaliste sur la piste d’un scandale qu’on fait tout pour étouffer en 1973 ; Timothy Cavendish, un vieil éditeur loufoque en 2012 ; Sonmi-451, une clone créée pour servir d’esclave dans une société du futur en 2144 ; et Zachry, un homme torturé qui vit dans une société tribale 106 hivers après la Chute. On découvre vite que l’histoire de Zachry, bien qu’elle se déroule dans une ambiance préhistorique, est en fait la dernière dans l’ordre chronologique.

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Si vous avez entendu quoi que ce soit à propos de ce film, vous savez probablement que l’une de ses particularités consiste à faire jouer de multiples personnages à chaque acteur. Par exemple, Halle Berry joue Luisa Rey en 1973, Meronym 106 hivers après la Chute, mais aussi Jocasta en 1936 et des personnages aux apparitions plus brèves dans les trois autres histoires ; Jim Sturgess joue Adam Ewing en 1849, Hae-Joo Chang en 2144, le beau-frère de Zachry 106 hivers après la Chute, et trois plus petits rôles, etc. Le travail de maquillage est d’ailleurs impressionnant, parvenant à dépasser les frontières homme / femme et blanc / noir / asiatique etc. Cela a d’ailleurs causé une controverse, puisque le casting est essentiellement composé de caucasiens que l’on maquille pour jouer des asiatiques plutôt que le contraire – ce qui est indéniablement dommage mais réveille surtout de vieilles blessures datant de l’époque où le cinéma américain (entre autres) faisait systématiquement jouer à des blancs les rôles (caricaturaux, bien sûr) d’asiatiques et d’indiens. Cela dit, je suis d’avis que Cloud Atlas se détache franchement de cette tendance, et que la simple idée qu’une même âme peut se réincarner dans des personnes de toutes origines, diffusée aussi largement, est un pas dans la bonne direction pour les représentations cinématographiques.

Les différentes histoires nous sont présentées par morceaux plus ou moins longs, de quelques secondes à quelques minutes, qui se mélangent de façon thématique. Mis à part quelques aperçus de la fin de certaines histoires au début, chacune se déroule de façon chronologique. Cela peut être difficile à suivre au début, on s’y perd même carrément, mais pour moi cela fait partie du charme du film. Les liens apparaissent au fur et à mesure – et l’appréciation que l’on a du tout change lorsqu’on regarde le film à nouveau, n’ayant plus autant besoin de se concentrer sur la recherche de ces liens.

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Ces liens sont multiples ; les plus évidents sont les références à l’histoire de certains personnages à d’autres époques. Ainsi, la tribu de Zachry vénère Sonmi, dont les Révélations sont leurs saintes écritures ; Sonmi, elle, découvre avec son amie Yoona-939 les aventures portées à l’écran de Timothy Cavendish ; Cavendish lit un roman écrit par Javier, le jeune voisin de Luisa Rey, sur les aventures de cette dernière ; Luisa est captivée par les lettres de Robert Frobisher à son amant Sixmith, au point qu’elle se met à la recherche d’un enregistrement vinyle de l’œuvre du jeune compositeur, baptisée le sextuor Cloud Atlas ; et Frobisher prend connaissance des aventures d’Adam Ewing à travers son journal de voyage. De plus, divers personnages ont une tache de naissance en forme de comète.

Mais ces histoires sont liées par des éléments plus subtils, qui nous sont révélés à travers des phrases qui se répètent ou se répondent, des situations qui s’évoquent entre elles. L’idée de karma me vient à l’esprit concernant certaines intrigues, notamment concernant les personnages joués par Tom Hanks, dont la plupart sont animés par des instincts égoïstes : un médecin cupide en 1849, un gérant d’hôtel prompt au chantage en 1936, puis en 1973 un léger mieux avec un scientifique qui hésitait à dénoncer ses patrons de peur de perdre son boulot, mais finit par le faire pour les beaux yeux de Luisa Rey, puis en 2012 un malfrat qui joue les écrivains puis assassine un critique, et enfin, 106 hivers après la Chute, un homme torturé par des visions qui entretiennent sa paranoïa et sa lâcheté. Si on regarde l’ensemble du film du point de vue de ce personnage, l’histoire devient une lutte contre nos instincts les plus bas, qui ne réussit d’ailleurs que lorsqu’il croise les personnages de Halle Berry (Luisa Rey et Meronym) qui font ressortir le meilleur de lui.

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D’un point de vue plus global, les situations qui reviennent sont celles d’oppression, plus particulièrement en 1849 et en 2144, mais on les retrouve sous une forme ou une autre dans toutes les histoires. On voit se répéter le thème d’un ordre naturel selon lequel « The weak are meat and the strong do eat » (dans le film « Le faible est la viande dont le fort se nourrit », mais je préfère cette autre traduction : « Les faibles sont pitances et les forts s’emplissent la panse »), de façon plus ou moins littérale puisque le cannibalisme est évoqué à plusieurs reprises, de façon humoristique en 1849, et plus sérieuse en 2144 et 106 hivers après la Chute. Deux personnages joués par Hugo Weaving affirment d’ailleurs qu’ « il y a un ordre naturel en ce monde », l’un à la moitié du film (en 2144 : « There’s a natural order to this world, fabricant, and the truth is, this order must be protected » – «Il y a un ordre naturel en ce monde, factaire, et cet ordre doit être protégé, c’est la seule vérité qui compte ») dans une scène où les oppresseurs semblent avoir le dessus ; mais lorsqu’il la répète à la fin du film en 1849, dans un contexte à la fois différent et très similaire…

« There is a natural order to this world, and those who try to upend it do not fare well. This movement will never survive; if you join them, you and your entire family will be shunned. At best, you will exist a pariah to be spat at and beaten. At worst, to be lynched or crucified. And for what? For what? No matter what you do it will never amount to anything more than a single drop in a limitless ocean.

… on lui répond :

- What is an ocean but a multitude of drops? »

« Il y a un ordre naturel en ce monde, et ceux qui s’emploient à le bouleverser s’attirent de grands malheurs. Ce mouvement va s’effondrer de lui-même. Si vous y participez, vous et toute votre famille serez reniés. Au mieux, vous survivrez en paria sous les crachats et les coups. Au pire, vous finirez lynché ou crucifié. Et tout cela pourquoi ? Pourquoi ? Quels que soient vos efforts, ils ne représenteront guère plus qu’une seule goutte de pluie au milieu d’un océan.

- Mais qu’est-ce qu’un océan, sinon une multitude de gouttes de pluie ? »

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Et voilà un autre thème récurrent, étroitement lié à celui de l’oppression : tout acte, même dérisoire, peut contribuer à changer le monde. Les actes de gentillesse évoqués par Sonmi traversent les âges, de l’amitié entre Ewing et Autua, un esclave en cavale, à la solidarité des « co-détenus » de Cavendish, en passant par la relation de Hae-Joo et Sonmi, de Zachry et Meronym. Et ces actes demandent souvent tout autant de courage que les actes les plus héroïques et grandioses, comme le sacrifice de Sonmi ou encore la décision finale d’Adam Ewing.

Ainsi, Luisa Rey explique que : « You have to do what you can’t not do. »

« Ce qu’il faut faire, c’est ce que vous ne pouvez pas ne pas faire. »

Et Isaac s’étonne : « Yesterday, I believed I would never have done what I did today » avant d’ajouter, faisant penser à Sonmi : « These forces that often remake time and space, that can shape and alter who we imagine ourselves to be, begin long before we are born and continue after we perish. »

« Hier encore, je me serais cru incapable de faire ce que j’ai fait aujourd’hui. Ces forces qui souvent redessinent l’espace et le temps, qui façonnent et altèrent tout ce que nous croyons être, commencent bien avant notre naissance et perdurent longtemps après notre mort. »

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L’idée de sacrifice est centrale, mais le nombre d’histoires différentes permet de lui donner des dénouements variés, la fin heureuse de certaines intrigues compensant en quelque sorte la tragédie des autres, ce qui fait peut-être finalement de Cloud Atlas l’un des films les plus réalistes que j’aie vus, car c’est ça, la vie, une infinité de destinées individuelles. Ainsi, parmi les six couples principaux (Adam et Tilda, Frobisher et Sixmith, Luisa et Isaac, Cavendish et Ursula, Sonmi et Hae-Joo, Zachry et Meronym), la moitié connaît une fin heureuse, ce qui apporte une sorte d’équilibre : l’amour change le monde par le biais de sacrifices grandioses… et par la force tranquille des gestes du quotidien. Ce que j’apprécie particulièrement, étant donné mon aversion pour les fins tragiques à tout prix. Cavendish dément ainsi la fatalité des poètes maudits :

« Outside, fat snow flakes are falling on slate roofs and granite walls. Like Solzhenitsyn, labouring in Vermont, I shall beaver away in exile. Unlike Solzhenitsyn, I shan't be alone. »

« Dehors, la neige s’abat à gros flocons sur des toits d’ardoise et des murs de granite. Tel un Soljenitsyne besognant dans le Vermont, je confectionnerai mon ouvrage en exil. Mais à la différence de Soljenitsyne, je ne serai pas seul. »

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Un dernier point a retenu l’intérêt de la traductrice en moi : l’aspect linguistique. Le film intègre en effet l’évolution logique du langage au fil du temps. En 2144, il est même présenté comme un moyen d’oppression utilisé par le gouvernement d’Unanimité, ce qui est très réaliste puisqu’il a de fait historiquement servi de force d’unification (de nombreux États ont ainsi œuvré à la répression des langues régionales, notamment en France). Il est de plus intéressant de constater que le langage majoritaire est le « consommateur », ce qui en dit long sur la société en question. Je me suis laissé dire que la version roman de Cloud Atlas marque plus la différence de ce langage futuriste, qui ne se remarque dans le film qu’à quelques occasions.

« May I say you speak Consumer surprisingly well.
- (in Korean) It is unfortunate that most of Unanimity can only speak one language.
- As an officer of Unanimity I am, of course, restricted from using Subspeak. »

« Si vous me permettez, vous parlez étonnamment bien le consommateur.
- (en coréen) Il est regrettable que la majorité d’Unanimité ne parle qu’une seule langue.
- En tant qu’officier d’Unanimité, il m’est interdit de communiquer en sous-parlance. »

106 hivers après la Chute, la tribu de Zachry a un langage dérivé du nôtre mais qui a subi d’importantes modifications. On constate notamment la généralisation des contractions déjà utilisées dans le langage informel, et leur multiplication, ainsi que l’évolution de certains sons (« the Old Ones » deviennent « the Old Uns », « tout » devient « tœt »), le tout complété par des expressions très imagées, des onomatopées, et des références culturelles (par exemple to judas = trahir). Les Prescients, le peuple de Meronym, semblent utiliser une langue plus proche de celle que nous parlons actuellement, mais lors de ses interactions avec les membres la tribu, Meronym s’adapte à leur parler. Si cela vous intéresse, je vous conseille cet article (en anglais).

« You really ain’t feary ‘bout meetin’ Old Georgie on the summit ?
- More scaresome ‘bout the weather than any devil.
- You cog he’s real ? Who tripped the Fall, if not Old Georgie ?
- True-true ? The Old Uns.
- That’s jus’ a rope o’ smoke. Old Uns got the Smart. They mastered sick and seeds… Mak’d miracles ‘n fly ‘cross the sky.
- True. All true. But they got somethin’ else. A hunger’n t
heir hearts, a hunger that’s stronger’n all their Smart.
- Hunger ? For what ?
- Hunger for more. »

« Toi t’as pas peur d’tomber sur l’vieux Georgie en haut du Mauna Sol ?
- Moins peur du diable que du mauvais temps qu’il va faire là-haut.
- T’crois pas qu’y existe ? C’est qui qu’a poussé la Chute, si c’est pas vieux Georgie ?
- Tout vrai tout juste ? S’tous les Anciens.
- Ça c’est d’la fumée. Les Anciens, z’avaient la Savance. Pour les maladies, les graines, tœt’, à pousser des miracles, à voler d’dans l’ciel.
- Juste. Tœt’ juste, mais z’avaient pas qu’ça. Z’avaient la soif dedans l’cœur. Une soif plus forte que tot’ leur Savance.
- Une soif ? Œd’quoi ?
- De toujours plus. »

cloud atlas, cloud, atlas, cartographie, nuageJe vais m’arrêter là même s’il y aurait encore beaucoup à dire. Je vous recommande chaleureusement de regarder Cloud Atlas. C’est un film exigeant, qu’on peut difficilement suivre sans lui prêter toute son attention, et qui ne demande qu’à être revu à de multiples reprises. Je pense aussi que de nombreuses interprétations sont possibles, n’hésitez pas à me faire part de la vôtre dans un commentaire !

samedi 30 novembre 2013

J'ai vu... Hunger Games Catching Fire (L'Embrasement)

Hunger Games, 2 ! Je l’attendais depuis longtemps, et j’étais impatiente de voir ce qu’ils feraient du tome 2 – j’ai lu toute la saga en romans. Voilà ce que j’en ai pensé !

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Un petit synopsis pour ceux qui ont échappé à la folie Hunger Games : dans le premier roman et le premier film, nous suivions la 74ème édition des Hunger Games, une charmante tradition qui voit s’entretuer 24 jeunes gens venant des 12 districts de Panem, l’Amérique du futur dirigée par le Capitole qui exploite les habitants des districts. Chaque année, on tire au sort une fille et un garçon de 12 à 18 ans pour chaque district. Un seul en sortira vivant.

Spoiler de la fin du premier opus : pour la première fois, lors des 74ème Hunger Games, deux vainqueurs sont sortis de l’arène : Katniss et Peeta, les tributs du district 12. Et cela grâce au coup de bluff de Katniss, qui sort des baies empoisonnées au lieu d’essayer de tuer Peeta – car elle a compris qu’il faut un vainqueur.

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Dans Catching Fire, on retrouve Katniss et Peeta – en mauvais termes depuis que le jeune homme a compris qu’elle ne partage pas ses sentiments malgré ce qu’elle a fait croire au reste de Panem pour sauver leurs deux vies – à la veille de leur départ en tournée à travers tous les districts. Mais le Président Snow rend visite à Katniss et lui révèle qu’elle est devenue un symbole de rébellion pour les districts. Il menace la vie de ses proches si elle ne parvient pas à convaincre les districts qu’elle n’est pas une révolutionnaire, mais une amoureuse. Pas de panique, je ne vous ai spoilé que la bande-annonce.

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Bon, comme toujours pour les adaptations de livres qu’on a lus, j’ai repéré tout un tas de différences. La plupart s’expliquent simplement par la différence de support. Le roman consacrait plus de temps aux périodes intermédiaires avec moins d’action, ce qui fait que les événements semblaient s’étaler sur une période plus longue alors que le film passe beaucoup moins de temps dans le district 12. Certains dialogues sont écourtés ou modifiés, et même si en tant que fan des livres je m’en désole, cela a été fait de façon intelligente et cohérente.

J’étais impatiente de voir ce que le film ferait du tome 2 en ce qui concerne Snow et ses intrigues. C’était en effet un de mes éléments préférés du premier film : les scènes ajoutées pour expliquer ce qui se passe derrière les coulisses, alors que les romans sont entièrement du point de vue de Katniss. Je trouve que cela fait de l’ensemble romans + films une sorte d’expérience multimédia qui se complète plutôt que de se répéter… Et je n’ai pas été déçue, puisque Catching Fire nous montre ce qui a poussé Snow et Plutarch Heavensbee à agir comme ils l’ont fait, des scènes qui ont encore plus de sens si on a lu les romans, selon moi. Cela amène des éléments très intéressants sur l’importance des distractions dans l’asservissement des peuples, pour nourrir la réflexion.

Parmi les points négatifs, je dirais qu’avec la « compression » du roman pour tenir en un peu moins de 2h30, on perd un peu du développement de la relation entre Katniss et Peeta. Les dialogues importants sont là, mais j’ai eu l’impression qu’il manquait quelques silences. Le voyage en train, notamment, est à peine esquissé, et l’entraînement de Katniss, Haymitch et Peeta entre l’annonce de l’Expiation (Quarter Quell) et le tirage au sort le jour de la Moisson (Reaping) disparaît complètement. Comme je le disais, je comprends les contraintes d’un film, mais c’est vrai que c’est un peu dommage et cela m’a donné envie de relire ces parties du roman (ce qui veut probablement dire que je vais relire toute la saga sous peu ;p).

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Un autre aspect que l’on perd dans le film, c’est toute l’histoire des précédentes Expiations et Hunger Games, avec les circonstances de la victoire de certains tributs, notamment Haymitch. Je conseille à ceux que cela intéresse de lire le roman !

En ce qui concerne la fin, je me suis rendu compte qu’elle était terriblement plus dure comme fin de film que comme fin de roman. Dans mon cas, du moins, j’avais déjà les trois tomes à disposition et lorsque j’ai fini le deuxième, il m’a suffi de me plonger dans le début du troisième pour ne pas rester sur ma faim. Ce n’est pas que le troisième soit particulièrement gai, mais cela évitait que certaines incertitudes se prolongent. Je ne serais pas surprise qu’après ce film, de nombreux impatients s’attaquent aux romans ne serait-ce que pour connaître la suite avant la sortie du prochain film !

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Pour résumer, j’ai beaucoup aimé Catching Fire, les performances des acteurs étaient extras – j’aime beaucoup Jennifer Lawrence dans tous ses rôles, et toute l’équipe était convaincante, Finnick notamment était très bien joué, et Effie avait de très bonnes scènes. Je garde une petite préférence pour le roman parce que j’aime bien connaître toutes les pensées et arrière-pensées des personnages, mais le film apporte lui aussi des éléments inédits qui complètent agréablement le tableau. Si vous avez aimé le premier Hunger Games, foncez, et si vous ne connaissez pas la saga, cela peut être le moment de la découvrir !

mardi 22 octobre 2013

Une petite vidéo sur la répartition de la richesse

Il s'agit des USA mais cela n'est pas loin de la réalité de nombreux pays, et du monde dans son ensemble...

mercredi 02 octobre 2013

J’ai lu… One for the Money & Two for the Dough (Janet Evanovich)

Les titres français de ces romans, les deux premiers de la série Stephanie Plum, sont La Prime et Deux fois n’est pas coutume. Un film a été tiré du premier, intitulé en France Recherche Bad Boys Désespérément et au Québec La Prime, avec Katherine Heigl.

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Stephanie Plum a perdu son emploi de vendeuse de lingerie et elle a désespérément besoin d’argent. Son cousin Vinnie est garant de cautions judiciaires et Stephanie, lui rendant visite pour tenter d’obtenir un poste de secrétaire, s’aperçoit qu’un chasseur de prime peut gagner très gros. Surtout pour un policier en fuite accusé de meurtre… et le fait que ce dernier s’avère être le beau parleur qui a brisé le cœur de la jeune femme au lycée, ne gâche rien.

Bon, d'accord, Stephanie ne s’est jamais battue de sa vie et elle a une peur bleue des armes à feu. Mais ce ne sont pas ces petits détails qui vont l’arrêter !

Dans le deuxième volume, l’apprentissage de notre chasseuse de prime se poursuit avec une intrigue qui implique un trafic d’armes et la disparition d’un lot de… cercueils.

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L’écriture et l’humour savoureux de Janet Evanovich ne vous laissent pas une minute pour vous ennuyer dans ces aventures hilarantes et pleines de suspense. Je vous les recommande chaleureusement !

samedi 14 septembre 2013

J'ai lu... Catch me (Lisa Gardner)

Acheté en version originale anglaise, ce pavé de 600 pages n’est pas encore paru en français.

Un vrai thriller qui vous accroche et ne vous lâche pas. C’est le type de roman qui ne vous prend pas pour un idiot, dès le début vous aurez assez d’éléments pour vous poser des questions, mais les rebondissements vous réservent malgré tout bien des surprises…

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Charlie en est persuadée : dans quatre jours, elle sera assassinée, comme ses deux amies d’enfance à la même date les deux dernières années. Elle ne sait pas pourquoi, elle ne sait pas par qui, mais elle n’a pas l’intention de se laisser faire.

Oui, mais voilà : ses amies ont laissé l’assassin entrer chez elles et ne se sont pas débattues. Charlie doit donc se méfier tout particulièrement de ceux à qui elle aurait tendance à faire confiance…

Le roman suit plusieurs personnages, plusieurs intrigues, à la fois, et vous passerez tout le début du roman à vous demander ce qui peut bien les relier. D’un côté, Charlie et son combat pour survivre et pour se souvenir d’une enfance oubliée qui pourrait être à la source de tout ; l’inspectrice D.D. Warren, de retour de congé maternité, qui doit arrêter un justicier qui cible des pédophiles, tout en tentant d’arrêter un meurtre avant qu’il n’ait lieu ; et puis aussi le petit Jesse, qui pourrait bien devenir la cible d’un pédophile en jouant en ligne.

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Un thriller extrêmement bien écrit, qui rassemble de nombreux personnages d’autres romans de Lisa Gardner, ce qui fera plaisir à ceux qui les connaissent… et donnera aux autres l’envie de faire plus ample connaissance avec eux !

En ce qui me concerne, j'avais déjà lu "Sauver sa peau" (titre original "Hide"), une autre enquête de D.D. Warren, et j'ai à présent entamé "The Survivors Club" (non traduit à ce jour). Je vous conseille vivement ces trois romans !

mercredi 07 août 2013

J’ai vu… Minuit à Paris

Ils se font rares, ces films qui mélangent la réalité et le fantastique de façon naturelle et poétique. Sans chercher à expliquer mais plutôt en laissant le spectateur interpréter le message tel qu’il le souhaite.

Minuit à Paris, de Woody Allen, fait exception.

Le héros, un scénariste d’Hollywood qui rêve plutôt d’écrire des romans, est de passage à Paris avec sa fiancée et les parents de celle-ci. Paris, c'est la ville de ses rêves où il a séjourné quand il était étudiant et qu'il regrette d'avoir quittée.

Un soir, par hasard, il se retrouve dans les années 20, qu'il considère comme l'Âge d'Or. Il y rencontre ses idoles comme Hemingway, et une charmante jeune femme qui joue les muses pour divers peintres. Tous les soirs à minuit, il y retourne.

En dire plus vous gâcherait la suite…

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Ce film joue avec la nostalgie d'un Âge d'Or passé, révolu. Woody Allen semble très bien comprendre ces rêveries d'artistes incompris, mais aussi adresser un message aux spectateurs sur la nécessité de vivre dans le présent.

L’Âge d’Or n’est pas une idée nouvelle, Ovide en parle déjà dans ses Métamorphoses :

Aurea prima sata est aetas, quae vindice nullo,
sponte sua, sine lege fidem rectumque colebat.
(Le premier âge à voir le jour fut l'âge d'or qui , sans juge,
spontanément, sans lois, pratiquait la bonne foi et le droit.)

[...]
Ipsa quoque inmunis rastroque intacta nec ullis
saucia uomeribus per se dabat omnia tellus
(La terre, sans contrainte elle aussi, épargnée par le hoyau,
ignorant les blessures de la charrue, offrait tout d'elle-même.)

C’est l'idée d'un bonheur originel, qui revient sous différentes formes, comme le Paradis perdu judéo-chrétien, ou l’état de nature selon Rousseau.

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L’idée de Minuit à Paris, c’est que même si chaque époque a des choses à nous apprendre, aucune n’était parfaite, et les gens qui les vivaient rêvaient eux aussi d’un Âge d’Or plus ancien encore – la Belle Époque, la Renaissance, et cætera.

L’une des analyses possibles, développée notamment par Raoul Girardet dans Mythes et mythologies politiques, c’est que cette nostalgie est une réponse à la perte d'anciens repères quand l'évolution de la société semble trop rapide.

C'est aussi une façon de refuser un présent morose en vivant le fantasme d’un passé grandiose, dont les protagonistes étaient en fait tout aussi insatisfaits.

Mais le message de ce film n'est en aucun cas d'arrêter de rêver. Il encourage simplement à garder les pieds sur terre et un œil ouvert sur notre vraie vie pendant qu’on a la tête dans les nuages. Des nuages qui ont bien des choses à nous apprendre !

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mercredi 24 juillet 2013

J’ai vu… Extrêmement fort et incroyablement près

Ce film de Stephen Daldry est adapté d’un roman de Jonathan Safran Foer. J’avais entendu beaucoup de bien sur le film comme sur le livre, mais ne m’y étais jusqu’ici jamais attaquée. Peut-être par manque de temps, peut-être par mouvement de recul instinctif par rapport à la dureté du sujet. Le 11 septembre.

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Le 11 septembre à travers les yeux d’Oskar, 11 ans, qui l’appelle le « pire jour ». Le jour où il a perdu son père, le meilleur père du monde, qui l’aidait à surmonter ses peurs et sa différence. Car Oskar est plus intelligent que la moyenne, et plus facilement dérouté. On lui a fait passer les tests pour le syndrome d’Asperger, mais les résultats n’étaient « pas catégoriques ». Alors son père, joué par Tom Hanks, invente ses propres façons d’ouvrir Oskar au monde, avec des chasses au trésor extraordinaires dans les rues de New York, qui le forcent à parler aux gens.

Et puis le « pire jour » arrive. Et la liste des peurs d’Oskar s’allonge. Tout ce qui fait du bruit. Tout ce qui va vite. Tous les endroits où on peut se retrouver coincé – les ascenseurs… les transports en commun… les gratte-ciels.

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Un jour, dans les affaires de son père, Oskar trouve une clé dans un vase, dans une petite enveloppe annotée d’un seul mot : Black. Alors il se lance dans une ultime chasse au trésor pour prolonger le souvenir de son père ; il rend visite à tous les Black de New York pour trouver la serrure qu’ouvre sa clé. Il élabore de grands calculs mathématiques pour optimiser ses recherches, organise les adresses par secteur et prévoie de passer 6 minutes avec chaque Black qu’il rencontre. Oui, mais 6 minutes, ça ne suffit jamais. Parce que chacun d’entre eux lui raconte sa propre histoire.

Oskar trouve aussi un partenaire de recherche, le vieux locataire de sa grand-mère, qui a décidé un jour de ne plus parler. Joué par Max Von Sydow, lui aussi bouscule les plans du petit garçon et l’oblige à faire face à ses peurs.

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Ce film est vraiment hors du commun, il vous prend à la gorge. La perspective d’Oskar donne une force incroyable au propos. Ce petit garçon si intelligent qui tente d’appliquer un raisonnement logique à un événement qui n’a aucun sens, et qui va découvrir qu’il n’est pas le seul à souffrir.

C’est une façon vraiment originale d’aborder le 11 septembre. Le « pire jour » est omniprésent dans le film, pourtant on n’en voit que des images très intermittentes. Ce sont les conséquences qui comptent, et au fond Oskar pourrait sans doute avoir fait le même chemin si son père était mort dans un accident de voiture. Mais dans une ville qui se remet lentement de ses blessures, sa souffrance devient universelle.

Tous les personnages sont formidables. Sandra Bullock est parfaite dans le rôle de la mère d’Oskar, dont la souffrance a du mal à se mettre sur la même longueur d’onde que celle de son fils. Vers la moitié du film, ils ont une conversation d’une violence inouïe et qui sonne extrêmement vraie.

Max Von Sydow, le « locataire », est très attachant et son jeu sans paroles vous arrachera sourires et larmes.

Il y a aussi la grand-mère d’Oskar, Zoe Caldwell, et le portier de l’immeuble, John Goodman, dans des rôles plus limités dans le temps mais indispensables au personnage d’Oskar. Et puis il y a tous les Black, et surtout Abby et William Black, joués par Viola Davis et Jeffrey Wright, tous deux formidablement émouvants.

Et bien sûr il y a Oskar, joué par Thomas Horn, un jeune acteur incroyablement talentueux qui nous fait ressentir toute la confusion d'un petit garçon pas tout à fait comme les autres.

samedi 13 juillet 2013

J’ai vu… Miss Fisher enquête, saison 1

Une série australienne à la télé française, c’est assez rare pour être salué ! Et en prime time en plus… Et c’est un petit bijou que nous servent les Australiens : les aventures de Phryne (prononcer frayni) Fisher, détective privée à Melbourne dans les années 20. Le personnage et ses enquêtes sont adaptés à partir des romans de Kerry Greenwood, avec un certain nombre de différences d’après ce que j’ai pu voir en lisant le premier volet de la série.

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Phryne a vécu une enfance pauvre, mais son père a hérité d'un titre de noblesse après la mort de plusieurs membres de la famille, faisant d’elle l’Honorable Phryne Fisher. Sa sœur Janie a disparu enfant, et c’est la prochaine libération du kidnappeur supposé qui la ramène en Australie après un long séjour en Europe. Se trouvant toujours au mauvais endroit, au mauvais moment, et avec les mauvaises personnes, la jolie garçonne se lance dans une carrière de détective privé, se faisant une place aux côtés de l’inspecteur Jack Robinson et du brigadier Collins, malgré les réticences du premier. Elle entraîne à sa suite sa bonne catholique Dot, deux chauffeurs de taxi communistes, Bert et Cec, sans oublier un certain nombre de jeunes hommes séduisants que l’inspecteur a le plus grand mal à interroger avant qu’elle les mette dans son lit. Mais elle reste hantée par son passé…

Voilà pour un résumé général sans trop vous en dire pour éviter de gâcher les belles surprises que cette série vous réserve. Vous l’aurez compris, je suis séduite, et j’attends avec impatience la saison 2. La plupart des enquêtes sont fort bien ficelées (bien que j’aie quelques réserves quant aux deux derniers épisodes qui ont de petites faiblesses narratives) et les personnages, très attachants. La mise en scène et les cadrages sont excellents, inventifs sans pour autant voler la vedette à l’histoire.

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Dès sa première enquête (Cocaïne Blues), Phryne s’intéresse à un avorteur sanguinaire et à un réseau de trafic de drogue, sans oublier un danseur russe au charme redoutable...

Si vous avez raté le passage de cette série sur France 3, je vous conseille chaleureusement de trouver des DVD ou un site de streaming (légal bien sûr ;p).

samedi 27 avril 2013

J'ai lu... The Mists of Avalon (Marion Zimmer Bradley)

Publié en France en deux tomes (Les Dames du Lac et Les Brumes d’Avalon), ce livre s’inscrit dans le Cycle d’Avalon de Zimmer Bradley et en constitue le premier opus écrit, mais le dernier dans la chronologie de l’intrigue. Il s’agit d’une interprétation du mythe arthurien du point de vue des femmes (Viviane, Ygerne ou Igraine, Morgause, Guenièvre ou Gwenhwyfar, et surtout Morgane ou Morgaine). C’est un énorme pavé divisé en quatre parties et couvrant une période de plus d’un demi-siècle ; il m’a fallu plus de deux mois pour en venir à bout.

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Plus encore que le point de vue des femmes, ce qui m’a frappé, c’est l’importance de la religion dans ce roman. Marion Zimmer Bradley s’est appuyée sur diverses études sur les religions druidiques pour réinventer les pratiques de l’époque. À mes yeux, The Mists of Avalon est essentiellement le récit d’une guerre d’influence entre le christianisme naissant et les vieilles traditions druidiques, entre le Dieu unique et la Déesse d’Avalon.

L’influence d’Avalon faiblit, et dans le même temps l’île, jadis accessible à tous, s’éloigne de plus en plus du reste du monde. En effet, l’une des idées centrales du roman, c’est que les croyances façonnent la réalité. La Dame du Lac, Viviane, tente d’inverser la tendance en tirant les ficelles du jeu politique, plaçant sur le trône Uther, puis Arthur, et utilisant pour cela sa sœur Igraine et sa nièce Morgaine.

Mais en parallèle, les prêtres chrétiens tentent eux aussi de tirer leur épingle du jeu, et leur plus grande alliée sera Gwenhwyfar, petite fille élevée dans un couvent, et terrorisée par le monde extérieur, qui deviendra reine malgré elle. Convaincue que son infertilité est une punition infligée par Dieu pour ses péchés, elle n’aura de cesse d’inciter Arthur, qui a pourtant prêté serment à Avalon, à faire de la Grande Bretagne une terre chrétienne.

[The Merlin said,] ‘the followers of Christ have chosen to say, not that they shall have no other Gods before their God, but that there is no other God save for their God; that he alone made the world, that he rules it alone, that he alone made the stars and the whole of creation.’

Igraine quickly made the holy sign against blasphemy.

‘But that cannot be,’ she insisted, ‘no single God can rule all things… and what of the Goddess? What of the Mother?...’

‘They believe,” said Viviane […], ‘that there is no Goddess; for the principle of woman, so they say, is the principle of all evil […]’

[…] ‘And yet you married me to one of them?’

‘We did not know that their blasphemy was so all-encompassing,’ Merlin said, ‘for there have been followers of other Gods in our time. But they respected the Gods of others.’

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Pendant toute une partie du livre, cette bataille d’influence est symbolisée par la bannière sous laquelle Arthur combat les Saxons. Comme son père Uther, il porte d’abord la bannière du Pendragon, mais la Reine est persuadée qu’il s’agit d’un grand péché.

‘Would you be angry if the Pendragon banner was torn down and the standard of the Virgin raised over our legion?’ asked Gwenhwyfar scornfully.

[The Merlin] stood close to her, reaching out a wrinkled hand to caress the brilliant silks. ‘Such a thing of beauty as this is,’ he said gently, ‘and made with such love, how could I possibly condemn it? But there are those who love their Pendragon standard as you love the cross of the Christ – would you deny them their holy things, madam? Those of Avalon – Druid, priest and priestess – would know that the banner is but a symbol, and the symbol is nothing, while the reality is all. But the little folk, no, they would not understand, and they must have their dragon as a symbol of the King’s protection.’

Un autre thème récurrent est celui du silence des dieux, que ce soit le Dieu unique chrétien ou la Déesse Mère. Les présages sont rares et les protagonistes du roman souffrent souvent de ne pas connaître la volonté du divin, ce qui fait que le moindre « signe » est sur-interprété, les menant parfois à leur perte.

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De plus, la bataille d’influence donne à voir les dimensions politiques des religions. Et aussi à l’occasion, leur rôle social. La citation suivante, qui met dans le même panier les deux religions principales du territoire, est prononcée dans le roman par une femme du peuple :

‘Priests and Druids are all alike. The Druid says that [Queen Gwenhwyfar gets fine gowns and jewels because she did good in her last lives, and someday, if we mind what we do in this life, there’s a better fortune for us too], and the priest says if we do our duty in this life we’ll go to Heaven and live with Jesus and feast with him there and never come back to this wicked world at all! It all winds up the same, whatever the lot of them say – some are born in misery and die in misery, and others have it all their own way!’

Le rôle des femmes tient bien sûr une place importante, avec la différence fondamentale entre les Chrétiens qui considèrent les femmes comme des biens et comme la source du péché, et les religions druidiques qui fonctionnent de façon matriarcale. Cela provoque des incompréhensions, comme lorsqu’Arthur rencontre Gwenhwyfar pour la première fois et lui dit qu’il aimerait qu’elle gouverne à ses côtés – ce qui la terrifie, car on l’a élevée dans l’idée qu’elle serait maîtresse de maison et rien de plus. Ce qui ne l’empêchera pas de jouer de son influence sur le roi par la suite…

‘That seems not right to me,’ Gwenhwyfar said, ‘for the Holy Apostle said that women should submit themselves to their husbands, yet Morgause rules still Lothian, and Morgaine would be more than helpmeet to her king in North Wales.’

‘You must remember, my lady,’ said Arthur, ‘that I come of the royal line of Avalon. I am king, not only as Uther Pendragon’s son, but because I am son of Igraine, who was daughter to the old Lady of the Lake. Gwenhwyfar, from time out of mind, the Lady ruled the land, and the king was no more than the consort in time of war. […] Every ruler of Britain, down to my father, Uther, has borne the title the Romans coined for a war leader under a queen: dux bellorum, duke of war.

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Enfin, je ne peux que mentionner la psychologie formidable des personnages, qui sont compliqués, souvent même torturés - je pense notamment à Gwenhwyfar qui en tient une couche, mais elle n'est pas la seule, et tous restent pour autant émouvants d'humanité. De plus, les suivre pendant plus de cinquante ans permet d'extrêmement bien développer leur personnalité et de jouer sur leurs contradictions.

Bref, une saga extraordinaire qui fait réfléchir et donne envie de lire le reste du Cycle d’Avalon. À réserver, cela dit, pour une période où l’on a du temps à consacrer à la lecture ;p.

mercredi 17 avril 2013

J’ai vu… Total Recall (2012)

La planète Terre, contaminée, est devenue presque inhabitable. Ne restent que la Union Fédérale Britannique, qui conduit l’Angleterre une partie des côtes européennes, et la Colonie australienne, reliées par « la Chute » (the Fall) via le centre de la terre, ce qui permet aux travailleurs pauvres de la colonie de rejoindre les usines de l’Union Fédérale chaque jour.

Douglas Quaid est l’un de ces travailleurs pauvres, participant à la construction des soldats « synthés », et marié à une ravissante agent des services de sécurité. Mais il aspire à autre chose, une vie avec plus de sens, et rêve de missions secrètes avec une mystérieuse jeune femme. Il se laisse convaincre par les promesses de Rekall, une entreprise d’implant de souvenirs virtuels… et se retrouve embarqué dans une histoire d’espions, de manipulations politiques et cérébrales, et le combat entre le gouvernement de l’Union Fédérale et la Résistance.

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Ce film s’amuse à nous faire perdre le fil entre réel et virtuel ; dès qu’une conviction commence à s’installer confortablement, elle est remise en question. Le jeu d’acteur soutient solidement ce va et vient mental. C’est un divertissement très sympa, qui peut se regarder comme un « simple » film d’action mais qui pose aussi quelques questions intéressantes si l’on est d’humeur à philosopher.