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mercredi 03 avril 2013

J'ai vu et lu... Hunger Games

J’avais vu Hunger Games à sa sortie sur grand écran en France, et l’ai revu en DVD depuis ; et j’ai également lu les 3 tomes en anglais (et des bribes en français, car nous avons les deux chez moi). J’écris cet article à retardement, après avoir revu le film en comparant non seulement au tome 1, mais aussi aux suivants en pensant à ce que les modifications faites peuvent impliquer.

Katniss Everdeen - The Hunger Games wallpaper

La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est la différence de focalisation (ou point de vue) entre les deux supports. Celle du livre est interne : on voit tout à travers les yeux de Katniss, et il est extrêmement marquant lorsqu’on a d’abord vu le film, de découvrir toutes ses pensées, notamment son extrême manque de confiance (que je n’appellerai pas paranoïa car la moitié du temps, elle a raison sur les manipulations des gens même si elle ne détecte pas forcément leurs intentions exactes). La focalisation externe du film passe à côté d’une bonne partie de cela, nous laissant uniquement voir les réactions extérieures de Katniss (et on voit difficilement comment il aurait pu être tourné différemment, cela aurait fait une voix off bien bavarde), mais nous permet par contre découvrir des aspects non traités dans le livre, où nous n’en savions pas plus que Katniss sur les actions des Gamemakers (les Juges dans la version française, je crois ?) ou du Président Snow. Ce sont des scènes largement minoritaires par rapport à celles qui mettent Katniss à l’honneur, mais cela apporte une vision d’ensemble qui convient bien à un film.

Il est des modifications qui me « choquent » plus maintenant que j’ai lu la série tout entière. Ou disons que je suis curieuse quant à ce que les scénaristes en feront dans les deux films suivants. Notamment, l’histoire et la signification du symbole du Mockingjay (le Geai Moqueur). Il n’empêche que c’est à mon avis une bonne adaptation – le mot veut dire ce qu’il veut dire, après tout, une adaptation n’est pas censée être en tout point identique avec l’œuvre originale.

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Pour ce qui est des deuxième et troisième tomes (Catching Fire ou L’Embrasement, et Mockingjay ou La Révolte), ils ont réussi à s’éloigner du plan instauré par le premier et à me surprendre à plusieurs reprises. La fin, notamment.

L’écriture est pleine de symboles, comme le fameux geai moqueur, et de présages dont on ne comprend la signification que plus tard.

Une saga vraiment addictive, et qui fait réfléchir.

mercredi 20 mars 2013

J'ai vu... No

En 1988, après 15 ans de dictature militaire, le Général Pinochet cède à la pression internationale et organise un référendum soumettant au peuple la question du maintien ou non du régime. Les opposants, partisans du « No », ont pour la première fois 15 minutes de liberté d’expression relative à la télévision nationale. Mais les mettre à profit ne sera pas si simple, l’opposition se divisant en 17 partis dont les dirigeants ont tant souffert de la dictature qu’ils ont du mal à concentrer leur campagne sur un futur meilleur plutôt que sur la dénonciation des exactions passées.

C’est là qu’intervient le personnage principal, joué par Gael García Bernal, qui travaille dans une agence de publicité dont le patron défend le « Si » (le « oui ») mais qui va s’impliquer dans la campagne du « No » et y imposer le thème de… la joie.

Un film très agréable, intelligent et inattendu. L’ambiance visuelle est très originale, avec des couleurs très années 1980, et un cadrage avec beaucoup de plans très rapprochés, une caméra qui bouge… Les dialogues sont bien conçus, avec des changements de décor en milieu de conversation qui donnent une impression de bribes reliées entre elles que l’on peut avoir dans des souvenirs. Les acteurs sont convaincants.

Ce film est sorti le 6 mars, donc on peut encore le voir sur grand écran. Je conseille évidemment aux hispanophones de le voir en VO si possible. Même sans un niveau extraordinaire beaucoup de choses se comprennent, et sinon il y a toujours les sous-titres.

samedi 02 mars 2013

Rédaction en anglais sur Ender's Game (La Stratégie Ender) - A family is four

Dans mon cours de littérature sur la science-fiction et la fantasy, en Californie, nous avons notamment étudié Ender's Game, un roman d'Orson Scott Card. C'est un livre qui évoque de nombreux sujets comme la guerre, la morale, l'enfance, la compétition, etc, et je vous en conseille la lecture! Mais voici déjà un résumé suffisant pour comprendre la rédaction qui suit.

Dans un futur indéterminé, l'espèce humaine se prépare à une nouvelle attaque des Buggers (dans la version française, les Doryphores), une espèce extraterrestre qui a déjà tenté de les envahir deux fois. Dans ce but, on forme des enfants dans une école militaire. L'un d'entre eux, Ender, a été conçu pour devenir le sauveur de l'humanité: on a laissé ses parents avoir un troisième enfant dans une société où chaque couple ne peut en avoir que deux, car leur patrimoine génétique avait déjà donné naissance à Peter, trop violent, et Valentine, trop douce, tous les deux à deux doigts d'être parfaits pour ce rôle.

Le roman suit la formation et l'évolution d'Ender, mais aussi le rôle capital de ses frère et soeur, qui se lancent dans la rédaction de blogs politiques pour manipuler l'opinion publique à travers deux personnages en opposition théorique, Locke le modéré, incarné par Peter, et Démosthène l'extrémiste va-t-en guerre, joué par Valentine (pseudos provenant bien sûr des philosophes célèbres du même nom, et correspondant en réalité aux positions contraires de chacun des enfants).

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Pour ce devoir, la consigne était de rédiger une chronique de Démosthène/Valentine sur la fameuse loi interdisant d'avoir plus de deux enfants par famille. J'y reprends l'une des citations de ce personnage dans le livre, lorsqu'elle affirme que "le plus noble titre qu'un enfant peut avoir... c'est celui de Troisième", ce titre considéré comme honteux et qui a été utilisé plus d'une fois comme insulte contre son jeune frère.

A family is four. Two parents, two children. A perfect replacement level fertility. We don’t even think about it, really. A family is four, just like the sky is blue and the buggers are our enemy. We don’t question it. And even when someone occasionally does, the answer comes right away, rational, logical: our planet can barely support us as it is. And then, the guilt trip: do you really want to go back to the days when we almost destroyed Earth? Are you really nostalgic for the endless famines?

But is it really that simple? Do we really have to choose between, on the one side, our fundamental right to decide whether, when, and how many times we procreate, and on the other side, the survival of humankind? For if that were the dilemma we’re facing, then most of us would agree that individual rights come after the common good; that having the government meddle in the most private parts of our lives is not so terrible, compared to the alternative.

Why am I bringing this up, then? Well, there are two questions that I would like you to think about; questions that are peculiarly never addressed in either the media or the nets.

The first question is: how do we know that the population limitation law is respected everywhere on Earth? Our government strictly enforces it, dissuasively enough for infringements to have become extremely rare. But how much do we really know about what happens in the Warsaw Pact? There was a time, not so long ago, when a country’s demography was considered as a force just as important as its economy or its military strength. Just because we forgot about it doesn’t mean the Russians did, too. If you have read any of my columns, you are probably well acquainted with my concerns over what may happen once we defeat the buggers, once there is no reason for international cooperation anymore. I will let you weigh the possible consequences of a demographic surge in the Pact while our population is stagnating.

My second question is: why put all our eggs in one basket? We all live in constant fear of the Third Invasion. We have tried to prepare as best we can and to keep on living our lives, but the truth is, the buggers could come anytime and they very well might wipe us all out. If that happens, the tragedy will not only lie in the death toll; it will be the complete and utter extinction of our species. The very same species that we are trying to protect by keeping our birthrates down… when we actually have the technological means to colonize other planets. When we could have the demographic resources to spread mankind everywhere in the galaxy and make it virtually impossible for anything, accidental or otherwise, to ever kill the last of humans.

Such is the grand mission that could be entrusted to those of us Earth cannot support. Making sure that our species survives; that all of us survive in memories somewhere in the universe, even after our death, so that somebody can tell our story. So you see, the most noble title any child can have… is Third.

mercredi 27 février 2013

J'ai lu... L'étrange vie de Nobody Owens (Neil Gaiman)

The Graveyard Book, en anglais, est un roman fantastique pour jeunes adultes de Neil Gaiman, qui est également l'auteur de Neverwhere. J'avais lu ce roman pour mon cours de littérature science-fiction/fantasy en Californie, je vous en parlerai peut-être un de ces jours. En tout cas, je vous le recommande, c'est un bouquin génial qui m'a donné envie de savourer un peu plus de l'humour et de l'imaginaire de Gaiman.

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L'étrange vie de Nobody Owens commence lorsqu'à deux ans, il échappe à l'assassin qui vient de tuer ses parents et sa soeur et entre dans un cimetière. Il est alors recueilli par les habitants des lieux - oui, les défunts. Le couple Owens l'adopte et le baptise Nobody (diminutif, Bod), et le mystérieux Silas, qui n'est ni tout à fait mort, ni tout à fait vivant, et peut sortir du cimetière contrairement aux fantômes, l'approvisionne en nourriture puis organise son éducation.

Mais l'assassin est toujours à la recherche de Bod, qui semble faire peur à bien du monde.

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"It is going to take more than just a couple of good-hearted souls to raise this child. It will," said Silas, "take a graveyard."

"Il faudra bien plus que quelques âmes généreuses pour élever cet enfant. Il faudra, dit Silas, tout un cimetière." *

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A travers l'évolution de Bod, l'on découvre une multitude de pépites d'humour et de philosophie, tournant bien sûr autour de la vie et de la mort. Par exemple:

"There are always people who find their lives have become so unsupportable they believe the best thing they could do would be to hasten their transition to another plane of existence."
"They kill themselves, you mean?" said Bod. [...]
"Indeed."
"Does it work? Are they happier dead?"
"Sometimes. Mostly, no. It's like the people who believe they'll be happy if they go and live somewhere else, but who learn it doesn't work that way. Wherever you go, you take yourself with you. If you see what I mean."

"Il y aura toujours des gens qui trouvent leur vie si difficile à supporter qu'ils se disent que la meilleure chose à faire serait de précipiter leur transition vers un autre plan d'existence.
- Tu veux dire qu'ils se suicident? demanda Bod.
- Effectivement.
- Est-ce que ça fonctionne? Sont-ils plus heureux une fois morts?
- Parfois. Mais pas le plus souvent. C'est comme ces gens qui s'imaginent qu'ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, puis comprennent que cela ne fonctionne pas comme ça. Où qu'on aille, on s'emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire." *

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Quelle étrange vie en effet que celle de Bod, dont tous les proches sont des fantômes et qui ne sait pas grand-chose du monde des vivants, et tout simplement de la... vie. Il s'étonne que ses amis d'enfance ne grandissent pas avec lui et Silas lui explique:

"You're alive, Bod. That means you have infinite potential. You can do anything, make anything, dream anything. If you change the world, the world will change. Potential. Once you're dead, it's gone. Over. You've made what you've made, dreamed your dream, written your name. You may be buried here, you may even walk. But that potential is finished."

"Tu es vivant, Bod. Cela veut dire que tu as un potentiel infini. Tu peux tout faire, tout fabriquer, tout rêver. Si tu changes le monde, le monde changera. Le potentiel. Quand tu meurs, il disparaît. C'est fini. Tu as fait ce que tu as fait, rêvé tes rêves, gravé ton nom. Tu seras peut-être enterré ici, tu pourras peut-être même te déplacer. Mais ce potentiel a disparu." *

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Et puis ce roman est aussi une histoire de passage à l'âge adulte, de la transition de l'oisillon qui quitte le nid.

"If I change my mind can I come back here?" And then he answered his own question. "If I come back, it will be a place, but it won't be home any longer."

"Si je change d'avis, je pourrai revenir ici? demanda Bod avant de répondre à sa propre question. Si je reviens, ce sera un endroit, mais ce ne sera plus ma maison." *

* traductions personnelles qui peuvent différer de la version française publiée.

samedi 16 février 2013

Rédaction en anglais sur Ragged Dick et Working Girl - Office Life in New York with the Secretaries

Voici un devoir que j'ai écrit pour mon cours de sociologie sur le rêve américain en Californie. Il s'agit d'analyser l'évolution du rêve de mobilité sociale basée sur le travail (un mythe américain qu'on intitule "rags to riches", de la misère au luxe, ou encore "pulling oneself by the bootstraps", littéralement se tirer par ses propres bottes, autrement dit se sortir de la misère par ses propres moyens).

Nous avions étudié en classe "Ragged Dick, or Street Life in New York with the Boot Blacks", un roman d'Horatio Alger datant des années 1860 suivant l'évolution sociale de Dick, un cireur de chaussures. La consigne pour cette rédaction était de le comparer à une histoire moderne basée sur ce même mythe; j'ai choisi le film Working Girl avec Julia Roberts.

Et au passage vous verrez le fameux format de citation MLA, obligatoire aux Etats-Unis pour ne pas être accusé de plagiat.

Working Girl, or Office Life in New York with the Secretaries

From rags to riches – this is quite literally the story of Ragged Dick, a novel written by Horatio Alger in the 1860’s about a bootblack who pulls himself by the bootstraps through education and hard work. Mike Nichols’ 1988 Working Girl Tess, a secretary played by Melanie Griffith, might not wear young Dick’s rags, but she does rise above her condition in a similar way. In over a century, what has changed in the American dream of upward mobility, and what has remained the same?

An obvious difference, which reflects the evolution of society, is the place of women, which shifts from quasi inexistence in Ragged Dick to some of the leading roles in Working Girl, even though most executives are still men. We can also notice that contrary to Alger’s novel, in which middle-class people almost always mean well and are willing to help Dick (unpleasant characters are either rich or working-class), Tess has to deal with quite a few unfriendly superiors, whether they are misogynists like her first boss, who send their employees on “dates”, or manipulative ice queens like Katharine Parker, who steal their ideas.

Working Girl therefore begins with roadblocks for Tess, whereas Ragged Dick narrates an almost continuous social progression, only if ever very temporarily disrupted. Moreover – and it might be significant as to the change in the ideal of upward mobility – Tess does not start off quite as low as Dick did: she already has a job and, before splitting up with her boyfriend, an apartment. Perhaps by the 1980’s, the average American would no longer be so eager to believe that one can actually start with nothing and get somewhere, that going from rags to riches is really a matter of will.

But the ideal of upward mobility is still there. Just like Dick listened to Mr. Whitney and Mr. Greyson express their convictions (“Remember that your future position depends mainly upon yourself, and that it will be high or low as you choose to make it,” Alger 114) and made them his own, so does Tess with Katharine Parker’s advice: “Tess, you know, you don’t get anywhere in this world by waiting for what you want to come to you. You make it happen. […] Only then do we get what we deserve” (Working Girl), which she adapts into her own personal mantra after she finds out she has been betrayed: “You make it happen.” Dick and Tess both work hard to get what they want, they use their talent (both are depicted as smart and have a quick wit) and education (Tess got her degree with honors at night school, and Dick spent evenings learning how to read and write with Fosdick).

We can witness, throughout the book and the movie, the transformation of our heroes, most tangible in their clothing and language. Dick swaps his rags for a suit, and Tess changes her hairstyle and borrows Katharine’selegant clothes, following her advice inspired from Coco Chanel: “Dress shabbily, they’ll notice the dress; dress impeccably, they’ll notice the woman.” They also both adopt a more formal language, refraining from using slang and in Tess’ case, changing her accent. This allows them to pass as what they are not, but wish to become.

But do they really deserve what happens to them, as social Darwinism claims? Admittedly they have worked hard, but they also owe their success to special circumstances: chance, luck, meeting the right people at the right time – Whitney gave Dick five dollars, Greyson invited him to Sunday school, and the drowning child’s father offered him a job; Tess’ boss had a skiing accident and Jack Trainer helped her with her plan. Other people who worked just as hard may not be as lucky as them. Yet Dick blames Johnny Nolan’s failures on his laziness, thus justifying his own belief in the “pulling yourself by the bootstraps” ideology: if he was able to do it, so could anyone else who really wants to (“You’re lazy, Johnny – that’s what the matter,” Alger 20 and 248). It doesn’t mean that Dick and Tess look down on the people who have not succeeded, as we see with Tess and her secretary at the end of the movie, or Dick and Fosdick. But their kindness actually contributes to spreading the belief in upward mobility to those who have the most reasons to aspire to it, while enabling those who have achieved it to feel good about themselves. That way, no one needs to question the system. By believing in their ability to rise in society, our heroes have found motivation to work hard, and once they succeed, it confirms their belief, as well as others’ who don’t realize that such success stories are only the tip of the iceberg.

Moreover, at the end of both the movie and the book, we realize that Tess and Dick still have a long way to go (Working Girl ends showing how many offices just like Tess’ there are). They both have to keep on working hard – but when does it stop? The very nature of pyramidal hierarchy implies that not everyone can reach the highest positions, and if ten equally talented people work very hard, only one of them might rise to the top. But the ideology of upward mobility has people believe that not getting where they planned to means that they haven’t worked hard enough. What would have happened to Dick if he hadn’t stumbled across Whitney and Greyson, to Tess if Parker hadn’t had her accident and had been able to steal her idea unpunished? Anyone who believes in this ideology will feel guilty if he or she doesn’t succeed – but as long as they believe it, they will blame themselves, won’t question the upper class’ legitimacy, and their hard work will keep the system going.

From the Civil War to the era of shoulder pads, the dream of upward mobility lived on. Yet the dreamers seem to have grown less naïve about their options, and to realize that the system is not set up for them to rise to the top, as Tess explains: “You can bend the rules plenty once you get to the top, but not while you're trying to get there. And if you're someone like me, you can't get there without bending the rules”; “I'm not gonna spend the rest of my life working my ass off and getting nowhere just because I followed rules that I had nothing to do with setting up” (Working Girl). Even though in the end it is her sincerity that gets her out of trouble and promoted, just as Dick’s honesty helped him up the social ladder, she first had to lie and pretend she was somebody else for anyone to take her seriously. Her “goodness” was not obvious or visible as Dick’s is described in Alger’s book, and she had to prove it to the world before being granted her American dream.

Works cited

Alger, H. Ragged Dick, or Street Life in New York with the Boot Blacks. Philadelphia: The John C. Winston Co., 1910. E-book.

Working Girl. Dir. Mike Nichols. Perf. Melanie Griffith, Harrison Ford, Sigourney Weaver. Twentieth Century Fox, 1988. Film.

samedi 16 février 2013 Publié dans J'ai vu j'ai lu j'ai entendu..., Mes écrits, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 22 septembre 2012

J'ai lu... Lavinia (Ursula Le Guin)

Voici ce que j'ai pensé d'un roman d'Ursula Le Guin que j'ai lu en anglais avant mon départ pour la Californie. Il se trouve d'ailleurs que j'étudierai ce semestre un autre de ses ouvrages, "The wizard of earthsea", dans l'un de mes cours (littérature: fantasy & science fiction).

Les citations qui suivent (entre guillemets et en italique) viennent toutes du roman, et c'est moi qui les ai traduites de l'anglais - elles diffèrent donc forcément de la traduction officielle.

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« Je sais qui j’ai été, je peux vous dire qui j’aurais pu être, mais je n’existe maintenant que dans cette ligne de mots que j’écris. […] Pour ce que j’en sais, c’est mon poète qui m’a donné toute ma réalité. Avant qu’il n’écrive, j’étais la plus floue des silhouettes, à peine plus qu’un nom dans un arbre généalogique. C’est lui qui m’a donné la vie […] et m’a ainsi permis de m’en souvenir […], ce que je fais, intensément, avec toutes sortes d’émotions, des émotions que je ressens avec force tandis que j’écris, peut-être parce que les évènements dont je me souviens ne commencent à exister que lorsque je les écris, ou lorsqu’il les écrit.

Mais ce n’est pas lui qui les a écrits. Il a accordé peu d’importance à ma vie, dans son poème, […] car il n’a appris qui j’étais qu’au seuil de la mort. Je ne le blâme pas.  Il était trop tard pour qu’il le corrige, le repense, écrive entre les lignes, perfectionne le poème qu’il trouvait imparfait. Il en a souffert, je le sais ; il a souffert pour moi. […]

[…] Dans ses mots, ses mots splendides, vivants, j’ai vécu durant des siècles.

Et pourtant, mon rôle parmi eux, la vie qu’il m’a donnée dans son poème, est si ennuyeuse, à part le moment où les cheveux prennent feu ; si terne, à part quand mes joues de demoiselle rougissent comme de l’ivoire tâchée de teinture écarlate ; si conventionnelle que je ne le supporte plus. Si je dois continuer à exister siècle après siècle, alors il me faut au moins une fois briser le carcan et parler. »

C’est Lavinia qui parle. Lavinia, fille de Latinus, roi de Laurentum, dans le Latium, près de l’emplacement où apparaîtra plus tard Rome. Lavinia, future épouse d’Énée, héros troyen rescapé de la chute de sa ville et qui navigue depuis lors à la recherche du royaume qu’il doit fonder. Énée, qui inspirera bien des siècles plus tard à Virgile son poème l’Énéide.

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J’avais plusieurs fois tenté d’entamer la lecture de Lavinia, sans succès. Alors j’ai commencé à le feuilleter, à lire quelques mots de quelques pages jusqu’à me sentir captivée. Au bout d’un moment, cependant, je me suis heurtée à sa chronologie particulière, je ne comprenais plus, aussi j’ai repris la lecture du début. Et je n’ai plus arrêté.

Car Ursula Le Guin nous promène à travers le temps d’une façon unique – en tout cas, je n’avais jamais lu quoi que ce soit qui s’en rapproche. C’est étrange au début, mais l’on s’y fait vite et cela correspond tout à fait à la façon dont son héroïne pourrait raconter sa vie, par thème plus que de façon platement chronologique.

Autre particularité de la chronologie : Lavinia parle à son poète, qui n’est pas encore né mais déjà mourant. En effet, elle le rencontre à Albunea, lieu magique, des siècles avant qu’il n’écrive son histoire. Mais lui, au moment où il la rencontre, l’a déjà écrite et ne pourra plus la rectifier, car il est en train d’agoniser sur un bateau le ramenant en Italie – il demandera d’ailleurs à ses compagnons de brûler son poème, mais ils n’obéiront fort heureusement pas. Comme un pied de nez de la vie, il constate à quel point il s’est trompé en la décrivant simplement comme une jeune fille en âge de se marier, et elle découvre des bribes du destin qui l’attend sans pouvoir l’altérer.

La guerre est très présente dans ce roman. Avant même l’arrivée d’Énée, la guerre menaçait, puisque tous les roitelets et nobliaux de la région sont en compétition pour la main de Lavinia – et, plus important, le territoire de Latinus. Mais tous s’uniront contre Énée, l’étranger à qui un présage annonce à Latinus qu’il doit marier sa fille.

« Pourquoi, pour quoi ce carnage ? Pour un cerf domestiqué ? Pour une femme ? Quel intérêt ?
Sans guerre, pas de héros.
Et alors ?
Oh, Lavinia, c’est bien là une question de femme. »

La succession de batailles malgré des rois qui souhaitent la paix, le déroulement inéluctable des fils du destin rendent Lavinia extrêmement haletant et emprunt d’une certaine mélancolie. Ce suspense malgré notre certitude de ce qui va arriver illustre bien ce que vit Lavinia, pour qui la connaissance du futur ne change rien, l’aide à peine à s’y préparer. Comme cette Cassandre dont lui parle Virgile, elle qui « prédit ce qui allait arriver et tenta d’empêcher les Troyens de faire entrer le grand cheval à l’intérieur de la ville, mais [que] personne n’écouta : c’était un sort qui pesait sur elle, voir la vérité et le dire et ne pas être entendue. Un sort qui pèse plus souvent sur les femmes que sur les hommes. Les hommes veulent que la vérité leur appartienne, qu’elle soit leur découverte et leur propriété. »

La fin du roman m’a un peu moins passionnée, ou disons que la mélancolie s’y  faisait plus pesante, presque insoutenable. Mais la façon dont elle conclut l’histoire me plaît, et ses dernières lignes sont un rappel de plusieurs autres passages auxquels je n’avais pas prêté attention jusque là, une symbolique très forte. I, i, vas, continue. Je vous laisse la découvrir…

samedi 22 septembre 2012 Publié dans J'ai vu j'ai lu j'ai entendu... | Commentaires (0) |  Facebook | |

lundi 25 juin 2012

Les meilleures pubs avec des animaux

Je précise qu'il s'agit d'appréciation artistique et aucunement de propagande pour les produits en question que je ne connais pas pour la plupart... D'ailleurs, comme je le dis dans mon article Matraquage publicitaire, je retiens très rarement les noms de marque... même quand la pub me plaît. La dernière opération marketing qui a fonctionné sur moi, c'est le "118, 218!"...

L'otarie et le canapé

On dirait mon frère...

Le hérisson et l'éponge

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L'éléphanteau dans la voiture


Celle-là me brise le coeur x°
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Le cheval et la colombe


La beauté à l'état pur!
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Le culte des hérissons


Du grand n'importe quoi... mais elle est belle, cette pub ;p
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Et voici enfin la campagne 2012 de 30 millions d'amis contre l'abandon d'animaux. Ils nous vouent un amour inconditionnel, rendons-le-leur.

mercredi 14 mars 2012

Citations - Forever young - Grey's Anatomy et One Tree Hill

J'aime beaucoup le mode narratif adopté par certaines séries avec les fameuses "voix off", quand elles sont bien utilisées, ce qui est selon moi par exemple le cas dans Grey's Anatomy et One Tree Hill (oui, bon, en français les Frères Scott). Les voix des personnages, le plus souvent respectivement Meredith Grey et Lucas Scott, même si d'autres font régulièrement leur apparition, apportent une sorte de perspective à ce qui est raconté dans l'épisode, et souvent une forme de poésie. Je crois d'ailleurs qu'il n'est pas anodin que ces deux séries s'appuient également sur une BO de très bonne qualité, la musique venant elle aussi renforcer la narration.

Ce qui est assez drôle, c'est que je n'ai découvert ces deux séries qu'assez récemment, n'ayant pas suivi leurs débuts à la télé comme la plupart de mes camarades de classe, car pour moi c'étaient des équivalents djeun's des Feux de l'Amour et ça n'avait pas grand intérêt. D'ailleurs, ma famille en reste convaincue et se moque gentiment de moi quand je suis avidement les aventures des internes de Seattle Grace et des lycéens puis jeunes adultes de Tree Hill.

Mais je ne sais pas, j'y vois quelque chose d'autre maintenant. Une description du passage à l'âge adulte, des hésitations, des évolutions. Ainsi Lucas Scott, qui rêvait d'être basketteur professionnel, finit par devenir écrivain, Brooke Davis la cheerleader devient une talentueuse styliste, Alex Karev passe de la chirurgie plastique à la pédiatrie... Les relations amoureuses chaotiques - je dirais, trop pour être crédibles, mais je n'en suis même pas sûre - ne sont finalement qu'une autre façon de dépeindre cette alternance de certitude et de doute.

Voici deux citations "voix off" qui me semblent bien s'accorder:

Lucas Scott dans l'épisode 5.15 de One Tree Hill: Life is short (La vie est courte):

One tree hill bridge.jpg

Sometimes when you're young, you think nothing can hurt you. It's like being invincible. Your whole life is ahead of you, and you have big plans. Big plans. To find your perfect match. The one that completes you. But as you get older, you realize it's not always that easy. It's not until the end of your life that you realize how the plans you made were simply plans. At the end, when you're looking back instead of forward, you want to believe that you made the most of what life gave you. You want to believe that you're leaving something good behind. You want it all to have mattered.

Parfois quand on est jeune, on se dit que rien ne peut nous toucher, comme si on était invincible. On a toute sa vie devant soi et des projets plein la tête, de grands projets. Comme trouver son âme sœur... La personne qui nous complètera vraiment. Mais en vieillissant, on se rend compte que la vie n’est pas si facile. Ce n’est qu’à la fin de notre vie qu’on réalise que nos projets n’étaient rien de plus que des projets. Mais à la fin lorsqu’on regarde son passé et non plus son avenir, on a envie de croire qu’on a profité au maximum de ce que la vie nous a offert. On a envie de croire qu’on laissera quelque chose de bien de notre passage sur terre. On a envie que tout ça ait compté.

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Meredith Grey dans l'épisode 4.08 de Grey's Anatomy: Forever young (Retour au lycée):

Grey's anatomy pike market.jpg

There comes a point in your life when you're officially an adult. Suddenly you're old enough to vote, to drink and engage in other adult activities. Suddenly people expect you to be responsible, serious, a grown up. We get taller, we get older. But do we ever really grow up?... In some ways we grow up. We have families. We get married. Divorced. But for the most part, we still have the same problems that we had when we were fifteen. No matter how much we grow taller, grow older, we are still forever stumbling. Forever wondering. Forever young.

Il arrive un moment dans la vie où l'on devient officiellement un adulte. Tout d'un coup, on est en âge de voter, de boire... et de se livrer à d'autres activités pour adultes. Tout d'un coup, on attend de vous que vous soyez responsables, sérieux... Un adulte. On grandit, on vieillit... Mais mûrit-on vraiment?... D'une certaine façon, on grandit. On fonde une famille. On se marie. On divorce. Mais pour l'essentiel, on a toujours les mêmes problèmes que quand on avait quinze ans. Peu importe le fait qu'on grandisse, qu'on vieillisse... On trébuchera toujours. Toujours à se poser des questions... Toujours... Jeunes.

mercredi 15 février 2012

J'ai vu... Sherlock Holmes 2: Jeu d'ombres

Je suis allée voir Sherlock 2 avec mon frérot la semaine dernière, alors qu'il me rendait en visite, ce qui nous a permis d'en profiter en VO - l'un des quelques avantages de la vie parisienne. Nous avions adoré le premier et je crois que le second est encore mieux!

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Nous retrouvons Sherlock Holmes, obsédé par le génie du crime Moriarty, dont l'objectif se dessine d'attentats anarchistes en morts mystérieuses, aux quatre coins de la planète: provoquer une guerre mondiale. Notre détective parviendra-t-il à l'en empêcher sans mettre Watson en retard pour son propre mariage?

On retrouve les mêmes ingrédients que dans le premier opus: une enquête trépidante, un humour ravageur, un méchant emblématique, des personnages féminins forts, et un aperçu du fonctionnement cérébral du plus grand détective de tous les temps - avec notamment les formidables séquences où Holmes visualise le déroulement d'un combat à venir.

La réalisation est très réussie, j'ai particulièrement apprécié l'utilisation des ralentis. Et puis la façon dont on arrive à nous faire remarquer des petits détails de façon à ce qu'on s'en souvienne lorsqu'ils prennent de l'importance bien plus tard.

Le personnage de Moriarty est délicieusement diabolique, et sa relation compliquée avec Holmes donne lieu à des scènes mythiques, particulièrement le combat de la fin du film.

Bref, à voir absolument ;)

samedi 26 novembre 2011

J'ai vu... Time out

J'ai pris le temps aujourd'hui d'aller voir au cinéma ce film dont le synopsis m'avait séduite. À la base, savoir que Justin Timberlake jouait le rôle principal était plutôt un point négatif à mes yeux - non pas que je le trouve désagréable à regarder ou que j'aie une opposition de principe aux chanteurs qui ont aussi une casquette d'acteur, mais dans son cas je ne le voyais pas comme un bon acteur. Et à la réflexion, je ne sais même pas si cette idée me venait d'un film où je l'aurais vu, d'un commentaire d'une connaissance, ou d'un simple préjugé. Dans tous les cas, elle n'est absolument pas justifiée dans ce film!

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Le titre est Time Out en français, In Time en anglais (encore un exemple de changement de préposition pour être compris par un public francophone, après Up in the air qui s'était transformé en In the air, perdant au passage son sens métaphorique... Time out aurait plutôt le sens de pause, mais bon...). Dans tous les cas, nous l'aurons compris, il s'agit de temps.

Dans un futur relativement proche, les progrès de la science permette d'arrêter de vieillir à 25 ans. Mais après ça, on n'a plus qu'un an de temps en réserve, et il faut en gagner en permanence puisque le temps a remplacé l'argent: on reçoit son salaire en temps, mais on paie aussi ses impôts, son loyer, sa nourriture en temps. Ainsi un café peut coûter 4 minutes, un trajet en bus 2 heures... Lorsque le compteur que l'on porte sur son bras arrive à zéro, on meurt.

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Dans le ghetto, la plupart se réveillent chaque matin avec tout juste assez de temps pour survivre à la journée et se tuer au travail, comme Will Salas, le personnage joué par Justin Timberlake. Mais dans d'autres quartiers (time zones) plus riches, protégés par des péages (droit de passage: un mois ou un an de vie...) qui empêchent de facto les pauvres d'y pénétrer, certains peuvent accéder à l'immortalité.

Will rencontre un homme venant de New Greenwich, le plus riche de ces quartiers. Cet immortel joué par Matthew Bomer en a assez de l'éternité et veut mourir. Il révèle à notre héros que les conditions précaires dans lesquelles vit la majorité de la population n'a rien d'un hasard: pour que quelques uns accèdent à l'immortalité, beaucoup doivent mourir - sinon la planète serait surpeuplée. Puis il lui transfère les cent années qui lui restent à vivre, ce qui revient à se suicider.

Will va alors découvrir New Greenwich, faire la connaissance d'autres immortels (dont la fille d'un banquier, jouée par Amanda Seyfried) et de garde-temps, des policiers chargés de contrôler la circulation du temps (leur chef est joué par Cillian Murphy), et décider de s'attaquer à ce système en redistribuant le temps...

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Première remarque sur le casting, absolument stupéfiant: Justin Timberlake et Amanda Seyfried (à la filmographie impressionnante: Veronica Mars, Mamma Mia, Lettres à Juliette, Le Chaperon Rouge...), quasi méconnaissable en rousse, sont excellents. On remarque aussi Matthew Bomer (personnage principal de White Collar), Olivia Wilde (Numéro Treize dans Docteur House), Cillian Murphy (vu notamment dans Inception: la cible de l'équipe, héritier d'une multinationale ; et dans Le vent se lève: un membre de l'IRA pendant la guerre d'indépendance et la guerre civile irlandaises), qui montrent chacun une autre facette de leur jeu d'acteur - Cillian Murphy est particulièrement bluffant en garde-temps en perpétuelle course contre la montre et empêtré dans ses contradictions.

Ce film est à la fois une réflexion sur l'immortalité à la Aeon Flux (en effet, les riches de Time out ne font rien de leur vie éternelle car ils ont tout le temps de tout repousser à plus tard et ne veulent prendre aucun risque de mourir par accident) et une critique de notre société et du capitalisme (avec cette même idée du 99%/1% - dans la vraie vie, on ne meurt pas instantanément quand le "compteur" arrive à zéro, non, mais on se retrouve vite à la rue...). Un bel exemple de science-fiction qui fait à la fois rêver et réfléchir.

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Bref, je vous le recommande chaleureusement!

samedi 26 novembre 2011 Publié dans J'ai vu j'ai lu j'ai entendu... | Commentaires (0) |  Facebook | |