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samedi 24 septembre 2011

J'ai vu... White Collar (FBI duo très spécial) saisons 1 et 2

Eh oui, comme l'indique son très fade titre français (FBI duo très spécial), encore une de ces séries surfant sur la vague des duos enquêteur/consultant. Avec succès et originalité...

Neal Caffrey est un arnaqueur et faussaire professionnel. Ou plutôt l'était, jusqu'à ce que l'agent du FBI Peter Burke, spécialisé dans la criminalité en col blanc (d'où le titre original, White Collar), l'arrête. Et puis après presque quatre ans de prison, alors qu'il a quasiment purgé sa peine, Neal s'évade... pour retrouver sa petite-amie Kate Moreau, qui vient de le quitter. Burke le rattrape, et accepte que Neal effectue sa nouvelle peine (quatre ans de plus, pour l'évasion) en tant que consultant au FBI, équipé d'un bracelet électronique l'empêchant de fuir. Mais bientôt, il apparaît que Kate a semé des indices pour que Neal la retrouve - a-t-elle été enlevée?

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L'humour est très présent dans cette série, et on a droit à de bons fous rires. Mais derrière cette façade insouciante et légère, à l'image du personnage de Neal, se cache un aspect plus grave, dramatique, surtout à partir de la saison 2, où apparaît une réflexion sur la vengeance et où se renforce la question présente depuis le tout premier épisode: un escroc peut-il jamais "raccrocher" et que risque-t-il s'il ne le fait pas? Je pense notamment à l'épisode 2.13, Les vieux escrocs ne meurent jamais.

Au fur et à mesure, Neal s'identifie de moins en moins à ceux qu'il aide à coincer, qu'il admirait souvent au début, et de plus en plus aux agents du FBI parmi lesquels il vit, ressentant même un certain plaisir de la traque (par exemple dans l'épisode 2.01: L'architecte). Il s'aperçoit également que sa nouvelle vie, même si c'est une cage dorée, vaut peut-être mieux qu'une fuite permanente...

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La série s'appuie largement sur la relation Neal/Peter, que l'on peut qualifier d'amicale malgré leurs sempiternelles chamailleries et leur difficulté à se faire confiance.

Mais elle peut aussi compter sur de solides personnages secondaires, comme Elizabeth, l'épouse de Peter, Mozzi, l'ami paranoïaque de Neal, June, la logeuse de Neal dont le défunt mari était lui-même un escroc, ou encore les agents du FBI Clinton Jones et Diana Barrigan... Puis au fil de la série, Alex la receleuse ou Sara, qui enquête sur les fraudes pour le compte des assurances.

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Les enquêtes de White Collar sont dans l'ensemble bien ficelées et intéressantes. On apprécie particulièrement les "infiltrations" plus ou moins longues de Neal, et parfois de Peter... et les méthodes parfois douteuses du premier dès que le second a le dos tourné - toujours pour la bonne cause bien sûr...

La série gagne en cohérence avec le "fil rouge" qui court à travers les épisodes - Kate et les objectifs de ceux qui l'utilisent pour atteindre Neal. Je n'en dirai pas plus, vous n'avez plus qu'à regarder White Collar!

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dimanche 11 septembre 2011

J'ai vu... New York: 11 septembre, 10 ans après

Chaque année en septembre, resurgissent les émissions, les images, les témoignages... Chaque année on nous repose cette question: "où étiez-vous le 11 septembre?" Car personne n'a oublié. Moi j'étais à l'école, et on en a parlé en classe mais je ne comprenais pas. Et quand je suis rentrée à la maison j'ai vu les images à la télé dans le salon de ma grand-mère, les tours en feu, et j'ai entendu pour la première fois le nom de Ben Laden. J'avais 10 ans. Et pourtant j'ai du mal à croire que cela fasse déjà 10 ans...

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J'ai revu le documentaire des frères Jules et Gédéon Naudet, New York: 11 septembre (titre américain: 9/11), rebaptisé "10 ans après" pour l'occasion.

Ces deux frères réalisaient un reportage sur une jeune recrue des pompiers de New York et ont filmé ces derniers en action le 11 septembre. Le film mélange ces images avec des témoignages de pompiers et des vidéos des tours filmées de plus loin.

Difficile de ne pas être submergé par l'émotion en voyant ces hommes tenter de sauver des vies au milieu d'une catastrophe dont ils ne pouvaient appréhender l'ampleur et sur laquelle ils étaient moins informés que les téléspectateurs du monde entier.

Alors en ce jour anniversaire, je pense à ces héros ordinaires, à ceux qui sont restés coincés dans ces tours, à ceux que les débris et la poussière ont rendu malades, à ceux qui continuent à sauver des vies malgré tout. Et à l'extraordinaire résilience de toute une ville qui continue à avancer tant bien que mal...

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mardi 06 septembre 2011

J'ai vu... Merlin, saisons 1 à 3

La BBC revisite la légende arthurienne avec Merlin, une sorte d'ovni télévisuel.

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Merlin a l'âge d'Arthur, dont le père Uther est vivant et est le roi en titre. Guenièvre, surnommée Gwen, est la fille du forgeron et la servante de Morgana, orpheline dont le roi est le tuteur. Voici la base, et comme moi au départ, vous pensez sans doute que c'est complètement fantaisiste.

Eh bien en fait, après avoir visionné les saisons 1 à 3, je trouve que c'est une revisite audacieuse mais non dénuée d'intelligence du mythe. Bien sûr, il faut accepter d'emblée que cela n'a pas grand-chose à voir avec la légende que l'on connaît - et pourtant, cela s'en rapprochera de plus en plus au fil des épisodes...

Et le coup de génie sur lequel se base la série, c'est la prohibition de la magie dans le royaume, sous peine de mort. C'est un ressort puissant dans l'intrigue de la série, s'ajoutant aux injustices entre riches et pauvres, entre nobles et gens du peuple. Cela donne lieu à des situations intéressantes, d'opression, de résistance secrète...

Autre bonne idée, l'introduction d'un nouveau personnage, Gaius, médecin de la cour, qui accueille Merlin chez lui, le protège et l'initie à la magie, qu'il a lui-même pratiquée par le passé. Des noms connus apparaissent dans divers épisodes mais ne sont pas portés par les héros de la légende tels que nous les connaissons: ainsi Viviane est une peste de princesse, par exemple.

L'humour est très présent dans la série, ce qui lui donne parfois des allures de (bonne) sitcom, s'ajoutant aux scènes d'action, aux effets spéciaux fantasy absolument magnifiques (créatures magiques en tous genres, dont un dragon qui a la voix de John Hurt en VO) et aux dilemmes réguliers.

L'univers visuel de la série est très marqué. Les couleurs, surtout: beaucoup de rouges et de bleus assez vifs, quelques verts et jaunes, rehaussant des tons plus beiges et marron.

La BBC vise de toute évidence essentiellement des jeunes, et cette série est en elle-même une histoire d'adolescence, qui narre l'évolution de personnages, leur voyage initiatique vers l'âge adulte, ce que l'on sent particulièrement dans la saison 3.

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Bref, une bonne série bien moins superficielle qu'elle n'y paraît, à partir du moment où l'on accepte le postulat de départ.

Si vous souhaitez (re)découvrir la légende arthurienne traditionnelle, j'ai écrit un article "Clés de l'histoire et fil de la mythologie" à ce sujet: cliquez ici.

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samedi 13 août 2011

J'ai vu... La Planète des Singes: les Origines

Je suis allée voir ce film avec mon frérot et je vous le recommande fortement. En fait, nous l'avons préféré à La Planète des Singes de 2001.

 

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L'idée est d'expliquer comment les singes ont pu se retrouver au pouvoir. Il pourrait apparemment y avoir une suite, bien que rien ne soit encore décidé. On ne sait donc pas s'il s'agirait d'une continuité directe, d'un remake des autres films La Planète des Singes, d'une suite pour ces derniers...
Le film se déroule à San Francisco, dans un futur relativement proche. Tout commence avec des expérimentations sur des chimpanzés à GenSys, une entreprise pharmaceutique, pour créer un remède contre Alzheimer.

Le scientifique en charge du projet, Will, recueille chez lui le bébé de l'un des sujets du test, pour le sauver. Il s'aperçoit vite que ce chimpanzé, baptisé César, a des capacités impressionnantes: il résoud des casse-têtes complexes, comprend très bien le langage humain et s'exprime en langage des signes. Pendant plusieurs années, le scientifique l'élève comme son fils... jusqu'à ce qu'un incident persuade la justice qu'il est dangereux, et l'envoie dans un refuge pour singes.

Dans ce refuge, les singes sont maltraités et humiliés. César, qui au début a plus de similarités avec un humain qu'avec ses nouveaux compagnons d'infortune, va finir par mener leur rébellion...

Et si j'en dis plus, ce ne sera plus la peine d'aller voir le film!

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D'abord je précise que ce film n'est pas aussi dur que la bande-annonce le laisse supposer. Ce n'est pas gai, évidemment, mais le parti-pris d'arrêter le film là où il se finit permet de ne pas quitter la salle avec un arrière-goût amer dans la bouche...

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L'une des réussites de ce film repose dans les personnages de singes. Ce sont des acteurs humains qui leur ont prêté leurs expressions, ce qui permet d'avoir des individus vraiment différents les uns des autres. De plus le scénario leur accorde à chacun une personnalité propre.
Et puis ce qu'un anthropocentriste appellerait l' "humanité", disons l' "âme", des singes. J'adore notamment les scènes où César discute en langage des signes avec un orang-outang "de cirque", au refuge.

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De manière générale, les personnages secondaires sont très réussis, chez les singes comme chez les humains. Le père de Will, atteint d'Alzheimer, et sa petite amie, soigneuse au zoo, mais aussi le responsable des singes à GenSys, sont des personnages magnifiques qui apportent beaucoup au film. Ils ont clairement un passé, une personnalité, et ne sont pas de simples faire-valoir.
Chez les singes, les principaux "leaders" sont également tout en nuances.

Une belle leçon d'humanité. Encore ce mot, mais je n'en trouve pas d'autre... Bref, un film magnifique qui mérite d'être vu, sur grand écran si vous en avez la possibilité.

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lundi 04 avril 2011

Glee - Someday, they will

"You know something, it’s not easy to break out of your comfort zone. People will tear you down, tell you you shouldn’t have bothered in the first place. But let me tell you something, there’s not much of a difference between a stadium full with cheering fans and an angry crowd screaming abuse at you. They’re both just making a lot of noise. How you take it is up to you. Convince yourself they’re cheering for you. You do that, and someday, they will."

C'est une citation de Sue, l'entraîneuse de l'équipe de pom-pom girl dans la série Glee. C'est la "méchante" de l'histoire, mais j'ai beaucoup aimé ces phrases dont la traduction serait:

"Vous savez quoi, ce n'est pas facile de s'évader de son cocon. Les gens vous démoliront, vous diront que vous n'auriez jamais dû prendre cette peine. Mais laissez-moi vous dire un truc, il n'y a pas une grande différence entre un stade plein de fans qui vous acclament, et une foule en colère qui vous hurle des insultes. Les deux font beaucoup de bruit. A vous de voir comment le prendre. Convainquez-vous qu'ils vous acclament, et un jour, c'est ce qu'ils feront."

 

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Je vous conseille vivement cette série, qui passe en ce moment sur W9 (les premiers épisodes seront rediffusés en journée plusieurs fois). Les reprises de chansons connues ponctuent cette chronique de la vie d'une chorale d'élèves qui va bouleverser les relations dans un lycée américain. Au grand minimum, cela se regarde avec plaisir, et on peut même y trouver des questionnements intéressants...

lundi 14 février 2011

J'ai vu... Marié Digby en concert

Le 26 janvier, Marié Digby donnait son premier concert en Europe, dans une petite salle de Paris. Je n'en ai entendu parler qu'une semaine avant et ai vite réservé une place...

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler d'elle, Marié Digby est une chanteuse américaine d'origine nippo-irlandaise, très connue sur YouTube pour ses reprises acoustiques de chansons comme Umbrella de Rihanna. Elle compose et écrit ses propres chansons, joue de la guitare et du piano ; elle a sorti deux albums de chansons pop à influence folk et pop-rock.

La salle était bien remplie, l'ambiance intimiste. Un son acoustique délicieux, surtout quand, comme moi, l'on déteste la sono poussée à fond de la plupart des concerts...

La superbe voix de Marié, ses compositions dont plusieurs inédites, et quelques reprises, dont Umbrella.

Le premier, je l'espère, d'une longue série de concerts en France. Si vous ne connaissez pas encore cette artiste, voici quelques références:

Albums: Unfold & Breathing Underwater.

Reprises YouTube: Umbrella (Rihanna), What I've done (Linkin Park), That should be me (Justin Bieber), My life (The Game & Lil Wayne)...

Chansons: Miss Invisible, Feel, Say it again, Beauty in walking away, Machine...

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lundi 13 décembre 2010

Les trois prochains jours VS Pour elle

Je suis allée voir un film sorti le 8 décembre, Les trois prochains jours, avec Russell Crowe. J'avais fait une petite recherche internet après avoir vu l'affiche, et constaté que le synopsis était identique à celui d'un film français que j'ai vu en DVD il y a plusieurs mois, Pour elle, par Fred Cavayé et avec Vincent Lindon et Diane Kruger. Et pour cause, le réalisateur Paul Haggis en a fait un remake.

A partir de ce moment, il fallait absolument que j'aille voir ce film. J'avais beaucoup aimé la version française, et puis pour quelqu'un qui comme moi étudie les différences de culture (et la différence franco-américaine est celle qui me passionne le plus), cette adaptation est du pain bénit.

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Je l'ai donc vu, en version originale (un bon point pour les cinés parisiens) mais sous-titrée en français (dommage, mais je peux comprendre qu'il ne soit pas rentable pour les cinés de passer des VO sans sous-titre, ou même sous-titrées dans la langue originale).

Et c'est un bon film. Pas assez bon pour me faire oublier Pour elle, mais je crois que si je n'avais pas vu ce dernier avant, j'aurais été aussi marquée par ce remake que je l'avais été à l'époque. Le thème, pour ceux qui ne connaîtraient aucune des deux versions, se résume finalement à: une fois les recours légaux épuisés, jusqu'où peut-on aller pour sauver une personne que l'on aime? Sur cette question s'en greffent d'autres, comme: jusqu'où garder la foi en l'innocence de cette personne quand personne n'y croit plus? A-t-on le droit de tout risquer quand on a un enfant? Est-on prêt à devenir une autre personne et à faire le mal pour atteindre son objectif? Il y a matière à débattre, sans aucun doute...

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Comme je l'avais remarqué dans la bande-annonce, beaucoup de scènes ressemblent énormément à celles de Pour elle - Paul Haggis a même calqué celles qui selon moi étaient les meilleures dans le film français, ce qui prouve déjà qu'il a bon goût. Le tout est adapté aux Etats-Unis et à l'actualité - une petite référence à la crise économique, des noms de villes américaines.

Et puis certaines choses sont un peu modifiées, surtout vers la fin - disons, la façon d'arriver à la fin. Je cite une interview de Paul Haggis trouvée sur Internet: "I always wanted to do a thriller or caper movie and I thought there were very interesting questions that were raised in Pour Elle that weren’t truly explored enough and I wanted to explore them a little deeper. I was pretty faithful to the plot. I didn’t add much to it. It was the characters I wanted to delve into deeper." *

Concrètement, la question que Haggis a vraiment approfondie, selon moi, c'est celle de l'abandon possible du petit garçon pour arriver à s'enfuir (comme le dit le criminel à qui le héros demande des conseils, et je cite de mémoire: "il faut être capable de laisser ton gamin sur une station d'autoroute"), qui était moins étudiée dans Pour elle. Ce n'est pas inintéressant mais cela reste relativement consensuel sur la résolution et ce ne sont pas les meilleures scènes du film à mon goût.

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J'ai trouvé les personnages de policiers plutôt intéressants, même si leur nombre important empêche de vraiment bien connaître un seul d'entre eux. Cela fait un moment que j'ai vu Pour elle, mais je ne crois pas que les persos de flics y étaient aussi développés.

Pour ce qui est de l'interprétation, les acteurs sont tous très bons et il me paraît difficile de départager Vincent Lindon et Russell Crowe, chacun jouant bien sûr avec son bagage français ou américain. Dans les deux films, j'ai particulièrement remarqué le père du héros, tout en subtilité dans un rôle quasi muet (pardonnez-moi si je ne retrouve pas le nom des acteurs). Le petit garçon s'en sort aussi très bien.

Le reste des modifs est relativement "insignifiant" selon moi - du point de vue cinématographique et narratif, car rien n'est insignifiant du point de vue culturel.
Je remarque par exemple que le covoiturage (utilisé par Vincent Lindon dans Pour elle pour passer entre les mailles du filer, car seuls les véhicules ayant pour seuls passagers un couple et un enfant sont vérifiés), qui avait dans le film français un côté écologique, organisé par Internet, devient une simple affaire de circonstances quand le héros propose à un couple bloqué par la fouille de la gare de les emmener en échange d'une participation au prix de l'essence...
Oh, et une scène complètement zappée dans Les trois prochains jours, je ne sais pas si c'est par manque de temps ou quelque chose de plus profond: dans Pour elle, le fils du héros trouvait le pistolet que ce dernier s'était procuré et jouait avec, causant une belle frousse au papa imprudent...

Autre ajout de Paul Haggis: un cours du héros (qui est prof) sur Don Quichotte, avec une citation sur la folie ou du moins l'irrationalité - qui nous ramène à une question que le héros lui-même ne se pose jamais, celle de l'innocence de sa femme.

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Je trouve, pour finir, assez amusante cette "manie" que les Américains ont de faire des remakes de films français pour en suite nous les refourguer en France. Aucune critique là-dedans, c'est juste, là encore, intéressant culturellement, car de notre côté, nous nous contentons de faire nos propres films (et si nous pompons sur les Américains, nous faisons attention à ce que cela ne se voie pas trop) et sommes déjà bien contents s'ils sont un peu exportés.

Cela avait été le cas de Pour elle, qui était devenu en anglais Anything for her. J'ai trouvé sur Internet cette affiche - que je trouve d'ailleurs plus appropriée au contenu du film que l'affiche française (voir plus haut dans mon article).

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* Traduction: "J'ai toujours voulu faire un thriller ou une comédie et j'ai trouvé qu'il y avait des questions très intéressantes soulevées dans Pour elle qui n'étaient pas vraiment assez explorées et je voulais les explorer de façon un peu plus approfondie. J'ai été plutôt fidèle au scénario. Je n'y ai pas ajouté grand-chose. C'est les personnages que je voulais creuser plus."

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vendredi 14 mai 2010

J'ai lu... Enola Holmes t.5: L'énigme du message perdu (Nancy Springer)

J'ai lu le cinquième tome de la saga de Nancy Springer en anglais sur mon Kindle - le titre original étant The Case of the Cryptic Crinoline.

Ah oui, mon Kindle: c'est l'e-book d'Amazon, que j'ai acheté au début de mon séjour américain pour éviter de transporter des livres et pouvoir garder mon rythme de lecture, qui consiste à avoir au moins trois ou quatre bouquins en cours et à passer de l'un à l'autre selon mon humeur. L'écran est plus proche du papier que d'un écran d'ordi et n'a aucune brillance, ce qui donne un grand confort de lecture et ne fatigue pas plus les yeux qu'un livre "normal" ; il est très fin et prend peu de place. Vraiment pratique, et je continuerai sans doute à l'utiliser pour certains types de lecture: manuels, etc - même si les livres "papier" restent le mieux à mes yeux pour la lecture-détente et la lecture-passion.

'*°§°*'

Cette fois, Enola enquête sur la disparition de sa logeuse, Mrs Tupper, et découvre au passage l'histoire de cette dernière, bien différente de ce qu'elle attendait. Le tout sous fond de conspiration datant de la guerre de Crimée et liée à la célèbre infirmière, Florence Nightingale.

Une enquête encore une fois fort intéressante, avec l'écriture caractéristique de Nancy Springer - que je trouve encore plus super en version originale - et des évolutions capitales dans la relation d'Enola avec son fameux frère, Sherlock.

Vous connaissez déjà mon avis sur cette super série - si vous ne connaissez pas encore, courez acheter le tome 1 (La double disparition - The case of the missing marquess) !

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samedi 27 février 2010

J'ai lu... Mes étoiles noires, de Lilian Thuram

Lisez ce livre. Quoi que vous croyiez savoir sur le rôle joué par des Noirs dans divers domaines culturels, vous en apprendrez forcément des vertes et des pas mures...

Faisons un petit jeu: parmi ces personnages, dites-moi qui était noir. Homère, Esope, Pouchkine, Dostoïevski, le Chevalier de Saint-Georges.
Réponse: Esope, Pouchkine, Chevalier de Saint-Georges.

Un autre: le(s)quel(s) de ces "titres" a/ont été obtenu(s) par un noir? Général des forces russes, "découvreur" (sauf inuits) du Pôle Nord, inventeur du masque à gaz, champion du monde de cyclisme, major de sa promotion à l'Ecole Polytechnique, inventeur du réfrigérateur.
Réponse: tous! (Abraham Petrovitch Hanibal, Matthew Henson, Garrett A. Morgan, "Major Taylor", Camille Mortenol, John Stenard)

Ce n'est qu'un tout petit aperçu de tout ce que l'on découvre dans ce livre fort pertinent, qui narre brièvement la vie de ces hommes et femmes noir(e)s souvent méconnus. Entre autres, Sojourner Truth, Toussaint-Louverture et Frederick Douglass (le premier Noir américain candidat à la présidentielle). Et à travers leur histoire, ce sont des parcelles de la Grande Histoire que l'on découvre avec effroi. La sauvagerie de la colonisation, dont le récit à l'école est fortement édulcoré ; les zoos humains ; les lynchages de Noirs aux Etats-Unis jusqu'aux années 1960, etc...

Un livre de toute évidence nécessaire, pour réhabiliter une vérité historique oubliée et mettre fin à des préjugés qui restent solidement ancrés, même sans mauvaises intentions... Et faire prendre conscience à tout un chacun que si le Tiers-Monde semble condamné à la pauvreté, nous n'y sommes pas pour rien...

Autre chose très intéressante dans ce livre: la carte du monde "à l'envers", conçue pour être centrée sur l'Australie et sur laquelle l'Europe semble minuscule - belle idée pour remettre dans son contexte notre représentation du monde, basée sur un parti pris il y a des siècles...

Extraits:

"Toute vie est une vie.
Il est vrai qu'une vie apparaît à l'existence avant une autre vie,
Mais une vie n'est pas plus "ancienne", plus respectable qu'une autre vie,
De même qu'une vie n'est pas supérieure à une autre vie.
Les chasseurs déclarent:
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause de tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable."

Début de la Charte du Manden, chantée au Mali en 1222 et qui n'a rien à envier à nos Constitutions.

"On peut dire que si l'intelligence des Nègres n'est pas d'une autre espèce que notre entendement, elle est très inférieure."
C'est Voltaire, le grand philosophe des Lumières, lui si tolérant par rapport aux normes de son temps, qui a prononcé ces mots...

"Cet homme-là, il dit qu'il faut aider les femmes à monter en voiture et les aider à franchir un fossé, et qu'il leur faut les meilleures places partout... Personne ne m'aide jamais à monter en voiture ou à traverser une flaque de boue, personne ne me donne les meilleures places! Et pourtant, ne suis-je pas une femme? [...] J'ai mis au monde cinq enfants et j'ai vu la plupart d'entre eux réduits en esclavage et quand je hurlais ma plainte de mère, personne, hormis Jésus, ne m'a écoutée! Et pourtant, ne suis-je pas une femme?"
Extrait du discours 'And ain't I a woman' de Sojourner Truth (1797-1883).

"Dans cent ans, ils diront que j'étais blanc... c'est ce qu'ils ont fait à Jésus," a dit le boxeur Mohamed Ali (1942-...).

Je laisse le mot de la fin à Cheick Modibo Diarra (1952-...), notamment chercheur à la Nasa: "Combien d'opportunités peuvent être manquées. Prenez cette jeune fille assise au bord du fleuve Niger, elle ne va pas à l'école parce qu'un concours de circonstances l'a fait naître dans un village pauvre, alors qu'elle est peut-être la seule sur les sept milliards d'individus de la planète à avoir la structure d'esprit qui puisse pénétrer les secrets du VIH ou du cancer."

mercredi 03 février 2010

J'ai lu... L'ombre de Camelot, de Sarah Zettel

Ce premier tome des Chemins de Camelot, de Sarah Zettel, reprend l'intrigue de deux histoires liées à Gauvain, chevalier de la Table Ronde: Sire Gauvain et le Chevalier Vert (Gawain and the Green Knight), et Sir Gawain and the Loathly Lady (littéralement, Sire Gauvain et la Dame Répugnante).

L'héroïne du roman se prénomme Rhian et est la fille d'un petit seigneur, Rygehil des Morelands. L'histoire commence avec un énième refus de ce dernier à une demande en mariage concernant sa fille: Rygehil a promis Rhian, avant même sa naissance, à un sorcier en échange de la vie de Jocosa, son épouse bien-aimée, alors enceinte et gravement malade.

Lorsque Rhian apprend cela, elle s'enfuit, et c'est alors que son histoire rejoint bientôt celle du chevalier Gauvain, l'autre héros de ce livre.

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    Ce que j'apprécie tout d'abord dans ce roman, c'est que Rhian a un sacré caractère... C'est une héroïne à part entière, ni trop effacée dans le monde médiéval où elle évolue, ni caricaturale: Sarah Zettel évite bien des idées toutes faites. Rhian est attachante parce qu'elle est humaine, avec des qualités, des défauts, des contradictions, une cohérence dans son comportement tout au long du roman.

La même remarque est à faire pour les chevaliers, notamment Gauvain, qui ne sont pas idéalisés et dont le comportement est cohérent. Parler ouvertement de Gauvain comme d'un tombeur - plein de bonnes intentions, mais tombeur néanmoins - est un pari osé, et réussi haut la main. Cela rend le roman à la fois moderne et plus fidèle aux premiers récits sur les chevaliers de la Table ronde.

Même Arthur et Guenièvre nous semblent humains, et leur description dépasse les images d'Epinal que l'on peut s'en faire. Toutes les descriptions de personnages, qu'ils soient mythiques ou inventés pour l'occasion, sont absolument remarquables.

   L'écriture, quant à elle, est aussi fort agréable, bien que j'aie lu ce roman dans sa traduction française et ne puisse donc pas aisément parler du style de l'auteur.

Le récit n'a pas de lourdeurs, les épisodes d'action, les dialogues, les passages à la cour, alternent sans lasser. On reste jusqu'au bout accroché aux destins des personnages, et le dénouement final, très rapide, est aussi très satisfaisant.

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Bref, si vous n'avez pas encore compris, je conseille vivement ce livre aux amateurs de fantasy, de fictions historiques, de romances sans trop d'eau de rose, de mythes et de contes...

En français, seul ce tome est disponible à ma connaissance, mais en anglais il s'agit d'une tétralogie: In Camelot's Shadow (L'ombre de Camelot), For Camelot's Honor, Under Camelot's Banner et By Camelot's Blood. Chacun des romans raconte l'histoire d'un des frères de Gauvain (Geraint, Gareth et Agravain).