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mercredi 25 mai 2016

Poème : Olim (un jour)

Un poème écrit les 12 et 13 mai 2016, inspiré d’un extrait de l’Énéide de Virgile, dans lequel Énée encourage ses hommes pendant la traversée d’une tempête :

« Revocate animos, maestumque timorem mittite : forsan et haec olim meminisse juvabit. [...] Durate, et vosmet rebus servate secundis. »

Ce qui signifie : « Reprenez courage et chassez la crainte qui vous accable : un jour peut-être même ce souvenir vous sera doux ! [...] Tenez bon, et réservez-vous pour des jours meilleurs. »
(la première phrase est à un mot près issue d'une traduction d'Anne-Marie Boxus et de Jacques Poucet disponible en ligne ici ; la seconde est une traduction libre de moi, inspirée notamment de la version de J. N. M. de Guerle disponible ici)

Cette citation glanée en terminale lorsque je préparais le bac de latin avec ma maman a eu beaucoup d'importance pour moi et pour une amie à une certaine période, et elle m'est revenue comme une petite musique obsédante jusqu'à ce que j'écrive ce poème.

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Toile © mari6s issue du tryptique "A ship is safe in harbor..."

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De cela aussi, peut-être un jour rirons-nous
En nous souvenant de la tempête qui fait rage
Nous nous rappellerons aussi notre courage
Nous nous rappellerons que nous restons debout

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Forsan et haec, olim, olim
Forsan et haec meminisse juvabit
-

Même de cela, nous nous réjouirons peut-être
Une fois que la terreur sera bannie de nos cœurs
Et que nous aurons appris de ces sombres heures
Comme on apprend souvent même des pires tempêtes

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Forsan, forsan, olim
Revocate animos, maestumque timorem mittite
Et haec olim meminisse juvabit
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Ces souvenirs aussi un jour nous seront doux
Oui, même la tempête et même la terreur
Car elles nous ont menés vers des jours meilleurs
Car après ces épreuves, nous sommes encore debout

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Forsan et haec, olim, olim
Revocate animos, olim, olim
Et haec olim meminisse juvabit

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© mari6s - merci de ne pas citer ce poème
ou réutiliser cette illustration sans ma permission expresse

Traduction approximative des refrains :
1- Peut-être même cela, un jour, un jour, peut-être même ce souvenir nous sera doux.
2- Peut-être, peut-être, un jour, reprenons courage et chassons la crainte qui nous accable, même ce souvenir un jour nous sera doux.
3- Peut-être même cela, un jour, un jour, reprenons courage, un jour, un jour, même ce souvenir un jour nous sera doux.

samedi 12 décembre 2015

Poème : Voici venir le soir

Republication d'un poème datant d'août 2010, accompagné d'une photographie.

nuit, night, sleep, sleepless, sans sommeil, insomnie, insomnia
Silence is the most powerful scream
Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.

Voici venir le soir
Où avec le repos
Viennent les idées noires
Et le mal dans ma peau

Oh, tout le jour durant
Je m’active, je m’agite
Et les soucis, les tourments
Passent et puis me quittent

Mais une fois dans mon lit
Une fois que les pensées
Abondent dans mon esprit
Rien ne peut les chasser

Voici venir le soir
Où après une longue veille
Disparaissent les déboires
Lorsque vient le sommeil

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

 

samedi 12 décembre 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Tags : poème, poésie, poem, poetry, night, nuit, insomnie, insomnia, angoisse | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 05 décembre 2015

Poème : La phrase vraiment parfaite

Tout nouveau poème écrit les 26 et 27 novembre ! L'inspiration revient, en français et en alexandrins !

My secret garden
Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.
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Il n’y a pas si longtemps, je ne savais pas parler
Pas vraiment, pas aux gens, seulement sur le papier

J’en ai noirci des feuilles pour enchaîner des mots
Et heurté tant d’écueils pour m’exprimer tout haut

Malgré tous mes efforts, ma voix ne portait pas
Mes sentiments, poids mort, elle tremblait sous leur poids

Composant dans ma tête chaque phrase, belle et rare
Mais lorsqu’elles étaient prêtes, c’était déjà trop tard

La phrase vraiment parfaite m’échappait jusqu’au soir
Et une fois sous ma couette elle semblait dérisoire

Tout le monde fait semblant mais je ne voulais pas
Si on ne parle pas vraiment, autant vaut rester coi

Il n’y a pas si longtemps, je n’osais pas parler
Tant de bruit, tant de gens, si peu savent écouter

J’en ai noirci des feuilles, réelles, imaginaires
Mais qu’est-ce que j’étais seule à force de me taire

J’ai appris des jurons, j’ai appris à crier
À sortir de mes gonds, et puis à chuchoter

Et j’ai appris des langues, revanche d’une timide,
Plus jamais ne me manquent les mots clairs et fluides

Tout le monde fait semblant à sa propre manière
Personne ne sait vraiment, pas de raison de se taire

La phrase vraiment parfaite, sans doute n’existe pas
Je suis bien dans ma tête mais j’en sors parfois

J’en ai noirci des feuilles, et j’en renoircirai
Mais j’ai dompté l’écueil, j’ai toujours su parler

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 25 novembre 2015

Poème : L'horizon des événements

Un poème écrit du 15 au 23 novembre 2015, inspiré par les récents attentats à Paris. Les mots sont venus petit à petit, par bribes.

Pour la petite histoire, l'horizon des événements, en physique, c'est à la surface d'un trou noir, le point de non-retour au-delà duquel rien ne peut en sortir (Futura-Sciences), et la limite éventuelle de la région qui peut être influencée dans le futur par un observateur situé en un endroit donné à une époque donnée (Wikipédia).

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Bleu, blanc, rouge en deuil,
une magnifique aquarelle de Benjamin Regnier
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Les mots, les morts, les maux
J’ai perdu tous les mots
J’ai perdu la raison
J’ai perdu l’horizon
des événements

Sur les trottoirs le sang n’est pas encore séché
Mais déjà recouvert de fleurs et de bougies
Pendant qu’en terrasse, pas tout à fait rassuré
Chacun emprunte le courage d’autrui

Qui êtes-vous, semeurs de mort ?
Sinistres redresseurs de torts
Contre quoi êtes-vous, contre qui ?
Contre la joie, contre la vie ?

Partout des gens se battent et meurent
Afin que d’autres restent en vie
Vous vous battez pour la terreur
Contre votre propre pays
Contre vos frères, contre vos sœurs
Lequel est par l’autre trahi ?

Qui êtes-vous, faucheurs de corps ?
Si vous détestez tant la vie
Que n’embrassez-vous pas la mort
Sans nous plonger dans vos furies

Qu’a-t-il manqué à votre vie ?
Amour ? Culture ? Futur ? Envies ?
Dans quel vide se sont immiscées
Ces promesses si formatées
Qu’est-ce qui vous a donc tant séduits
Dans le saccage des libertés

Sur les trottoirs, en terrasse, dans les salles et les stades
La musique ne se taira pas, la lumière ne s’éteindra pas
Et la France sera encore là quand aura sonné votre glas
Le silence ne gagnera pas.

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

 

mercredi 18 novembre 2015

Poème : Une tout autre vie

Un poème datant du printemps 2013, que je republie aujourd'hui accompagné d'une nouvelle photo d'une amie très chère et de son talentueux photographe fétiche.

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There is beauty in this world
Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.

J’ai rêvé cette nuit d’une tout autre vie
Une vie bien différente et contre toute attente
Une vie qui me hante, une vie qui me tente
Une éventualité que j’avais oubliée
Une possibilité que j’ai laissé filer

J’ai rêvé ce soir là d’une vie au-delà
Au-delà des faux sens, de toutes les apparences
Une vie de brillance et d’éternelle danse
Une éventualité, une possibilité
Qu’un rêve m’a soufflée, une flamme ravivée

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 26 août 2015

Poème : Où as-tu disparu ?

Il m'aura fallu neuf mois pour finir ce poème ; seize mois depuis l'événement qui en a déclenché l'écriture. Comme j'en ai parlé récemment dans Le trou noir, nous avons perdu en avril 2014 notre vieille toutoune, Éva, et l'un de nos chats, Boule-de-Poils (dit Bouldip, Boubou, Babou), coup sur coup.

Dans le cas d'Éva, c’était un coup dur, mais c’était en quelque sorte dans l’ordre des choses et nous avons pu lui dire au revoir. Mais moins d’une semaine plus tard, Boubou a disparu. Il était très proche d’Éva d’autant que tous les deux étaient un peu malades, lui diabétique, elle âgée. Après sa disparition, tout perdu, il errait, cherchant son amie sans doute, et un jour est sorti sans jamais revenir. Nous nous sommes vite inquiétés, l’avons cherché, avons distribué des prospectus et posé des pancartes. Quelques appels de personnes ayant cru le voir. Assez vite, nous avons dû nous résoudre à l’idée qu’il n’avait sans doute pas pu survivre sans insuline.

Cela a été très difficile à vivre pour toute la famille, cette disparition, cette incertitude, cette impossibilité de lui dire au-revoir que ce soit directement ou symboliquement. J'en ai fait beaucoup de rêves et de cauchemars, et il m'arrive encore de temps en temps de me réveiller persuadée que sa disparition n'était qu'un mauvais rêve ou qu'il a réapparu depuis.

J'ai donc voulu écrire une histoire qui me permette de résoudre ce qui me travaillait et de me souvenir de Boubou avec moins d'amertume. Cela n'a pas été une partie de plaisir, je butais sur les mots, trébuchais sur les émotions. Mais avec le temps et l'aide de mes proches, j'ai persévéré et j'ai aussi fait le deuil d'un poème parfait, d'une fin parfaite. Le voilà enfin.

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Mon amie, camarade, où as-tu disparu ?
Oui, tu étais malade, mais je le suis aussi
Serais-tu en balade en m’oubliant ici
Qu’est-ce que cette charade, que je ne te voie plus ?

Mon amie, tu me manques, sans toi je ne sais plus
Je ne sais plus le sens, je ne sais plus dormir
Serais-tu donc en planque pour ne plus revenir
Qu’est-ce que cette danse si je ne te vois plus ?

Mon amie, camarade, j’arrive, ne t’en fais pas
Je partirai dès l’aube pour aller jusqu’à toi
Résoudre cette charade et remplir ce vide
Je parcourrai le globe, ta piste comme guide
Et je m’endormirai en rêvant de toi

chat, cat, herbe, pelouse, jardin, yard, backyard, grass, look, regard, adoration© mari6s : poème 2014-2015, photos 07-2013 et 10-2012

mercredi 26 août 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Tags : poème, disparition, perte, animal, chat, chien, deuil, disparu | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 22 juillet 2015

Poème photo : How can I trust you anymore

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Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.
Poème : © mari6s - juillet 2011.
Si vous l'utilisez, merci de me citer comme auteure et de renvoyer vers mon blog.

My body, my own enemy
Attacking itself, attacking me
What is wrong, what is right?
The one that I defend, I fight

How can I trust you anymore
You threaten me in every way
In every cell and every pore
Craftsman of your own decay

How can I love you anymore
When you jeopardize my future
Yet you are me and I am you
Who would I hurt by hating you?

Why put me through such pain and fright?
Is it revenge, is it a test?
I might not always treat you right
But you know I’m trying my best

How can I love you anymore
You threaten me in every way
And you jeopardize my future
Craftsman of your own decay

What did I do to deserve this?
Is there a way to make it okay?
Can’t we just make up and kiss?
And make it through another day

How can I trust you anymore
You threaten me in every pore
Yet you are me and I am you
Who would I hurt by hating you?

mercredi 22 juillet 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Commentaires (0) |  Facebook | |

jeudi 09 juillet 2015

Poème : Survivor

Un poème écrit pour l'une de mes meilleures amies dans un moment difficile en 2013, que je ne lui ai montré que récemment et que nous avons décidé ensemble de publier.

It kills me not to be there to hug you
I want to make it all okay
But I can’t, I’m so far away
All I can do is be there for you

It kills me that I can’t change things for you
I want to make it go away
But I know you’re gonna be okay
In the meantime I’m there for you

And I’d just like to make you see

The strength in those battered arms of yours
The beauty behind all your bruises
The sparkle in your eye, behind the shiner
You’re a survivor

It kills me to think of what you went through
It makes my blood boil with anger
And yes, some scars will stay longer
But you know I’ll be there for you

And I just want you to see

The pride for you that hides behind my tears
The friends that will overcome your fears
The smile that awaits in your future
Survivor

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Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon. Poème : © mari6s.
Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

jeudi 09 juillet 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Commentaires (1) |  Facebook | |

samedi 21 mars 2015

Poème : Ne t'en fais pas

Tout ira bien, ne t’en fais pas
Oui je sais bien que rien ne va
La mort vole et la vie déchire
On oublie le meilleur, ne reste que le pire

On fait avec ou plutôt sans
On continue, presque comme avant
Mais la joie, l’envie n’y est pas
Un jour, un jour tout ira bien, ne t’en fais pas

La douleur s’estompe, se fait rare
Reste le vide, comme une barre
Tout est couvert d’un voile étrange
Comme si tout avait perdu de son importance

Tout ira bien, ne t’en fais pas
On n’accélère pas ces choses-là
Et puis un jour on s’aperçoit
Que le fardeau perd de son poids
Tout ira bien, ne t’en fais pas

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© mari6s 7/03/2015
Si vous citez ce poème, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 28 janvier 2015

Poème : Marianne et Charlie

Un poème rédigé les 22 et 23 janvier, qui m'a été inspiré par les événements récents. J'ai ressenti le besoin de retourner aux racines pour comprendre (et expliquer) ce qui dans mon histoire familiale a façonné mon point de vue sur les religions et la laïcité.

J'en profite pour expliquer la fin du poème : je ne me sens pas vraiment républicaine, je suis plutôt démocrate dans l'âme (je suis d'ailleurs pour une démocratie plus directe ou au minimum vraiment représentative), et j'applique à la politique la même méfiance qu'à la religion en ce qui concerne l'allégeance inconditionnelle à un groupe. La République, ça ne me parlait donc pas trop. Mon prénom, Marianne, je ne l'associais pas au symbole de la République (sauf dans mes souvenirs de plaisanteries d'école primaire). Patriote, je ne le suis pas pour deux sous. Ce qui n'empêche pas que je me sente française, et ces derniers temps, fière d'être française, car même si certaines réactions m'ont déçue, dans l'ensemble j'ai été agréablement surprise.

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                                                                                        Stéphane Mahé (Reuters)

Familles catholiques tranquilles
Du côté de mes grands-parents,
Tous croyants, plutôt pratiquants,
Ceux des villes comme ceux des champs.
Études scientifiques pour mes parents
Avec leur foi tranquillement,
Sans faire de bruit, sans faire de vent,
Ils ont éduqué leurs enfants.

Tant de livres à la maison,
Dicos, magazines, romans,
Des qui expliquent les religions,
Des qui expliquent l’évolution.
Baptisée mais sans communion,
L’église seulement de temps en temps,
Avec Dieu notre relation
N’a pas besoin de démonstration.

Remue-méninges adolescent ;
Amie agnostique, échanges passionnants,
Je me fabrique mes convictions.
Symbolique, la résurrection ?
Quand je l’annonce à mes parents,
Ils me disent que pour eux aussi.

Puis remue-méninges pour mon frère,
Il lit la Bible, le Coran,
Il farfouille sur la webosphère
Et nous annonce qu’il est athée.
Quelques discussions animées ;
Sans Dieu aussi, dur d’être tolérant.

Mais l’amour dépasse les religions ;
L’intelligence, les traditions.
Ma grand-mère à quatre-vingt ans
Sait dire quand elle trouve les papes cons
D’interdire toute contraception
Quand le monde en souffre tellement.

Et puis un jour, Charlie Hebdo.
J’entends tant parler de blasphème
Chez presque toutes les religions,
Et voilà que je comprends
Pour quelles valeurs ils se battaient ;
Je comprends la chance que j’ai,
Moi, pas tellement républicaine,
Que mes parents m’aient élevée... Marianne.

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                   Martin Argyroglo (photographe indépendant)