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mercredi 25 novembre 2015

Poème : L'horizon des événements

Un poème écrit du 15 au 23 novembre 2015, inspiré par les récents attentats à Paris. Les mots sont venus petit à petit, par bribes.

Pour la petite histoire, l'horizon des événements, en physique, c'est à la surface d'un trou noir, le point de non-retour au-delà duquel rien ne peut en sortir (Futura-Sciences), et la limite éventuelle de la région qui peut être influencée dans le futur par un observateur situé en un endroit donné à une époque donnée (Wikipédia).

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Bleu, blanc, rouge en deuil,
une magnifique aquarelle de Benjamin Regnier
-

Les mots, les morts, les maux
J’ai perdu tous les mots
J’ai perdu la raison
J’ai perdu l’horizon
des événements

Sur les trottoirs le sang n’est pas encore séché
Mais déjà recouvert de fleurs et de bougies
Pendant qu’en terrasse, pas tout à fait rassuré
Chacun emprunte le courage d’autrui

Qui êtes-vous, semeurs de mort ?
Sinistres redresseurs de torts
Contre quoi êtes-vous, contre qui ?
Contre la joie, contre la vie ?

Partout des gens se battent et meurent
Afin que d’autres restent en vie
Vous vous battez pour la terreur
Contre votre propre pays
Contre vos frères, contre vos sœurs
Lequel est par l’autre trahi ?

Qui êtes-vous, faucheurs de corps ?
Si vous détestez tant la vie
Que n’embrassez-vous pas la mort
Sans nous plonger dans vos furies

Qu’a-t-il manqué à votre vie ?
Amour ? Culture ? Futur ? Envies ?
Dans quel vide se sont immiscées
Ces promesses si formatées
Qu’est-ce qui vous a donc tant séduits
Dans le saccage des libertés

Sur les trottoirs, en terrasse, dans les salles et les stades
La musique ne se taira pas, la lumière ne s’éteindra pas
Et la France sera encore là quand aura sonné votre glas
Le silence ne gagnera pas.

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

 

mercredi 18 novembre 2015

Poème : Une tout autre vie

Un poème datant du printemps 2013, que je republie aujourd'hui accompagné d'une nouvelle photo d'une amie très chère et de son talentueux photographe fétiche.

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There is beauty in this world
Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.

J’ai rêvé cette nuit d’une tout autre vie
Une vie bien différente et contre toute attente
Une vie qui me hante, une vie qui me tente
Une éventualité que j’avais oubliée
Une possibilité que j’ai laissé filer

J’ai rêvé ce soir là d’une vie au-delà
Au-delà des faux sens, de toutes les apparences
Une vie de brillance et d’éternelle danse
Une éventualité, une possibilité
Qu’un rêve m’a soufflée, une flamme ravivée

© mari6s - Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 26 août 2015

Poème : Où as-tu disparu ?

Il m'aura fallu neuf mois pour finir ce poème ; seize mois depuis l'événement qui en a déclenché l'écriture. Comme j'en ai parlé récemment dans Le trou noir, nous avons perdu en avril 2014 notre vieille toutoune, Éva, et l'un de nos chats, Boule-de-Poils (dit Bouldip, Boubou, Babou), coup sur coup.

Dans le cas d'Éva, c’était un coup dur, mais c’était en quelque sorte dans l’ordre des choses et nous avons pu lui dire au revoir. Mais moins d’une semaine plus tard, Boubou a disparu. Il était très proche d’Éva d’autant que tous les deux étaient un peu malades, lui diabétique, elle âgée. Après sa disparition, tout perdu, il errait, cherchant son amie sans doute, et un jour est sorti sans jamais revenir. Nous nous sommes vite inquiétés, l’avons cherché, avons distribué des prospectus et posé des pancartes. Quelques appels de personnes ayant cru le voir. Assez vite, nous avons dû nous résoudre à l’idée qu’il n’avait sans doute pas pu survivre sans insuline.

Cela a été très difficile à vivre pour toute la famille, cette disparition, cette incertitude, cette impossibilité de lui dire au-revoir que ce soit directement ou symboliquement. J'en ai fait beaucoup de rêves et de cauchemars, et il m'arrive encore de temps en temps de me réveiller persuadée que sa disparition n'était qu'un mauvais rêve ou qu'il a réapparu depuis.

J'ai donc voulu écrire une histoire qui me permette de résoudre ce qui me travaillait et de me souvenir de Boubou avec moins d'amertume. Cela n'a pas été une partie de plaisir, je butais sur les mots, trébuchais sur les émotions. Mais avec le temps et l'aide de mes proches, j'ai persévéré et j'ai aussi fait le deuil d'un poème parfait, d'une fin parfaite. Le voilà enfin.

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Mon amie, camarade, où as-tu disparu ?
Oui, tu étais malade, mais je le suis aussi
Serais-tu en balade en m’oubliant ici
Qu’est-ce que cette charade, que je ne te voie plus ?

Mon amie, tu me manques, sans toi je ne sais plus
Je ne sais plus le sens, je ne sais plus dormir
Serais-tu donc en planque pour ne plus revenir
Qu’est-ce que cette danse si je ne te vois plus ?

Mon amie, camarade, j’arrive, ne t’en fais pas
Je partirai dès l’aube pour aller jusqu’à toi
Résoudre cette charade et remplir ce vide
Je parcourrai le globe, ta piste comme guide
Et je m’endormirai en rêvant de toi

chat, cat, herbe, pelouse, jardin, yard, backyard, grass, look, regard, adoration© mari6s : poème 2014-2015, photos 07-2013 et 10-2012

mercredi 26 août 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Tags : poème, disparition, perte, animal, chat, chien, deuil, disparu | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 22 juillet 2015

Poème photo : How can I trust you anymore

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Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.
Poème : © mari6s - juillet 2011.
Si vous l'utilisez, merci de me citer comme auteure et de renvoyer vers mon blog.

My body, my own enemy
Attacking itself, attacking me
What is wrong, what is right?
The one that I defend, I fight

How can I trust you anymore
You threaten me in every way
In every cell and every pore
Craftsman of your own decay

How can I love you anymore
When you jeopardize my future
Yet you are me and I am you
Who would I hurt by hating you?

Why put me through such pain and fright?
Is it revenge, is it a test?
I might not always treat you right
But you know I’m trying my best

How can I love you anymore
You threaten me in every way
And you jeopardize my future
Craftsman of your own decay

What did I do to deserve this?
Is there a way to make it okay?
Can’t we just make up and kiss?
And make it through another day

How can I trust you anymore
You threaten me in every pore
Yet you are me and I am you
Who would I hurt by hating you?

mercredi 22 juillet 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Commentaires (0) |  Facebook | |

jeudi 09 juillet 2015

Poème : Survivor

Un poème écrit pour l'une de mes meilleures amies dans un moment difficile en 2013, que je ne lui ai montré que récemment et que nous avons décidé ensemble de publier.

It kills me not to be there to hug you
I want to make it all okay
But I can’t, I’m so far away
All I can do is be there for you

It kills me that I can’t change things for you
I want to make it go away
But I know you’re gonna be okay
In the meantime I’m there for you

And I’d just like to make you see

The strength in those battered arms of yours
The beauty behind all your bruises
The sparkle in your eye, behind the shiner
You’re a survivor

It kills me to think of what you went through
It makes my blood boil with anger
And yes, some scars will stay longer
But you know I’ll be there for you

And I just want you to see

The pride for you that hides behind my tears
The friends that will overcome your fears
The smile that awaits in your future
Survivor

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Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon. Poème : © mari6s.
Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

jeudi 09 juillet 2015 Publié dans Mes écrits, Photos, Poèmes | Commentaires (1) |  Facebook | |

samedi 21 mars 2015

Poème : Ne t'en fais pas

Tout ira bien, ne t’en fais pas
Oui je sais bien que rien ne va
La mort vole et la vie déchire
On oublie le meilleur, ne reste que le pire

On fait avec ou plutôt sans
On continue, presque comme avant
Mais la joie, l’envie n’y est pas
Un jour, un jour tout ira bien, ne t’en fais pas

La douleur s’estompe, se fait rare
Reste le vide, comme une barre
Tout est couvert d’un voile étrange
Comme si tout avait perdu de son importance

Tout ira bien, ne t’en fais pas
On n’accélère pas ces choses-là
Et puis un jour on s’aperçoit
Que le fardeau perd de son poids
Tout ira bien, ne t’en fais pas

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© mari6s 7/03/2015
Si vous citez ce poème, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 28 janvier 2015

Poème : Marianne et Charlie

Un poème rédigé les 22 et 23 janvier, qui m'a été inspiré par les événements récents. J'ai ressenti le besoin de retourner aux racines pour comprendre (et expliquer) ce qui dans mon histoire familiale a façonné mon point de vue sur les religions et la laïcité.

J'en profite pour expliquer la fin du poème : je ne me sens pas vraiment républicaine, je suis plutôt démocrate dans l'âme (je suis d'ailleurs pour une démocratie plus directe ou au minimum vraiment représentative), et j'applique à la politique la même méfiance qu'à la religion en ce qui concerne l'allégeance inconditionnelle à un groupe. La République, ça ne me parlait donc pas trop. Mon prénom, Marianne, je ne l'associais pas au symbole de la République (sauf dans mes souvenirs de plaisanteries d'école primaire). Patriote, je ne le suis pas pour deux sous. Ce qui n'empêche pas que je me sente française, et ces derniers temps, fière d'être française, car même si certaines réactions m'ont déçue, dans l'ensemble j'ai été agréablement surprise.

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                                                                                        Stéphane Mahé (Reuters)

Familles catholiques tranquilles
Du côté de mes grands-parents,
Tous croyants, plutôt pratiquants,
Ceux des villes comme ceux des champs.
Études scientifiques pour mes parents
Avec leur foi tranquillement,
Sans faire de bruit, sans faire de vent,
Ils ont éduqué leurs enfants.

Tant de livres à la maison,
Dicos, magazines, romans,
Des qui expliquent les religions,
Des qui expliquent l’évolution.
Baptisée mais sans communion,
L’église seulement de temps en temps,
Avec Dieu notre relation
N’a pas besoin de démonstration.

Remue-méninges adolescent ;
Amie agnostique, échanges passionnants,
Je me fabrique mes convictions.
Symbolique, la résurrection ?
Quand je l’annonce à mes parents,
Ils me disent que pour eux aussi.

Puis remue-méninges pour mon frère,
Il lit la Bible, le Coran,
Il farfouille sur la webosphère
Et nous annonce qu’il est athée.
Quelques discussions animées ;
Sans Dieu aussi, dur d’être tolérant.

Mais l’amour dépasse les religions ;
L’intelligence, les traditions.
Ma grand-mère à quatre-vingt ans
Sait dire quand elle trouve les papes cons
D’interdire toute contraception
Quand le monde en souffre tellement.

Et puis un jour, Charlie Hebdo.
J’entends tant parler de blasphème
Chez presque toutes les religions,
Et voilà que je comprends
Pour quelles valeurs ils se battaient ;
Je comprends la chance que j’ai,
Moi, pas tellement républicaine,
Que mes parents m’aient élevée... Marianne.

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                   Martin Argyroglo (photographe indépendant)

mercredi 07 janvier 2015

Poème : Sometimes I Wonder

Un poème retrouvé dans mes archives, écrit en juin 2012.

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Crossroads de vijamoga

Sometimes I wonder, could I have loved you
If I had just really wanted to
Could you have seduced me if I’d let you
Would you still have loved me too?

It doesn’t make sense, it doesn’t matter
But I can’t help it, sometimes I wonder
If we’d tried to be together
Could we have been happy ever after?

It wasn’t the right time and place
Maybe not the right person either
But when it’s the right time and place
Will I let him in, sometimes I wonder…

© mari6s
Si vous le citez, merci de préciser que je suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi 07 janvier 2015 Publié dans Mes écrits, Poèmes | Tags : poem, poème, poetry, poésie, sometimes, i, wonder, i wonder | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 13 décembre 2014

Poème : At least that's what you say

Un poème retrouvé dans mes archives, écrit il y a déjà plus de deux ans, mais que je n'avais pas mis en ligne car le sujet était un peu trop personnel. Le voici à présent ;)

I don’t understand
At least that’s what you say
Fine, then give me a hand
Let me try if I may

                                                      It kills me you know
                                                      To see you unhappy
                                                      Everyone can feel low
                                                      I would know, believe me

Maybe we’re not the same
But we’re not that different
So I can take the blame
Take it all if it helps

And who cares if it hurts                                                     
If I fall in the dirt                                                     
You don’t care anyway                                                     
At least, that’s what you say                                                     

You rewrite history
Just like everyone does
Why not make it happy
Or better, give it cause

Meaning’s overrated                                                     
At least that’s what you say                                                     
But since you’re miserable                                                     
What’s the risk anyway?                                                     

It sounds like a cliché
To say you have it all
And of course it’s okay
Sometimes to feel a hole

                                                      But deep underwater
                                                      When you hit rock bottom
                                                      You have to choose whether
                                                      You want to get back home

I love you so much
But you’re so hard to trust
You lie crossing your heart
We don’t buy it, you’re hurt

                                                      You don’t apologize
                                                      You don’t owe anyone
                                                      But you do criticize
                                                      All those who give a damn

Maybe some people suck
But maybe others rock
You won’t know if you hide
Without them by your side

We love you so much                                                     
You’re so freaking clever                                                     
Everything that you touch                                                     
Might as well be silver                                                     

But you don’t let us in
And that’s no way to live
You’re no regular teen
But you don’t have to grieve

I really want to help                                                     
I want to understand                                                     
I can follow your steps                                                     
But I can’t force your hand                                                     

There’s life out there for you
And it’s so freaking great
I really wish you knew
Or took a leap of faith

© mari6s
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samedi 13 décembre 2014 Publié dans Mes écrits, Poèmes | Tags : poem, poème, poetry, poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 03 décembre 2014

Poème : Le soleil sur ma peau (Je perds)

Poème écrit le 31 octobre 2014 au jardin du Luxembourg.

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Only the sun on my skin
©2011-2014 l-eh

Oh je sens je soleil sur ma peau
Je sens le vent dans mes cheveux
Mais les couleurs sont un peu fades
Mon humeur papillonne et s’évade
Mon âme noue dans ma gorge un nœud
Quoi que m’en dise mon cerveau

Oh je parle et je bouge et je ris
Mais parfois je perds jusqu’à l’envie
Je perds le sens, la direction de cette danse
Je perds le sens de ce que me disent mes sens
Je perds le sommeil, la raison, l’appétit
Je perds le sens, le sens de cette vie

Mais je sens le soleil sur ma peau
Il brillera plus fort, il est encore tôt.

© mari6s
Si vous me citez, merci de préciser que je suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.

 

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