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mercredi 14 mars 2012

Citations - Forever young - Grey's Anatomy et One Tree Hill

J'aime beaucoup le mode narratif adopté par certaines séries avec les fameuses "voix off", quand elles sont bien utilisées, ce qui est selon moi par exemple le cas dans Grey's Anatomy et One Tree Hill (oui, bon, en français les Frères Scott). Les voix des personnages, le plus souvent respectivement Meredith Grey et Lucas Scott, même si d'autres font régulièrement leur apparition, apportent une sorte de perspective à ce qui est raconté dans l'épisode, et souvent une forme de poésie. Je crois d'ailleurs qu'il n'est pas anodin que ces deux séries s'appuient également sur une BO de très bonne qualité, la musique venant elle aussi renforcer la narration.

Ce qui est assez drôle, c'est que je n'ai découvert ces deux séries qu'assez récemment, n'ayant pas suivi leurs débuts à la télé comme la plupart de mes camarades de classe, car pour moi c'étaient des équivalents djeun's des Feux de l'Amour et ça n'avait pas grand intérêt. D'ailleurs, ma famille en reste convaincue et se moque gentiment de moi quand je suis avidement les aventures des internes de Seattle Grace et des lycéens puis jeunes adultes de Tree Hill.

Mais je ne sais pas, j'y vois quelque chose d'autre maintenant. Une description du passage à l'âge adulte, des hésitations, des évolutions. Ainsi Lucas Scott, qui rêvait d'être basketteur professionnel, finit par devenir écrivain, Brooke Davis la cheerleader devient une talentueuse styliste, Alex Karev passe de la chirurgie plastique à la pédiatrie... Les relations amoureuses chaotiques - je dirais, trop pour être crédibles, mais je n'en suis même pas sûre - ne sont finalement qu'une autre façon de dépeindre cette alternance de certitude et de doute.

Voici deux citations "voix off" qui me semblent bien s'accorder:

Lucas Scott dans l'épisode 5.15 de One Tree Hill: Life is short (La vie est courte):

One tree hill bridge.jpg

Sometimes when you're young, you think nothing can hurt you. It's like being invincible. Your whole life is ahead of you, and you have big plans. Big plans. To find your perfect match. The one that completes you. But as you get older, you realize it's not always that easy. It's not until the end of your life that you realize how the plans you made were simply plans. At the end, when you're looking back instead of forward, you want to believe that you made the most of what life gave you. You want to believe that you're leaving something good behind. You want it all to have mattered.

Parfois quand on est jeune, on se dit que rien ne peut nous toucher, comme si on était invincible. On a toute sa vie devant soi et des projets plein la tête, de grands projets. Comme trouver son âme sœur... La personne qui nous complètera vraiment. Mais en vieillissant, on se rend compte que la vie n’est pas si facile. Ce n’est qu’à la fin de notre vie qu’on réalise que nos projets n’étaient rien de plus que des projets. Mais à la fin lorsqu’on regarde son passé et non plus son avenir, on a envie de croire qu’on a profité au maximum de ce que la vie nous a offert. On a envie de croire qu’on laissera quelque chose de bien de notre passage sur terre. On a envie que tout ça ait compté.

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Meredith Grey dans l'épisode 4.08 de Grey's Anatomy: Forever young (Retour au lycée):

Grey's anatomy pike market.jpg

There comes a point in your life when you're officially an adult. Suddenly you're old enough to vote, to drink and engage in other adult activities. Suddenly people expect you to be responsible, serious, a grown up. We get taller, we get older. But do we ever really grow up?... In some ways we grow up. We have families. We get married. Divorced. But for the most part, we still have the same problems that we had when we were fifteen. No matter how much we grow taller, grow older, we are still forever stumbling. Forever wondering. Forever young.

Il arrive un moment dans la vie où l'on devient officiellement un adulte. Tout d'un coup, on est en âge de voter, de boire... et de se livrer à d'autres activités pour adultes. Tout d'un coup, on attend de vous que vous soyez responsables, sérieux... Un adulte. On grandit, on vieillit... Mais mûrit-on vraiment?... D'une certaine façon, on grandit. On fonde une famille. On se marie. On divorce. Mais pour l'essentiel, on a toujours les mêmes problèmes que quand on avait quinze ans. Peu importe le fait qu'on grandisse, qu'on vieillisse... On trébuchera toujours. Toujours à se poser des questions... Toujours... Jeunes.

samedi 10 mars 2012

Battlestar Philosophia 1: A-t-on ce qu'on mérite? Apprend-on de ses erreurs?

battlestar-galactica coupé.jpg

J’inaugure une nouvelle série d’articles intitulée Battlestar Philosophia. Au cas où vous ne seriez pas encore au courant, je suis une fan de Battlestar Galactica (le remake de 2003) au sens premier du terme : fanatique. J’adore à peu près tout dans cette série, l’intrigue, la réalisation, la musique, les personnages, le dénouement… C’est à mes yeux une perle rare pour deux raisons principales : son aspect artistique, et la façon dont elle fait réfléchir. Je lis notamment un ouvrage collectif qui s’intitule Battlestar Galactica and Philosophy : Mission Accomplished or Mission Frakked-Up et étudie en profondeur différents aspects philosophiques explorés par la série, comme la définition de l’humain, la légitimité du gouvernement, la morale, la guerre et la paix… Je vous le conseille vivement si ces sujets et la série vous intéressent et si vous comprenez bien l’anglais.

J’ai eu envie moi aussi de me prêter à l’exercice de façon bien moins poussée en m’attardant sur des questions qui m’intéressent particulièrement, comme :

A-t-on ce qu’on mérite et apprend-on de ses erreurs ?

Dans la première partie de la minisérie introduisant Battlestar Galactica 2003, le Commandant Adama s’interrompt dans le discours qu’il avait préparé pour le déclassement de son vaisseau et en improvise un autre, plus sombre, dont voici un extrait :

“You know, when we fought the Cylons, we did it to save ourselves from extinction. But we never answered the question, why? Why are we as a people worth saving? We still commit murder because of greed, spite, jealousy. And we still visit all of our sins upon our children. We refuse to accept the responsibility for anything that we've done.”
« Vous savez, nous avons combattu les Cylons pour éviter l’extinction. Mais nous n’avons jamais répondu à la question : pourquoi ? Pourquoi sommes-nous un peuple méritant d’être sauvé ? Nous commettons toujours des meurtres par cupidité, par vengeance, par jalousie. Et nous infligeons toujours tous nos péchés à nos enfants. Nous refusons de prendre la responsabilité de nos actes. »

Dans l’épisode 2.12, Opération Survie, deuxième partie (dans la version originale : Resurrection Ship, part 2), Sharon « Athéna », modèle de Cylon numéro huit prisonnière à bord du Galactica, rappelle ce discours à Adama :

“You said that humanity was a flawed creation, and that people still kill one another for petty jealousy and greed. You said that humanity never asked itself why it deserved to survive. Maybe you don't.”
« Vous avez dit que l’humanité était une création imparfaite, et que les gens continuent à s’entretuer par pure jalousie ou vénalité. Vous avez dit que l’humanité ne s’était jamais demandé pourquoi elle méritait de survivre. Peut-être qu’elle ne le mérite pas. »

L’humanité dépeinte dans Battlestar Galactica est, comme dans notre réalité, pleine de contradictions, de défauts mais aussi de résilience et de grandeur. Méritait-elle d’être presque éradiquée par les Cylons et d’errer dans l’espace pendant plusieurs années ? Mérite-t-elle de s’en sortir et de trouver cette Terre promise ?

La question a été posée à de multiples reprises dans nos contes et légendes, de l’Atlantide engloutie par les flots à l’Arche de Noé survivant au Déluge… Jusque dans nos fictions modernes, comme le film Le jour où la Terre s’arrêta (remake de 2008 par Scott Derrickson avec Keanu Reeves et Jennifer Connelly) où les extraterrestres voulant éliminer la race humaine pour protéger la planète et les autres formes de vie qu’elle abrite, finissent par leur laisser une seconde chance. C’est la même question qui se pose par exemple à chaque fois que l’on découvre des exoplanètes éventuellement habitables et qu’on les envisage comme des solutions de repli. « Méritons-nous » d’autres chances, et qu’en ferions-nous ? Apprendrions-nous de nos erreurs ?

Cette idée est reflétée dans BSG par l’évolution des personnages. Ils font des erreurs (beaucoup), en tirent des leçons (parfois) et changent, mais obtiennent rarement ce qu’ils méritent dans un sens ou dans l’autre. Prenez Baltar : il est responsable de la quasi disparition de l’humanité, certes pas par malice mais par imprudence et arrogance, et se retrouve catapulté conseiller scientifique de la Flotte, puis vice-président et finalement président. Il abuse de ce pouvoir puis quand il est enfin jugé – pour avoir collaboré avec les Cylons et accessoirement évité l’élimination de ce qu’il restait de ses semblables, et pas pour les crimes susmentionnés – il est acquitté. Ou Cally : elle tue Boomer de sang froid et avec un plaisir évident – ce qui pose la question de la valeur de la « vie » d’un Cylon, que nous aborderons plus tard- et n’est réprimandée que pour avoir utilisé son arme de service sans autorisation. On pourrait certes argumenter qu’elle finira par se faire tuer par un autre Cylon bien plus tard… Peut-être faut-il donc connaître toute l’histoire avant de décider de ce que les uns et les autres méritent et obtiennent.

D’une manière plus générale, nombre de personnages de la série sont racistes (par exemple, dans le 3.14 : Les Sagitarrons/The Woman King, on voit que nombre de Coloniaux méprisent les Sagittarons, et dans le 3.16 : Grève générale/Dirty Hands, dont j’ai fait une critique complète ici, on découvre les discriminations entre ceux qui viennent de colonies privilégiées comme Caprica d’une part, et de colonies plus agricoles ou industrielles comme Tauron ou Sagittaron, d’autre part), intolérants (outre le fondamentalisme des Gemenons qui voudraient par exemple punir très sévèrement l’avortement, on peut mentionner le rejet par certains de toute autre religion que le polythéisme partagé par le plus grand nombre et qui empiète largement sur l’espace public), alcooliques (le colonel Tigh est l’exemple le plus évident mais Starbuck, pour ne citer qu’elle, a aussi une sacrée descente), autoritaires (rappelons par exemple le comportement de la Présidente, Laura Roslin, pourtant censée être démocrate, à l’égard d’opposants comme les partisans de la paix avec les Cylons dans l’épisode 2.13 : Révélation/Epiphanies, ou les grévistes dans l’épisode 3.16 : Grève générale/Dirty Hands, ne tenant compte de leurs protestations que lorsqu’elles mettent en danger la Flotte et ne cherchant pas de solution pacifique), lâches… En fait, c’est ce qu’ils sont la plupart du temps. Humains. Imparfaits. Mais ils peuvent aussi être généreux, courageux, désintéressés.

Alors la question est : est-ce que tout cela s’équilibre ? La balance penche-t-elle du côté des qualités, des actions positives ? L’humanité mérite-t-elle sa seconde chance ?

Non, en fait, au temps pour moi. Depuis quand obtient-on ce qu’on mérite ? Non, la question c’est : en fera-t-elle bon usage ?

samedi 10 mars 2012 Publié dans Battlestar Philosophia | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 29 février 2012

Culpabilité

La culpabilité me bouffe de l’intérieur. Je crois que cela a toujours été le cas, d’aussi loin que je me souvienne, pourtant je n’ai mis de mots dessus qu’assez récemment.

Par exemple, ma relation avec les professeurs et les études est encore aujourd’hui dominée par la culpabilité. Quand je ne fais pas un travail (rare) ou que je le « bâcle » (ce qui, pour moi, veut le plus souvent dire ne pas le fignoler outre mesure), je me sens coupable. Quand je suis absente, je me sens coupable. Quand je m’y prends « au dernier moment » pour réviser, je me sens coupable.
Bon, j’ai progressé là-dessus, surtout depuis que j’ai pris conscience du problème. Mais il n’empêche que c’est le naturiste qui, comme tout un chacun le sait, a une fâcheuse tendance à revenir au bungalow[1].

En y réfléchissant, je constate que cela remonte à mes relations affectives avec l’école et les enseignants en primaire puis au collège. Je pense que les enseignants sont la partie visible de l’iceberg et que mon problème est plus profond que ça. C’est peut-être de la psychologie de comptoir (et après tout c’est mon droit de la pratiquer sur moi plutôt que de l’infliger aux autres qui n’ont rien demandé), mais je pense que cela pourrait être une réaction à mon sentiment d’inadaptation au système scolaire. Ce n’est pas vraiment de devoirs et d’absences qu’il s’agit mais plutôt du moule dans lequel je n’ai jamais pu rentrer – ce qui expliquerait que ce ressenti ressorte aussi facilement dès que je suis plongée dans une ambiance scolaire, malgré mes progrès sur d’autres fronts, car je reste fondamentalement inadaptée !
Et même si mes conceptions intellectuelles ont évolué (ce n’est pas moi la « bête bizarre » mais le système qui ne convient qu’aux gens « dans la moyenne », qui n’est fait ni pour les introvertis ni pour les perfectionnistes ni pour les gens plus avides de connaissances que la moyenne – ni d’ailleurs pour tout un tas d’autres types de personnalités…), ma réaction conditionnée reste la même.

La culpabilité s’est aussi répandue dans d’autres aspects de ma vie. Comme la santé. Je crois qu’elle y est entrée par le biais de l’école. En effet, comme je l’ai rabâché sur ce blog à maintes reprises, j’ai été absente pendant un mois en 4ème, prélude à mes problèmes de thyroïde qui n’ont été diagnostiqués que bien plus tard. Les réactions de mes camarades mais aussi de mes professeurs n’ont pas toujours été des plus intelligentes, ce qui n’était que la cerise sur le gâteau de l’incommensurable angoisse que mon retour en classe m’inspirait.
Un mois de maladie, c’est un mois enfermé chez soi et on devient vite agoraphobe à ce rythme là. Alors quand en plus on est ultra timide et que l’on ne rêve que de se fondre dans la masse… Ajoutez à cela la fatigue due à la convalescence et aux traitements, et l’incapacité à répondre aux questions (ben oui, les gens ils voulaient un joli diagnostic avec un nom compliqué de maladie grave pour pouvoir m’octroyer leur pitié…) et de manière plus générale, à me défendre.

Et ensuite, avec la découverte de mes problèmes de thyroïde, une autre culpabilité s’ajoute : à chaque fois que je tombe malade, je risque de les aggraver. Dur à gérer à 15 ans. Et pas facile encore maintenant. Mettre ma vie sur « pause » dès que j’ai mal à la gorge, c’est faisable. Énervant, mais faisable. Rester au chaud, prendre mon homéopathie… une routine bien huilée.
Mais quand malgré tout ça je n’arrive pas à tuer le rhume dans l’œuf, la culpabilité débarque. N’aurais-je pas dû réagir plus tôt ? Mieux me couvrir, éviter les courants d’air ? N’aurais-je pas dû m’éloigner de ce grippé dans le métro ? N’étais-je pas distraite ? Cela va-t-il avoir une influence sur ma thyroïde ? Et à cette dernière question, l’on a de réponses que lors des prochaines analyses de sang, et encore rien de certain – tant de facteurs peuvent entrer en jeu…

Là où le bât blesse et où le serpent se mort la queue, c’est que la culpabilité, qui se transforme en angoisse et en stress, non seulement n’est pas très constructive, mais peut avoir des conséquences sur ma santé. Le rôle du stress et de l’état d’esprit en général est en effet capital dans les maladies auto-immunes (de par leur lien avec le système immunitaire), et particulièrement pour la thyroïde – qui est une glande endocrine, c’est-à-dire qu’elle sécrète des hormones. Hormones, stress… Vous voyez le rapport ?

Gérer cette culpabilité inopportune n’est donc pas simplement un enjeu de bien-être au long cours, mais bien un objectif important dans ma lutte pour protéger ma petite thyroïde. Je fais de mon mieux pour la canaliser, et déjà simplement la repérer. Ce n’est pas toujours facile au quotidien, mais je l’aurai, un jour, je l’aurai !


[1] Rendons à César ce qui est à César, ce brillant jeu de mot n’est pas de moi mais du célèbre Chat de Geluck.

mercredi 29 février 2012 Publié dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 08 février 2012

Les volets de sa chambre

Un texte écrit en juillet et août 2011. Morceau de fiction.

Tous les jours j’ouvre les volets de sa chambre. Il faut bien que la lumière entre. Quand il fait beau, je laisse la fenêtre ouverte un moment, les rideaux ondulent.

Je fais la poussière, je range ses jouets et parfois, je refais son lit. C’est vrai qu’il n’y dort plus, mais moi si, parfois, serrant dans mes bras son pyjama que je ne lave jamais mais qui perd peu à peu son odeur.

Tous les soirs avant de me coucher, je ferme les volets de sa chambre et j’éteins la lumière. Mais je laisse la porte entrouverte et la lumière allumée dans le couloir. Par habitude.

A chaque fois que je vois une photo de lui, mon cœur se brise. J’essaie d’imaginer à quoi il ressemblerait aujourd’hui. Peine perdue.

Tous les jours j’ouvre les volets de sa chambre, et tous les soirs je les referme. Et qu’on ne vienne pas me dire de passer à autre chose. Ce rituel est la seule chose qui me tienne encore debout.

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samedi 28 janvier 2012

La médiathèque du traducteur

Voici quelques ouvrages et sites utiles à mon sens à tout traducteur, amateur ou non, ou de façon générale, à toute personne qui s'intéresse aux langues.

Umberto Eco, sans doute l'un des traducteurs les plus connus au monde, et dont je vous conseille d'ailleurs quelques lignes plus bas l'un des ouvrages, considère que "tous les grands écrivains sont des grands lecteurs de dictionnaires : ils nagent à travers les mots." C'est aussi le cas des traducteurs, peut-être à plus forte raison encore, puisqu'il faut un "réseau" de vocabulaire colossal pour trouver le mot juste, pour exprimer non sa propre pensée mais celle d'un autre...
Je vous conseille donc en premier lieu de consulter autant que possible des dictionnaires unilingues, bilingues voire thématiques. Dès que vous rencontrez un mot inconnu ou mal connu, par exemple...

  • En français, le Larousse ou le Robert.
  • En anglais, le Harrap's ou le Collins.
  • En règle générale, vérifiez la qualité d'un dictionnaire avec des "tests" sur des mots que vous connaissez: si "cat" est traduit par "chat", "chat" doit aussi être traduit par "cat" ; et mieux vaut que quelques expressions idiomatiques y figurent, comme "donner sa langue au chat".

De nombreux dictionnaires sont disponibles en ligne:

  • Le Larousse en ligne pour le français.
  • Le Merriam-Webster Dictionary pour l'anglais.
  • Le dictionnaire de la RAE (Real Academia Española) pour l'espagnol.
  • Wordreference en bilingue (anglais, français, espagnol, allemand, italien, portugais...) qui comprend de plus un forum (dont la principale qualité est aussi la principale faille: faire intervenir des locuteurs "comme vous et moi", qui peuvent indiquer ce qui est plus ou moins idiomatique, mais ne sont pas infaillibles)
  • Wiktionnaire en unilingue pour diverses langues, avec l'avantage de préciser en général l'étymologie et les mots de même origine dans d'autres langues.

Il peut également être utile d'avoir des listes de vocabulaire thématiques. Pour cela, il existe une collection formidable: Le Mot et l'Idée (Ophrys). En anglais, espagnol, russe, chinois, arabe, et même néerlandais... (je me contente des trois premiers ;p) Et puis en français aussi!

Et une fois que l'on a tout ce vocabulaire, encore faut-il trouver le bon mot... Trouver le mot juste, comme le dit ce petit ouvrage de Paul Rouais chez Le Livre de Poche, sous-titré Dictionnaire des idées suggérées par les mots. C'est magique. Il reproduit en quelque sorte notre processus de pensée, permettant en général de trouver les mots que l'on a sur le bout de la langue en s'en rapprochant par approximation.
Par exemple, pour "désespoir", il liste: désespérance, abattement, accablement, affaissement, découragement, démoralisation, consternation, prostration, déboire, désappointement, déception, mécompte, désillusion, désenchantement, désespérément. "Déception", quant à lui, nous renvoie à "erreur", qui liste entre autres: aberration, égarement, méprise, fourvoiement, confusion, quiproquo, leurre, chimère, illusion, faire fausse route, châteaux en Espagne, peau de l'ours.

Une grammaire peut toujours servir... Je crois que le choix est avant tout une question de goût, le tout est qu'elle vous convienne.

Il y a ensuite des ouvrages de "théorie de la traduction", de traductologie si l'on veut employer les grands mots. Ceux que je vous conseille ici sont passionnants et pas si théoriques que ça, en fait: parsemés d'exemples, d'anecdotes, ils se dévorent comme un bon polar ;).

  • Dire presque la même chose - Expériences de traduction (Umberto Eco), qui explique en fait comment (bien) traduire à partir d'exemples concrets (et de très nombreux contre-exemples) inspirés par l'expérience d'auteur, d'éditeur et de traducteur d'Eco, dans diverses langues: l'italien, langue de l'auteur (que, malheureusement, je ne parle pas, je lis donc l'édition française de l'ouvrage), l'anglais, le français...
  • Il était une fois 7000 langues (Louis-Jean Calvet), qui raconte l'apparition et l'évolution des langues orales et écrites, avec une partie consacrée plus particulièrement à la traduction. De nombreux encarts contenant des exemples d'alphabets, des tableaux de correspondance entre langues, des statistiques ou encore des extraits de livres, le rendent particulièrement vivant et accessible à tous.

Laissons le mot de la fin à Mark Twain:
"The difference between the right word and the almost right word is the difference between 'lightning' and 'lightning bug'."
Pour comprendre cette citation, il faut savoir que "lightning", c'est un éclair, et "lightning bug", une luciole. En voici ma traduction personnelle: "La différence entre le mot juste et le mot presque juste, c'est la différence entre 'éclair' et 'éclaircie'."

samedi 28 janvier 2012 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions, Sélections, Traduction | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi 18 janvier 2012

Je m'y perds

Un petit texte écrit en septembre 2011, lyrico-méditatif je dirais. Tentative d'illustrer le processus de ma pensée qui se perd.

Je pense. Donc je suis, non ? Mais à quoi je pense ? Je ne sais déjà plus. Je pense que je pense. Ou est-ce ce que je crois ? Je m’y perds.

J’existe. C’est forcé, j’existe, Descartes l’a dit - même si je ne peux pas être sûre que lui ait existé. Mais où et quand existé-je ? Suis-je en train de rêver ? Suis-je manipulée par une créature, un Dieu, un enfant qui joue aux Sims, l’imagination délirante d’un écrivain ? Suis-je endormie quelque part, ou dans le coma peut-être ?

J’ai des souvenirs, oui. Relativement cohérents. Mais qui me dit qu’ils sont vrais ? Quelle différence entre mes souvenirs « vrais » et mes souvenirs de rêves, de films, de produits de mon imagination ? Ne suis-je pas persuadée aussi de la véracité de mes rêves, au moment où je les rêve ? Ne suis-je pas un peu amnésique au moment où je passe du rêve à la réalité ? Ne m’arrive-t-il pas de me réveiller sans comprendre où et qui je suis ?

Admettons que j’existe. Que j’existe ici et maintenant. Mais le monde autour de moi, est-il réel ? Et les gens ? On me dit qu’il y a sept milliards d’hommes sur Terre, mais qu’en sais-je ? Il y en a tant que je ne croiserai jamais, et même ceux que je rencontrerai, pourraient tout à fait cesser d’exister sans que j’en sache rien. On me dit que la Terre tourne autour du Soleil et que notre galaxie ressemble à une traînée de lait et que l’Univers est peut-être infini, mais je ne l’ai jamais vu, moi. On me dit que nous sommes composés d’atomes, mais c’est si facile à oublier dans la vie de tous les jours. On me dit qu’il existe des particules nommées quarks, mais personne ne peut les voir. La connaissance signifie-t-elle quoi que ce soit lorsqu’aucune expérience concrète n’en est possible ?

Et finalement, en quoi est-il plus rationnel de croire en les arbres que de croire en Dieu ? Les arbres je les vois, je peux les toucher et les sentir, entendre le son du vent dans leurs branches. Je peux même y grimper si je me sens aventureuse. Mais qui me dit que tout ça n’est pas un leurre ? Que je ne suis pas en train de rêver ou d’inventer cet arbre ? Que je ne suis pas en train de regarder un film en 4D, en 5D comme ils en feront sans doute bientôt… Dieu n’est pas visible, audible ou touchable, mais le quark non plus. Bien sûr un scientifique me répondrait, à raison, que l’on peut observer les effets du quark en physique. Et un croyant convaincu dirait peut-être que l’on observe aussi les effets de Dieu sur le monde. Peu importe, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la perception. Comment puis-je faire confiance à mes sens s’ils ne peuvent pas tout percevoir, s’ils peuvent se tromper ?

Fil de ma pensée, où es-tu ? J’étais en train de penser, pas vrai ? Je ne sais plus. Je m’y perds.

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samedi 03 décembre 2011

Cultiver l'imprévu

Oui, vous avez bien lu le titre de cette note. J’y parle de l’imprévu, de façon positive ! Moi, qui suis paralysée devant un choix à échéance courte que je n’avais pas imaginé, moi qui me « torture », comme dit mon père, à envisager toutes les possibilités.

Et je reste persuadée, même en connaissant trop bien les inconvénients de cette façon de faire, que c’est la « moins pire » des façons de vivre pour moi, car elle me permet de me préparer. Je pourrais sans doute faire des progrès sur l’aspect angoisse de ce sujet… Mais ce n’est pas le thème de cette note.

Ce dont je veux vous parler, c’est de l’imprévu dans la vie de tous les jours, notamment dans les vacances. Je donne cet exemple car c’est là que l’imprévu peut le plus facilement se manifester sans catastrophe – dans la vie quotidienne, on a tendance à le craindre car il peut nous mettre en retard, nous fatiguer davantage… et cela demande donc bien plus de travail d’accepter l’imprévu.

Mais les vacances… c’est différent ! Vous avez déjà remarqué qu’on oublie toujours quelque chose, même quand on organise son séjour en long, en large et en travers ? Eh bien ce que je vous propose, c’est de vous en réjouir plutôt que de le laisser vous gâcher vos vacances. Car ma théorie, c’est que ce qui n’était pas prévu est ce qui restera mémorable.

Un exemple : lorsque je pense à mon voyage en Irlande en famille, datant de l’été 2009, je revois certes le voyage en ferry, l’installation (trois fois, dans trois campings différents) de la tente, les visites de châteaux… Mais je me remémore aussi, et peut-être surtout, des imprévus : quand nous avons dû faire demi-tour à mi-chemin, après 300 km de voiture vers le port de départ du ferry, pour récupérer la carte d’identité de mon p’tit frère (qui n’avait pas son propre portefeuille à l’époque) dont nous avions besoin pour passer en Irlande ; quand nous nous sommes embourbés dans un camping gadouilleux et qu’un gentil campeur irlandais a dégagé notre voiture avec le treuil de sa Range Rover… C’est sûr que sur le coup, on se dit « Merle ! », « Butin ! » ou encore « Par Saint-Georges, pourfendeur de dragons ! », si vous cultivez comme mon amie Clo et moi une certaine fantaisie quant aux jurons. Mais au final, lorsque l’on rentre chez soi, cela fait une bonne anecdote à raconter aux amis qui n’en ont pas grand-chose à schtroumpfer du nom des châteaux que vous avez visités et du bon goût du pain, du beurre et du jambon irlandais… Mais par Saint-George et le Grand Schtroumpf, qu’ils étaient bons !

Encore récemment, au Futuroscope avec mon frère, nous avons laissé notre sac à dos sur un siège avant de nous en apercevoir quelques minutes plus tard. Un bon coup de stress, un bon sprint, et nous avons récupéré l’objet du délit. Bon, si quelqu’un nous l’avait piqué ou qu’il avait fallu le chercher aux objets trouvés, cela n’aurait pas été drôle, mais au final, il n’y a pas eu de mal et cela nous fait, une fois encore, un souvenir marquant. Car c’est ça les souvenirs, des évènements qui nous ont marqués…

J’irai même plus loin : il faut cultiver l’imprévu, lui laisser la place de se développer. C’est quand on sort des sentiers battus que l’on découvre des choses extraordinaires, et par exemple en vacances, c’est quand on sort des guides de voyage que l’on peut regarder autour de soi et profiter des opportunités… Mais si l’on planifie tout à la seconde, sans une minute de répit, alors non seulement on prend le risque qu’un imprévu chamboule tout, mais on se prive aussi de ce qui est, selon moi, l’essence-même des voyages. La sérendipité, en quelque sorte, mot qui est d’ailleurs né d’un conte de voyage (pour le sens et l’explication, voir cette note).

samedi 03 décembre 2011 Publié dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 12 novembre 2011

Automédication - la pharmacie d'urgence anti-rhumes

J'ai une immense expérience des rhumes, laryngites, rhinopharyngites et autres charmants virus et infections, et me suis aperçue qu'alors que je suis plus fragile, j'en attrape moins (me protégeant mieux) et les traîne moins longtemps (me soignant plus tôt) que la plupart des gens, qui ont tendance à "attendre que ça passe".

Je me suis donc dit que je pourrais vous faire profiter de cette expérience. Mes motivations sont altruistes - vous éviter de vous enrhumer - mais aussi égoïstes: un enrhumé de moins, cela fait toujours un risque de tomber malade de moins pour moi...

Pour que ces conseils fonctionnent, il faut cela dit agir le plus tôt possible, et donc être à l'écoute de son corps pour repérer les premiers symptômes. Pour moi, il s'agit en général d'une gêne, d'une fragilité dans la gorge, mais il peut aussi s'agir d'un nez qui coule ou bouché, de fatigue, d'un frisson... L'avantage de l'homéopathie et des remèdes que j'utilise, c'est qu'ils ne peuvent pas vous faire de mal même si vous ne couvez rien du tout.
Et puis l'idéal, c'est de les utiliser aussi dès que vous êtes exposé à un risque: vous sentez que vous prenez froid, vous côtoyez quelqu'un de malade...
Pour cela, il faut bien sûr que vous en ayez toujours chez vous, et pourquoi pas sur vous pour les moins encombrants (j'ai toujours dans mon sac à main quelques tubes d'homéopathie).

Le thym et le miel

Ce sont des antibiotiques et antiseptiques naturels. Le thym, particulièrement pour les affections respiratoires, et le miel en général (on l'utilise pour traiter les grands brûlés, par exemple).

Je vous conseille donc des infusions de thym (on le trouve en sachets de tisane en pharmacie, vous pouvez aussi l'acheter frais) avec du miel: non seulement cela soulage immédiatement le mal de gorge, mais cela aide à soigner le rhume.

Si vous devez sortir, préparez-vous un thermos de cette infusion, à consommer tout au long de la journée!

L'extrait de pépins de pamplemousse

C'est un antibiotique et antiviral naturel. On peut le trouver dans certaines pharmacies et boutiques bio, ou par correspondance.

En prévention ou une fois le rhume déclaré, on en verse quelques gouttes (cela varie selon les marques: 10 à 40 en général) dans un verre, que l'on mélange avec de l'eau ou un jus de fruit (certaines marques ont un goût fortement amer qui n'est pas au goût de tout le monde, je conseille dans ce cas un jus d'orange ou de pamplemousse pour le masquer) et que l'on avale, une à trois fois par jour.

L'homéopathie:

Voici quelques remèdes homéopathiques avec la description des symptômes auxquels ils correspondent. Choisissez un dosage de 5CH (plus concentré), 7CH ou 9CH (moins concentré) ; laissez fondre 3 à 5 granules de chaque dans la bouche, à renouveler 3 fois par jour ou même toutes les heures si les symptômes sont importants.

Je décris ici principalement leur action face au rhume, mais la plupart ont d'autres champs d'actions (pour des descriptions plus complètes, allez sur ce site).

- Arnica montana: coup de froid.
C'est LE tube qu'on devrait toujours avoir sur soi, puisqu'il se prend aussi en cas de coup pour éviter les bleus (comme l'arnica en gel ou en pommade) et avant/après un choc psychologique.

- Poumon histamine: allergies respiratoires et cutanées et donc: rhume des foins, asthme...
Les allergiques en auront toujours sur eux... par exemple il peut être utilisé en traitement de fond contre les allergies aux pollens.

- Sulfur: infections en général (ORL mais aussi dermato, ophtalmo, maladies digestives, problèmes gynécologiques, crises d'asthme...)

- Sticta pulmonaria: affections des voies respiratoires (sinusite, nez qui coule, gorge sèche, toux d'irritation).

- Aconitum napellus: fièvre, infections respiratoires.

- Belladonna: fièvre, rhinopharyngite, laryngite, otite, trachéite...

- Arum triphyllum: laryngites, troubles ORL.

- Influenzinum: contre la grippe et les problèmes respiratoires.

- Alium cepa: rhinite, bronchite, rhume des foins.

- Coccus cacti: toux.

- Drosera rotundifolia: toux, désinfection des bronches.

En fonction de vos symptômes les plus fréquents, vous pouvez par exemple choisir une demi-douzaine de remèdes dont vous aurez toujours 2 ou 3 tubes chez vous...

Les huiles essentielles:

- Eucalyptus: bronchite, rhume, sinusite, toux. 
Vous pouvez en verser quelques gouttes sur votre col ou sur une écharpe pour être protégé, ainsi que dans un récipient d'eau placé sur votre radiateur pour que l'eucalyptus se diffuse dans la pièce.

- Menthe poivrée: rhume, nez bouché, pharyngite.
Une goutte sur une cuillère de miel, à avaler en laissant fondre dans la bouche, ou dans une tisane.

Et aussi...

- Le L52 des laboratoires Stehning, contre les états grippaux (une vingtaine de gouttes dans un fond de verre d'eau, à garder sous la langue un moment, jusqu'à 8 fois par jour)

- le Collu Hextril, un antiseptique à vaporiser dans la gorge trois fois par jour pour éviter ou chasser l'infection.

- Le Mucomyst ou Fluimucil, une poudre à dissoudre dans l'eau (au bon goût de jus d'orange), qui aide à évacuer les sécrétions de la gorge - en faisant tousser, donc à éviter juste avant le coucher ou un rendez-vous important.

- Le fameux Vicks Vaporub à appliquer sur la gorge pour décongestionner les voies respiratoires, ou dans un bol d'eau chaude en fumigation.

Voilà! Bien entendu, si les symptômes persistent, mieux vaut aller voir un médecin. Et tous ces conseils ne valent pas forcément pour les enfants (par exemple, Vicks Vaporub ne peut être utilisé en application cutanée que pour les plus de 6 ans, et en fumigation pour les plus de 12 ans).

N'oubliez pas non plus les règles élémentaires de l'hygiène et de la civilité: quand on est contagieux (et on l'est en général dès les premiers symptômes et quelques jours après leur disparition), on reste chez soi autant que possible, on ne fait la bise à personne, on ne serre la main des gens que si on vient de se les laver, on ne boit pas dans le même récipient que d'autres... Et quand on tousse ou on se mouche, on évite d'en faire profiter tout le monde alentour.

Prenez soin de vous!

samedi 12 novembre 2011 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 22 octobre 2011

Adulescence

Ce n'est pas moi qui ai inventé le mot ; l'adulescence, mot formé à partir d'adulte et d'adolescence par Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, et repris par d'autres, désigne le prolongement de comportements adolescents dans l'âge adulte. Une situation de plus en plus courante de nos jours, que ce soit avec les Tanguy ou les jeunes faisant tout en bande comme dans Friends (exemple donné par Wikipédia) ou How I met your mother.

Sans forcément me comporter de cette façon (même si je tendrais plus vers Tanguy que vers Friends, de par mon introversion), je me sens de fait entre adolescence et âge adulte. Je ne suis pas adulte. J'ai 20 ans (et du mal à le réaliser) mais je ne me considère pas comme adulte.

Peut-être, d'abord, parce que je dépends financièrement de mes parents. Mais surtout, je crois, parce que je ne contrôle pas ma vie. Après la fin de mes études, même si je galère un peu au début et même si je ne gagne pas encore bien ma vie, je crois que je me sentirai adulte car j'aurai le contrôle. Mais pour l'instant, ma vie est contrôlée par l'Isit, et plus largement par la nécessité de valider ses capacités par un diplôme dans notre société - car j'estime que je pourrais acquérir les mêmes connaissances de mon côté, peut-être même plus vite sur certains sujets... et en ayant la vie plus belle.

En fait, à la réflexion, je me sentais plus adulte pendant mes 2 ans au Cned (1ère et Term) et pendant mon année sabbatique (surtout pendant mes 2 mois aux USA, bien sûr). Parce qu'alors, je contrôlais ma vie. Mes journées. Mes objectifs. J'étais forcée de prendre mes responsabilités, quand l'Isit et la fréquentation d'autres élèves a au contraire tendance à m'infantiliser, à me mettre en position passive - et à me stresser, ce qui me fait régresser plus encore...

Dans l'article de Wikipédia sur l'adulescence, il est précisé qu'elle commence à 18 ans. Ce qui suppose que l'âge adulte commence normalement à l'âge de la majorité, l'âge du bac. Mais le bac a maintenant si peu de sens que je ne vois pas en quoi il peut être considéré comme un rite de passage.
La majorité, c'est quoi d'autre? L'âge minimum pour conduire, mais ils sont rares ceux qui passent le permis à cet âge exact - j'ai commencé la conduite accompagnée à 17 ans et passé le permis à presque 19 ans, et la plupart de mes amies ne l'ont toujours pas passé à 20 ans...
L'âge pour voter, aussi. Je n'ai encore jamais voté. Il y a eu les élections régionales après mes 18 ans, mais j'étais aux Etats-Unis et je n'ai pas pris la peine de faire une procuration - c'est pas bien, je sais. Il va y avoir les présidentielles l'an prochain... et je vais voter, oui, parce que c'est important, parce qu'on ne peut pas se plaindre du résultat d'élections où l'on n'a pas voté. Mais sérieux, quel choix vais-je avoir??? Qu'est-ce que ça veut dire, voter, quand tous les choix sont nullissimes? Faudrait qu'ils se mettent à comptabiliser les votes blancs, ou que la majorité soit calculée en tenant compte des abstentionnistes (quelle légitimité a un gouvernement élu par 51% de 80 ou 60% de la population??? ce qui fait 30 à 40% réels...). Bref, ce n'est pas la question du jour. Mais mon impression est que, si voter c'est être adulte, alors adulte signifie désabusé...
Oh, par contre, c'est l'âge pour donner son sang. Je l'ai enfin fait en juillet dernier et là, c'est vrai que je me sentais adulte.

Comme vous l'aurez compris, je ne me sens pas encore adulte. Mais suis-je pour autant encore ado? Sans doute plus tout à fait. J'ai un certain recul par rapport à toutes ces choses qui semblent insurmontables à 15 ans...
Et même si je continue à me poser des questions existentielles et à être angoissée, c'est plus une partie de mon caractère qu'une phase adolescente. Et je le fais de façon plus apaisée.
Je suis toujours révoltée, aussi... Mais là encore, je crois que je le serai toujours. Et c'est plutôt une bonne chose, ne pas cesser de s'indigner, comme le dit Stéphane Hessel (auteur d'Indignez-vous! et Engagez-vous!) repris par le mouvement international des Indignés.

Je suis plutôt impatiente d'être adulte, dans ma définition du terme. D'avoir une vraie prise sur ma vie, de faire mes propres choix au quotidien. Cela me fait peur, bien sûr, mais j'ai l'impression que ma vie d'étudiante comporte certains des "mauvais côtés" de l'âge adulte (gérer son propre logement, sortir les poubelles, faire les courses seul, la cuisine et la vaisselle à tous les repas...) sans en avoir les "bons côtés" (les vraies responsabilités). J'essaie juste de ne pas oublier de profiter des bons moments quand ils se présentent.

samedi 22 octobre 2011 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (1) |  Facebook | |

lundi 29 août 2011

Cette année je m'en sortirai mieux...

Encore de bonnes résolutions et la méthode Coué pour cette nouvelle année scolaire. L'an dernier, ma première année à l'Isit, j'étais trop stressée - et pourtant j'ai fait des progrès de ce côté-là - et je bossais trop - même si j'ai essayé d'apprendre à "bâcler" sur les derniers mois.

Je suis perfectionniste, c'est ma tare. Je sais que dans ma vie professionnelle, cela deviendra une qualité, mais dans le système d'éducation, que ce soit à l'école ou à l'Isit (mais pas au Cned), c'est un handicap énorme. Notamment dans les travaux en groupe, où je ne peux pas m'empêcher de m'y prendre à l'avance et où je me retrouve à faire le travail des autres à leur place quand ils réalisent qu'ils sont à la bourre! Mais aussi pour tous les exercices débiles qu'on nous donne, parfois au tout dernier moment, et que je me sens obligée de peaufiner même s'ils ne servent à que dalle.
L'un de mes objectifs cette année est donc d'arriver à me concentrer sur ce qui m'est profitable - les traductions, et la grammaire espagnpme - et à expédier le reste en vitesse. Et même si c'est noté, et même si je n'ai "que" 13 ou 10, qu'est-ce que ça peut bien faire???

Si j'arrive à tenir cet objectif - et je ne me leurre pas, ce sera difficile et j'ai chargé ma famille de me les rappeler au téléphone (situation pas si bizarre pour eux puisque déjà quand j'étais en 2nde au lycée et que j'avais des problèmes de santé, c'étaient eux qui me disaient de travailler moins) - alors j'aurai déjà un peu plus d'espace pour respirer. Si l'Isit me laisse faire, bien sûr. Je n'aime pas du tout leur façon de faire - ils ne nous informent souvent qu'au dernier moment, ils nous traitent comme des gamins (il faut un mot des parents pour justifier les absences...) mais quand ça les arrange, nous disent qu'on est grands (en d'autres mots, démerdez-vous!). Ils nous convoquent une matinée entière pour nous donner un putain d'emploi du temps, et vont en profiter pour nous stresser à fond comme l'an dernier - leur façon de motiver les feignants, qui n'en ont pas grand-chose à faire, tandis que moi je mords à l'hameçon à chaque fois même en sachant que je ne suis pas concernée par leur discours catastrophiste... Faut que j'apprenne à m'en détacher. Ca ira sans doute mieux que la dernière fois, cela dit, puisque je ne savais alors rien du niveau d'exigence de la maison - si ma mère n'avait pas été là pour me remettre les idées en place, je me serais mise à chialer en rentrant à l'appart... Et si je ne m'étais pas préparée mentalement à un niveau un peu bas, je me serais barrée au bout de deux jours de cours. Maintenant que je sais ce qui m'attend, cela ira mieux. Oui, il faudra que ça aille mieux.

Et le temps et la disponibilité d'esprit que je gagnerai, je veux le consacrer à différentes choses, dont l'apprentissage du russe (j'en ai fait peu et de façon sporadique l'an passé) et l'écriture - je suis persuadée que si j'écrivais plus, je me sentirais bien mieux dans ma peau.

Tout ça n'est pas qu'une question de "confort de vie". C'est aussi une question de survie au sens psychologique, car l'angoisse existentielle n'est jamais loin, surtout quand je suis loin de chez moi - et un facteur important pour ma santé, puisque les problèmes de thyroïde sont très liés au stress et aux émotions. Si je pouvais me mettre à méditer un peu, cela me ferait sans doute du bien - et puis il faut que je continue à courir malgré la pollution parisienne... Il faut que je vive quand je suis là-bas, aussi - car même si c'est pour moi une vilaine parenthèse par laquelle il faut bien passer, c'est maintenant que ma santé se joue... ce qui est aussi stressant en soi, paroxysme du paradoxe...

Question thyroïde, je vais continuer mon régime sans gluten et sans lait (voir cet article), ce qui sera sans doute assez épique à Paris. Nous explorons d'autres possibilités de traitement, notamment deux homéopathes vivant dans le Nord qui ont écrit un livre (Confiez votre thyroïde à l'homéopathie) et qui obtiennent apparemment de bons résultats sur des cas comme le mien. Je soigne déjà mes laryngites et Cie à l'homéopathie, ainsi que le stress, mais eux attaquent "directement" la maladie. Nous cherchons actuellement à voir si nous pouvons les voir en consultation, ou trouver d'autres homéopathes "spécialisés" dans ce genre de problèmes.

Cette année, je vais mieux m'en sortir. Je n'y crois qu'à moitié, au fond. Mais je vais essayer. N'hésitez pas à me rappeler à l'ordre si je ne profite pas assez de la vie.

o°oO°

En relisant cet article, je pense à la chanson This Year de la très talentueuse Meghan Tonjes, chanteuse que j'ai découverte sur Youtube.

This year is gonna be better, and you're gonna see
This year I'm gonna be stronger and a braver me...

Voici cette chanson, que vous pouvez d'ailleurs acheter (en téléchargement seule, ou en commandant son album du même nom). La chaîne de Meghan: ici.

lundi 29 août 2011 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions, Vidéos | Commentaires (0) |  Facebook | |