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vendredi 19 février 2010

Nostalgie par anticipation...

Je vais partir bientôt. Oh, pas pour la vie, juste 2 mois, 9 semaines exactement. Et même pas tout à fait à l'autre bout du monde. Et puis je vais passer de très bons moments avec des gens formidables, et n'oublions pas que je le veux, ce voyage. Mais quand même.

Et puis ce départ est aussi symbolique. Parce qu'à mon retour, je passerai le concours de l'Isit à Paris ; et qu'à la rentrée suivante, je dois entamer un cursus de 5 ans là-bas, à 3-4h de chez moi. Je ne rentrerai même pas tous les week-ends, moi qui n'ai jamais vraiment quitté le cocon familial... Bien sûr, on ne perdra pas le contact; mais des mails, la webcam même, ça ne vaut pas une vie ensemble.

Et au risque d'avoir l'air puérile ou de sonner lyrico-dramatique, je regrette déjà tous les moments que ça va me faire rater. Cinq ans, c'est une éternité. Tous ces repas, toutes ces discussions qui se passeront sans moi ; mes animaux qui vont terriblement me manquer, les footings que je ne ferai pas avec mon père, les marches sans ma mère ; mon frérot qui va grandir et qui, en un éclair, sera un homme ; et ma grand-mère qui va vieillir... Ce n'est pas vivre seule (même si cela ne me ravit pas plus que ça) qui me fait peur, mais vivre sans eux.

Ca me fait vraiment drôle. Contrairement à certaines de mes amies, j'ai toujours considéré comme évident que je partirais faire des études là où j'en aurais besoin selon ce que je voudrais devenir. Je connais des personnes qui adaptent leur projet à leur famille, qu'elles n'envisagent pas de quitter ; mais on m'a élevée dans une toute autre conception des choses. Il n'empêche que maintenant que les dates limites se rapprochent, je flippe...

Heureusement que j'ai eu trois années de sursis! Mes deux années au Cned, et donc à la maison, puis cette "gap year", m'ont apportée beaucoup de choses (temps de réflexion, maturité, etc), mais la plus importante est peut-être composée de tous ces moments passés près des miens, même si la sensation de manque en sera sans doute d'autant plus forte.

vendredi 19 février 2010 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (1) |  Facebook | |

lundi 01 février 2010

Optimisme et pessimisme

La première fois que j'ai demandé ce que signifiaient ces deux mots - je devais avoir six ou sept ans - on m'a répondu par la fameuse métaphore du verre à moitié plein ou à moitié vide. Qui résume tout, en quelque sorte.

Selon cette métaphore, il paraît clair que l'optimiste est le mieux loti des deux: tout en évaluant la réalité de façon objective, il s'en contente (au sens propre: il en est content), tandis que son collègue le pessimiste se désole de la même réalité.

Mais là où cela se complique, à mon sens, là où l'on peut trouver un brin de philosophie dans tout ça, c'est quand la réalité n'est pas aussi visible et claire que l'eau remplissant ce verre. Dans la vie, en effet, on est souvent optimiste ou pessimiste face au futur, incertain ; face à des situations pas forcément tangibles et/ou quantifiables. Est-on toujours un pessimiste quand la réalité finit par donner raison à nos prévisions noires? Est-on toujours un optimiste quand elle nous confirme au contraire dans notre joie de vivre?

Mais quelle est la position la plus souhaitable, au fond? Résumons:

L'optimiste a la vie plus belle, assurément, tant que tout n'est qu'hypothèse. Il a confiance en l'avenir, en les gens, en la situation, en lui-même, il ne s'inquiète pas trop et peut faire des projets joyeux.
S'il a raison: eh bien la vie reste belle!
S'il a tort: c'est là que le bât blesse, et que notre pauvre optimiste risque de tomber de haut, ou même, si vous me permettez de filer cette métaphore, d'avoir oublié son parachute, lui si confiant et ne se doutant pas un instant que l'avion puisse s'écraser.

Le pessimiste, quant à lui, a il faut l'avouer des journées moins agréables. Il passe souvent son temps à soupirer, à râler, à s'inquiéter du futur ; il peut même être méfiant, ne pas se faire confiance...
S'il a raison: c'est l'avantage d'être pessimiste, on ne risque pas de trop mauvaises surprises, puisqu'on s'attend déjà à ce que la vie soit moche. Et on est donc, logiquement, préparé, autant que faire se peut, à ces mésaventures (voir l'histoire du parachute ci-dessus...).
S'il a tort: eh bien là, il s'agit d'une bonne surprise, dont on peut profiter gaiement si l'on est pas trop atteint par le pessimisme.

Je ne saurais tirer une conclusion définitive. En fait, le mieux serait de grapiller les avantages de ces deux positions, en écartant autant que possible les inconvénients. Mais l'esprit ne se laisse pas toujours si facilement programmer...

Le risque peut aussi être de faire le contraire exact: s'infliger les travers de l'optimisme et du pessimisme, sans en tirer aucune leçon. C'est, selon moi, la définition du fatalisme: on voit les choses en noir mais on ne fait rien pour les changer, on attend qu'elles arrivent. C'est aussi le comportement de certains face à l'adversité, par exemple le réchauffement climatique: pessimiste parce que ça fait bien, mais continuant à penser in petto que tout ne peut que bien se passer...

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mercredi 06 janvier 2010

Pour Pascal OU Ce que je sais des vaccins

Je lis en ce moment un livre édifiant sur la vaccination: Vaccinations - les vérités indésirables, de Michel Georget. Je vous en reparlerai sans doute au fil de ma lecture, puisqu'il rassemble une somme impressionnante de documentation et que ces infos s'ingurgitent à petite dose - si l'on ne veut pas plonger définitivement dans la dépression et la révolte. Ce livre entrera sans doute dans ma rubrique J'ai lu... dans quelques temps.

Tout d'abord, je le conseille à quiconque se pose des questions sur les vaccins, à la seule condition d'être prêt à accepter ces vérités indésirables, qui ne sont pas agréables à apprendre et poussent forcément à une réaction, à une remise en question de nos idées de départ, voire à un changement de nos comportements. Ne pas aller plus loin que le politiquement correct est sans doute plus confortable, mais je semble, malheureusement pour ma tranquillité d'esprit, génétiquement ou familialement condamnée à chercher la petite bête. Ou, comme ici, le gros monstre.

Que croyez-vous savoir sur les vaccins? Pour la plupart d'entre vous, probablement pas plus que moi il y a quelques mois. J'ai fait un bac S, avec spé SVT ; le système immunitaire et les vaccins représentaient une partie importante de mon programme ; je lis de plus quelques revues de type Sciences et vie ou Sciences et avenir, on peut donc raisonnablement supposer que je suis informée. Bah non. Désinformée, certainement.

Bon, je connais les bases du système immunitaire, ce qui est bien utile pour comprendre toutes les subtilités de ce qui est expliqué dans ce livre (qui reste assez accessible à tout le monde, avec un résumé complet des connaissances nécessaires). Mais curieusement, certaines choses n'avaient pas du tout été abordées dans mes cours (et je les ai suivis au Cned, dont les manuels sont très complets et approfondissent même plus que la moyenne).
Par exemple, la notion d'auto-immunité, que je connais, comme tout un chacun, essentiellement à travers la série Dr House (ben quoi, y a pas de honte ;p). En gros, c'est quand le système immunitaire se retourne contre les cellules du corps. Eh bien voilà que j'apprends que des réactions auto-immunes ravageuses peuvent être causées par de nombreux vaccins - c'est quand même une info de taille...
Et c'est loin d'être tout, même si aucun autre exemple assez simple pour être expliqué ici en peu de mots et de façon abordable à tout un chacun, ne me vient à l'esprit.

Savez-vous aussi que de nombreux vaccins contiennent, par exemple, du mercure ou de l'aluminium? Or le mercure est mis en cause notamment dans l'autisme (et les statistiques citées par Georget sont absolument effrayantes: on constate une énorme hausse de l'autisme qui semble correspondre avec les campagnes de vaccination avec des vaccins au mercure...) ; et l'aluminium, notamment soupçonné d'être responsable de la maladie d'Alzheimer.

Autre idée reçue colportée par les autorités, médecins, écoles, etc: les non-vaccinés seraient dangereux pour les autres (il faudrait d’ailleurs qu’on m’explique comment, si les vaccins sont si efficaces...). Eh bien le contraire peut aussi être vrai : des études sur des vaccinations anti-poliomyélite ont montré qu’au moins autant de complications grave comme les paralysies causées par la polio, venaient du vaccin que de la maladie elle-même (plus de 55% parfois). Pire : parmi celles provoquées par le vaccin, en gros un quart touchait les vaccinés, et le reste leur entourage. Non seulement le vaccin pouvait provoquer des complications plus graves de la maladie, mais les vaccinés la transmettaient ensuite à leurs proches !

Dans le genre désinformation délibérée, il y a le cas des groupements de vaccins. Tout d’abord, sachez que seuls 3 vaccins sont obligatoires pour les bambins français : diphtérie, polio, tétanos. Mais il est déjà quasiment impossible d’acheter ces trois seuls vaccins (groupés ensemble depuis un moment), car d’autres groupements ont été créés : d’abord Tétra-Coq, avec la coqueluche en plus (c’est celui-là que moi et mon frère avons reçu) ; et maintenant Pentavac (en plus, Haemophilus), et Hexavac ou Infanrix Hexa, avec l’hépatite B. Bref, cela va devenir de plus en plus difficile d’obtenir seulement les trois vaccins obligatoires – violation de la plus basique liberté, si nos droits ne sont pas traduits en faits !
Là où le bât blesse, en oubliant même le simple fait qu’administrer autant d’antigènes à la fois est d’autant plus agressif envers le système immunitaire (même avec des doses de chacun n’étant pas dangereuses en elle-même, les ajouter les unes aux autres n’est pas anodin, surtout pour les tous petits bouts de chou que l’on vaccine), c’est que le vaccin anti-hépatite B est sujet à controverse. De nombreux effets secondaires plus ou moins graves ont été rapportés – je n’ai d’ailleurs jamais reçu ce vaccin, malgré l’insistance de mon pédiatre de l’époque. Beaucoup de parents, comme ma mère, ont entendu parler de ces risques et sont donc réticents à vacciner leurs enfants. C’est là qu’Infanrix Hexa et Hexavac entrent en scène – quoi de mieux en effet, pour relancer la vaccination contre l’hépatite B, qu’un vaccin qui ne précise pas ce nom et contient de plus les 3 obligatoires ? Surtout que la plupart des médecins ne précisent rien quand ils écrivent l’ordonnance...
Envie de flipper un peu plus encore ? Hexavac a été retiré de la vente par Sanofi Aventis après une série de morts de bébés vaccinés dans les 48h précédentes, en Autriche et en Allemagne. Pour les médecins légistes, le lien avec le vaccin était évident ; mais comme ce dernier a été retiré « spontanément » de la vente, il n’y a pas eu de suites. Infanrix Hexa, des labos GSK, reste quant à lui sur le marché, et est maintenant remboursé à 65% par la Sécu... Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, voici un lien vers une page web plus complète.

Ce ne sont que quelques exemples de ce qu'on peut découvrir dans ce livre. On tombe des nues à chaque page. Moi si cynico-idéaliste réalise, comme sur beaucoup de sujets, à quel point je suis encore naïve... A quel point je sous-estime encore et toujours la bêtise et la sournoiserie des êtres humains... Leur tendance à jouer aux apprentis sorciers, puis à utiliser leur grande inventivité pour camoufler leurs erreurs, leurs crimes.

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Car ce que je sais des vaccins, c'est aussi ma grand-mère qui me l'a appris. Ils lui ont pris un fils, alors faut pas lui en vouloir si elle aime pas les docteurs et les médocs. Appelez-moi extrémiste si vous le voulez, mais je crois dur comme fer qu'il est injuste que leurs maudites statistiques passent avant la vie de chaque personne. Bien sûr, une campagne de vaccination peut sauver des vies (si elle est appropriée, ce qui ne semble pas toujours être le cas) ; mais dans notre ère de pseudo-liberté omniprésente, on devrait d'abord informer les gens sur les avantages et inconvénients d'un vaccin, comparés aux risques de maladie. Or regardons les choses en face: ce n'est pas plus le cas aujourd'hui qu'il y a cinquante ans...

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Pascal est né en 1955. Je ne sais presque rien de lui, si ce n'est que ma mère lui doit son deuxième prénom - Pascale. Et qu'il vénérait son grand frère Alain, qu'il surnommait Yaya. C'est un oncle fantôme. Et pour cause, il n'a pas eu le temps de vivre.

A l'époque il y a eu une épidémie de variole, et une campagne de vaccination obligatoire. Pas le choix ; et puis pourquoi se poser des questions? C'est pour le bien de nos enfants qu'on les vaccine, n'est-ce pas?
Ce que les vaccinés et leurs familles ignoraient, c'est que ces vaccins peuvent avoir des conséquences dramatiques: cancers, ou comme pour 1 vacciné sur 4700 à 1 sur 500 000 (selon les pays et les études), dont faisait partie Pascal, encéphalite.

Pendant quatre mois, Pascal a agonisé. Le diagnostic, pas bien compréhensible pour mes grands-parents, leur a valu que de charmants voisins éclairés traitent leur fils de fou, même des années après sa mort. Traitements pas toujours adaptés, certains semblant archaïques, comme l'infection provoquée volontairement à la térébenthine sur sa jambe, pour "faire sortir le mal de la tête".
Et jamais, pas une fois, les médecins n'ont dit que cela venait du vaccin. Mes grands-parents ont dû le deviner. Ils étaient très éduqués pour des paysans, bien que très réservés. Pas bêtes du tout, alors ils ont bien compris. Et puis quoi? A l'époque, on ne faisait pas de procès à l'Etat. Encore aurait-il fallu retrouver d'autres victimes, qui s'ignoraient sans doute pour la plupart. Qui sait au fond combien de familles ont perdu un enfant à cette grande campagne de vaccination?

Mes grands-parents en ont croisé quelques unes. Comme cet inspecteur d'académie qui, à leur réponse timide devant ses interrogations ("on pense que, peut-être..."), leur a simplement dit: "Eh bien vous pouvez en être sûr, car moi aussi j'ai perdu un enfant."

Qu’auraient décidé mes grands-parents si on leur avait expliqué les risques du vaccin comparés à ceux de la maladie ? Je l’ignore. Aurait-ce soulagé ou ravivé leur peine en cas de problème quel qu’il soit ? Je ne sais pas. Mais au moins, cela leur aurait épargné le sentiment d’impuissance et de fatalisme qui les a suivis toute leur vie.

Voilà pourquoi quand on me parle de statistiques, moi je parle de vies. Pourquoi quand on me démontre les voies impénétrables du bien général, moi j'exige libre-arbitre et décision éclairée. Pour tous les Pascal.

dimanche 27 décembre 2009

Des raisons d'espérer

Je l'avoue, je suis très pessimiste dès qu'il s'agit de considérations générales. Autant je ne me fais pas trop de souci pour mon avenir personnelle car il dépend essentiellement de moi, autant penser à celui de l'humanité m'emplit de tristesse, de révolte...
Oui je le confesse, j'ai tendance à considérer que tout est perdu d'avance dès que je rencontre une mauvaise nouvelle. Et je m'en veux à chaque fois d'espérer un peu, tout ça pour tomber de plus haut. Le quasi échec de la conférence de Copenhague n'est un exemple parmi tant d'autres de ces choses qui me donnent envie de croire que les choses peuvent changer, pour finalement me laisser encore plus cynique et désabusée...

Ne m'en veuillez pas, je fais partie d'une génération qui va galérer. Je sais déjà que je n'aurai pas de retraite décente, mais ça à la limite, je m'en fiche: je ne me vois pas arrêter de travailler avant d'en être véritablement incapable... Je sais aussi que mon futur, tout comme celui de mes enfants et descendants, est doublement hypothéqué: par la conduite irresponsable des dépenses de nos gouvernements actuels, qu'il faudra bien un jour rembourser ; et par celle, tout aussi égocentrique, des gouvernements et entreprises qui polluent notre planète et nous la laisseront en lambeaux.
Ne me jetez pas la pierre, je suis assez lucide pour constater que des tas de choses ne tournent pas rond ici-bas, que tout tourne autour de l'argent, qu'on ment aux gens sur des tas de sujets qui les concernent pourtant directement (je pense notamment, dans le domaine de la santé, aux antennes GSM), tout en restant assez naïve pour en découvrir tous les jours à ce sujet. Alors c'est vrai, quand j'y pense ça me déprime, je refais le monde en pensées et en discussions, et le réveil n'en est que plus rude quand je vois que les actions que je voudrais entreprendre sont condamnées à l'échec par des politiques tièdes et démagogiques...

Pourtant je ne demande qu'à ce qu'on me fournisse des raisons d'espérer. Et il y en a, bien sûr. En général, je ne les considère pas assez importantes ni assez nombreuses pour compenser tout le reste, mais aujourd'hui je vais faire un effort... Je veux espérer parce que:

- l'Humanité a inventé l'art, des oeuvres magnifiques dont la beauté peut faire vibrer et donner la chair de poule, la peinture, la musique, la littérature...

- partout sur Terre, des hommes et des femmes ont agi, agissent et agiront pour le bien de tous, pour l'égalité, la liberté, l'écologie... Des gens comme Martin Luther King, Soeur Emmanuelle, Wangari Maathai, l'Abbé Pierre, Mikhaïl Gorbatchev, Mère Teresa, et tant d'autres...

- la beauté survit dans les situations les plus catastrophiques, et qu'il ne tient qu'à nous de la répandre.

texte écrit le 21-12-09

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jeudi 19 novembre 2009

Histoire de vaccins

MISE À JOUR 2014 : pour plus d'informations sur les vaccins contre les papillomavirus, consultez la lettre du Professeur Joyeux ici.

 

J'avoue avoir un gros problème avec les vaccins Gardasil et Cervarix contre les papillomavirus, ainsi que le tout nouveau contre la Grippe A. Essentiellement à cause de la façon biaisée dont ils sont présentés à la population (je suppose que vous avez tous vu les pubs... que vous devez pouvoir retrouver sur Youtube).

Commençons par Gardasil et Cervarix. La campagne publicitaire est axée sur les mères, dans le but évident de les culpabiliser: si vous aimez votre fille, faites-la vacciner ! C'est malsain, primo ; et secundo, cela fait une question émotionnelle de quelque chose qui devrait être raisonné.

De plus, que ce soit à la télévision ou dans les pubs papier, la présentation est incomplète et très peu scientifique. On parle de virus qui peuvent causer le cancer du col de l'utérus, le mot "sexe" est à peine prononcé (ou même pas du tout...) et on embraye gentiment sur le fait qu'il faut vacciner toute ado de 14 ans ou plus.

Je comprends bien qu'introduire la question des relations sexuelles compliquerait les choses. Mais est-ce vraiment la peine de vacciner une toute jeune fille, forcément plus fragile, contre un virus auquel elle ne sera peut-être pas exposée avant des années ? L'âge moyen de début des relations sexuelles est en effet environ 17 ans pour les filles, et cela veut aussi dire que certaines n'en auront pas avant 20 ou 25 ans...

De plus, cette abstraction du sexe dans la relation mère-fille risque d'avoir un effet pervers: une jeune fille qui est déjà sexuellement active mais n'ose pas le dire à sa mère, risque de se faire vacciner. Or, Gardasil augmente le risque de lésions et de cancer du col de l'utérus, si le papillomavirus était déjà présent dans l'organisme!

J'ajouterai qu'un simple préservatif limite la plupart du temps la propagation des papillomavirus... Alors est-ce bien la peine de se lancer dans une campagne de vaccination massive, contre des vilains virus que les pauvres petites filles pourraient attraper, virus qui pourraient, un jour, causer un cancer du col de l'utérus? (je lis sur internet que 80% environ de la population est porteuse de ces papillomavirus, sans pour autant développer un cancer!) Soyons sérieux ! Quitte à vous sembler vulgaire, j'ai l'impression qu'il s'agit surtout de vendre du vaccin !

Vendre du vaccin, sans aucune considération pour les effets secondaires! Il y a eu des essais, bien sûr, depuis plusieurs années ; mais comment juger des possibles conséquences sur la santé, en si peu de temps ? J'envisagerais de me faire vacciner, et de faire vacciner mes éventuelles filles plus tard, si j'avais la preuve de la santé de fer des premières vaccinées (et du vrai plus qu'apporte le vaccin), dans 10, 20 ou 30 ans !!!

De plus, même si on peut lire dans les documents officiels et certains magazines à l'objectivité douteuse que l' "inocuité de Gardasil a été prouvée", et même en considérant que le laps de temps écoulé est suffisant pour "prouver" quoi que ce soit, on parle d'effets secondaires assez sérieux, allant de la crise cardiaque aux maladies auto-immunes et aux problèmes du système nerveux... Est-ce bien normal de cacher la vérité aux gens, avec une propagande mensongère et de mauvais goût ?

silence on vaccine.jpg

Parlons du vaccin pour la grippe A, maintenant. Réalisé à la hâte, sans avoir le temps de fignoler ou de faire beaucoup de tests... Et présenté, lui aussi, dans une pub que je trouve plus que douteuse.

Tout d'abord, l'amalgame entre "pour moi" et "pour les autres" est trompeur. De deux choses l'une: on se vaccine, soit pour soi, pour se protéger ; soit pour protéger les autres, auquel cas on fait preuve d'abnégation car on sait qu'il y a des risques pour soi. Alors ici, lequel est-ce ? Ce n'est pas une question de détail: se vacciner soi pour les autres, c'est une chose, mais choisir de faire vacciner ses enfants pour ces raisons est bien différent... On a beau vouloir le bien de l'ensemble de la population, c'est avant tout ses petits que l'on veut protéger.

Un vaccin n'est jamais anodin. C'est un petit bout d'antigène (virus, microbe...) que l'on fait pénétrer dans le système immunitaire pour que celui-ci apprenne à se défendre contre lui et à synthétiser des anticorps spécifiques contre cet antigène. Mais si ce dernier est mal dosé, ou que la personne vaccinée est, pour une raison ou pour une autre, affaiblie, cela risque de faire plus de mal que de bien. C'est pour cela qu'on se sent souvent un peu fiévreux après n'importe quel vaccin ; et que les personnes âgées sont souvent malades comme des chiens après le fameux vaccin anti-grippe (normale, celle-ci).
Les risques peuvent aussi et surtout venir des adjuvants (qui augmentent l'efficacité), des solvants... parmi eux on retrouve souvent des métaux lourds, par exemple, qui ont été mis en cause par un certain nombre d'études dans les maladies auto-immunes, Alzheimer, ou l'autisme.

Or les médecins dans leur grande majorité ont tendance à faire de l' "automatique": on vaccine à l'heure, point. Sans vérifier si la personne est affaiblie, justement. Le mien, qui est aussi homéopathe,  m'a formellement interdit tout vaccin tant que mes problèmes de thyroïde ne seraient pas réglés, puisque je faisais une rechute à chaque rappel... J'ai rencontré des médecins qui mettent même en cause la vaccination pour ma thyroïdite (s'ajoutant à un terrain immunitaire pas idéal, mais qui n'aurait pas suffi à lui seul).

Mais les personnes affaiblies risquent plus d'attraper la grippe A, me direz-vous. Pas forcément : il faut faire la différence des niveaux d'exposition. Si vous vivez dans une région sans aucune alerte, si de plus vous ne fréquentez pas beaucoup d'enfants ou de malades, je vous conseillerais personnellement de ne pas vous faire vacciner. Et même si ce n'est pas le cas, si vous êtes capable de réaliser les actions d'hygiène basiques répétées à la télé (lavez-vous les mains, bla bla bla... le bon sens, quoi!), pourquoi s'en faire plus que de raison ? Ce n'est pas la peste bubonique.

Car ce que je reproche aussi à cette campagne publicitaire, c'est d'alimenter la panique, qui n'en a déjà pas besoin... "Le virus de la grippe A n'est pas anodin". Ah ouais ? Et le virus de la grippe, il l'est, peut-être ? Il a tué des milliers de personnes, et continue à faire quelques victimes chaque année. On n'en fait pas pour autant un drame chaque hiver !!! Il faudrait arrêter de prendre les gens pour des cons, et essayer de leur expliquer les choses. Par exemple, que le risque vient du fait que la grippe A n'est pas dangereuse pour les mêmes populations que la grippe classique - en n'adaptant pas la communication, ce sont les gens qui se font habituellement vacciner pour la grippe qui se feront vacciner pour la grippe A, alors qu'ils n'en ont pas besoin, tandis que les autres risquent de ne pas faire assez attention. Au lieu de les faire flipper et d'essayer, encore une fois, de refourguer du vaccin!

Mais c'est sûr que si on prenait les gens pour des adultes responsables et qu'on leur laissait un choix réel, c'est à dire en connaissance de cause, si on leur fournissait toutes les informations, on risquerait qu'ils décident de ne pas se faire vacciner. Augmentant, c'est vrai, les risques d'épidémies ; mais j'ai bien peur que la crainte réelle des laboratoires et gouvernements, soit de garder des stocks de vaccins sur les bras!

Voici, en gros, ce que je prendrai à la place du fameux vaccin.
Avec en plus de l'extrait de pépins de pamplemousse,
qui est paraît-il un excellent anti-viral et anti-bactéries naturel!
homéopathie grippe.jpg
 

Bref, vous l'aurez compris, je ne ferai aucun de ces deux vaccins. Pas par peur superstitieuse, pas par ignorance ; mais au contraire parce que je sais ce qu'est un vaccin, que j'en connais les risques, et que je discerne les tentatives de manipulation dans la communication qui les entoure, ce qui ne motive pas à fond pour se faire vacciner...

Les vaccins sont une formidable avancée pour l'humanité. Ils ont permis d'éradiquer nombre de maladies qui tuaient il n'y a pas si longtemps... Mais n'oublions pas qu'ils peuvent aussi être dangereux, et tuer. Et que comme tout progrès, il peuvent se retourner contre nous, contrôlés par l'éternelle soif de profits humaine...

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lundi 09 novembre 2009

Petite réflexion au passage...

"Les évènements nous façonnent; il ne tient cependant qu'à nous de ne pas les laisser nous définir."

C'est une phrase qui m'est venue comme ça, sans que je sache vraiment d'où elle venait...

Je ne sais pas si elle vous semblera aussi claire qu'à moi. Ce que cela signifie pour moi, c'est que ce qui nous arrive modifie ce que nous sommes, mais que cela ne doit pas définir notre identité: c'est à nous de choisir les éléments "utiles" de ces évolutions.

En cela, je suis plutôt d'accord avec ce sacré Sartre et l'existentialisme: on est responsable de ce que l'on est, car on choisit en quoi les évènements l'affectent.

Cela dit, je n'irais pas aussi loin qu'eux en affirmant que l'inconscient n'existe pas: de fait, les évènements nous affectent, et laissent des marques que l'on ne contrôle pas toujours.

Mais la "mauvaise foi" décrite par Sartre existe aussi: c'est trop facile d'accuser les circonstances de ce que l'on est devenu, et quand on agit de la sorte, on se condamne de fait à être entièrement déterminé par les évènements extérieurs, puisqu'on l'accepte: on devient passif.

Ce genre de réflexion me touche personnellement: notamment dans mon rapport à mes périodes de maladie. Beaucoup voudraient me voir me poser en victime, mais ce ne serait pas honnête: celle que je suis aujourd'hui, je la dois aussi à ces évènements, qui m'ont endurcie - donnant tout son sens à "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort". Il ne s'agit pas de vouloir souffrir pour être plus résistant, mais d'accepter les souffrances passées comme faisant partie de nous - bien que ne nous définissant pas. En clair, je ne regrette rien de mes périodes d'absence scolaire et d'ennui fiévreux, mais je refuse qu'on me voie comme la pauvre fille qui les a subies - ce n'est pas moi. A ce sujet, je vous suggère de lire mon poème Un peu de moi.

D'une certaine façon, je ressens la même chose envers ce système scolaire dont je vous rebats les oreilles et qui m'a tant fait souffrir et douter. Même si dans ce cas, la "blessure" reste encore, certes pas béante, mais pas non plus vraiment cicatrisée, et que j'ai pour l'instant un peu de mal à ne pas regretter les moments douloureux. Sans doute car ma relation au savoir est terriblement personnelle, quasi passionnelle, et comme j'ai longtemps assimilé savoir et école, je me suis sentie véritablement trahie quand l'école m'a déçue. Bien sûr, après 2 ans au Cned et autant de réflexion sur la vie et l'apprentissage, je vais mieux, et je me sens effectivement plus forte d'avoir 'survécu' (métaphoriquement). Mais cela reste un processus en cours.

Mais je digresse, revenons à nos moutons: moi qui ai tout juste 18 ans, j'affirme avec arrogance que c'est ça, l'âge adulte: ne plus rejeter la faute sur les autres, sur les circonstances, sur le hasard ou le destin, sur l'alignement des planètes, et s'accepter pour mieux s'améliorer... Un long chemin!

Voici une citation, de Wendell Berry cette fois, qui résume bien tout ça à mes yeux: "C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé qu'en tentant de l'améliorer."

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jeudi 22 octobre 2009

Intello & malheureuse à l'école

J'ai déjà pas mal parlé sur ce blog du système scolaire, contre lequel je suis très remontée. Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas que j'ai suivi ma 1ère et ma Terminale au Cned, par correspondance, à cause de mon grand ras-le-bol du lycée.

Ici, je voudrais parler plus précisément d'expériences vécues dans ce système scolaire au fil des années, et qui me sont peu à peu revenues pendant ces deux ans au Cned. Des "symptômes" de ce qui n'y tourne pas rond selon moi, en quelque sorte, même si à l'époque et jusqu'à récemment, je croyais être celle qui ne tournait pas rond...

Le tout premier de ces souvenirs remonte à la maternelle, moyenne section. Nous devions écrire notre nom derrière un dessin, et pour ça, aller chercher un truc avec notre nom écrit dessus, qui était scratché à un panneau mural dans la classe. Et je me revois écrire mon nom avant les autres, puis aller consciencieusement me mêler à cette foule pour récupérer le "truc", revenir à mon dessin et faire mine d'écrire. C'est dingue comme on peut vite, inconsciemment, percevoir qu'il ne faut pas avoir l'air trop différent...

Deuxième souvenir dans le même genre: en CP, cette fois, où mon instit était une vraie dragonne. Elle me demande de lire une page de "Gafi le gentil fantôme" à voix haute, et sur cette page il y a le mot "attention", que je sais très bien lire puisque même avant d'entrer en CP, je lisais seule à la maison... Mais je crois qu'on le l'a jamais vu en classe et qu'il s'agit d'un piège, dans lequel je décide de tomber pour ne pas montrer que je sais. Ce qui résulte en une belle engueulade, puisqu'en fait la classe avait vu ce mot pendant que j'étais absente (admirez d'ailleurs le don pour la psychologie de cette enseignante...)
Je signale de plus que personnellement, j'ai plutôt appris à lire avec la méthode syllabique (ancienne), à la maison avec mes parents, au fur et à mesure de nos lectures, même si avec le recul, je constate que c'était la méthode globale (qui consiste à apprendre des mots par coeur) qu'on nous enseignait à l'école. La syllabique est selon moi la plus logique (c'est comme ça que je "vois" les mots dans ma tête, et c'est de plus la seule façon de ne pas être paumé quand on rencontre un mot jamais lu auparavant), et dans tous les cas je crois qu'il faudrait avant tout tenir compte de la façon de "fonctionner" de chaque élève en alliant les deux méthodes.

Avec la même instit, je me souviens d'une virée à la bibliothèque infusée de "pédagogie moderne", qui me fait d'ailleurs penser point pour point à une description faite par une institutrice de sa formation à l'IUFM (Journal d'une institutrice clandestine, de Rachel Boutonnet): nous avons dû partir à la recherche de certains livres sans plan de la bibliothèque. Le but étant de nous faire comprendre l'utilité dudit plan d'organisation. Le problème, c'est que moi, je savais déjà que les livres étaient classés selon certains critères. Vous n'avez pas idée à quel point on se sent perdu dans ce genre de situation. On ne comprend pas ce qu'on nous demande, on veut faire plaisir à des adultes dont on commence sérieusement à douter: savent-ils ce qu'ils font? C'est terrible, parce qu'à cet âge, on a besoin d'avoir une certaine confiance dans ce qu'on nous dit, ce qu'on nous apprend. Pas d'avoir l'impression de pédaler dans la semoule et que l'enseignant, soit est dans la même situation, soit n'a aucune envie de nous aider à nous en sortir...

Cette même "pédagogie moderne", on la ressentait quand dès le CE1, nos instits nous demandaient de faire des "recherches documentaires" ou la synthèse de leurs explications pour écrire le cours... A cet âge, on n'est pas mûr pour ça, ni moi ni les autres! La seule différence, c'est que moi, je sentais à quel point on ramait. Je sentais le désespoir de l'instit, parfois, quand la classe n'arrivait pas du tout aux conclusions qu'il avait prévues sur son joli plan de séance, mais qu'il s'acharnait quand même, sans vouloir trop nous aiguiller. Que d'heures perdues! Voilà sans doute d'où vient ma formidable capacité d'évasion et de rêve: un besoin vital!

Des anecdotes comme ça, j'en ai pendant toute la primaire, plus ou moins selon l'intelligence des instits... Au collège et au lycée, les cours étaient quand même généralement plus structurés, et les élèves plus à-mêmes de deviner les attentes des profs ; et je cachais moins que je savais, car c'était plus évident vu mes notes. Je me rappelle néanmoins que si par hasard un prof faisait une erreur de correction qui rabaissait ma note, c'était un vrai cauchemar pour moi d'aller réclamer mon dû, pas seulement vis-à-vis des autres élèves mais aussi de certains professeurs...

Des profs de ma connaissance m'accuseraient pour ces remarques d'être simplement trop timide, trop timorée, de trop me soucier du regard des autres. J'ai été tout ça, c'est vrai. Mais il n'en demeure pas moins que le système scolaire n'encourage pas à être bon ; ou disons plutôt qu'il encourage à être moyen voire un petit peu au-dessus, mais surtout pas très bon voire exceptionnel! Briller, c'est mettre le prof dans l'embarras, lui en demander trop, outrepasser la médiocrité dans laquelle la majorité des élèves se complaisent par manque d'imagination (et c'est bien triste que l'école ne donne pas cette imagination, cette soif d'apprendre), et comme le sait tout un chacun, la majorité à toujours raison!

Je connais des tas de cas d'élèves un brin dyslexiques mais très intelligents (cela va assez souvent ensemble), complètement saqués et massacrés par des enseignants, soit incapables de détecter leurs problèmes, soit ne voulant pas travailler à les régler... Comme ce jeune homme qui a toujours eu des problèmes de compréhension mais était super doué en calcul mental, et que son prof de maths accusait de triche car ce n'était tout bonnement "pas possible" qu'il calcule comme ça, de tête, ce qui lui demandait à lui un temps de réflexion. Comme s'il n'était pas dans l'ordre des choses qu'une partie au moins des élèves dépassent le maître...

Et ça m'atterre. Parce que pour moi, le rôle d'un enseignant n'est pas de faire un cours magistral devant un troupeau de moutons, et advienne que pourra, que ceux qui le peuvent retiennent quelque chose! Pour moi, toute la beauté de ce métier devrait être de tenir compte des différences de chacun, et de s'y adapter. De détecter les talents de chacun et d'aider à les mettre à profit... Mais peu d'enseignants sont ainsi. Il y en a, heureusement, et heureusement pour moi j'en ai croisés quelques uns, mais pas assez face à la masse de petits fonctionnaires aigris qui sont là pour le ratio salaire/temps de travail, la sécurité de l'emploi et la retraite assurée.

Quand je pense à tout ce que moi et mon frère avons enduré à l'école, à ces andouilles qui nous ont petit à petit fait détester ça alors que nous partageons une si grande soif d'apprendre, je me demande comment je pourrai mettre mes propres enfants, si j'en ai un jour, dans le système scolaire classique. Bien sûr, on ne peut pas décider à la place de ceux qui ne sont pas en âge de comprendre, mais je garderai toujours en tête les possibilités de scolarisation à domicile, que ce soit avec ou sans le Cned. Parce que l'école n'épanouit pas, ce n'est pas vrai. Ou en tout cas, pas la majorité des enfants...

jeudi 22 octobre 2009 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 10 octobre 2009

Crise et mensonges

Je n'ai pas tant parlé que ça de la crise sur ce blog, un seul article au tout début je crois, dénonçant à l'époque une certaine inconscience de tous ces gens, politiciens et économistes compris, qui croyaient ou voulaient croire que la croissance pouvait être sans fin. Même après plusieurs mois de crise, l'idée d'une "croissance négative" (joli euphémisme inventé par nos gouvernants) passe mal auprès de beaucoup de gens, comme ces agents immobiliers que mon père forme, et qui gardent en tête que les prix ne peuvent que monter!
J'avais aussi, à ce moment-là, critiqué la folie des profits immédiats, et la "dématérialisation" de l'argent, qui ne repose plus sur rien de concret (bourse, etc)

Mais aujourd'hui, je vais plutôt parler de politique. De deux choses l'une: soit nos politiciens sont vraiment nuls à ch... en économie (ce qui n'est pas à exclure, je leur ferais bien une petite formation de compta basique pour apprendre à ne pas dépenser l'argent qu'on n'a pas...), soit ils sont totalement malhonnêtes (impossible!). Le plus flippant, c'est que je commence à croire qu'ils sont les deux...

Je m'explique: tout d'abord, cela fait plusieurs mois qu'on nous dit que la crise est finie, qu'on a "touché le fond" (pour reprendre l'expression utilisée par Christine Lagarde, notre ministre de l'économie, à la télé américaine il y a quelques mois), que la reprise commence (comme l'a dit Raffarin à la télé française, à l'occasion du dernier G20). Ce qui est totalement absurde: même si la bourse repart vaguement, les Français, eux, ne recommencent pas à consommer (pas si cons ; et ceux qui le voudraient, de toute façon, se font rembarrer par leur banque, qui veut rien leur prêter...). L'immobilier continue à dégringoler, et est encore bien au-dessus de la "normale" (définie par ce qu'on peut se permettre avec un salaire moyen).
Rappelons-nous que les Etats-Unis ont chuté pendant au moins deux ans, et rien ne dit qu'ils remontent de sitôt (les ménages mis à la rue par les banques ont peu de chance de consommer beaucoup ; de plus, une vague remontée de l'immobilier est en fait causée artificiellement par les banques en question, qui ont récupéré énormément de maisons mais les mettent sur le marché au compte-goutte, pour ne pas les vendre pour une bouchée de pain) En toute logique, nous décrirons une courbe parallèle à la leur, et descendrons aussi bas...

Pourquoi? Eh bien parce que, comme on nous le serine, la consommation est la clé de la reprise; et pour consommer, les citoyens (ou appelons-les plutôt consommateurs) doivent avoir confiance. Croire que les choses vont mieux, qu'ils peuvent arrêter de faire des économies (taxées par l'Etat) pour faire des emplettes (elles aussi taxées par l'Etat). Et ce que nos gouvernants ont trouvé de mieux pour donner confiance, c'est de... mentir, ou au mieux d'embellir la vérité. Tant pis si ça met en danger les premiers qui y croiront, tant pis si quelques uns y perdent tout. Et tant pis si cette belle stratégie risque aussi de leur faire perdre définitivement la confiance des consommateurs, si ceux-ci s'apercevaient de quelque chose...

Petite digression: autre magnifique démonstration de la clairvoyance de l'Etat, les hausses d'impôt, super incitation à la conso... Des hausses d'impôts? Mais Nicolas n'a-t-il pas promis qu'ils n'augmenteraient pas??? Eh si, mais là encore il s'agit de mots soigneusement choisis et d'une arnaque généralisée: les pourcentages de chaque impôt n'augmentent pas, mais les tranches de population imposables s'élargissent... Ce qui fait, au final, une augmentation du pourcentage moyen de fric du français moyen qui va à l'Etat.
Et dans le même genre, les banques qui ne prêtent pas volontiers, là encore, super idée pour relancer l'économie. Le petit consommateur moyen, quand il demande un crédit conso et qu'on lui dit que c'est trop risqué, pourrait bien avoir une étincelle géniale et se dire que tout ne va pas si bien que ça dans le meilleur des mondes... Quant aux entreprises, pas moyen non plus pour elles d'emprunter, ce qui ne va pas relancer la production... Mais pourquoi qu'on leur a donné du fric déjà, à ces banques? Parce que si elles s'effondraient, on allait dans le mur? Ouais, ben on y va peut-être quand même de toute façon, vu leur empressement à changer de moeurs...

Mais alors, la meilleure vient de sortir dans tous les journaux (Le Monde, Libération, les Echos, divers journaux économiques et financiers...): des jolis chiffres savants qui nous disent que le déficit va baisser, mais que celui de la sécu va monter, et que donc le rapport déficit/PIB va quand même augmenter. Et tous les journalistes recopient sans ciller le communiqué officiel, sans même sortir leur calculette... Attendez un peu de voir la vérif que mon père et moi avons fait!

Selon la déclaration de Fillon:
Déficit en 2009: 141 milliards ; déficit prévu en 2010: 116 milliards.
Déficit de la sécu 2009: 24 milliards ; 2010: 30 milliards.
Déficit/PIB 2009: 8,2% ; 2010: 8,5% (sachant que le PIB est resté assez stable).

Rien ne vous choque, vraiment? Eh bien ces chiffres sont totalement manipulés.
En fait, le déficit TOTAL en 2009, en comptant celui de la sécu, est 141 milliards, donc le déficit SANS LA SECU est 141-24=117 milliards. Par contre, 116 milliards représentent le déficit SANS LA SECU en 2010, le déficit TOTAL s'élèvera donc (selon les prévisions, souvent optimistes) à 116+30=146 milliards.
Là, on retombe sur nos pieds: 141 représente 8,2% environ de 1720, et 146 en représente 8,5%...

Il ne s'agit pas ici de faire dire n'importe quoi aux chiffres, art dans lequel nos représentants sont très doués; non, là c'est de la manipulation pure et simple: avec des chiffres qui empirent tous, on arrive à nous faire que la situation s'améliore. Qu'ils aient tenté le coup ne montre, encore une fois, que leur faible estime d'eux-mêmes et de leur fonction, et leur malhonnêteté congénitale; mais que tout le monde gobe ça sans poser de question, m'afflige au plus haut point.
La démocratie dépend de la séparation des pouvoirs, et ce n'est pas pour rien qu'on surnomme les médias le "quatrième pouvoir": leur indépendance et leur professionnalisme conditionnent les informations que chaque citoyen reçoit, et donc leur réaction...

A bon entendeur, salut!

Pour finir, juste une petite citation extraite de la pièce de théâtre "le Diable rouge" d'Antoine Rault (début du texte cité dans les Echos des 9 et 10 octobre), qui résonne étrangement dans le contexte actuel... Et qui me fait d'ailleurs penser à la réflexion finale de mon article Petites réflexions inspirées par la crise!
"Colbert: Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou...
Mazarin: Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat... l'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette! Tous les Etats font ça."

samedi 10 octobre 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

vendredi 02 octobre 2009

La justice est aveugle... et tétraplégique

Si vous ne vivez pas sur une île déserte, vous avez sans doute entendu parler ces derniers jours de l'enlèvement et du meurtre d'une joggeuse de 42 ans par un charmant personnage armé d'un couteau, qui a avoué et indiqué où se trouvait le corps. Je ne reviendrai pas sur les détails, mais cet évènement me donne l'occasion sinistre d'argumenter sur notre belle justice.

En effet, le charmant personnage en question avait été condamné, en 2002, à 11 ans de prison pour avoir enlevé et violé une jeune fille de 13 ans. 2002 + 11 ans??? Non, vous ne rêvez pas et si, vous savez toujours compter: il a été bénéficié d'une libération conditionnelle en 2007, soit après une petite moitié de sa peine.
Alors dites-moi si je déraille complètement, mais 1) je trouve que 11 ans pour le viol d'une mineure, c'est plutôt laxiste, et 2) dans tous les cas, 5 ou 6 ans ce n'est certainement pas assez!!!

Car attendez le plus drôle: de ce que j'ai lu sur internet, notre charmant personnage avait interdiction de s'installer à proximité du domicile de sa jeune victime pendant sa conditionnelle ; mais après la fin de cette "peine", il a pu retourner vivre à quelques centaines de mètres de chez elle. Pas du tout traumatisant! Là encore, bravo la justice.

Faut-il vraiment s'étonner que ce genre de personne recommence à la première occasion, quand il croise une femme en train de courir, et qu'il porte "comme par hasard" un couteau sur lui? Car c'est la version de son avocat: il a agi par hasard, "sous le coup d'une pulsion". Ouais, ben les pulsions, tout le monde en a (peut-être pas ce genre là, mais ce n'est pas le sujet), et des tas de gens vivent très bien avec sans embarquer une femme dans leur coffre et la tuer! C'est bien triste si quelques charmants personnages en sont incapables, mais dans ce cas-là, il est de la responsabilité de la justice de les mettre hors d'état de nuire. En les gardant en taule un peu plus de 5 ans, par exemple...

Cela me fait penser à un débat/docu sur Arte, que j'avais vu il y a quelques années, à l'occasion d'un nouveau viol d'un violeur en série qui venait d'être libéré de prison. Un juge interrogé avait fait une remarque qui m'a marquée (et choquée), en gros cela donnait "on ne peut pas enfermer quelqu'un à vie, parce qu'on ne peut pas décemment lui enlever tout espoir". Excusez ma grossiéreté, mais qu'est-ce qu'on en a à foutre, de l'espoir de ce genre de personnes? Où est l'espoir dans l'enfance arrachée à la petite victime du charmant personnage n°1, la vie volée à cette jeune joggeuse, et celles, piétinées, de toutes les victimes du charmant personnage n°2? Et cela, en considérant seulement qu'on ait un "droit à l'espoir": un chômeur en instance de divorce n'en garde pas forcément, c'est bien triste, mais on n'en fait pas toute une histoire!

Mon opinion est claire à ce sujet: on n'a à respecter l' "espoir" d'une personne, que tant qu'elle respecte celui des autres ; quand on viole, qu'on tue, qu'on bafoue aussi sauvagement les droits des autres, on renonce aux siens propres. Attention, je ne parle pas ici de la peine de mort (à laquelle je suis opposée, pour des raisons éthiques, d'efficacité et d'erreurs possibles) ou des conditions de vie des prisonniers ; comme on est des gens civilisés, on enferme ceux qui ne le sont pas dans des conditions les plus humaines possibles (que la France ne respecte de toute évidence pas, mais c'est une toute autre question).

Mais il faut arrêter de poser les coupables en victimes! Sans parler de "punition" ou de "compensation" (qui dans les cas évoqués ne respectent certainement pas le préjudice subi par les victimes), la société doit se protéger de ceux qui bafouent les lois. Ce qui veut dire, notamment, ne pas relâcher quelqu'un dont on est raisonnablement certain qu'il va récidiver (et il me semble évident qu'un violeur n'est pas très bien dans sa tête, et qu'il a souvent toutes les chances de recommencer), surtout sans le faire passer par des traitements ou thérapies (qui marchent ou non, c'est encore un autre sujet ; mais dans tous les cas, laisser quelqu'un en prison quelques années ne suffit pas à le changer, en tout cas pas pour ceux qui agissent sur des "pulsions", comme dit l'avocat comme si c'était une circonstance atténuante...)

Et si cette phrase que je citais m'a autant choquée, c'est aussi parce que c'est un juge qui la prononce. Pas un avocat, de la part duquel cela me semblerait relativement "normal" ou du moins "logique". Un juge! Dans mon esprit, celui-ci est censé être objectif, impartial, évaluer le préjudice subi, les circonstances atténuantes ou aggravantes, la dangerosité de l'accusé, et en tirer une punition raisonnable. Certainement pas s'inquiéter des conséquences de sa décision sur l'accusé, qui pourrait être traumatisé, le pauvre... Le juge représente la société, pas les criminels! Pour ça, ils ont des avocats...

Bref, j'en aurais encore beaucoup à dire mais je vais m'arrêter là ; avec juste une dernière remarque: la prison à perpétuité n'existe plus en France. On peut avoir tué quelqu'un, on est sûr de sortir un jour de prison, à moins de s'y faire tuer (je schématise, mais en gros, c'est ça, car les criminels âgés qui n'ont pas purgé leur peine sont souvent autorisés à sortir pour "mourir dignement"). Donc, en gros, la société est incapable de protéger ses membres d'un individu de façon durable, ce qui est quand même assez inquiétant. De plus, cela provoque un certain "tassement" des peines: quelqu'un qui commet un meurtre "passionnel" (nouveau mot utilisé à toutes les sauces comme si c'était moins grave, alors que justement cela laisse penser que la personne ne peut pas se contrôler) peut même sortir après moins de temps en prison qu'un cambrioleur ou un braqueur de banque qui n'a jamais tué personne (et ce n'est que mon opinion personnelle, mais je classe "voler", même violemment, une catégorie en-dessous de "tuer" et "violer")... Viva la justicia!

vendredi 02 octobre 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (2) |  Facebook | |

jeudi 03 septembre 2009

Premier jour

Voici un petit texte un peu hors-norme, différent de ce que j'écris habituellement. Pas vraiment une description de passage, mais cela s'en rapproche un peu ; pas du tout un poème, mais il y en a les sonorités et le rythme. Ca m'est venu comme ça, un soir dans le noir, et j'ai été obligée d'allumer la lumière pour m'en débarrasser en le couchant sur le papier.

Cette fille, ce n'est pas moi et ça ne l'a jamais été, bien moins encore que la fille qui faisait semblant. J'ai ressenti les mêmes envies qu'elle, à certains moments, mais je n'ai jamais su jouer la comédie de cette façon ; heureusement, car comme je l'explique dans Nouveau départ, on est vite pris à son propre piège...

Donc voilà ce texte, intitulé Premier jour mais qui pourrait aussi s'appeler 700 jours ou, encore une fois, la fille qui fait semblant, et dont j'ai pensé qu'il se prêterait bien au contexte de la rentrée : dites-moi ce que vous en pensez.

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Premier jour, le premier sur plus de 700 qu'elle passera ici. Premier jour, important, capital même: il déterminera tout ce qui suivra.

Cette année, elle a décidé que tout allait changer. Nouveau départ, nouvelles têtes dans un nouvel endroit, chance d'être percue autrement. Elle a bien tout préparé, tout étudié, chaque détail de sa tenue, chaque accessoire, chaque attitude, elle a répété devant son miroir, le soir. Elle a quelques phrases, passe-partout mais cool, à prononcer, elle sait quoi dire, et quoi répondre, dans chaque circonstance, pour ne pas gâcher cette chance.

L'esprit torturé, mais le pas assuré, elle arrive au lycée. Un peu en avance, voir les groupes se former et savoir à qui parler. Comme en mission, mission d'infiltration, elle étudie la situation. Se rémémore tout ce qu'elle a décidé, comme son nouveau surnom. Vital, aucun mot ne doit lui échapper ; pas un lapsus, pas un tic ne doit la démasquer.

Pourquoi serait-elle condamnée à encore incarner la fille coincée, pas vraiment ringarde mais pas populaire non plus? Le collège c'est terminé, le lycée va tout changer. Elle sait qu'elle peut être plus, il faut juste leur montrer.

Et puis de toute façon, elle-même ignore qui elle est, comment eux le sauraient? Elle peut devenir qui elle veut, du moins elle veut le croire. Et comme elle ne sait pas qui elle veut devenir, elle leur laisse la main, elle sera ce qu'ils veulent, pour leur plaire, et pour ce faire elle gère jusqu'au moindre geste, comme si sa vie en dépendait.

N'est-ce pas le cas, en fait? 700 jours en dépendent, autant dire bien plus loin qu'elle ne peut se projeter.

écrit par mari6s, été 2009.

jeudi 03 septembre 2009 Publié dans Descriptions de passage, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |