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mardi 01 septembre 2009

Petits moments en vrac...

Faire un album photos de notre séjour en Irlande, prendre le temps d'imprimer ces images qui restent le plus souvent virtuelles depuis l'ère du numérique, et les coller soigneusement à la mode scrapbooking...

Regarder Veronica Mars en version espagnole (langue & sous-titres), tant pis si c'est pas logique, parce qu'Almodovar ou les telenovelas, bof ; et se mettre à penser et imaginer, non seulement en français et en anglais, mais aussi en espagnol, sans s'en apercevoir avant de tomber sur un mot qu'on ne connaît pas - oh, zut, c'est de l'espagnol ça!

Ecrire encore et encore, et quand on tombe sur un os, un blocage, se lever et aller peindre et bricoler à l'autre bout de la pièce ; une petite boîte à l'acrylique, une horloge décorée de coquillages, des pots à crayons ornés...

Ouvrir ses livres de cours, lire les intros, se laisser entraîner plus loin dans les plus passionnants. Frissonner d'envie à l'idée de comprendre la physique quantique, la sociologie, le russe, le monde quoi!

S'apercevoir du chemin parcouru, de ce qu'on est devenu, des évolutions encore à venir ; pratiquer l'introspection de façon quasi-naturelle, et sans en souffrir, et se rendre compte qu'on se connaît plutôt bien, et qu'on peut encore se surprendre.

Discuter pendant des heures avec ses proches, sur la vie et la mort et la philosophie et la métaphysique, et les films et les livres et les séries télé, et s'extasier devant ce qu'on s'apporte mutuellement en réflexion.

Faire du "logimage" pour se vider la tête, colorier les petites cases et voir apparaître un dessin.

Mordre à pleines dents dans le sandwich que son père a rapporté de son voyage d'affaires.

Ecouter de la musique sur ses écouteurs, seule le soir dans le noir, jusqu'à ce que ses yeux tombent de fatigue et que son esprit arrête enfin de tourner à bloc, arrêter le baladeur et s'endormir...

Se réveiller en douceur le matin, avec la lumière du jour et les petits bruits dehors, et rêvasser et se rendormir.

Etre contente de se lever en se disant qu'on a plein de choses à faire, ou rien du tout.

Respirer, expirer.

Vivre.

Et le savoir.

écrit par mari6s le 30 août 2009

mardi 01 septembre 2009 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 25 juillet 2009

Société de consommation

Une petite anecdote sans doute bien banale, mais qui m'a marquée... L'autre jour, je suis allée racheter un chargeur pour mon téléphone portable, ayant perdu l'ancien. La vendeuse trouve le bon modèle, et m'annonce que j'ai assez de "points fidélité" pour ne pas le payer.

Avant de me dire qu'en fait, j'ai assez de points pour changer de portable. J'ai à peine le temps de dire que je ne tiens pas à en changer, qu'elle me tend d'autorité le catalogue des modèles. Mais comme mon portable n'a qu'un an et qu'il me convient bien, et que je désapprouve farouchement ce genre de gaspillage, je répète de façon claire et intelligible que, non, je n'ai pas besoin d'un nouveau portable, et que l'actuel est très bien.

Horreur, stupéfaction! La pauvre fille, qui ne doit pas avoir l'habitude qu'on résiste à cet argumentaire commercial si élaboré ("vous pouvez, donc faites-le"), et voyant sa commission s'éloigner au galop, tente un désespéré "en tant que conseillère en téléphonie, je vous assure que vous feriez mieux...". Pas très loyal, mais y a de l'idée: le joli mot de 'conseillère' remplace le beaucoup moins fiable 'vendeuse', et elle ajoute juste ce qu'il faut de pathos et d'assurance pour convaincre n'importe quel doux idéaliste converti malgré lui à la société de consommation.

Mais voilà, je suis une extrémiste, une hérétique, et malgré toutes ses avances (notamment un sournois "s'il tombe en panne après, vous devrez payer pour en changer"), je ne cède pas. Et elle me regarde quitter la boutique avec mon chargeur, l'air désolé... Alors que, même en n'achetant qu'un chargeur avec mes points fidélité, je suis contrainte et forcée d'accepter une rallonge d'abonnement chez mon opérateur...

téléphones portables à la poubelle.jpg

Alors voilà, ma question métaphysique, c'est: que vaut une société où on refourgue un portable gratuit tous les 6 mois, juste pour "fidéliser" une clientèle de moutons, avec tout le gaspillage à la clé?

Enfin bref, on ne changera pas le monde avec des articles de blog... Mais en ressortant avec mon nouveau chargeur et mon vieux portable, j'étais toute fière de moi, et je crois que je vais rayer de ma liste (voir Le prochain truc sur ma liste) le n°13: prendre position selon mes opinions.

texte écrit le 19/07/09 - image de Fotolia

Et vous, qu'en pensez-vous? Dites-le en cliquant sur Commentaires!

samedi 25 juillet 2009 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions | Commentaires (1) |  Facebook | |

vendredi 05 juin 2009

Elève trop discrète

A l'occasion de la constitution de mon livret scolaire pour le bac, j'ai replongé dans mes archives de bulletins de notes, et un constat m'a sauté aux yeux: depuis tout ce temps, j'étais muette sans m'en rendre compte!

En effet, à travers les années, dès le CP jusqu'au collège et même en 2nde, on retrouve régulièrement le même type d'annotations: élève trop discrète, ne participe pas, pas assez de présence... Au moins, au Cned, on n'a pas ce genre de commentaires!

Je dois l'avouer, pendant longtemps j'ai ignoré jusqu'à la nature de cette "participation" qu'on me demandait avec tant d'insistance. Et quand j'ai compris, forcément, j'ai été déçue: c'est ça ce grand mystère, faudrait que je lève le doigt en sautillant et en suppliant qu'on m'interroge, pour finalement me tromper ou donner une réponse évidente? Vanité des vanités, tout n'est donc que vanité...

Et puis bon, ils étaient tellement inquiets, de si bonne volonté, que je me suis forcée un peu, histoire de les rassurer un bon coup. Erreur fatale! Plus on leur en donne et plus ils en redemandent! Et voilà qu'ils se sentaient maintenant autorisés à m'interroger directement, à me harceler et à briser mes bulles de semi-rêve (car suivre le cours, c'est bien gentil, mais quand on est multitâches comme moi, on ne s'en contente pas!)

Au collège, j'ai bien commencé à voir quel était mon problème, ma tare: je ne participais pas, non pas par timidité maladive ou par peur de l'erreur, mais simplement parce que ça ne m'intéressait pas! Et doublement, car 1) je suis une damnée individualiste qui ne voit pas l'intérêt de "faire avancer la classe", comme ils disent; et 2) les réponses me semblaient si évidentes qu'elles ne valaient pas le coup que je sorte de la bulle sus-évoquée - eh oui, déjà à l'époque, ça n'allait pas assez vite à mon goût...

Et je n'avais rien vu... Car s'il y a une race de professeurs particulièrement pendus aux lèvres de leurs chers élèves, ce sont bien ceux de langues. Logique, me direz-vous, puisque pour savoir parler anglais... il faut le parler, justement! Certes, admettons, même si personnellement, écouter les autres parler est ce qui m'a donné la maîtrise de la prononciation. Mais que l'on soit clair: on peut très bien évaluer l'oral des élèves sur des interrogations (dans ou en dehors du cours), autant pour chaque personne, ce qui assure plus d'équité...
Mais le problème, c'est le sujet sur lequel on doit parler. "Where is Brian" nous dit Gad*, et c'est ça, dans les grandes lignes (les miens s'appelaient Dave et Vanessa). En espagnol, qu'on commence en 4ème, on doit estimer qu'on est plus "murs" puisqu'on nous fait étudier textes et images hautement symboliques, qu'il faut détailler en long en large et en travers, décrivant le moindre brin d'herbe sur la photo, la moindre virgule dans l'article de presse. Et de préférence dans des phrases à rallonge qui tournent autour du pot sans rien vouloir dire, en étalant toutes les belles structures grammaticales qu'on n'a pas du tout comprises. Forcément, à ce jeu-là, j'étais dépassée...

Ce qui m'énervait (et m'énerverait probablement encore si j'y étais confrontée), c'étaient les profs qui comptaient sur les élèves pour faire avancer leur cours, qui trouvaient normal que moi l'intello, je fasse partager ma science aux masses scolaires, même si les masses n'en avaient le plus souvent pas grand-chose à faire. Alors que c'est le boulot des profs, d'enseigner.
Et puis quand par hasard j'avais quelque chose à dire, il arrivait que ce ne soit pas ce qu'ils attendaient, que ce soit une perspective à laquelle ils n'avaient pas pensé, qui ne les intéressait pas pour leur leçon toute préparée, leurs idées toutes faites. Alors franchement, à quoi bon?

Parfois je faisais de la résistance, j'attendais qu'on m'interroge pour parler, point. Parfois au contraire, je me forçais à lever la main deux ou trois fois dans le cours, et même à avoir l'air enthousiaste. Et puis, la majorité du temps, je n'y pensais simplement pas, je suivais dans mon coin sans chercher à en placer une. Parce que déjà toute petite, je n'avais pas besoin du dialogue avec les profs pour faire avancer ma réflexion, je faisais ça très bien toute seule ou à la maison. Je crois que je devais déjà sniffer le discours trop "normé", trop politiquement ou du moins socialement correct...

Alors voilà mon petit coup de gueule contre les enseignants, trop nombreux, qui ne veulent pas laisser à chaque élève son individualité, et son droit au silence, et même - oserai-je aller jusque-là? - au rêve! Les plus silencieux ne sont pas forcément les plus bêtes, ni les plus timides ou névrosés! Stop à la dictature du bruit, arrêtons de croire qu'un élève n'existe ou ne "sait" que s'il se fait remarquer de façon sonore...

texte de MOI - le 29-05-09

* Gad Elmaleh dans un de ses spectacles, évoque un dénommé Brian, personnage de ses manuels d'anglais qui l'a apparemment traumatisé.

vendredi 05 juin 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (4) |  Facebook | |

lundi 18 mai 2009

Retour vers le futur...

Comme je l'ai dit dans l'article 'News from Marianne' (publié le 14 mai), j'écris moins sur moi ces temps-ci, ce que j'interprète comme une période de calme entre deux tempêtes, plus de réponses ou moins de questions dérangeantes... Je me sens vraiment bien dans ma peau, je crois que c'est l'état le plus stable que j'ai jamais connu depuis le début de l'adolescence (ou même avant).

Pourtant il y a encore 2 ans, j'étais paumée. Il y a 2 ans, j'étais au lycée - ou plutôt absente du lycée à cause d'une énième période de maladie. Et si on remonte avant cette absence, j'étais un fantôme qui marchait dans les couloirs, disait "j'en ai marre" trente fois par jour, et ne tenait le coup que grâce à cette petite lueur au bout du tunnel: l'année d'après, adieu le lycée, les escaliers casse-pattes, les profs indifférents, les cours soporifiques. L'année d'après, j'irais au Cned.

Je ne savais rien de cette terre promise mais je m'y raccrochais comme à une bouée de secours. Depuis la fin du 1er trimestre, et même avant si on considère le moment où l'idée a émergé, avant que je ne la prenne au sérieux. Je ne savais rien du Cned, si ce n'est une chose: ça ne pouvait pas être pire que le bahut. Là-dessus, je ne me suis pas trompée. Et j'ai été plutôt agréablement surprise, même si, bien sûr, il a fallu des ajustements. Les profs qui ont tenté de me retenir n'avaient aucune idée de mon mal-être ; aujourd'hui, comment pourraient-ils comprendre à quel point le Cned m'a sauvée et enrichie?

Mais revenons encore un peu en arrière. Car avant le lycée, j'étais au collège. Et déjà là-bas, je m'ennuyais. Je commençais tout juste à réaliser qu'il m'aurait fallu quelque chose d'autre, quelque chose qui m'épanouisse vraiment, où je pourrais faire plus. Je commençais tout juste à remettre en question un système qui ne me convenait pas, après m'être demandé pendant des années (sans doute depuis le primaire) ce qui n'allait pas chez moi, pourquoi je n'arrivais pas à me sentir à ma place...

Déjà à l'époque, j'avais la santé fragile. En 4ème, 1 mois de maladie. C'est le premier évènement qui m'ait vraiment façonnée. Si je devais dire à quel moment j'ai quitté l'enfance, je choisirais sans doute celui-là. Avant, j'étais plutôt insouciante, très timide, très naïve: je voulais la paix, tout simplement, quelle drôle d'idée. Ce mois-là n'a pas changé grand-chose en lui-même: quelques semaines d'ennui, de télé en robe de chambre, de fièvre et d'aphonie. Pas le nirvana, mais pas non plus les affres de l'enfer. Non, c'est le retour, et donc, d'une certaine façon, tout le reste de l'année scolaire, qui m'a fait évoluer. Car voyez-vous, je n'avais pas un cancer, donc un mois d'absence, c'était vraiment trop, ridicule. J'étais une brindille blanche comme un cachet d'aspirine, je devais faire attention au moindre courant d'air, mais aux yeux de la plupart (profs comme élèves) j'étais une malade imaginaire. Et je n'étais pas armée pour réagir. Alors j'ai laissé dire. La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe... Sauf que si, forcément. Mais ça lui apprend sans doute à s'envoler...

Peu à peu, j'ai repris des forces, et appris les bases d'une vie sociale 'normale': de la répartie, quelques gros mots et un bon peu d'ironie. Je ne dirais pas que ça m'a rendue meilleure, mais plus forte, certainement. Ce n'est qu'après ça que j'ai compris la fameuse phrase "Ce qui ne tue pas rend plus fort", que je trouvais auparavant très pessimiste, et qui m'apparaît aujourd'hui comme une façon saine de considérer les évènements négatifs: ne rien regretter puisqu'on ne serait pas le même si cet évènement n'avait pas eu lieu. Et je n'ai pas trop à me plaindre de ce que je suis devenue. Je crois même que sans ces obstacles sur mon chemin, sans ces petites souffrances, j'aurais fatalement souffert plus, plus tard, j'aurais tout obtenu "tout cuit" trop longtemps, ce que je ne trouve pas forcément souhaitable...

Et me voici donc au lycée, malheureuse, pas à ma place. Les réactions tout aussi débiles à ma longue absence en fin d'année n'ont fait que me confirmer que je n'avais rien à faire là. Je débarque donc au Cned en 1ère. Et j'y trouve, enfin, ce qui ressemble à de la plénitude. Je ne vais pas dire que ça s'est fait tout seul. Mais je n'ai jamais, pas une seule fois, regretté ma décision.

L'an dernier, j'allais donc déjà beaucoup mieux, moralement et physiquement. Je ne pleurais presque jamais (alors qu'en 2nde, c'était quasi-hebdomadaire), je ne m'ennuyais plus en cours puisque j'avançais à mon rythme, et en 2 ans je n'ai dû attraper un rhume que deux ou trois fois, sans que ça dégénère sur ma gorge. Mon taux d'anticorps anti-thyroïdiens (qui avait augmenté jusqu'à me faire risquer l'hypothyroïdie) baisse lentement, mais sûrement. Je commençais à l'époque à mieux me connaître, grâce à mon temps libre à la réflexion et à l'écriture...

Et je crois que je viens d'atteindre un sommet de bien-être. J'ai une pêche incroyable, ces temps-ci. Il y a encore quelques mois, l'angoisse revenait de temps en temps, me paralysait au fond de mon lit et me faisait tout voir en noir, surtout l'avenir. Ca fait maintenant un bout de temps qu'elle manque à l'appel, et je ne vais certainement pas la regretter. Peut-être reviendra-t-elle avec ses questions et ses idées noires, peut-être ne suis-je que dans l'oeil du cyclone. Et ça n'est pas forcément une perspective pessimiste, puisque ce sont ces questions qui me permettent d'avancer. Mais je compte bien profiter du soleil et du futur qui me sourit...

écrit le 9/05/09

lundi 18 mai 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (1) |  Facebook | |

jeudi 02 avril 2009

Les ficelles usées des séries télé...

Voici quelques bases d'intrigues souvent utilisées dans diverses séries télé, que j'ai répertorié comme des "ficelles usées". Si j'en ai oublié, signalez-le moi!

Ficelle usée n°1: deux frères sortent successivement avec la même femme.
     - Prison Break saison 1 (Michael & Lincoln - Veronica)
     - 24h chrono saison 6 (Jack & Graem - Marilyn)
     - Journeyman (Jack & Dan - Katy)

Ficelle usée n°2: un père disparu réapparaît avant de se faire tuer.
     - Prison Break (père de Michael et Lincoln)
     - Supernatural (père de Sam et Dean)

Ficelle usée n°3: un personnage se recase après la "mort" de son conjoint, qui réapparaît.
     - Alias (Vaughn - Sydney & Lauren - mort mise en scène)
     - Dead Zone (Sarah - Johnny & Walt - coma)
     - Les 4400 (le mari de Lily - Lily & ? - disparition orchestrée par le futur)
     - Journeyman (Dan - Livia & Katy - disparition dans le passé)
On remarque que le nouveau conjoint a tendance à se faire tuer, à plus ou moins long terme (Alias, Dead zone).

Ficelle usée n°4: affaires de famille quasi mythologiques.
     - Alias (Sydney, son père Jack, sa mère Irina, sa demi-soeur Nadia dont le père est Sloane, ses tantes Catia et Elena...)
     - 24h chrono saison 6 (Jack ; son frère Graem, marié à l'ex de Jack, Marilyn ; son père Phillip...)
     - Le Caméléon (Mademoiselle Parker, sa mère Catherine, son faux père Mr Parker, son père Mr Raines, son frère Mr Lyle, + son demi-frère et demi-frère de Jarod...)

Ficelle usée n°5: une jeune femme amoureuse de son patron/supérieur plus âgé (avec parfois un homme plus jeune pour un joli triangle amoureux).
     - FBI Portés disparus (Samantha - Jack - Martin)
     - Les experts (Sara - Grissom)
     - Stargate SG-1 (Sam - Jack)
     - Dr House (Cameron - House - Chase)

Ficelle usée n°6: la "gentille" et la "méchante" petite amie.
     - 24h chrono saison 1 (Teri & Nina - Jack)
     - Alias (Syd & Lauren - Vaughn)
     - Roswell (Liz & Tess - Max)
On remarque qu'après une période de cohabitation, la méchante petite amie trahit le pauvre héros, ce qui lui évite d'hésiter plus longtemps, et il revient vers sa dulcinée (le mieux étant quand la méchante s'est fait tuer)

texte de moi

jeudi 02 avril 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (1) |  Facebook | |

dimanche 29 mars 2009

Scandales à répétition chez les cathos

Dans les dernières semaines, les scandales se sont enchaînés pour l'Eglise catholique, mettant à mal l'image du Pape... Je ne vais certainement pas avoir honte d'être catho, mais je suis attristée de voir se répéter encore et encore des erreurs de communications néfastes pour l'image de l'Eglise, et des prises de positions indignes de prétendus "chrétiens"... On the bright side, les récents évènements ont aussi montré qu'il y a des cathos -fidèles mais aussi prêtres, évêques...- prêts à protester quand l'Eglise renie selon eux ses propres principes.

@-°-@

D'abord, la levée de l'excommunication des lefebvristes. Une précision à ce sujet: contrairement à ce que beaucoup pensent, les "évêques" ordonnés "illicitement" n'ont pas été réintégrés dans l'Eglise... Simplement, cette levée d'excommunication représente une main tendue de sa part vers des croyants exclus, main sur laquelle Williamson a craché par ses propos négationnistes... Ajoutez la maladresse coutumière de l'Eglise dans ses communications, et vous avez un premier scandale.

Pour ceux qui ne connaissant pas bien le sujet, je signale que la divergence entre les lefebvristes et l'Eglise catholique vient de Vatican II, le concile qui a eu lieu dans les années 60 et a "modernisé" l'Eglise (si vous la trouvez obsolète, attendez un peu de voir jusqu'où dans le passé les lefebvristes voudraient retourner) Symbole de cette opposition: la messe selon le rite de Saint Pie V (avec le prêtre qui tourne le dos à ses ouailles, et dit la messe en latin)

Mais ce point de détail est l'arbre qui cache la forêt, car les lefebvristes s'opposent aussi à la reconnaissance des autres religions comme aussi respectables que le catholicisme. En effet, l'Eglise reconnaît aujourd'hui qu'il ne faut pas obligatoirement respecter son dogme pour être absolu de ses pêchés et atteindre la "vie éternelle" (comme si Dieu allait changer d'avis à chaque fois que l'Eglise modifie le droit canonique...), or les lefebvristes s'accrochent au "Hors de l'Eglise, point de salut" et voient les non-catholiques comme des "infidèles".

Quant aux tendances négationnistes de Monsieur Williamson, elles ne se généralisent pas à l'ensemble des fidèles lefebvristes. Les Juifs restent apparemment pour beaucoup d'entre eux "le peuple déicide", cela n'en fait pas d'odieux antisémites qui se cachent la réalité historique pour autant.

@-°-@

La petite Brésilienne de 9 ans qui a avorté de jumeaux, ensuite... Mon horreur devant ce drame est double. Parce que je ressens ce que n'importe quel être véritablement humain ressent aussi: de la révolte, de la pitié, de la peine, parce qu'on ne peut qu'imaginer le calvaire qu'a subi cette enfant, parce qu'on ne peut pas accepter la réaction froide et intransigeante d'une institution désuète qui excommunie une mère dont le choix était le seul possible pour sauver son enfant, et des médecins qui ont sauvé une vie au lieu d'en jeter trois par la fenêtre. Excommunication qui doit être d'autant plus cruellement ressentie, dans un pays très catholique comme le Brésil.

Et aussi parce que, en tant que catholique (même si je ne suis pas très orthodoxe), en tant que chrétienne, je ne comprends pas. L'Eglise m'a déjà déçue, j'ai déjà dit clairement que je ne suivais pas tous ses dogmes et que je la trouvais "en retard" sur notre temps. Mais là, il ne s'agit pas d'un mot malheureux, d'une incongruité. Il s'agit d'un refus terrible de toute charité, notion pourtant capitale dans ma religion. Il s'agit d'une condamnation péremptoire, là où Jésus de Narazeth prêche le pardon et l'amour. Il en aurait pourtant fallu, de l'amour et de la charité, dans une situation aussi difficile. Une fois n'est pas coutume, je vais être moi aussi péremptoire: l'évêque de Recife et le cardinal Re ne sont pas chrétiens.

Je ne comprends pas ce besoin de jeter de l'huile sur le feu. Etre contre l'avortement, c'est une position qui se respecte. Mais une fois que "le mal est fait", à quoi servent ces condamnations??? Comme beaucoup de prêtres l'ont heureusement compris, ce qui compte c'est de reconstruire, pas de détruire un peu plus encore! De comprendre, pas de repousser!

Je ne comprends pas non plus quand l'Eglise parle de respect de la vie. Qu'elle soit contre l'avortement, je trouve ça presque logique, même si son inflexibilité en toutes circonstances m'exaspère un peu, et que sa position sur la contraception me semble contradictoire. Mais ici, il ne s'agissait pas (comme le Cardinal Re l'a pourtant affirmé) de préserver la vie des jumeaux à naître! Il ne s'agit pas même de leur "droit à vivre", puisqu'ils n'auraient probablement pas survécu! Comment une fillette de 9 ans, pesant une trentaine de kilos, avec son corps d'enfant, aurait-elle pu porter à terme un enfant, qui plus est des jumeaux? Et si par "miracle" elle les avait mis au monde, elle y serait sans doute restée. Et enfin, quel Dieu voudrait qu'une petite fille accouche au péril de sa vie du double fruit de viols répétés??? Certainement pas le mien.

Et enfin, enfin, ce que je ne comprends pas, c'est l'horreur prononcée par le Vatican pour justifier la non-excommunication du violeur, en résumé: "le viol est moins grave que l'avortement". Je rappelle que l'avortement est puni automatiquement d'excommunication (sans qu'il y ait besoin de l'annoncer publiquement, l'évêque de Recife ayant probablement voulu se mêler ainsi du débat sur la dépénalisation de l'avortement, au Brésil) alors que le pire des violeurs ou des meurtriers ne reçoit aucune "sanction juridique" de la part de l'Eglise catholique... Cela fait écho à mes yeux à ce que je disais dans cet article sur la place des femmes dans l'Eglise: la souffrance d'une femme (quand ce n'est pas une enfant...) violée, meurtrie, détruite, compte moins que celle d'un embryon qui, qu'on le considère ou non comme un être humain, n'est pas encore venu au monde! Messieurs les grands prélats, vous qui n'avez pas même élevé d'enfant, tentez d'imaginer une seconde que vous ayez à élever celui d'un monstre, le rappel permanent du pire jour de votre vie? Il doit falloir beaucoup de force et d'amour pour ne pas haïr un enfant né ainsi, ou du moins pour ne pas regretter qu'il soit né... Beaucoup plus, certainement, que l'évêque de Recife n'en a montré! Oubliez un peu vos grands principes, et montrez un minimum de compassion!

@-°-@

Et puis, enfin, dernière en date, la déclaration du Pape sur le préservatif. Dieu que l'Eglise est nulle en communication! (je sais, "en vain mon nom tu ne citeras" mais là, quand même, zut!) Le Pape est allé en Afrique avec des choses à dire sur la corruption, sur la misère, et tout ce que le monde tout entier retiendra, c'est une phrase sur le préservatif, dont on ne sait même pas exactement si elle a été retransmise fidèlement. Qui était, de plus, soit symptomatique d'une méconnaissance ou d'un déni des réalités, soit très mal formulée.

Je crois avoir déjà dit dans d'autres articles ce que je pensais de la position de l'Eglise sur la contraception. En résumé: irresponsable et mal placée. Parce que le refus de toute contraception (car la seule qu'ils acceptent est la "contraception naturelle" basée sur la température et la prévision de l'ovulation, qui n'en est même pas vraiment une et a un taux d'échec impressionnant ; ou l'abstinence, qui n'est qu'un voeu pieux dans les temps qui courent) fait oublier le message principal: l'Eglise prône des relations sexuelles fondées sur le respect de l'autre (sens original du mot chasteté) et la fidélité, ce qui n'a rien de rididule. Or elle veut, à mon sens, mettre la charrue avant les boeufs: la contraception est, essentiellement, nécessaire parce que les relations ne sont pas respectueuses de cet "idéal" de l'Eglise. Ils devraient tous se concentrer sur la cause plutôt que sur les conséquences! Parce que sinon, les gens ne retiennent que le "pas de contraception", pas le "du respect dans le sexe". Un message négatif là où on devrait entendre un message d'espoir...

De plus, leur position sur le préservatif me semblait déjà criminelle auparavant, et ce qu'a dit le Pape ne fait que me renforcer dans cette idée. Des gens meurent tous les jours à cause du sida, sans parler de toutes les autres sympatiques maladies sexuellement transmissibles... Et l'Eglise continue à vivre dans sa bulle, à prôner l'abstinence. Alors quoi? Toute personne qui se "conduit mal", ou toute personne qui couche avec quelqu'un qui se "conduit mal", est punissable de mort??? Ne vaudrait-il pas mieux contribuer à "limiter les dégâts" en conseillant l'usage du préservatif, et s'occuper après des changements de moeurs?

Update! L'évêque d'Orléans remet en cause la fiabilité du préservatif (sur Yahoo News). Encore du pain bénit pour les journalistes, mais cette déclaration me semble moins scandaleuse, en ce qu'elle repose uniquement sur des considérations scientifiques (c'est-à-dire, le fait que le virus du sida soit plus petit qu'un spermatozoïde et pourrait donc, éventuellement, passer à travers le latex). Je ne connais rien au sujet, mais étant donné que la communauté scientifique semble vouloir nier toute possibilité que cela arrive, je précise tout de même qu'en plus des "accidents" où le préservatif craque, il arrive aussi qu'il y ait des lots défectueux, pas tout à fait imperméables, même pour les spermatozoïdes. La proposition de l'évêque de préciser sur les boîtes de préservatifs que ce n'est pas une contraception fiable à 100%, que ce soit pour les MST ou pour la fécondation, n'a donc rien d'aberrante à mes yeux... Puisqu'il s'agit ici d'informer les gens et pas de leur interdire sans s'expliquer comme si c'était un péché d'utiliser une contraception quelle qu'elle soit.

Résumons: l'Eglise est contre l'avortement et la contraception, parce qu'on ne doit pas empêcher un être humain futur ou possible. Mais dans ce cas, excommunions les couples qui ne couchent plus ensemble! Ainsi que tous ceux qui ne se rencontrent pas par un concours de circonstances, eux aussi tuent un enfant hypothétique!!! Je sais, c'est absurde, mais je me demande juste où est-ce que ce raisonnement s'arrête!

Je concluerai en posant une question toute simple: le Dieu tout puissant en lequel le Vatican croit, ne serait-il pas capable, si tant est qu'il souhaite faire naître un enfant dans un couple qui ne veut ou ne peut pas l'élever (et je me demande bien pourquoi une telle idée lui passerait par la tête), ne serait-il pas capable de contrer l'effet d'un comprimé, d'un morceau de latex?

@-°-@

Vous pouvez maintenant retourner à une activité normale!

Mes autres articles sur la religion:
L'Eglise, une bande de machos?
Mon Credo
Déclaration de foi
Questions de religions

mercredi 18 mars 2009

Conte de fée moderne, ou: Quand les industriels et les politiques jouent de concert aux apprentis sorciers

Peut-être avez-vous eu des échos des dernières polémiques sur les antennes relais GSM, notamment si vous lisez le Canard Enchaîné. Laissez-moi vous en livrer mon interprétation...

antenne GSM.jpg

En quelques semaines, plusieurs tribunaux différents ont tranché en faveur d'associations anti-antennes relais, qui luttent pour faire retirer, ou interdire, l'implantation d'antennes dans leur quartier ou ville, et cela au nom du principe de précaution (qui figure dans notre Constitution depuis quelques années, je le rappelle)

Principe de précaution, qui certifie qu'en cas de doute sur les conséquences d'un produit (substance chimique, ondes GSM...), on peut en interdire ou en limiter la diffusion pour ne prendre aucun risque, et cela jusqu'à ce que preuve soit faite de son inocuité, ou de sa dangerosité. On parle de ce principe par rapport aux antennes relais, mais aussi aux lignes haute tension, aux OGM, aux produits chimiques (pour ces derniers, c'est toujours aux victimes de prouver son effet est néfaste, pour qu'il soit retiré de la circulation...). Un exemple de sa non-application: l'amiante. Pas très rassurant pour moi qui ai une antenne relais pour ainsi dire au-dessus de la tête...

Mais quel est donc le problème posé par les antennes relais? Eh bien, le problème est justement qu'on n'en est pas sûr. Des études ont donné des résultats contradictoires (les plus rassurants venant étrangement d'équipes subventionnées par les opérateurs de téléphonie mobile...), l'une d'elle indiquant par exemple que des plants de tomate dépérissaient quand on les exposaient à certaines doses d'ondes émises par ces antennes... (et tout aussi bizarrement, le labo qui a mené ces expériences, à Clermont-Ferrand, a été fermé très rapidement...)

Je précise au passage que pour ce qui est des téléphones mobiles eux-mêmes, il n'y a plus aucun doute: il y a danger. Cancers, pour une utilisation intensive, mais aussi migraines, infertilité et autres menus désagréments. Votre portable émet des ondes qui le relient à une antenne relai, et cela, même quand vous ne l'utilisez pas (l'éteindre est la seule solution pour arrêter ces ondes). C'est pour cela qu'on conseille de ne pas le ranger dans une poche à même le corps, de ne pas dormir à côté d'un portable allumé, d'utiliser dès que possible un kit mains-libres (en éloignant le téléphone de votre corps), ou de ne pas coller le téléphone à votre oreille avant que la connexion avec votre correspondant ne soit établie (car c'est pendant la phase de connexion que les ondes émises sont les plus fortes). C'est aussi pour cela qu'il faut éviter au maximum de confier un portable à des enfants, plus fragiles...

Mais pour les antennes, pas de vraie preuve scientifique. On ne peut qu'émettre des hypothèses sur la dangerosité de l'exposition aux ondes, même sans le récepteur qu'est un téléphone portable. Il faut dire qu'il n'y a pas de réelle étude épidémiologique, et que les plaintes de personnes sachant qu'une antenne se trouve près de chez elles sont facilement contestables: symptômes psychosomatiques, mauvaise foi, coïncidences, plaideront les opérateurs.

Alors quoi, la question est-elle, comme la présente Martin Bouygues, de savoir si l'on veut ou pas utiliser des portables? Non, et il le sait parfaitement, et se permet de simplifier ainsi car il sait que son public est mal informé. Les scientifiques pensant que les antennes relais ont une influence néfaste sur le corps humain s'accordent à dire qu'une distance de sécurité de 200 à 500 mètres entre l'antenne et des zones "sensibles" (habitations, écoles, hôpitaux...) permettrait d'écarter le plus gros des risques. Rien n'empêcherait d'avoir du "réseau" sur les téléphones pour autant, en implantant les antennes dans des zones de campagne, par exemple.

Or c'est tout le contraire de la politique actuelle: on implante les antennes sur les églises, les écoles, au centre des bourgs dès que c'est possible. De plus, chaque opérateur installant ses propres antennes, on est exposé à cinq à dix fois plus d'ondes que nécessaire...

Pour reprendre la narration de mon conte de fées: en réaction aux décisions de justice, l'académie de médecine a fait une déclaration étonnamment rapide, tellement rapide qu'elle n'a pas même réuni une commission scientifique pour y réfléchir: les antennes n'ont aucune influence quelle qu'elle soit, et les juges sont des imbéciles. Peut-être pas dit de cette façon, mais en gros c'est ça.

Bon, les médecins ont le droit de ne pas s'entendre avec les juges, mais ça devient plus préoccupant quand notre Premier Ministre lui-même s'empresse de confirmer. D'abord parce que je n'ai pas connaissance d'un quelconque diplôme de biologie, médecine, épidémiologie, qu'il aurait gagné dans une pochette surprise ; ensuite, parce que la séparation des pouvoirs, base de notre démocratie gauloise, interdit au pouvoir exécutif (dont le Premier Ministre est un représentant) d'interférer avec les pouvoirs législatif (le Parlement) et judiciaire... Le pauvre Montesquieu doit se retourner dans sa tombe...

De plus, je suis effrayée par la facilité avec laquelle tous ces gens posent des dogmes, des sophismes, sans aucune honte. Qui sait combien de cancers pourraient être déclenchés par ces antennes, à long terme? Je ne peux pas affirmer qu'il y en aura un seul, mais j'attends aussi des autres, et particulièrement de la classe politique, qu'ils n'affirment pas le contraire. Et surtout pas dans le but quasi-avoué de protéger leurs copains PDG. Si Sarkozy ou Fillon deviennent amis avec les directeurs de Monsanto, sera-t-on obligé de manger des OGM à tous les repas?

mercredi 18 mars 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (2) |  Facebook | |

jeudi 12 mars 2009

L'Eglise: une bande de machos?

La polémique autour des propos de l'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois (qui a dit à la radio: "Le plus difficile est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête") relance le débat délicat de la place des femmes dans l'Eglise.

Tout d'abord, je dirais que s'il ne trouve pas de femmes compétentes dans le domaine qui le concerne, c'est qu'il cherche mal: plus de la moitié des diplômés en théologie sont des femmes...

Ensuite, je crois que si on confiait des rôles plus importants, plus reconnus, aux femmes dans la religion, que catéchumène (nom barbare que les enfants remplacent habituellement par "les dames du caté"), ça profiterait à tout le monde... Notamment en réglant le problème du déclin de la prêtrise, puisque les bonnes soeurs sont à elles seules plus nombreuses que les moines et les prêtres, en France...

Comment une religion peut-elle prétendre comprendre, et a fortiori représenter, toute une partie de l'humanité, si elle en oublie la moitié en route? Je ne me sens pas particulièrement flouée en tant que catholique du sexe féminin, mais je ne me sens pas non plus comprise. Et comment le serais-je? Tous les dirigeants de l'Eglise sont, par définition, des hommes...
Bon, en même temps, je ne me sens pas non plus très comprise en tant que jeune, les dirigeants de l'Eglise étant pour l'essentiel âgés, mais passons, les vieux ont été jeunes un jour ou l'autre ;)

Jean-Paul II, que j'apprécie par ailleurs beaucoup, a un jour dit, après avoir affirmé l'égalité de l'homme et de la femme: "mais la femme est tournée vers l'intériorité, le don de soi, l'accueil de la vie". Précision superflue, et quelque peu partiale. Car d'abord, quel homme, même aussi respectable et clairvoyant que ce pape, peut-il poser des dogmes sur le but des femmes? Je vais vous apprendre quelque chose, messieurs, elles n'en ont pas qu'un, leurs buts sont aussi pluriels que ceux des hommes.

De plus, cette phrase me laisse sceptique car dans ce cas, vers quoi sont tournés les hommes? L'extériorité, recevoir et l'accueil de la mort?!? Ce que je veux dire par là, c'est que cette "division des tâches" me paraît un peu simpliste. Car l'intériorité et le don de soi, n'est-ce pas déjà la définition de la vie monacale, pour les hommes comme pour les femmes?

Et puis pourquoi les femmes n'auraient-elles pas le droit de s'éloigner de ces rôles assignés? La génération '68, et ma génération peut-être plus encore, ne vont certainement pas se laisser faire, nous voulons tout, nous voulons choisir notre vie. C'est pourquoi ce genre de phrases m'indigne, et me fait rire tout à la fois - ou du moins me ferait rire, s'il n'y avait tant de gens pour y croire et s'y conformer...

Je n'ai pas particulièrement envie de faire de la spiritualité plus qu'un "loisir", mais je trouve anormal qu'une femme passionnée par ce domaine, qui aurait des choses à transmettre, à créer, doive se contenter de rôles prédéfinis (l'éducation des enfants à la religion par exemple, ou la vie monacale) ou trouver une religion plus tolérante (comme le protestantisme)...

Et que dire du mariage interdit aux prêtres, comme si les femmes restaient dans l'imagination catholique des pécheresses qui éloignent de Dieu, comme Eve et sa pomme... Mais s'il est si fort, Adam, il a qu'à résister à l'appel des sirènes! Comment l'amour d'une femme pourrait-il détourner de l'amour de Dieu? Et comment les liaisons cachées de certains prêtres peuvent-elles être plus morales qu'un mariage "en bonne et due forme"??? Mais je m'éloigne de mes moutons...

Alors quoi? Je ne vais pas cesser d'être catholique pour ça. Je m'éloigne certes des dogmes de l'Eglise dans ce domaine comme dans d'autres, et je me définis comme chrétienne, catholique pas très orthodoxe et souvent protestante comme je dis, mais catholique tout de même.

Simplement, je crois du fond de moi-même que ça ne pourra pas durer. Depuis des siècles jusqu'à il n'y a pas si longtemps, il était inenvisageable qu'une femme soit prêtre, tout comme elle ne pouvait pas être propriétaire ou même travailler sans l'autorisation de son mari. Rappelons que l'Eglise débattait à une époque de l'existence d'une âme chez les femmes... La société a évolué, et j'attends que l'Eglise fasse de même...

Pour finir, voici quelques petits sondages (n'hésitez pas à compléter vos réponses par des commentaires) :

texte de moi (docu Yahoo News et Pélerin) - sondages créés sur 123votez

jeudi 12 mars 2009 Publié dans Réflexions | Tags : église, eglise, catho, catholique, pape, archevêque, vingt-trois, femme | Commentaires (4) |  Facebook | |

vendredi 06 mars 2009

L'école, autrement

L'éducation est un sujet qui me passionne autant qu'il peut me révolter... Témoins à charge, mes articles déjà écrit à ce sujet, comme celui-ci, ou l'extrait de celui-là qui porte là-dessus.

C'est de plus un sujet dont nous discutons pas mal en famille, puisque mes parents ont tous les deux été profs, et que je suis bien placée pour en connaître les défauts... Sur lequel on a un avis bien posé, pas très politiquement correct - mais remettre l'éducation en question n'est pas politiquement correct à l'heure actuelle, de toute façon.

A mes yeux, c'est simple: le système actuel marche sur la tête, ne tourne pas rond et ne peut convenir qu'aux élèves "dans la moyenne". En-dessous, on n'arrive pas à suivre ; au-dessus, on s'ennuie. Dans les deux cas, on perd son temps et on ne bénéficie pas vraiment de la fameuse "égalité des chances", qui devrait fournir à tous les moyens d'exploiter son potentiel...

Et le plus grave, c'est peut-être quand on n'est pas assez éloigné de la moyenne pour être "gênant". Pas assez "nul" pour redoubler, pas assez "bon" pour sauter une classe - bien que limiter les possibilités d'adaptation au niveau de chacun, au redoublement et au saut d'une classe, me semble symptomatique d'un manque d'imagination et/ou de bonne volonté - on est condamné à rester "dans le système", et à végéter.

Le pire, c'est que ça n'apporte même pas un niveau correct à ceux qui sont dans cette foutue "moyenne": la France a un des pires scores d'Europe sur le niveau scolaire...

J'ai personnellement souffert de mon "trop bon niveau". J'ai d'ailleurs toujours eu conscience qu'il pouvait être mal considéré: je me rappelle d'un exercice de lecture en CP où j'avais fait semblant de ne pas connaître un mot, pour cacher que je lisais couramment à la maison, comme si c'était une honte... Plus tard, j'ai commencé à me rendre compte que je m'ennuyais trop, que le niveau n'était pas à la hauteur de ma soif d'apprendre: par exemple, en 4ème, j'ai été absente un mois au début de l'année, pour raisons de santé. Je n'ai eu de problèmes pour rattraper les cours qu'en maths, et encore, très provisoirement. En espagnol, que je commençais juste à apprendre, j'ai commencé à m'ennuyer dès mon retour...

Et à côté de ça, j'ai connu des tas de gens "moyens", ou plutôt en-dessous de la "moyenne", qui travaillaient ou non. Qui, même quand ils redoublaient, parfois, continuaient à ne pas comprendre, s'ennuyaient parce qu'ils connaissaient le programme mais n'arrivaient quand même pas à le maîtriser...

Un exemple venant de l'expérience de mon père en tant qu'instit de CP. Il y a plus de vingt ans, il a eu dans une classe un enfant plus jeune d'un an que les autres (il avait sauté une classe) et qui savait déjà lire couramment ; et un enfant qui redoublait et ne savait pas lire, car sa maîtresse de l'an précédent ne s'était pas aperçue qu'il connaissait par coeur le livre de lecture mais était incapable de déchiffrer un seul mot... Pendant toute l'année, mon père n'a pu qu'occuper le premier pendant les phases d'apprentissage de la lecture, et tenter de sauver les meubles pour le second, sans lui donner pour autant les moyens d'utiliser son extraordinaire mémoire...

Et quant au fameux "les bons tirent les mauvais vers le haut", j'ai déjà dit ce que j'en pensais et je le redis: c'est un peu facile de la part des profs de refiler leur boulot aux élèves. Enseigner n'est pas le rôle de ces derniers, ils ne sont pas qualifiés. Ils ont des devoirs à faire, ils doivent apprendre des choses, ils sont à l'école pour ça et pas pour jouer les profs particuliers. De plus, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'exemples de la réussite de ce principe: je n'ai vu une élève remonter de 9 à 12 de moyenne qu'une fois, certainement plus grâce à sa motivation que grâce à l'aide que j'ai pu lui apporter... Par contre, j'ai vu souvent des élèves bons ou très bons, se "laisser couler" parce qu'ils s'ennuyaient, voulaient s'amuser, ou craignaient d'être considérés comme des intellos...

Ben oui, c'est simple de critiquer! Mais c'est quoi la solution? Je ne peux qu'en proposer une sur laquelle j'ai pas mal réfléchi avec mes proches, une idée qui selon moi améliorerait les choses. Imaginez un système d' "acquis" à valider dans chaque matière. Par exemple, en français en 6ème: "connaître les règles de grammaire", "savoir rédiger un texte", "orthographier correctement tels mots"...

Chaque élève devrait alors valider tous les acquis de son niveau dans chaque matière avant de passer au suivant. Vraiment valider. Quelque soit le temps que ça prenne, deux années scolaires ou deux trimestres... Après ça, il passe à la "classe" suivante. Même s'il n'a pas validé les acquis des autres matières...

On pourrait ainsi "redoubler" en maths et continuer d'avancer en histoire... De plus, les professeurs sauraient exactement où en sont les élèves, et qu'ils ont les bases nécessaires pour le niveau du cours abordé... Selon moi, ce système pourrait s'appliquer au lycée, au collège, et pourquoi pas, dès le primaire...

Bien sûr, ce genre de système demanderait une organisation sans faille, avec une adaptation de l'emploi du temps des élèves au fur et à mesure de l'année, au fur et à mesure de leurs acquis. Ainsi qu'une collaboration entre les professeurs. Mais ces deux points sont-ils vraiment des inconvénients? Pas à mes yeux.

Voilà. Mais je ne me fais pas d'illusions: aucune modification sérieuse du système actuel ne sera faite avant que la situation devienne critique - ou encore plus critique qu'aujourd'hui? La faute aux grèves qui paralysent toute réforme, bonne ou mauvaise. Passe encore venant des profs, qui pour beaucoup veulent protéger leurs privilèges le plus longtemps possible - ma retraite, mon salaire! - mais ça m'horripile quand les lycéens manifestent sans savoir de quoi il s'agit, sans réfléchir au bien-fondé et/ou à la nécessité d'un changement - et ils le font souvent... On ne change pas un système qui ne marche pas!

Update 7-03-09:
Je ne peux pas m'empêcher de réagir à propos du tout nouveau site Faismesdevoirs.com. Tout d'abord, il me semble (mais je suis de parti-pris) que l'existence-même de ce type de site est symptomatique de problèmes dans notre système éducatif. Ca montre que les notes ont trop d'importance aux yeux de tout le monde, qu'on oublie le plaisir d'apprendre, et même simplement qu'on est là pour apprendre...
Ca montre aussi, selon moi, qu'il y a un problème par rapport aux devoirs à la maison. Qu'il y en a, soit trop, soit de trop compliqués pour la plupart des élèves. Moi-même, qui ai toujours travaillé vite, les devoirs me prenaient au moins une heure par jour dès la 6ème, sans compter le week-end... Imaginez alors ceux qui avaient de réels problèmes de concentration, de compréhension...
De plus, je m'avance peut-être mais le problème posé par ce site serait quand même bien moins grand si les profs arrêtaient de donner des devoirs maison notés à tout bout de champ. En donner c'est une chose, mais en complément de devoirs surveillés, et à coeff moindre si possible, pour relativiser les supers résultats obtenus... En philo par exemple, mes amies n'ont de notes que sur des disserts à faire à la maison. Bien sûr, il n'y a jamais 4h d'affilée de cours de philo pour faire une épreuve type bac, mais en maths aussi la durée de l'épreuve est 4h, pourtant il y a des devoirs en salle d'une ou deux heures, en préparation!
Et puis je réagis aussi à la réponse (complètement hors-sujet selon moi) de notre ministre de l'Education nationale, à l'ouverture du site: il "souhaite que ce ne soit pas par les revenus des parents que se fasse l'échec ou la réussite scolaire", sic. Par où commencer sur ce que cette phrase m'inspire... D'abord, "échec ou réussite": je ne crois pas qu'on puisse dire qu'un élève qui paye pour avoir un 18 soit en réussite scolaire.
Ensuite, ce "souhait" me fait l'effet d'un voeu pieux: bien sûr, dans un monde parfait, les revenus des parents ne joueraient aucun rôle. Mais le fait est que, par exemple, seuls les parents les plus aisés peuvent payer un prof particulier pour leur enfant. Est-ce pour cela qu'il faut interdire les cours d'aide? Ce serait idiot, ça ne ferait que niveler par le bas (mais en même temps, l'Education nationale fait souvent ça...) Pour que l'échec ou la réussite d'un élève ne dépende pas du niveau socio-économique de ses parents, il faudrait commencer par prodiguer des cours qui puissent suffire à tout le monde, et la conclusion que je tire de tout cela, c'est que c'est loin d'être le cas...

texte de moi écrit le 10-02-09

vendredi 06 mars 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (2) |  Facebook | |

lundi 02 mars 2009

Le beau genre humain

Au cas où l'ironie du titre vous aurait échappé, je précise que je ne tiens pas le genre humain en haute estime. Enfin, ça dépend des jours, parfois je me surprends à espérer, mais aujourd'hui c'est un jour cynique, deal with it...

Le beau genre humain est apparu il y a 200 000 ans environ, sous le joli nom d'Homo Sapiens (ou, hypothèse généralement appréciée par les scientifiques, il y a tout juste 6000 ans, si l'on en croit certains créationnistes) et s'est vite pris pour le roi du monde. Il a soumis les animaux, la nature. Qui ne sont là que pour le servir. L'homme a longtemps cru qu'il en était de même de la femme, mais ce n'est plus d'actualité depuis des lustres - il n'y a qu'à voir le regard plein de considération qu'il lui jette en même temps que des pierres, coutume charmante de certains pays, que je vous conseille vivement pour partir en vacances - surtout si vous portez une paire de seins...

Le beau genre humain est évolué. C'est pour ça qu'on ne peut pas le comparer avec les animaux, vous pensez bien. Les animaux n'ont pas créé la civilisation, ni les usines, ni la bombe nucléaire, y a pas photo. Quels cons, ces animaux. Même pas foutus de se défendre correctement contre les braconniers, même quand il s'agit de la survie de leur espèce...

Le beau genre humain se croit le centre du monde. Ca s'appelle l'anthropocentrisme, en mots simples, ça veut dire qu'il a le droit de tout faire sans se préoccuper des conséquences - sauf celles qui l'affectent, lui. La plupart du temps, il ne voit aussi les choses qu'à travers sa manière de faire et croit que c'est sa civilisation la meilleure - c'est l'ethnocentrisme. Il est aussi souvent égocentrique - là, il se fout carrément de ce qui arrive à ses semblables. Il faudrait inventer le mot pour dire qu'il n'a rien à faire non plus de ce qui arrivera à ses descendants - épococentrisme, peut-être? Bref, vous l'aurez compris, en général, il est centré sur son nombril.

Le beau genre humain fait l'amour et fait la guerre. Les deux se ressemblent souvent dans son esprit. Il promet l'amour éternel et au bout de deux ans, c'est la guerre - enfin, dans ce cas-là, ça s'appelle le divorce. Il profite des retombées de guerres à l'autre bout du monde, mais a quand même la bienséance d'essuyer larme de crocodile en voyant les cadavres au JT de 20h...

Le beau genre humain a fait plein de progrès. Vous saviez, vous, qu'en 200 ans, il a réussi à augmenter de 30% un taux de CO2 atmosphérique qui était stable depuis des dizaines, des centaines de milliers d'années au moins? A multiplier par 40 à 60 le taux d'extinction des mammifères et oiseaux? (merci à mon cours d'SVT pour ces informations très rassurantes) Ah ça oui, il peut être fier: il est le tout premier élément non géologique (comme le volcanisme) ou externe (comme une météorite) à pouvoir modifier l'environnement terrestre, et prétendre un jour au titre d'agent provocateur d'une crise biologique majeure (la 6ème depuis l'apparition de la vie, il y a 3,8 milliards d'années...)

Le beau genre humain joue les désolés, mais n'est pas très convaincant. Il continue à agir en nombrilocentriste, même en sachant quelles peuvent être les conséquences à assez court terme - ne serait-ce que dans 50 ans... Il fait comme s'il s'en voulait, mais ça l'arrange de croire qu'il ne peut rien changer.

Le beau genre humain panique un peu de temps en temps, mais seulement pour sa pomme: zut alors, mon lotissement a été construit avec des déchets nucléaires... (authentique!) Oh flûte, mon pied à terre est dans les zones qui seront touchées par la montée des eaux d'ici à ma retraite... Il s'inquiète de temps en temps pour ses enfants, mais si peu. Il se fout totalement de la planète, des animaux, des végétaux, de la vie. Il fout tout en l'air, et alors? Tout ça lui appartient.

Et peut-être, avec un peu de chance, pourra-t-il partir en vaisseau spatial rejoindre une planète toute neuve, avant que l'actuelle soit complètement détruite... Une arche de Noé nouvelle finalement... Pour continuer ailleurs...

Un conseil, Dieu: si tu nous rejoues l'arche de Noé, oublies d'embarquer les passagers humains, ça t'épargnera bien du souci...
Un conseils, les petits hommes verts: évitez de venir nous coloniser, ou alors instaurez un régime écologique totalitaire...

Et si on était la seule chance, la seule planète où la vie a pu et pourra jamais naître? Et si le terrocentrisme, lui, était justifié? Et si on était en train de détruire, non seulement nous, non seulement toutes les espèces animales, végétales, toute la vie de notre planète, mais aussi la seule étincelle de vie qu'il y a et qu'il y aura jamais eu...
Nevermind. Retournons à notre production de CO2 et de déchets radioactifs à la chaîne... Et dormez bien, cette nuit. ;p

texte de MOI écrit le 9-02-09

lundi 02 mars 2009 Publié dans Réflexions | Commentaires (8) |  Facebook | |