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samedi 29 octobre 2016

La Toussaint, Halloween, le Jour des Morts et Samain

« L’obscurité s’est abattue le jour d’Halloween. Nous nous sommes couchés au son du vent hurlant et de la pluie battante, et à notre réveil le jour de la Toussaint, tout était blanc et de gros flocons duveteux tombaient, tombaient dans un silence ininterrompu. […] C’est le moment où les frontières s’estompent, où les morts bien-aimés se rapprochent de nous. Le monde se recroqueville sur lui-même, et l’air glaçant s’épaissit de rêves et de mystères. »

“The dark came down on All Hallows’ Eve. We went to sleep to the sound of howling wind and pelting rain, and woke on the Feast of All Saints to whiteness and large soft flakes falling down and down in absolute silence. […] This is the thin time, when the beloved dead draw near. The world turns inward, and the chilling air grows thick with dreams and mystery.”

(Diana Gabaldon, A Breath of Snow and Ashes)

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Une même origine pour la Toussaint, Halloween et le Jour des Morts

Ces trois fêtes qui ont lieu entre le 31 octobre et le 2 novembre sont liées. Mais saviez-vous qu’au départ, la Toussaint était fêtée en mai ? D’ailleurs, les églises orthodoxes célèbrent toujours le Dimanche de Tous les Saints une semaine après la Pentecôte, c’est-à-dire en général en juin. Ce n’est qu’au IXème siècle que le pape Grégoire IV décide de déplacer la Toussaint au 1er novembre, date qui n’est pas anodine comme nous le verrons ensuite.

Halloween, fête célébrée le 31 octobre, n’est arrivée que récemment en France sous des atours très marketing, mais c’est en réalité une tradition très ancienne qui trouve elle aussi son origine dans la fête de la Toussaint. C’est étymologiquement « la veille de la Toussaint » : Halloween est une forme contractée de « All Hallows’ Eve », « hallow » était un mot ancien pour « holy » et pour « saint » (respectivement « saint » comme adjectif et comme nom). La Toussaint peut d’ailleurs se dire en anglais « All Hallows’ Day » tout comme « All Saints’ Day ».

La dernière date qui complète cette trilogie est le 2 novembre, la Commémoration des fidèles défunts, et au Mexique le Día de los Muertos (Jour des Morts). Dès le IXème siècle, la Toussaint est suivie par endroits d’un office des morts, officialisé au Xème siècle par les moines de Cluny, et qui entre dans la liturgie de l’Église catholique au XIIIème siècle sous le nom de Commémoration des fidèles défunts.

Pour autant, en France comme en Belgique et au Luxembourg, c’est le plus souvent le 1er novembre qu’on va fleurir les tombes de la famille d’un pot de chrysanthèmes. Cela s’explique simplement par le fait que le 1er est un jour férié, contrairement au 2, et peut-être par une confusion entre la Toussaint, théoriquement dédiée aux saints et martyrs, et le Jour des Morts, dédié à tous les défunts.

Au Mexique, en revanche, c’est le Jour des Morts qui prend le plus d’importance. El Día de los Muertos, le 2 novembre mais dont les célébrations sont parfois prolongées du 31 octobre au 2, voire sur toute une semaine localement, se distingue par son côté festif tout en restant, contrairement à la version moderne d’Halloween, étroitement liée à la mémoire des défunts. Les Mexicains visitent les tombes, les nettoient et les fleurissent comme nous le faisons à la Toussaint, mais de façon très festive, et ils leur apportent des offrandes en nourriture par exemple. Traditionnellement, les festivités commencent par des offrandes aux « angelitos » (les enfants morts, littéralement « petits anges »), puis aux adultes.

Il est intéressant de noter qu’en anglais, cette trilogie a pour nom Allhallowtide (littéralement la saison de tous les saints) : All Saints’ Eve (Halloween), All Saints’ Day (ou All Hallows’ Day) et All Souls’ Day, c’est-à-dire la Veille de Tous les Saints, le Jour de Tous les Saints et le Jour de Toutes les Âmes.

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Fêtes des Morts et rites païens

Revenons aux origines : au VIIème siècle, le pape Boniface IV instaure à Rome une commémoration de tous les martyrs, le 13 mai. Notons que « martyr » vient du grec μάρτυς qui signifie « témoin » et a été utilisé pour désigner les personnes (et à l’origine, les chrétiens) qui préféraient sacrifier leur vie que de renoncer à leur foi, quand on ne leur laissait le choix qu’entre la conversion et la mort.

Cette date n’était pas anodine, même s’il s’agit officiellement du jour anniversaire de la dédicace de la nouvelle église installée dans le Panthéon de Rome. Il semble qu’avant même l’instauration de la Toussaint, diverses communautés chrétiennes célébraient déjà les martyrs aux environs de cette date depuis plusieurs siècles – il y eut en effet de très nombreux martyrs aux débuts de la religion chrétienne, et il devenait compliqué d’honorer chacun d’entre eux à une date différente.

Pourquoi à ce moment-là ? Il se trouve que les 9, 11 et 13 mai, les Romains célébraient la fête des Lémures (Lemuria), les âmes des morts de la famille. Des rites permettaient d’apaiser ces âmes et d’éviter qu’ils hantent les vivants. Chaque père de famille, à minuit, devait effectuer un rite codifié qui incluait de se laver les mains et de jeter derrière lui des fèves noires, offrandes aux Lémures.

Le transfert de la Toussaint du 13 mai au 1er novembre n’est pas non plus le fruit du hasard : les peuples celtes célébraient à cette date l’une de leurs quatre grandes fêtes, Samain (ou Samhain). Cette fête qui semble extrêmement ancienne (certaines traces archéologiques indiquent l’importance de cette date au néolithique vers -3000 ou -2500) est particulièrement attestée en Irlande mais a existé chez les Celtes au sens large, notamment les Écossais ainsi que chez les Gaulois, où l’on retrouve la mention des « trois nuits de Samonios », en latin « tri nox samoni » pendant le mois de Samonios qui correspondait approximativement à novembre.

Samain marquait la fin des récoltes, le retour des troupeaux qui ont passé l’été au pâturage, et le début de la « moitié sombre » de l’année, à mi-chemin entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver (dont nous avons vu l’importance dans l’article Noël, la Nativité et le solstice d’hiver). Il semble que les fêtes celtiques les plus importantes de l’année étaient Samain et son opposé, Beltaine (ou Beltane), le 1er mai, qui correspondait au contraire au début de l’été, moment où on emmène les troupeaux vers les pâturages d’été et où on demande donc aux esprits de les protéger ainsi que les semailles.

Ces deux fêtes avaient une grande importance spirituelle : en effet, les Celtes croyaient qu’à ces périodes, la frontière entre notre monde et « l’autre monde » s’estompe et peut être plus facilement traversée. Cet « autre monde » (Otherworld en anglais, Tír nAill en gaélique irlandais, Annw pour les Gallois, que l’on peut rapprocher d’Avalon dans la légende arthurienne), c’est celui des dieux, des esprits, des fées, des défunts. À Samain comme à Beltaine, on allume des feux de joie, considérés comme purificateurs et protecteurs, et on fait des offrandes aux esprits. Beltaine reste pour autant largement centré sur les vivants. Mais à Samain, peut-être à cause du retour prochain de l’hiver et de l’obscurité, l’attention portée aux esprits des morts va plus loin, pour qu’ils nous aident à survivre aux mois qui vont suivre et ne nous hantent pas pendant cette période sombre et terrifiante. On les invite à partager les repas, chaque famille prévoyant de la place à leur table pour leurs proches défunts ; des offrandes en nourriture et en boisson étaient disposées dehors pour les âmes égarées.

Une autre tradition qui devrait vous rappeler quelque chose, attestée au moins depuis le XVIème siècle en Irlande, en Écosse et au Pays de Galles, consiste à se déguiser pour aller de porte à porte demander de la nourriture (souvent des noix ou des pommes) en échange d’un poème ou d’une chanson. Il s’agirait de l’évolution d’une coutume où les personnes déguisées représentaient les esprits des morts et acceptaient des offrandes en leur nom ; le costume peut aussi avoir été considéré comme une protection qui duperait les esprits mal intentionnés. 

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Syncrétisme, stratégie & Saints

Voilà donc encore un bel exemple de syncrétisme : la fusion de traditions de différentes cultures et religions. Comme nous en avions parlé dans l’article Noël, la Nativité et le solstice d’hiver, l’Église catholique a su l’utiliser de façon stratégique à ses débuts, en christianisant des traditions plus anciennes.

Superposer une fête chrétienne sur la fête des Lémures ou sur Samain, cela permettait une plus grande adhésion des récemment convertis, tout en limitant au fil du temps les pratiques les plus « hérétiques »…

La notion même de Saints, centrale dans cette fête de la Toussaint, n’est jamais qu’une adaptation de la myriade de dieux et déesses des païens. C’eut été trop déstabilisant de ne plus prier qu’un seul Dieu (assimilé au dieu suprême, Zeus par exemple), alors au lieu de prier les déesses vierges grecques comme Athéna ou Artémis, on prie Marie ; au lieu de prier la déesse maternelle Dana chez les Celtes, on prie Sainte Anne… Si le sujet vous intéresse, je vous recommande un article passionnant sur le pagano-christanisme (dernier lien ci-dessous).

Et pour (re)lire mon article sur Noël et le solstice d’hiver, c’est ici.

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N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous connaissez d'autres traditions, ou pour raconter vos souvenirs liés à ces fêtes !

L'an prochain à cette période, je pensais m'intéresser aux citrouilles lanternes (jack-o'-lantern) et/ou à l'arrivée de Halloween dans différents pays, des origines à nos jours. Qu'en dites-vous ?

Et pour mon prochain article mythologique, des idées, des préférences ? Thanksgiving ? Mardi Gras ? le 1er mai et Beltaine ?...

 

Sources :                                                              Images :

fr.wikipedia.org                                                    Pixabay (CP0 Public Domain)

Encyclopædia Britannica                                     sauf la 3ème : juillet 2016, © mari6s

Universalis

frederic.simon1.free.fr

http://thomasferrier.hautetfort.com/archive/2014/12/14/de-la-christianisation-des-divinites-paiennes-du-pagano-chri-5510630.html

mercredi 23 décembre 2015

Noël, la Nativité et le Solstice d'hiver

« Le côté mythique de Noël me plaisait. Ses origines qui remontent bien plus loin que Jésus, jusqu’aux rites de peuples qui nous sont étrangers. La célébration du solstice d’hiver. L’arrivée de la lumière au moment le plus sombre. »

“I liked the myth elements of Christmas. The way in which its origins reach back far beyond Jesus, to the rituals of people unknown to us. The celebration of the winter solstice. The coming of light in the darkest time.”

(Helen Brann, Silent Night)

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La légende de Noël et de l’Épiphanie

Noël célèbre la naissance de Jésus à Bethléem, dans une étable. Selon l’évangile de Luc, Joseph et sa femme Marie, sur le point d’accoucher, étaient en route pour se faire recenser dans la ville natale de Joseph, Bethléem, et n’ont pas trouvé de place à l’auberge. Les interprétations ultérieures affirment que Marie a ensuite placé l’enfant dans une mangeoire ou auge de pierre, cripia en latin, d’où le mot crèche. D’autres versions apocryphes parlent d’une grotte et non d’une étable.

L’enfant Jésus est alors adoré par l’âne et le bœuf, par les bergers, puis par les Rois mages (le grec μάγοι signifie en fait « sage ») qui sont selon les versions rois ou simples savants et dont l’arrivée est célébrée par le Jour des Rois, ou de son nom savant l’Épiphanie. Venus de l’Orient en suivant une étoile, ils apportent au « roi des Juifs » des cadeaux : l’or, l’encens et la myrrhe. L’évangile selon Matthieu est le seul des quatre évangiles canoniques à mentionner ces mages, dont il ne précise ni le nombre ni le nom. L’idée qu’ils sont trois rois et les noms généralement retenus de Melchior, Balthazar et Gaspard n’apparaissent qu’entre le IIIème et le VIème siècle.

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Fêtes de la Nativité et rites païens

Si Noël apparaît aujourd’hui comme une fête capitale pour l’ensemble des religions chrétiennes, elle n’est en fait apparue qu’au IVème siècle. En effet, la naissance du Christ avait beaucoup moins d’importance aux yeux des premiers Chrétiens que sa Résurrection, événement central et fondateur de la foi chrétienne. Pâques est attestée dès le IIème siècle, même si les différentes églises chrétiennes ne s’accordaient pas sur les dates – c’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui dans une moindre mesure.

Ce n’est que tardivement, à partir du IVème siècle, que les Chrétiens ont commencé à célébrer la naissance de Jésus. Aucune information précise n’existant sur sa date de naissance réelle, il fut décidé de faire concorder les célébrations avec le solstice d’hiver, moment de l’année où la nuit est la plus longue et à partir duquel les journées commencent à s’allonger, ce qui en fait par extension le retour de la lumière et du soleil. Une décision symbolique, le Christ étant considéré comme la « Lumière du monde » dans l’évangile selon Jean, mais aussi très stratégique. En effet, elle a permis de christianiser le culte romain de « l’anniversaire du soleil triomphant » (dies natalis solis invicti, Sol Invictus étant une divinité romaine inspirée d’Apollon et du dieu indo-perse Mithra ; « natalis » s’est ensuite déformé pour devenir « Noël »), la célébration de Midwinter chez les Celtes (les Britanniques ont longtemps utilisé midwinter comme synonyme de Noël), ou encore Yule, Jól ou Jul chez certains peuples germaniques et nordiques (qui ont souvent conservé le même terme pour désigner Noël, comme les Islandais avec Jól ou les Norvégiens avec Jul).

Il est intéressant de constater que l’Épiphanie (du grec Ἐπιφάνεια, manifestation, apparition), dont les premières célébrations par l’Église d’Orient précèdent celles de Noël, a une histoire similaire. La date du 6 janvier fait en effet également partie du cycle du solstice d’hiver. La nuit du solstice, la plus longue de l’année, le 21 ou 22 décembre, annonce le rallongement des jours, qui commence à être sensible début janvier. L’Épiphanie prend un sens différent dans l'Église orthodoxe : elle s'appelle généralement Théophanie (manifestation de Dieu) et célèbre le baptême de Jésus dans le Jourdain.

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Symboles païens pour des fêtes chrétiennes

Fin décembre, les Romains célébraient pendant sept jours les Saturnales, avec des traditions de tirage au sort qui évoquent nos fèves actuelles (parfois un peu plus sordides, comme le tirage au sort d’un condamné à mort comme « roi » le temps des célébrations, ce qui n’empêche pas qu’il soit exécuté ensuite ; ou encore, l’inversion des rôles entre maîtres et esclaves pendant les Saturnales). La traditionnelle galette des rois est également un vestige païen, évoquant le soleil par sa forme ronde et sa couleur dorée (comme d’ailleurs les crêpes de la Chandeleur, moment où les jours s’allongent également de plus en plus vite).

Autre symbole païen, l’arbre de Noël. L’arbre a toujours eu une symbolique de vie et de renouveau de la vie, comme le montrent les nombreuses mythologies fondées sur un Arbre-Monde ou arbre cosmique (comme par exemple Yggdrasil, que j’évoque dans cet article sur la mythologie nordique). Au moment du solstice d’hiver, les arbres à feuilles persistantes et notamment les sapins ont une place importante dans la symbolique de renaissance. Selon l'Encyclopædia Britannica, on retrouve chez les Égyptiens, Chinois et Hébreux antiques l'utilisation de couronnes et de guirlandes réalisées avec des arbres à feuilles persistantes, pour symboliser la vie éternelle. Cette vénération des arbres survit souvent à l’arrivée du christianisme, on peut par exemple penser à la bénédiction des rameaux (ou des palmes dans le Sud de la France) le dimanche qui précède Pâques, ce qui rappelle l’habitude qu'avaient les Romains de décorer leur maison avec des branches de laurier ou d’olivier pour chasser les mauvais esprits. Dans les coutumes scandinaves de Yule, une coutume similaire persiste avec des branches de conifères, de gui ou de houx.

L’arbre décoré tel que nous le connaissons aujourd’hui serait apparu à la Renaissance dans les contrées scandinaves et germaniques, tout d’abord dans les hôtels de ville, orné de noix, de dates, de pommes et de friandises que les enfants « cueillaient » le jour de Noël. Après la Réforme protestante, la Contre-Réforme cherche à conserver ses fidèles en les soudant autour de la célébration de la Nativité et les encourage donc à installer une crèche miniature chez eux. On voit en réaction apparaître des sapins décorés chez les familles protestantes, qui se distinguent ainsi des familles catholiques.

À partir du XIXème siècle, l’arbre de Noël n’est plus considéré comme une tradition uniquement protestante mais plus largement germanique. La coutume se répand progressivement en Europe, tout d’abord dans les cours royales et la noblesse. Le premier sapin de Noël apparaît en France en 1837 à l’initiative de la Duchesse d’Orléans, d’origine allemande. De la même façon, la cour royale britannique suit cette coutume à partir de 1800 sous l’influence de la reine Charlotte, elle aussi d’origine allemande. Sa petite-fille, la future reine Victoria, grandit avec cette coutume et contribue à la populariser à partir des années 1840.

Des colons allemands l’exportent également en Amérique du Nord au XVIIIème siècle. En France, ce sont les Alsaciens quittant leur région, devenue allemande après la guerre de 1870, qui répandent la coutume du sapin de Noël dans le reste de l’hexagone.

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Et les cadeaux alors ?

En Espagne, ce sont les Rois mages (los Reyes magos) qui apportent les cadeaux le 6 janvier. On retrouve là toute la signification symbolique du cadeau, censé représenter pour les Chrétiens l’or, l’encens et la myrrhe offerts à l’enfant Jésus.

Cela dit, là encore on peut remonter bien plus loin : il semblerait que certaines fêtes païennes comme les Saturnales ou Midwinter pouvaient être l’occasion d’offrir des cadeaux comme des bougies, ce qui ramène à la symbolique de la lumière, ou encore des fruits secs et des noix. Cela se comprend d’autant mieux que les mois suivant le solstice d’hiver sont les plus froids, ceux où l’on puise dans les réserves de nourriture.

En France, traditionnellement, pendant longtemps, c’était pour les étrennes que l’on faisait des cadeaux aux enfants dans les familles les plus aisées. Le transfert en masse vers le 25 décembre remonte au XIXème siècle, quand Noël est devenu une fête véritablement familiale. Le cadeau, là aussi, a longtemps été principalement alimentaire : une orange ou une sucrerie.

Dans le monde anglo-saxon, le lendemain de Noël ou Boxing Day a longtemps été l’occasion de distribuer des cadeaux aux plus pauvres – par exemple, les aristocrates aux domestiques et aux métayers, ou les employeurs à leurs employés… De nos jours, c’est surtout le jour des soldes post-matin de Noël !

Quant aux figures mythiques apportant les cadeaux, comme le Père Noël ou Saint Nicolas, elles aussi ont des origines fort intéressantes, si bien qu'elles méritent tout un article. Je vous en parlerai peut-être l’année prochaine !

Sources :

fr.wikipedia.org et en.wikipedia.org

Encyclopædia Britannica

Évangiles selon Jean, Luc et Matthieu

www.liturgiecatholique.fr

theweek.com

www.noel-vert.com

Images :

Fotolia

Sauf la première : décembre 2012,
© mari6s

 

 

 

samedi 02 juillet 2011

Légende bretonne: Saint Cornély

Mon séjour en Bretagne m'a pas mal inspirée pour l'écriture et le dessin, et notamment le premier dessin que j'aie terminé depuis un sacré bail, illustrant la légende de Saint Cornély:

Saint Cornély, qui fuyait les Romains, arriva en Bretagne et se retrouva coincé au bord de la côte. Il s'arrêta pour prier et Dieu pétrifia ses poursuivants, qui devinrent les menhirs de Carnac.

En partant de là, j'ai griffoné des silhouettes sans avoir dans l'idée de le finaliser tout de suite, et finalement je l'ai passé à l'encre le jour même et aux pastels le lendemain. Dessiner des hommes, et des paysages, n'est pas vraiment ma tasse de thé, donc je suis d'autant plus contente de moi. J'ai ajouté une fée/ange/elfe pour illustrer le mélange dans ce mythe d'éléments chrétiens et païens.

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16 et 17 juin 2011

vendredi 06 août 2010

Yggdrasil & les Neuf Mondes - les créatures - le Wyrd - le Ragnarök

Voici quelques bases de mythologie nordique, la conception du monde partagée par les Européens du Nord (Islande, Norvège, Suède, Danemark...) avant le IIème siècle avant J.C. et jusqu'après l'arrivée des premiers chrétiens vers le Xème siècle.

Yggdrasil & les Neuf Mondes

Dans la mythologie nordique, Yggdrasil, l'Arbre Monde ou arbre cosmique, soutient et abrite les neuf mondes. Ce nom signifie "destrier du Redoutable", le Redoutable Ygg étant le Dieu Odin.

Les trois mondes au niveau le plus haut sont:

  • Asgard (Gotheim), royaume des Ases (les Dieux principaux) ; c'est là que se trouve le Walhalla.
  • Vanaheim, royaume des Vanes (les Dieux secondaires).
  • Alfheim (Lightalfheim), royaume des Elfes (lumineux ou clairs).

Les trois mondes au niveau central sont:

  • Midgard ou Mitgard (Mannheim), royaume du milieu, monde des Hommes.
  • Utgard (Jötunheim), royaume des Géants.
  • Svartalfheim (Nidavellir), royaume des Nains (Elfes noirs ou sombres).

Les trois mondes au niveau le plus bas sont:

  • Niflheim, monde des brumes et de la glace.
  • Muspellheim, monde du feu.
  • Hel (Helheim, Nibelheim), royaume des morts (mais ceux qui meurent en guerriers reposent au Walhalla).

Yggdrasil serait un gigantesque frêne à trois racines (la première provenant de la source de Hvergelmir, dans Niflheim, gardée par le dragon Nidhöggr ; la seconde de la fontaine de Mimir, en Utgard, gardée par un géant ; la troisième du puits d'Urd, en Asgard, gardé par trois Nornes).

On peut regrouper ces mondes par couples de principes opposés (à part Midgard, qui représente l'équilibre): Niflheim et Muspellheim (la glace/le feu, le froid/la chaleur), Asgard et Helheim (la mort guerrière/les autres morts), Alfheim et Svartalfheim (les Elfes lumineux/les Elfes sombres, la lumière/l'obscurité), Vanaheim et Utgard (Vanes/Géants, création/destruction).

Les Ases et Asynes (Dieux et Déesses), habitant Asgard, sont tous associés ou apparentés à Odin, leur chef, qui a créé le monde avec ses frères à partir de la chair et du sang du géant Ymir. Entre autres, il y a Thor, Hermod, Heimdall, Frigg et Syn. Ils ne seraient apparus qu'après les invasions indo-européennes alors que les Vanes faisaient vraisemblablement l'objet d'un culte antérieur ; de plus, les Ases étaient plus priés par les aristocrates alors que les Vanes l'étaient par les paysans vikings.

Les Vanes (nom signifiant "les brillants"), habitant Vanaheim, sont le second groupe de dieux de la mythologie nordique, s'occupant plus précisément de la fertilité, de la sagesse et de la magie. Ils existaient dans les mythes avant l'apparition des Ases, comme en attestent notamment leur ancrage plus profond dans les toponymes. Njörd, Gersimi, Oder et Nerthus font notamment partie des Vanes.
Après une guerre contre les Ases, une trêve fut conclue et scellée par l'échange d' "otages" (qui changent en fait de groupe) ; les Vanes sont ensuite souvent considérés comme un sous-groupe des Ases.

Les Elfes ou Alfes (lumineux/clairs), habitants de Alfheim, sont des demi-dieux associés à la fertilité et au culte des ancêtres, décrits comme très beaux.

Les Géants ou Jötunn, vivant en Utgard, sont à la fois les prédécesseurs, les ancêtres et les ennemis des Dieux ; de nombreux mariages mixtes ont également lieu. Ils représentent le chaos, les forces de la nature - alors que les Ases et les Vanes symbolisent l'ordre. Ils sont grands - mais pas particulièrement plus que les Dieux ; leur apparence est souvent horrible (griffes, crocs, parfois plusieurs têtes). Très anciens, ils sont aussi associés à une sagesse antique. Quelques noms de Géants: Ymir, Surt, Suttung, Gunnlod, Aegir (Géant personnifiant la mer et souvent présenté comme un Dieu)... Certains considèrent qu'ils ne font qu'un avec les Trolls.

Les Nains ou Elfes/Alfes Noirs/Sombres, habitant Svartalfheim, sont de petits êtres habiles et dotés d'une grande sagesse, vivent sous terre ou dans les rochers et ne supportent pas la lumière du jour, qui les font se transformer en pierre. Les Alfes Noirs sont presque toujours assimilés aux Nains, cependant les Alfes Sombres sont parfois considérés comme une catégorie à part liés plus particulièrement au culte des morts mais vivant également sous la terre. Dans la mythologie germanique, on les appelle Nibelungen.

Le Wyrd (ou Örlog) et les Nornes

Toutes les créatures des Neuf Mondes (même les Dieux!) sont régies par le Wyrd, le destin, une toile infinie tissée par les trois Nornes et dont chaque fil représente un être ou un objet (même les plantes ou les pierres ont un destin selon la pensée nordique).

Cette toile vibre au fil des morts et des naissances, et les fils dépendent les uns des autres, chacun étant affecté par des évènement en affectant d'autres par effet domino. Cependant, les Vikings ne considèrent pas le destin comme une chose figée et croient que l'on peut toujours le modifier ou du moins en infléchir le cours, grâce aux devins qui interprètent les vibrations du Wyrd.

Les Nornes sont les déesses du destin ; elles sont assez nombreuses, mais les principales sont les trois soeurs Urd, Verdandi et Skuld, qui gardent le puits d'Urd (le puits du destin) dont elles tirent l'eau pour arroser les racines d'Yggdrasil. Selon l'étymologie, Urd est "ce qui est advenu", Verdandi "ce qui est en train de se passer" et Skuld "ce qui devrait arriver". Elles sont l'équivalent des Parques romaines ou des Moires grecques, elles aussi parfois représentées comme des fileuses ; mais alors que ces dernières sont plutôt personnifiées par des femmes très âgées, les Nornes apparaissent comme de belles jeunes femmes.
Lorsqu'ils servent d'agents du destin, certains Elfes, Nains ou Dieux sont appelés Nornes.

Le Walhalla (Valhalla, Valhalle, Valhöll) et les Walkyries (Valkyries)

Le Walhalla est le palais d'Odin aux 640 portes, l'équivalent viking du Paradis, réservé à ceux qui meurent au combat (les autres finissant dans Hel, équivalent des Enfers gréco-romaines) et se trouvant à l'intérieur-même d'Asgard. Là, les guerriers se battent, s'entretuent et renaissent pendant la journée ; et la nuit ils boivent l'hydromel venant de la chèvre Heidrun, mangent la chair du sanglier Saehrimnir et s'amusent.

Ce sont les Walkyries (aussi surnommées les Vierges d'Odin) qui survolent les champs de bataille pour emporter les guerriers valeureux jusqu'au Walhalla. Divinités mineures, elles sont jeunes, belles et musclées. En dehors des combats, elles prennent l'apparence de filles-cygnes. Brunehilde, Hilde, Sigrun et Svafa sont des Walkyries.

Le Ragnarök

Le Ragnarök est la fin du monde prédite par la mythologie nordique, une sorte d'Apocalypse qui doit voir s'affronter Dieux et Géants, dont la plupart mourront ainsi que la quasi-totalité des Hommes. Cette bataille finale, annoncée par trois hivers successifs sans soleil, doit avoir lieu sur la plaine de Vigrid.

Puis une série de catastrophes naturelles doit détruire le monde avant que les Dieux survivants ne rencontrent le dernier couple humain survivant qui devra repeupler Midgard.

Influence de la mythologie nordique sur les jours de la semaine

En français, les jours de la semaine ont une étymologie latine (lundi est le jour de la lune, mardi de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter aussi appelé Juve...), mais dans certaines langues comme l'allemand, le norvégien ou même l'anglais, l'étymologie est nordique: Mani, Tyr, Woden (Odin), Thor, Freyja ou Frigg...

Oeuvres basées sur la mythologie nordique

Les romans Le seigneur des anneaux (Tolkien) vers 1955 et les films dérivés de 2001 à 2003.
De nombreux aspects de la
Terre du Milieu inventée par Tolkien font penser à la mythologie nordique, à commencer par son nom (traduction indirecte de Midgard, signifiant "enceinte du milieu"). Quant aux différentes créatures la peuplant, elles sont au moins partiellement inspirées des êtres mythologiques des Neuf Mondes (Nains, Elfes...).

La BD Thorgal (Van Hamme & Rosinski) de 1977 à nos jours.
Le prénom du héros est construit sur Thor, et son nom est Aegirson (fils d'Aegir). Apparaissent également divers personnages de la mythologie viking: Odin, Frigg, Loki, et de nombreuses références à Asgard, Mitgard et au Walhalla sont faites.

La série d'animation Saint Seiya (Les chevaliers du Zodiaque) à partir de 1987.
Dans le second chapitre de la série (n'existant pas dans les mangas), les héros combattent les Guerriers Divins défendant le royaume d'Asgard. Apparaissent notamment Odin, Thor (appelé Thol) et l'anneau des Nibelungen.

Le film Erik le Viking (1989). Référence aux dieux.

La série télévisée Stargate SG-1 à partir de la saison 2 (1998) jusqu'à la fin (2007).
La race extraterrestre des Asgard est basée sur la mythologie nordique, avec Thor, Heimdall, Loki... ainsi que des références au marteau de Thor et au Ragnarök.

Différents jeux vidéos, notamment de type heroic fantasy.

Le manga Global Garden: le dernier rêve d'Einstein (Saki Hiwatari) de 2001 à 2005.
Ici la vie d'Einstein est mélangée à des notions de mythologie nordique, l'Arbre Monde Yggdrasill étant menacé par l'explosion des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki, avec de plus le personnage de Rukia, qui symbolise les Trois Nornes.

Le roman American Gods (Neil Gaiman) en 2001.
Bien que basé dans un monde moderne "réaliste", ce roman fait apparaître Odin qui tente de rallier d'autres divinités anciennes à sa cause pour combattre les dieux modernes que sont les nouvelles technologies.

Les romans La malédiction de l'anneau (Edouard Brasey) de 2008 à 2010.
Cette trilogie est inspirée de la légende des Nibelungen et fait apparaître Odin, Frigg, la walkyrie Brunehilde...

Site internet source:
fr.Wikipedia.org

vendredi 18 juin 2010

Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde

C'est quoi la légende?

La mère d'Arthur, Igraine (ou Ygerne selon les orthographes), était mariée à Gorlois (ou Gorlais), duc de Cornouailles. La légende raconte qu'Uther Pendragon, roi des Bretons, demanda à Merlin une potion de polymorphie pour séduire Igraine en se faisant passer pour son époux. Merlin accepta à une condition: l'enfant qui naîtrait de cette union lui serait remis. Uther arriva donc au château sous la forme de Gorlois alors que celui-ci était en campagne militaire, et passa la nuit avec Igraine. En cela, le mythe de la naissance d'Arthur ressemble à celui de la naissance d'Hercule (voir
Héraclès et ses douze travaux).

L'histoire de la petite enfance d'Arthur diffère selon les versions, mais la plupart s'accordent à dire que Merlin confia l'enfant (ou même le bébé tout juste né) à messire Hector, noble chevalier qui l'éleva de la même façon que son autre fils Kaï (ou Keu). Sa véritable identité resta secrète.

Lorsqu'Uther Pendragon périt (selon certaines versions, à la bataille de St Albans) sans laisser d'héritier, cela déclencha des luttes de pouvoir entre tous les chevaliers qui voulaient lui succéder. Merlin planta, ou avait planté, une épée (pas Excalibur, selon la plupart des versions) dans un rocher, ou une enclume, épée que seul l'élu des dieux pour le trône de Bretagne pourrait en extraire. Aussitôt tous les chevaliers vinrent tenter leur chance, mais aucun ne parvint à retirer l'épée ; Arthur (qui, selon certaines versions, cherchait simplement une épée pour son frère adoptif dont il était l'écuyer), lui, réussit.
Arthur aurait plus tard brisé cette épée, et c'est la Dame du Lac (Viviane) qui lui aurait alors donné Excalibur, la lui tendant à travers la surface de l'eau.

Devenu roi, Arthur réunit les meilleurs chevaliers du royaume autour d'une Table Ronde et de valeurs comme la loyauté. Il devint chef de guerre (dux bellorum) et repoussa divers envahisseurs menaçant la Bretagne (écossais, irlandais, saxons...), unifiant ainsi son royaume. Puis il lança ses chevaliers à la recherche du Graal, objet sacré aux pouvoirs puissants, souvent présenté comme le Saint Calice, coupe dans laquelle Joseph d'Arimatie avait recueilli le sang du Christ, mais qui représente aussi (surtout?) le mystère du christianisme, de la divinité, et qui a aussi un rapport étroit avec certains mythes celtiques comme le chaudron du Dagda.

Arthur épousa Guenièvre, fille de Léodagan, roi de Carmélide, et qui fut selon certaines légendes l'amante du chevalier Lancelot.

La bataille finale d'Arthur contre son ennemi mortel Mordred, qui serait en fait le fils incestueux issu de sa liaison avec l'une de ses demi-soeurs, Morgause ou Morgane (éventuellement sous une apparence différente pour tromper Arthur), eut lieu à Camlann et vit la défaite des forces de Mordred. Cependant, Arthur fut mortellement blessé et emmené à Avalon, île magique mystérieuse où il serait soigné en attendant l'heure de son retour...

Qu'en dit l'Histoire?
Selon les différents spécialistes, Arthur pourrait avoir été un grand propriétaire terrien romanisé (gallois par exemple) ayant constitué sa propre troupe de mercenaires-chevaliers et ayant prêté main-forte aux Bretons contre les envahisseurs saxons ; un Romain envoyé pacifier la Bretagne (par exemple Lucius Artorius Castus) ou un Britannique, Riothamus, surnommé "roi des Bretons" et qui aurait combattu les Wisigoths en Gaule au côté des Gallo-Romains ; l'amalgame de plusieurs chefs au nom similaire (différents rois bretons ont porté les noms Arzur, Arthus, Artus, Arthur, ce qui signifie "ours") ; un demi-dieu incarné, ou encore un personnage fictif.

Qui a écrit là-dessus au Moyen-Age?
Le plus connu est Chrétien de Troyes, qui écrivit au XIIème siècle Lancelot ou le Chevalier de la Charrette, Yvain ou le Chevalier au Lion, Perceval ou le Conte du Graal...
Mais il y eut aussi, par exemple, Geoffroy de Monmouth au XIIème siècle (Historia regum Britanniae, en français "l'histoire des rois de Bretagne"), Geoffrey Chaucer au XIVème siècle (Les Contes de Cantorbéry) et Thomas Malory au XVème siècle (Le Morte d'Arthur, en français moderne "la mort d'Arthur").
La plupart de ces histoires, cependant, parlent plus des aventures des chevaliers à la recherche du Graal (Lancelot, Perceval, Gauvain...), que d'Arthur lui-même.

Qui a écrit là-dessus récemment? (sélection choisie)
René Barjavel a écrit L'Enchanteur, adaptation centrée sur Merlin, en 1984.
Marion Zimmer Bradley en a fait une saga de fantasy vue du côté féminin, Le Cycle d'Avalon, à partir de 1983.
Plus récemment, Sarah Zettel a écrit une série de romans inspirés des légendes arthuriennes: les Chemins de Camelot, dont chacun des tomes est basé sur l'histoire des quatre frères, Gauvain, Geraint, Gareth et Agravain.

Quels films en sont inspirés? (non exhaustif)
Les chevaliers de la Table Ronde, de Richard Thorpe en 1953.
Merlin l'Enchanteur, dessin animé Disney en 1963.
Le Roi Arthur, d'Antoine Fuqua en 2004.
La Dernière Légion, de Doug Lefler en 2007.
La série télévisée française Kaamelott, à partir de 2005.
De fortes références dans les saisons 9 et 10 de Stargate SG-1.
La série télévisée américaine Merlin à partir de 2008.

Et aussi...
Un opéra, King Arthur, par Henry Purcell en 1691.
Une comédie musicale, Graal, par Catherine Lara en 2005.

Sites internet sources:
fr.wikipedia.org 
www.histoiredumonde.net
steph.goup.free.fr

compilation des informations et rédaction par MOI - images trouvées sur le net

samedi 19 décembre 2009

Héraclès et ses douze travaux

C'est quoi l'histoire?

Qui est cet Héraclès? Vous l'aurez sans doute deviné à l'évocation de ses douze travaux, ce héros grec est plus connu chez nous sous son nom romain, Hercule. Ils n'ont pourtant pas exactement la même histoire, Hercule ayant connu quelques aventures inédites en Italie ; et surtout, elles ne sont pas racontées de la même manière - Hercule est souvent plus violent, notamment. Nous nous concentrerons ici sur Héraclès, qu'on présente aussi parfois sous le nom d'Alcide ou Alcée (selon certaines versions, il n'aurait pris le nom d'Héraclès, "gloire d'Héra", qu'après ses exploits)

Héraclès est le fils du dieu Zeus (Jupiter pour les Romains) et d'Alcmène, femme du roi Amphitryon. Zeus s'est en effet transformé en ce dernier pour passer la nuit avec la reine pendant que son mari était en campagne - histoire étrangement semblable à celle du roi Arthur, né selon la légende de l'adultère entre Ygerne et Uther Pendragon, lequel s'était transformé en son mari Gorlais grâce à Merlin l'Enchanteur...
Héra (Junon chez les Romains), femme de Zeus, retarde l'accouchement d'Alcmène pour que son propre enfant, Eurysthée, lui aussi issu d'un adultère, naisse le premier. La reine accouche finalement de jumeaux: Héraclès, fils de Zeus, et Iphiclès, fils d'Amphitryon.
Alors qu'Héraclès n'est qu'un petit enfant, Héra, jalouse, envoie des serpents pour le tuer, mais il les étrangle facilement.

Pourquoi a-t-il effectué ces douze travaux?

L'histoire varie un peu selon les versions, mais voici l'idée générale: Héraclès est frappé d'une folie momentanée (provoquée par Héra), qui le pousse à tuer sa femme Mégara et leurs enfants, les Chalkoarai (entre 2 et 8, selon les légendes). Quand il reprend ses esprits et réalise ce qu'il a fait, il cherche à se faire pardonner des Dieux en se mettant au service d'Eurysthée (suivant le conseil de la Pythie, selon certaines versions). C'aurait été le but d'Héra depuis le départ: forcer Héraclès à se mettre au service de son fils.

C'est donc Eurysthée qui impose ses travaux à Héraclès.

La liste des travaux:

1- Tuer le lion de Némée à la peau impénétrable.
2- Tuer l'Hydre de Lerne dont les têtes tranchées repoussaient.
3- Vaincre à la course la biche de Cérynie, créature sacrée d'Artémis.
4- Capturer vivant le sanglier d'Erymanthe.
5- Nettoyer les écuries d'Augias.
6- Tuer les oiseaux du lac Stymphale aux plumes d'airain.
7- Dompter le taureau crétois de Minos.
8- Capturer les juments mangeuses d'hommes de Diomède.
9- Voler la ceinture d'Hyppolite, reine des Amazones.
10- Vaincre Géryon, géant aux trois corps.
11- Rapporter les pommes d'or du jardin des Hespérides.
12- Descendre aux Enfers et enchaîner Cerbère.

Cela dit, ces 12 travaux principaux retenus par la légende sont entourés de tout un tas d'autres exploits intermédiaires: Héraclès a aussi, entre autres, combattu les Centaures et les Pygmées, délivré Prométhée, terrassé le monstre marin qui terrorisait les Troyens (sauvant au passage Hésione, princesse qui allait être sacrifiée pour apaiser sa colère)...
Lors de plusieurs exploits, les "commanditaires" refusent de payer Héraclès comme convenu (une somme d'argent, la main de leur fille, etc.). Ce dernier ne se laisse pas faire et monte tôt ou tard des expéditions punitives.

heracles.jpg

Et après ça, qu'est-il devenu?

Héraclès meurt par la faute de sa femme Déjanire. En effet, un centaure tué par Héraclès avec une flèche enduite du poison de l'Hydre de Lerne, lui avait remis avant de mourir sa tunique, en lui promettant que si elle la trempait dans son sang et la faisait porter à Héraclès, elle serait assurée de la fidélité éternelle de ce dernier.

Plus tard, quand Héraclès semble épris d'une autre femme, Déjanire se souvient de ce que le centaure avait dit et remet la tunique à son époux. Mais la tunique est imprégnée de poison: c'était un piège du centaure, pour tuer Héraclès. Celui-ci se jette dans un bûcher tandis que Déjanire se pend.

Héraclès est alors conduit vers l'Olympe, où il se réconcilie avec Héra et devient un Dieu à part entière (dieu des éphèbes). Il épouse alors la déesse de la jeunesse, Hébé, avec qui il a deux enfants.

Qui a écrit là-dessus à l'Antiquité?

Notamment Homère et Euripide (grecs).

Qui a écrit là-dessus récemment?

Les douze travaux d'Astérix (Goscinny et Uderzo, BD).

La quête du soi: les douze travaux d'Hercule (Claire Sédillot, psychologie analytique).

Quels films en sont inspirés?

Hercule (français, Alexandre Esway, 1937)
Les travaux d'Hercule (franco-italien, Pietro Francisci, 1958)
Hercule et la reine de Lydie (franco-italien, Pietro Francisci, 1959)
Hercule et les tyrans de (italien, Domenico Paolella, 1964)
Hercule (italien, Luigi Cozzi, 1983)
Les aventures d'Hercule (italo-américain, Luigi Cozzi, 1985)
Hercule (série télé américaine, 1994-1999)
Le puissant Hercule (dessin animé américain, 1963)
Hercule (dessin animé américain, Walt Disney, 1997)
Hercule (série télé animée américaine créée en 1998 par Walt Disney)

informations trouvées sur Wikipedia, compilées et rédigées par MOI - image trouvée avec Yahoo

jeudi 11 décembre 2008

De Troie à Rome...

J'inaugure une nouvelle catégorie: Clés de l'histoire et fil de la mythologie. Ici, je parlerai d'histoire et de mythologie (très surprenant vu le titre ;p)...

Le thème d'aujourd'hui est: de Troie à Rome...

C'est quoi l'histoire?

Tout commence au mariage de Pélée et Thétis sur le mont Olympe, résidence des dieux grecs, qui sont tous invités à la cérémonie, mise à part Eris, déesse de la discorde. Celle-ci, vexée, décide de se venger en faisant ce qu'elle fait le mieux: semer la discorde. Elle jette au milieu des invités une pomme d'or gravée "à la plus belle": c'est la pomme de discorde (= motif de désaccord).
Les déesses revendiquent toutes cette pomme mais bientôt, les trois seules concurrentes sérieuses sont Héra (Junon chez les Romains), Aphrodite (Vénus chez les Romains) et Athéna (Minerve chez les Romains).
Pour les départager, Hermès (Mercure chez les Romains) choisit Pâris, qui se trouvait sur le mont Ida, comme arbitre. Héra lui promet un royaume s'il la déclare gagnante, Athéna lui promet la sagesse et la valeur guerrière, et Vénus, l'amour de la plus belle femme de Grèce. Pâris choisit cette dernière.

Jugement du Mont Ida.jpg
Le jugement du Mont Ida (Pâris et les trois déesses)

Or la plus belle femme de Grèce, Hélène, est déjà mariée, et pas à n'importe qui: Ménélas, son époux, est roi de Sparte. Pâris l'enlève (de gré ou de force, selon les versions) et la ramène chez lui, à Troie, dont il est prince: le roi Priam est son père, Hector est son frère.
Ménélas réunit les rois des cités grecques, dont son frère Agamemnon, roi de Mycènes (ou d'Argos, selon les sources) et ils décident d'attaquer Troie ensemble. Ulysse et Achille sont les héros les plus connus du côté grec, Ulysse étant roi d'Ithaques et le héros de l'Odyssée d'Homère (Ulysse se dit Odysseus en grec), et Achille étant le fils de Thétis et Pélée (les mêmes au mariage desquels apparut la pomme de discorde) et invincible depuis que sa mère l'avait plongé dans le Styx, sauf au talon par lequel elle le tenait (d'où l'expression talon d'achille = point faible).
Après des péripéties qui mirent les Grecs en mauvaise situation, Ulysse eut l'idée de construire un grand cheval de bois laissé aux Troyens comme une offrande, et à l'intérieur duquel se cachaient des guerriers grecs qui purent ainsi pénétrer dans la ville et gagner la guerre (d'où l'utilisation de l'expression cheval de troie de nos jours, notamment en informatique).

Cheval de Troie.jpg
Le Cheval de Troie (la ruse d'Ulysse)

Troie fut détruite et Hélène rendue à Ménélas, Pâris vengea la mort de son frère Hector en tuant Achille (d'une flèche dans le talon).
Peu survécurent, mais Enée, fils du troyen Anchise (qui descendrait de Tros, héros fondateur de Troie) et de la déesse Aphrodite, réussit à fuir avec quelques survivants. Les dieux lui ordonnèrent de fonder une "nouvelle Troie" en Italie, ce qu'il fit dans le Latium après des étapes, notamment à Carthage et en Sicile.
Il épousa la fille d'un roi du Latium, Lavinia, dont il eut un fils, Silvius, et fonda la ville de Lavinium. Son fils Iule (ou Ascagne), né d'un précédent mariage, fonda la ville d'Albe.

Enée portant Anchise.jpg
Enée portant Anchise, trop faible pour fuir Troie

Longtemps plus tard, Rhéa Silvia, descendante d'Enée par Silvius, est contrainte à devenir vestale (prêtresse de la déesse Vesta) par son oncle Amalius qui a usurpé le trône d'Albe à Numitor, son frère et le père de Rhéa Silvia. Sa fonction oblige celle-ci à la chasteté, mais le dieu Mars la séduit et elle accouche de jumeaux, Romulus et Rémus. Amalius la fait emmurer vivante et jette les nouveaux-nés dans le Tibre (fleuve).
Mais ceux-ci en sortent indemnes et sont recueillis par une louve qui les allaite comme ses propres petits, avant d'être élevés par le berger Faustulus et son épouse.

Romulus et Rémus.jpg
Romulus et Rémus nourris par la louve

Plus tard, apprenant qui ils sont, Romulus et Rémus tuent Amalius et rendent Albe à leur grand-père, Numitor.
Romulus et Rémus décident alors de fonder leur propre ville. Pour décider de celui qui la gouvernera, ils consultent les auspices: chacun sur un mont, ils comptent les vautours qui passent. Mais l'interprétation du présage pose problème, et ils se battent. Puis, selon les versions, Rémus meurt dans la bagarre, ou Romulus le tue de rage quand Rémus franchit le sillon que vient de tracer son frère pour délimiter sa ville.
C'est donc Romulus qui fonde la ville de Rome, le 21 avril 753 avant J-C, selon la légende (cette date est le début du calendrier romain).

Selon la légende, la famille des Iulii, dont faisait partie Jules César, descendrait de Iule, et donc d'Aphrodite elle-même (puisqu'Enée, le père de Iule, est le fils d'Aphrodite) et d'un héros fondateur de Troie, Tros (puisqu'Anchise, le grand-père de Iule, descend de Tros). Romulus et Rémus descendent eux aussi de la déesse et du héros, mais par leur ancêtre Silvius, autre fils d'Enée.

Qui a écrit là-dessus à l'antiquité?
Homère: l'Iliade, la guerre de Troie (Troie = Ilion) ; l'Odyssée, l'errance d'Ulysse (Ulysse = Odysseus)
Virgile: l'Enéide, le parcours d'Enée.
Tite-Live: Histoire romaine.
Plutarque: Vies parallèles.

Qui a écrit là-dessus récemment?
La guerre de Troie n'aura pas lieu (Jean Giraudoux) -> pièce de théâtre satirique
Ilium et Olympos (Dan Simmons) -> romans de science-fiction

Quels films en sont inspirés?
Troie (2004) par Wolfgang Petersen, avec Brad Pitt, Orlando Bloom, Diane Kruger.
Hélène de Troie (1956) par Robert Wise, avec Rossana Podesta.
La guerre de Troie (1961) par Giorgio Ferroni.

Sites internet sources:
www.histoire-fr.com
Wikipedia

compilation des informations et rédaction par MOI - images trouvées sur le net, sans férences