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mercredi 20 juillet 2016

Description de passage n°32 & Photos de Bretagne : La Chapelle des Naufragés

Quelques photos de la cale abandonnée que nous avons visitée près d'Erquy, accompagnées d'un petit texte qu'elle m'a inspirée (écrit le 15 juillet à partir de notes prises le 8).

Vous pouvez retrouver toutes les autres photos de Bretagne 2016 que je publie par thème, à partir des liens dans cet article.

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La lumière entre par des fenêtres cassées, vitraux de ciel, de mer, de terre  qui éclairent d’en haut en diagonale. On entre par une petite porte sur le côté, ébloui par l’obscurité contrastant avec le plein soleil.

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Le carrelage de verre cassé craque sous les pieds tout au long de la nef. Pas d’autel, et en guise de chœur, une ouverture béante sur la baie turquoise, prolongée par un chemin de fer aux rails brisés, rouillés, qui mènent au grand large et aux profondeurs.

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Aux murs, des graffitis rudimentaires pour tout ornement. On se retourne sur un grand orgue de métal, de bois, de cordes et de poulies, désormais à jamais silencieux et privé de l’organe, du cœur qui battait ici.

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Bateau de vie, de sauvetage qui se lançait bravement à la mer, à la rescousse des navires en détresse. Abri abandonné, à jamais chapelle des naufragés.

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 © mari6s - Merci de ne pas utiliser ces photographies ou ce texte (même à but non lucratif) sans mon autorisation expresse.

samedi 18 avril 2015

Description n°31 : Pique-nique urbain

Je renoue avec la tradition des descriptions de passage après une longue interruption. Pas sûr que j'en publie d'autres avant longtemps, je ressens moins le besoin de m'exercer à la description qu'à l'époque où je les avais lancées et n'y reviens donc qu'au gré de scènes qui me marquent.

55 mots. Enjoy !

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Berges de la Seine (© mari6s)

Au bord du fleuve, oasis en cœur de ville, un homme assis sur un muret. Chapeau de cow-boy et pantalon de costume, il finit son déjeuner. Sac à pique-nique noir chic, reflet doré d’une bouteille de champagne presque vide. Les paroles d’une chanson folk s’évadent d’un petit poste radio et s’émiettent au gré du vent.

samedi 12 octobre 2013

Les carrefours de la vie

Un petit texte que j'ai retrouvé dans mes archives, écrit le 13 mai 2011.

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On va tous quelque part. Sans le savoir, parfois, sans le faire exprès, mais on avance, c’est une question de survie. Certains tentent de reculer, de faire demi-tour, mais on ne peut pas s’arrêter, faire du sur-place.

La vie est faite de tant de choix, de carrefours. Quelques-uns que l’on reconnaît comme tels et d’autres, si nombreux, qui n’ont l’air de rien, que l’on fait sans y penser. Mais qui peuvent quand même changer notre vie. On finit parfois par s’en rendre compte, ou pas. Si j’étais sortie hier, je me serais peut-être fait voler mon sac ; mais si j’étais restée chez moi aujourd’hui, je n’aurais sans doute pas rencontré ce charmant jeune homme.

Parfois, je me dis qu’il faudrait installer des feux de circulation à ces carrefours. Ce serait terriblement réducteur, bien sûr, mais tant de gens se ratent ou se blessent par manque de coordination. Mais une chose est sûre : il n’y aura jamais de panneaux de directions pour les choix. Parce que de nombreuses voies mènent aux mêmes résultats, et vice-versa. Parce qu’il n’y a d’impasses que celles que l’on voit comme telles. Et parce que le chemin emprunté compte au moins autant que la ligne d’arrivée, que nous ne devrions pas être trop pressés d’atteindre puisqu’il s’agit de la fin du voyage…

samedi 12 octobre 2013 Publié dans Descriptions de passage, Mes écrits, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 03 novembre 2012

Description de passage n°29: la leçon de mécanique

 

Description en 100 mots d'une scène entrevue dans la rue le 22 septembre 2012.

Deux silhouettes penchées sous le capot d’un tacot qui, dans son heure de gloire, a dû escorter pattes d’eph et cheveux longs à des rassemblements pacifistes ou festivals musicaux. Difficile de deviner la peinture dorée sous des années de poussière et de cambouis, mais la forme au léger parfum désuet reste noble. Les silhouettes se redressent, deux hommes à la peau et aux cheveux foncés. Le plus âgé se frotte pensivement le menton en examinant le moteur ; le second, dont les joues conservent un peu de la rondeur de l’enfance, semble boire ses paroles et ouvre grand les yeux.

samedi 03 novembre 2012 Publié dans Descriptions de passage, Mes écrits, USA | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 21 juillet 2012

Description de passage n°28: la fenêtre du rêve

Voici une vieille note datant de mai 2008 (plus de quatre ans... je me fais vieille! pour ceux que ça intéresse, voici le lien), réadaptée et accompagnée d'une photo prise chez moi en mai 2012.

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Assise sur l'appui de fenêtre surplombant mon jardin, le vent caressant ma peau et jouant avec mes cheveux, je griffonne mes pensées... Je parcourant du regard la verdure, les animaux, le ciel...

Endroit de réflexion et d'écriture par excellence... De liberté aussi, de solitude.

Combien de fois me suis-je réfugiée ici après une dispute, une révolte, pour mettre la musique à fond et noircir une feuille de mon écriture chaotique et de mes larmes amères?

Combien de fois ai-je regardé le ciel étoilé, tard dans la nuit, pensant à ma grand-mère qui a déménagé là-haut, lui adressant une longue lettre, priant un peu à ma manière, faisant le point sur ma vie?

Combien de fois cette vue si familière et pourtant jamais identique, jamais explorée tout à fait, cette vue si rassurante et écrasante de tranquillité, a-t-elle séché mes pleurs ou tempéré mes peurs?

J'aime sentir ce vent, regarder et écouter ces oiseaux, lever les yeux vers le ciel, et sentir physiquement la hauteur que j'ai sur les choses - début de vertige, grisant.

Me sentir en vie, plus que jamais peut-être, et avoir conscience de mon insignifiance. Et par voie de conséquence, de l'insignifiance de mes soucis, de mes angoisses. Les mettre en perspective sans culpabilité aucune, ne serait-ce que pour un instant.

Petit bonheur simple. Être ou ne pas être? Être, assurément. Ne serait-ce que pour ces moments d’éternité, cela vaudrait le coup de supporter bien des épreuves que je n’ai jamais connues.

Puis je retourne à ma petite vie, parce qu'elle avance avec ou sans moi, et que j'aime autant en faire partie. Et puis je sais que cette fenêtre sera toujours là...

samedi 21 juillet 2012 Publié dans Descriptions de passage, Photos | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 30 juin 2012

Description de passage n°27: la palissade

J'ai écrit ce texte le 20 mai 2012. 320 mots sur un sujet qui me tient à coeur...

"Ma" palissade a été érigée il y a plus de cinq ans et alors que j'en reparlais récemment, s'est imposée à moi l'idée de ce texte plus général, moins ancré à une situation particulière, ce qui m'a aussi permis de jouer plus facilement sur les mots. Il me fallait tout ce temps pour le digérer, je crois; pour accepter que derrière l'aspect rationnel, le symbole me brise le coeur.

Je suis assez contente du rendu, mais à vous de me dire si cela vous parle!

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Elle n’a l’air de rien, comme ça, cette palissade. Quelques planches hautes de quelques mètres qui séparent deux jardins, mais peut-on leur reprocher de remplir leur fonction première ? S’il n’était pas si évident que le bois est jeune et n’a guère subi les assauts du temps et des éléments, elle pourrait être là depuis des années, cette palissade, depuis des siècles peut-être. On délimite les propriétés depuis la nuit des temps, non ? On marque son territoire, que ce soit à l’ancienne, par l’odeur, ou par la menace d’un vieux crâne installé au bon endroit, ou par une palissade somme toute bien inoffensive, quand on y pense.

Elle se dresse hors de terre, zélée, fière gardienne de la propriété privée et de l’intimité des occupants des lieux. Son utilité toute relative dépend de la civilité d’un éventuel intrus. Il ne doit pas être bien difficile de l’escalader ou de sautiller pour voir par-dessus, si l’on y tient vraiment. Mais pourquoi y tiendrait-on ? La vue de l’autre côté n’a rien d’extraordinaire, c’est juste un autre jardin et une autre maison, de vacances en plus. Le plus souvent inoccupée, de temps en temps visitée par des gens tout ce qu’il y a de plus normaux qui s’y livrent à des activités tout ce qu’il y a de plus normales.

Oui. Mais elle n’a pas toujours été là, la palissade. Sait-elle seulement pourquoi on l’a installée ? A-t-elle la moindre idée de l’âpre bataille dont les terrains qu’elle sépare ont été l’enjeu ? Querelles fraternelles, chicane d’héritage. C’est ainsi que tourne le monde depuis la nuit des temps, non ? C’est ainsi que les clans se multiplient, que les pays se forment, que les empires s’émiettent ! C’est pour cela que murs et murailles s’érigent, que tours de guet et miradors apparaissent, que gardes et douaniers gagnent leur vie. Alors vraiment, qu’irait-on critiquer chez cette pauvre palissade ?

Pourquoi en pleurerait-on ?

samedi 30 juin 2012 Publié dans Descriptions de passage | Commentaires (0) |  Facebook | |

samedi 07 janvier 2012

Street views 1: l'enfance

Ces street views sont des sortes de descriptions de passage, des scènes de rue qui m'ont frappée, regroupées par thèmes. Aujourd'hui, l'enfance.

Du 8 au 15 octobre 2011 - écrit le 15.
45 + 20 + 45 = 110 mots.

Un groupe de scouts dans le métro, se jetant à cinq sur le seul strapontin libre, l’un hurlant « Le plus vieux d’abord ! » en poussant un plus petit, avant d’atterrir au sol, les quatre fers en l’air au-dessus de son sac à dos.

Un petit garçon debout au-dessus d’une grille de climatisation, le T-shirt gonflé par le souffle d’air montant, riant aux éclats.

Une petite fille pelotonnée dans les bras de sa maman, sur le trottoir, toutes deux tremblent de froid. Un petit garçon et sa mère leur font des signes de la main depuis le porche d’un immeuble, et la fillette leur sourit de toutes ses dents.

samedi 07 janvier 2012 Publié dans Descriptions de passage | Commentaires (0) |  Facebook | |

jeudi 28 juillet 2011

Description de passage 26 - Ces livres ont une histoire

Dans le cadre de mon stage dans une petite bibliothèque municipale, j’ai été témoin de l’arrivée de plusieurs dons plus ou moins importants de livres et BDs, suivis par la phase de sélection : livres qui seront mis en rayon immédiatement, livres que l’on y mettra dans quelques temps, livres que l’on garde en réserve en cas de demande spéciale ou d’expo thématique, et livres que l’on met au « rebut », c’est-à-dire qu’ils finiront par être jetés (ouvrages très vieux et/ou très abîmés, qui ne seraient jamais empruntés). Un don en particulier a attiré mon attention, celui de trois caisses complètes amenées par un homme et son fils. J’ai supposé qu’ils appartenaient à la grand-mère, décédée ou en maison de retraite, et cela m’a inspiré cette petite description de passage.

Nous avons bien vécu, cela se voit tout de suite. La vie nous a usés, mais cela ne vaut-il pas mieux que de rester tout propret, tel un Traité de métaphysique à l’usage des QI supérieurs à 300 qui ne sort jamais de son étagère ? Nous avons été de fidèles amis pour notre propriétaire, lui avons ouvert des horizons variés : l’univers de la pub, de la politique, de la seconde guerre mondiale, les langues – romans et guides de balades à vélo en anglais, guide de conversation et théâtre espagnol, grammaire et vocabulaire allemand, et même ce petit dictionnaire allemand/italien d’avant-guerre dont nous avons oublié jusqu’à l’origine mais qui parade parmi nous avec sa calligraphie gothique…

La plupart d’entre nous n’avons plus de valeur aux yeux de grand-monde maintenant que notre vieille amie est partie. Parce que nous avons vécu, parce que nous sommes trop intellectuels, trop spécifiques, trop datés. Mais ne l’oubliez pas au moment de nous laisser sur le bord de la route : bien plus sûrement qu’un journal intime ou un curriculum vitae, nous racontons une histoire.

écrit le 28/06/2011

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lundi 31 janvier 2011

Description de passage 25 - Le parfait inconnu

Abdel est né et a grandi au Maroc. Il est arrivé en France à seize ans, en 1997, et a passé cinq ans en Espagne. Il a appris l’espagnol sur place, en plus de l’arabe et du français – mais comme il ne parle pas anglais, il considère que ça ne vaut pas grand-chose, en France en tout cas.

Il a travaillé pendant des années en interim et CDD – bien payé, mais pas moyen d’obtenir un crédit. Maintenant, il manipule des palettes. Son dos en pâtit, mais au moins c’est un CDI.

Il arrive dans mon compartiment de train presque une demi-heure après le départ. Il s’installe à côté de moi alors que les deux autres passagers se sont assis le plus loin possible ; il me souhaite un bon appétit quand je sors mon sandwich, alors que les autres n’ont même pas croisé mon regard.

Il commence à me parler de façon très naturelle. Assez fort, et je crois que ça énerve un peu nos compagnons de voyage. Il est parfois un petit peu lourd, mais surtout spontané. Il parle avec ses mains, et à plusieurs reprises mime un mot qu’il a sur le bout de la langue – de façon diablement efficace. On échange quelques mots en espagnol, et puis on se tutoie.

Il me parle de la vie d’avant, du régime alimentaire de ceux qui travaillaient la terre, de leur façon de vivre tous ensemble. De l’Espagne et des Espagnols, de leur habitude de sortir le soir, des plages et des bazars de son oncle à Almeria. Des impôts et des cotisations pour la retraite, des 300€ en moins sur son salaire tous les mois, tout ça pour peut-être mourir un an après la retraite… De notre cher Président et de son langage très classe.

Lorsque l’on arrive à sa gare, il me recommande de faire attention à moi, de garder la pêche et de ne jamais perdre espoir. Il me serre la main chaleureusement et dit qu’on se reverra peut-être.

J’ai passé une demi-heure avec Abdel aujourd’hui. Un parfait inconnu. Dont je connais à présent le prénom, l’histoire, certaines opinions. Si je le croise à nouveau, je le reconnaîtrai. Un vrai contact humain au milieu de non-rencontres, de fantômes au regard fuyant, là et ailleurs à la fois.

Nous sommes tous de parfaits inconnus avant de nous connaître. Il ne tient qu’à nous de ne pas le rester.

400 mots - le 11 janvier 2011

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vendredi 03 septembre 2010

Tears

Voici un p'tit texte qui m'est venu en anglais, une sorte de Description de Passage des larmes.

Tears. Basically just salt and water.

Coming down in torrents, showing up in the corner of the eye, or just stuck in one’s chest.

Tears. Sad, desperate, angry tears, or sometimes happy, blissful tears. They can relieve and lighten you, or bring you down even more.

Some know how to use them to get the attention they want. Some would die in shame if anyone could see theirs. Most of us, I guess, struggle trying to find a happy medium, or well, maybe not-so-happy but fair, moral. Trying to show our emotions to others, open up and let them in, without laying a guilt trip on them and coercing them to love us.

Because of course, we want them to love us. And manipulation is never very far, even without us knowing it… Don’t we try not to cry to much, fearing it might end up driving away the same people who try and comfort us? Feeling down is okay from time to time, but who wants a depressed friend? Who wants to be the depressed friend?

Tears. Salt and water, and emotions and feelings in a tornado.

How come it’s so much easier to cry when listening to a music so beautiful it feels full of wonder and grace, when watching a movie scene with people struggling with the death of a loved one, than when one’s actually affected?

I’d just like all these tears to come out once and for all and let me be.

But maybe the bottom point is, our tears are part of who we are.

Part of who we’ll become.

vendredi 03 septembre 2010 Publié dans Descriptions de passage, Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook | |