vendredi, 30 octobre 2009

Description de passage n°21: Art

La notion est telle qu'aucun long discours ne la décrirait mieux à mes yeux que ces trois phrases...

Arrêt sur image, regard qui passe, revient, se pose, s'attarde.

Magie d'une relation naissante entre l'oeil et l'objet.

Alchimie parfaite d'un instant décisif, hors du temps et de l'espace.

tourbillon rouge et jaune - art.jpg

texte de 35 mots - écrit le 10-10-09 par mari6s

mercredi, 14 octobre 2009

Description de passage n°20: la stressée du contrôle

Je reviens à mes "premières amours" des descriptions de passage: les portraits. Sauf qu'il s'agit ici essentiellement d'un portrait "psychologique", et pas physique.
Je vous préviens, ce texte n'est pas tendre (mais tous mes portraits physiques ne l'étaient pas non plus...), et j'avoue ressentir une certaine rancoeur à l'égard de la personne qui l'a inspiré. Mais au bout du compte, je le vois plutôt comme un portrait pathétique que satirique... ce qui le rend assez cathartique pour moi!

Au premier coup d'oeil, on la dirait joviale, sympathique, elle engage la confiance. Un peu ronde, habillée discrètement mais avec goût, en apparence détendue.

Mais en tête à tête avec elle, on voit son premier visage se dessiner. Le contrôle, elle l'exerce de bien des façons, tordues. S'en rend-elle compte? En tout cas, elle harcèle, humilie puis réconforte tout en culpabilisant ses victimes. Cache soigneusement sa nervosité maladive et l'odeur des cigarettes qu'elle fume coup sur coup.

Elle ne comprend pas quand les gens finissent par prendre leurs distances ou lui reprocher son attitude...

texte de 100 mots - écrit le 10-10-09 par mari6s

jeudi, 03 septembre 2009

Premier jour

Voici un petit texte un peu hors-norme, différent de ce que j'écris habituellement. Pas vraiment une description de passage, mais cela s'en rapproche un peu ; pas du tout un poème, mais il y en a les sonorités et le rythme. Ca m'est venu comme ça, un soir dans le noir, et j'ai été obligée d'allumer la lumière pour m'en débarrasser en le couchant sur le papier.

Cette fille, ce n'est pas moi et ça ne l'a jamais été, bien moins encore que la fille qui faisait semblant. J'ai ressenti les mêmes envies qu'elle, à certains moments, mais je n'ai jamais su jouer la comédie de cette façon ; heureusement, car comme je l'explique dans Nouveau départ, on est vite pris à son propre piège...

Donc voilà ce texte, intitulé Premier jour mais qui pourrait aussi s'appeler 700 jours ou, encore une fois, la fille qui fait semblant, et dont j'ai pensé qu'il se prêterait bien au contexte de la rentrée : dites-moi ce que vous en pensez.

masque.jpg

Premier jour, le premier sur plus de 700 qu'elle passera ici. Premier jour, important, capital même: il déterminera tout ce qui suivra.

Cette année, elle a décidé que tout allait changer. Nouveau départ, nouvelles têtes dans un nouvel endroit, chance d'être percue autrement. Elle a bien tout préparé, tout étudié, chaque détail de sa tenue, chaque accessoire, chaque attitude, elle a répété devant son miroir, le soir. Elle a quelques phrases, passe-partout mais cool, à prononcer, elle sait quoi dire, et quoi répondre, dans chaque circonstance, pour ne pas gâcher cette chance.

L'esprit torturé, mais le pas assuré, elle arrive au lycée. Un peu en avance, voir les groupes se former et savoir à qui parler. Comme en mission, mission d'infiltration, elle étudie la situation. Se rémémore tout ce qu'elle a décidé, comme son nouveau surnom. Vital, aucun mot ne doit lui échapper ; pas un lapsus, pas un tic ne doit la démasquer.

Pourquoi serait-elle condamnée à encore incarner la fille coincée, pas vraiment ringarde mais pas populaire non plus? Le collège c'est terminé, le lycée va tout changer. Elle sait qu'elle peut être plus, il faut juste leur montrer.

Et puis de toute façon, elle-même ignore qui elle est, comment eux le sauraient? Elle peut devenir qui elle veut, du moins elle veut le croire. Et comme elle ne sait pas qui elle veut devenir, elle leur laisse la main, elle sera ce qu'ils veulent, pour leur plaire, et pour ce faire elle gère jusqu'au moindre geste, comme si sa vie en dépendait.

N'est-ce pas le cas, en fait? 700 jours en dépendent, autant dire bien plus loin qu'elle ne peut se projeter.

écrit par mari6s, été 2009.

vendredi, 22 mai 2009

Description de passage 19: Et si loin la pluie...

Voiture pluie.jpg

Le bruit des gouttes sur les vitres qui, paradoxalement, rend l'habitacle de la voiture tellement plus chaleureux. Impression de sécurité, mesure de la chance, ridicule et pourtant si merveilleuse, qu'on a d'être à l'abri à ce moment-précis.

La boîte de métal sur roues n'est plus qu'un moyen de locomotion, elle devient un havre de paix, une sorte d'observatoire du monde et de bulle de protection contre lui, comme hors du temps, hors de la réalité...

écrite le 16-05-09 - 75 mots - image de Fotolia

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lundi, 20 avril 2009

Description de passage 18: la vieille photo

Photo jaunie, vieillie. Vêtements d'un autre âge, sourires intemporels. Personnes qu'on n'a jamais connues, pour la plupart. Et pourtant, on croit reconnaître dans leurs traits un peu des nôtres.

On les imagine si bien se mettre en mouvement et parler, grâce à toutes les anecdotes entendues, qu'on a presque l'impression de les connaître. Tellement plus qu'un arbre généalogique, et tellement rien tout à la fois.

On se demande si on aurait la volonté de cet arrière-grand-père prisonnier de guerre évadé plusieurs fois, le courage de ces aïeules qui recueillaient des soldats en déroute et des jeunes fuyant le STO...

On se demande si on se serait entendu avec eux, si on aurait compris leur monde, s'ils auraient compris le nôtre...

photo de famille.jpg

texte de moi - écrit le 7-03-09 - 120 mots
photo de la famille de ma grand-mère (2ème à gauche) prise pendant la 2nde guerre mondiale

lundi, 06 avril 2009

Description de passage 17: Déluge d'émotions

En 370 mots, une tentative de description de plusieurs émotions que je peux ressentir, de façon impersonnelle pour mieux les analyser.

lumière qui perce à travers des branches.jpg

Une pensée qui s'introduit insidieusement au milieu d'un millions d'autres pensées, et prend le dessus jusqu'à tout chambouler. Une peur idiote, une idée stressante, un souvenir désagréable et c'est reparti. Malgré toutes les bonnes résolutions, les promesses intérieures de ne plus se laisser aller à ces angoisses paralysantes, de reprendre le dessus, on ne peut empêcher la pensée de s'enfoncer dans le creux de la poitrine, vieille douleur familière, sourde et prégnante à la fois. Le cerveau carbure, fait le tour de l'idée sans pouvoir s'en détourner, chair de poule, mâchoires serrées, comme un début d'envie de pleurer.

Frissonnement qui prend au moment le plus inattendu, les pores de la peau frémissent alors qu'une étrange chaleur semble partir du coeur pour se diffuser dans tout le corps. Pleine conscience du moment, de l'endroit, certitude que l'on se souviendra toujours de cette émotion, malgré toute son insignifiance. Peut-être à cause de toute son insignifiance. Une sorte de plaisir égocentrique et égocentré, simplement d'être en vie, d'être dans cet endroit à ce moment, avec ces gens, et de s'en rendre compte. Une drôle de sensation qui ressemble fort au bonheur dans sa version instantanée.

Une réaction souvent exagérée à quelque chose que quelqu'un a dit ou fait. Une chaleur rouge dans le crâne qui paralyse le cerveau, des décharges dans les membres, la langue se transforme en lame acérée et fait feu. Une sensation qui ne dure pas mais qui empêche de considérer quoi que ce soit d'autre. Et puis les mots sortent, atteignent leur cible. Satisfaction éphémère, puis très vite on réalise ce qu'on a dit, la colère retombe et on se trouve bête, alors on s'éloigne sans dire mot.

Instant de dérive pour l'esprit, distraction passagère. Le cerveau semble soudain se moquer des mathématiques ou de l'espagnol, des infos télévisées ou de la discussion familiale, de tout ce qui se passe autour, et même du corps qu'il dirige. Il navigue, surfe sur des pensées, saute de l'une à l'autre à la vitesse de la lumière, saisit le fil de l'une d'entre elles et le suit pendant quelques secondes, avant qu'un bruit, une idée, une lumière le ramène à la réalité, l'atterrissage est brutal mais le souvenir du voyage est doux.

écrit le 4-03-09 - 370 mots - image de Fotolia

jeudi, 26 mars 2009

Description de passage 16: La création

Une description de passage retrouvée dans un carnet... Sur le thème de la magie de traits qui se transforment et forment, peut-être pas de l'art, mais du moins quelque chose...

pinceau rouge.jpg

Crayon brut sur le papier à grain. Traits, courbes, qui ne ressemblent à rien au premier abord, et puis se complètent, et donnent bientôt une vue d'ensemble, une perspective.

Traits maladroits s'effacent sous la gomme, ombres s'ajoutent et s'estompent au doigt.

Aplats de peinture étalés au gros pinceau, monochrome tout d'abord, avant que des nuances s'ajoutent dans un camaïeu de couleurs.

Traits plus fins au petit pinceau, finitions d'ombres et lumières. Puis on accepte de renoncer à aller plus loin dans le perfectionnisme.

écrite le 29-10-08 - 90 mots - image de Fotolia

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vendredi, 20 février 2009

Description de passage 15: La neige

Regarder la neige tomber, se poser, tout blanchir.

Ne pas maudire la neige, ne pas râler parce qu'on va devoir rouler lentement, parce qu'il fait froid. Juste un petit moment, retomber en enfance...

Marcher sur l'étendue immaculée, dans les traces de pas des autres pour ne pas trop la salir.

Aimer le contact des flocons sur sa peau, ouvrir la bouche pour en avaler quelques uns.

Voir le paysage enneigé, et trouver ça simplement beau.

neige & rouge-gorge.jpg

description de 75 mots, écrite le 13-02-09 - image de Fotolia

jeudi, 12 février 2009

Description de passage 14: la fille qui faisait semblant

Voici une petite description de passage de 500 mots, inspirée de mes "défouloirs" de mon année de 2nde, ces pages Word que je remplissais de mots pour cracher mon mal-être en pleurant pour des riens (et dont vous pouvez trouver des extraits ici)
Sur le même genre de thèmes, vous pouvez lire ces articles: Nouveau départ, Les gens raisonnables, Les conditions du bonheur, Réflexions: l'exigence, la création..., Système scolaire...

La description d'une fille qui ressemble un peu à celle que j'étais à cette époque, et finalement assez peu à celle que je suis aujourd'hui... Ce texte peut sembler triste ou dur, mais illustre surtout le chemin que j'ai parcouru...

Je précise au passage que je n'ai pas de phobie scolaire, la confusion étant courante et certains éléments de mon texte pouvant y faire penser: un phobique scolaire n'arrive pas à entrer en cours, fait des crises d'angoisse, etc. Moi je me sentais juste mal ;p

Dédiée à ceux qui font semblant et qui croient que ça ne pourra jamais changer... Gardez espoir et agissez!
Et à ceux qui, par leurs conseils, leur écoute, leur présence, m'ont aidée à devenir celle que je suis aujourd'hui et m'ont encouragée dans mes choix: Papa, Maman, Adeline, Anaïs, Clo, Drey, Flo, Gilou...

mal-être & larmes.jpg

Son réveil sonne. Elle n'a pas assez dormi et ferait n'importe quoi pour ne pas aller en cours, mais se lève quand même. Se prépare à toute allure. Seul le stress causé par la journée à venir parvient à chasser les brumes du sommeil.

Il fait encore nuit noire. Elle sort dans le froid, attend son bus, monte à bord. Prie pour que quelque chose se passe, un accident, n'importe quoi qui l'empêcherait d'atteindre le lycée. Mais rien n'arrive. Et chaque jour, elle a l'impression qu'elle n'y survivra pas.

Elle arrive en cours, s'assoit à une table dans une salle devant un prof. Elle a l'air de suivre. Ne vous y fiez pas, les trois-quarts du temps elle n'est qu'à moitié là, elle s'envole dans ses rêves, elle écrit en esprit les histoires qu'elle n'a pas le temps d'écrire pour de vrai. Allez-y, blâmez-la, elle n'attend que ça, elle donnerait tout que quelqu'un s'en aperçoive enfin. Pour que quelqu'un voit combien elle s'ennuie ici.

Oh, elle n'est pas surdouée. Juste un peu plus intelligente ou travailleuse que la moyenne, elle a juste soif d'apprendre. Tous les autres élèves, même les moins cons, s'en foutent de perdre leur temps ici. Râlent juste un peu pour faire bien, mais au fond, s'en satisfont. Pas elle. Elle n'arrive pas à accepter de ne rien apprendre en toute une journée. Ca la tue à petit feu.

Mais personne ne voit jamais rien, ou alors, ils ne veulent pas voir, parce qu'il ne faudrait surtout pas douter que tout va bien dans le meilleur des mondes. Elle a de bonnes notes, c'est une élève disciplinée, elle ne s'habille pas en gothique et ne grave pas Life sucks au compas sur les tables, alors elle va bien, forcément. Ca les arrange. Et elle joue le jeu, pour ne pas (se) faire peur, (se) choquer...

Elle se dit que c'est pas si étonnant que des gens se tuent sans que personne se soit douté de rien. Elle n'est pas suicidaire, pas assez de lâcheté ni de courage, et puis elle aime la vie et sait qu'un jour elle en fera quelque chose de mieux. N'empêche, les oeillères que les gens se mettent d'eux-mêmes tuent. Physiquement ou psychologiquement, elles tuent.

Elle est toujours un peu à l'écart, dans les couloirs ou la cour. Oh, elle a des amies, des filles formidables qui l'écoutent et la comprennent. Elle parle à ses camarades. Mais ça ne l'empêche pas de ne pas se sentir à sa place - on le lui fait savoir, parfois. Parfois elle essaie d'être un peu plus normale, le reste du temps elle tente juste d'être elle-même - pas si facile dans l'univers de l'hypocrisie...

Elle aimerait tant leur hurler à la figure ce qu'elle est vraiment. Mais elle est timide, bien élevée, et elle a peur de briser cette image qu'ils se font d'elle autant qu'elle en crêve d'envie... Alors elle se tait. Fait semblant de rien. Souffre en silence. En attendant des jours meilleurs...

texte de moi écrit le 31-01-09 - image de Fotolia

vendredi, 16 janvier 2009

Description de passage 13: courir

Une petite description de 300 mots, illustrant mon dernier footing...

jogging.jpg

Profiter d'une embellie pour se jeter sur ses baskets et aller courir au lac. Il lui aura fallu une vague de froid pour s'apercevoir à quel point le sport est devenu une drogue pour elle, alors que quelques mois auparavant, c'était encore un supplice.

Un bandeau éponge dans les cheveux et un bonnet par dessus, une écharpe autour du cou, et son indispensable MP3. Le temps de trouver une chanson entraînante, et elle est partie, en petites foulées, sans se presser pour trouver son rythme.

Respiration attentive. Prise de conscience du travail de tous ses muscles, du trajet de l'air jusqu'à ses poumons. Sensation d'être vivante, tout simplement. Euphorie.

Un sourire se forme, crispé par l'effort sur ses lèvres mais pétillant dans ses yeux. Elle observe tout autour, le lac, les canards, les arbres, la nature, elle vibre au rythme des chansons qui défilent dans ses écouteurs, et en même temps, son esprit s'enfuit très loin, dans des rêves éveillés que la course envoie en orbite.

Elle est à l'écoute de son corps, elle sait maintenant en décrypter les signaux, ralentit ou accélère le pas ou la respiration. Elle est nulle par rapport à tous ces grands sportifs qu'on peut croiser au stade ou dans les lycées, elle le sait et elle s'en fout. Elle court de mieux en mieux et tout va bien.

Elle ressent l'effort, s'essouffle. C'est presque agréable, et ce qui à la reprise de l'entraînement la décourageait et la poussait à s'arrêter, la booste maintenant pour aller plus loin.

Elle arrive en vue de l'arrivée. Accélère, sprinte presque. Elle a le souffle coupé, les poumons en feu, et ses jambes la tiraillent. Mais elle finit la course et bat tous ses records. Ce qui l'intéresse vraiment, au fond: se mesurer à elle-même et pas aux autres.

description de MOI écrite le 14-01-2009

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