vendredi, 18 juillet 2008

Mini auto dialogue n°3

- Alors comme ça, tu reviens de Bretagne. Tu entretiens un rapport particulier avec cet endroit.

- C'est vrai. Depuis que je suis toute petite, j'y vais tous les étés. Je devais avoir 4 ou 5 ans la première fois que j'y ai passé du temps avec ma grand-mère, sans mes parents. Et avec les années, mon frère m'a rejoint et nous y avons passé tout le mois de juillet. Jusqu'en 2005, quand ma grand-mère s'est cassé le col du fémur; là, on n'y a passé qu'une semaine, avec mes parents. Puis l'année suivante, elle est morte, et depuis, c'est une semaine par an.

- C'est donc des tas de souvenirs.

- Oui. Enormément de souvenirs heureux.

- C'est pour ça que c'est si dur de voir tes oncles et tantes s'y déchirer.

- Oui. Ma grand-mère était quelqu'un de si gentil, qui croyait tellement en les gens, peut-être même trop... Alors quand je les vois se battre comme des rapaces autour de ces 3 maisons que mes grands-parents avaient justement achetées pour réunir la famille, ça me rend malade. Je suis contente que mon père soit resté au-dessus de la mêlée, mais il y a forcément des choses qui nous retombent dessus...

- Pourquoi, au fond, tout ce bazar? Pour les maisons elles-même?

- Je n'en suis pas sûre. Et même si c'était le cas, s'il leur reste deux sous de jugeote, ils se rendront vite compte qu'ils se sont fait avoir: ce qui donne leur valeur à ces maisons, ce sont les souvenirs, les gentils fantômes qui les hantent. Qui survivront certainement beaucoup mieux dans ma tête que dans les maisons elles-même. Et si c'est pour leur valeur financière, alors j'espère simplement qu'ils ont honte. Même si ça m'étonnerait.

- N'avais-tu pas juré de ne pas parler de famille?

- Si, à cause de l'incident de l'année dernière, que je ne tiens pas à évoquer. Mais cette fois, pas d'excuses possibles: si quelqu'un qui se sent concerné par mes propos tombe "miraculeusement" sur cette page, qu'il prenne à son compte ce qu'il veut... Qui se sent morveux, se mouche!

texte de MOI et MOi-MEME

mardi, 17 juin 2008

Mini auto dialogue n°2

- Qui es-tu?

- Merde, dès la première question tu te débrouilles pour me poser une colle.

- Une colle? C'est pourtant pas difficile. Qui es-tu?

- Mais qu'est-ce que j'en sais, moi, qui je suis? Tout est relatif, d'abord. Tu peux demander qui je suis à 20 personnes différentes, y aura pas deux réponses pareilles.

- Bon, commence par l'état-civil.

- Bon. Prénom, Marianne. Née en 1991. 2 parents (original, pas vrai?), un petit frère. Signe astrologique, balance. Groupe sanguin, A +...

- Tu aimes ton prénom?

- Pffiou, je sais pas moi. Marianne... Objectivement, froidement, c'est un joli prénom. Les origines me plaisent. Marie et Anne viennent toutes deux de l'hébreu: "celle qui élève" (Mariam ou Myriam) pour Marie, "grâce" pour Anne. Avec ensuite, la Marianne de la République, c'est un symbole pas mal si on oublie la nana sur la peinture avec un sein à l'air...

- D'accord. Là, tu joue la scientifique. Mais subjectivement?

- Je sais pas. Si on le crie, je me retourne, mais jusqu'à y a quelques temps j'avais l'impression qu'il me ressemblait pas du tout.

- Et maintenant?

- Je crois que je commence à l'accepter. Le son A me va bien. M et N, des consonnes douces, avec le piquant du RI au milieu... Oui, disons que je m'y fais.

- Uh uh. Mais tu n'es pas sûre qu'il représente ce que tu es?

- Nous y voilà. Oui, c'est peut-être ça le problème, j'aimerais que rien qu'en disant mon prénom ou en regardant mon visage, on sache qui je suis. Bon, pas tout sur moi, mais assez pour éviter que les gens se fassent de fausses idées.

- Je croyais que ça ne comptait plus pour toi, le regard des autres?

- C'est vrai. En tout cas, je fais tout pour. Mais que veux-tu, je trouve toujours ça si injuste, tous ces inconnus qui te jugent, qui s'imaginent tout savoir sur toi... D'un côté, ça me suffit de savoir qu'ils sont juste cons, et ça me rassure presque qu'ils ne sachent rien de moi. Mais de l'autre, j'aimerais avoir de belles reparties à leur sortir, pour leur montrer à quel point ils sont à côté de la plaque.

- La repartie... Ca n'a jamais été ton point fort, pas vrai?

- Ah ça non. Quand j'étais gosse, je passais mes nuits à remuer dans ma tête ce que j'aurais pu répondre à certaines petites phrases assassines. C'est connu, les filles sont cruelles entre elles...

- Mais si tu les avais sues sur le champ, ces réponses, qu'en aurais-tu fait?

- Sans doute pas grand chose, tu as raison. Je n'aurais jamais osé. J'étais si timide...

- Tu ne l'es plus?

- Si, un peu. Mais différemment. Avant, j'étais engluée dans ce que je croyais être du respect. Je voulais juste avoir la paix, rester dans mes rêves, et je m'imaginais que si je fichais la paix aux autres, ça finirait par payer.

- Et maintenant?

- Maintenant, je sais me défendre. Mais j'ai toujours du mal à aborder quelqu'un sans "prétexte", ce genre de choses... Je suis capable de retourner une phrase d'introduction dans ma tête pendant une demi-heure pour finalement ne rien dire...

- Et tu ne serais pas aussi un peu agoraphobe?

- Ca dépend dans quel sens. Les grands espaces ne me posent aucun problème. La foule non plus, j'aime plutôt être au milieu des gens, dans les rues des grandes villes par exemple, tant que ça reste occasionnel.

- Mais?

- Mais parfois j'ai un peu peur de l'extérieur, de sortir de chez moi, de me retrouver sous le regard des gens, à découvert.

- Alors ce n'est pas que ta timidité, cette histoire de regards?

- Pas seulement. Je crois que ça vient de mes longues périodes de maladie, jusqu'à 1 mois parfois, où je restais enfermée chez moi. C'était comme un cocon, j'étais protégée. Et quand j'ai dû ressortir, ça m'a angoissée. D'autant plus que l'accueil qu'on me réservait au bahut était tout sauf chaleureux.

- C'est pour ça que c'est si important pour toi, avec tes cours par correspondance, de sortir marcher tous les jours.

- Uh uh. Y a peut-être aussi l'ambiance de ma petite ville. Toujours quelqu'un pour te regarder - de préférence de travers - par exemple les vieux de la maison de retraite, ou les curistes... On en revient aux grandes villes. Là-bas, y a du monde, personne ne se demande ce que tu fais là à cette heure, personne ne te connaît, donc d'une certaine façon tu es plus libre d'être toi, même si tu es aussi plus seul.

texte de MoI et MoI-MêMe - à suivre prochainement

mercredi, 11 juin 2008

Mini auto dialogue (présentation)

- J'ai eu une idée, une sorte de texte que je pourrais publier sur mon blog, pour renouveler un peu ma façon d'écrire, un dialogue avec moi-même.

- Un dialogue... Avec toi-même?

- Oui, avec toi, quoi.

- Drôle d'idée. Enfin, façon de parler, vu que tu en sors 20 fois par jour, des comme ça.

- T'en penses quoi?

- Je sais pas... Pourquoi pas? Ca fait un peu bizarre, ça me rappelle ce bouquin de Sarraute, tu sais...

- Enfance, son autobio à la 2ème personne. Oui, c'est vrai. Mais là, c'est pas l'idée. Raconter mes souvenirs, c'est un peu trop personnel, et puis j'ai que 16 ans.

- Et demi, bientôt 17.

- Oui, bon, on va pas pinailler.

- Mais qu'est-ce que tu me - te - dirais?

- Je sais pas, moi. Des réflexions. Le genre égocentrique et égocentré, tu vois. Sur moi, moi et les autres, moi et la vie...

- Et je sers à quoi, moi, dans tout ça?

- Tu poses les questions.

- Merci du cadeau... Et tu es forcée de me répondre?

- Oui, bon, si ça devient trop gênant, je peux toujours t'effacer, rien qu'en appuyant sur une touche du clavier...

- J'en frémis d'impatience.

texte de MoI et MoI-MêMe... à suivre prochainement