jeudi, 22 octobre 2009
Intello & malheureuse à l'école
J'ai déjà pas mal parlé sur ce blog du système scolaire, contre lequel je suis très remontée. Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas que j'ai suivi ma 1ère et ma Terminale au Cned, par correspondance, à cause de mon grand ras-le-bol du lycée.
Ici, je voudrais parler plus précisément d'expériences vécues dans ce système scolaire au fil des années, et qui me sont peu à peu revenues pendant ces deux ans au Cned. Des "symptômes" de ce qui n'y tourne pas rond selon moi, en quelque sorte, même si à l'époque et jusqu'à récemment, je croyais être celle qui ne tournait pas rond...
Le tout premier de ces souvenirs remonte à la maternelle, moyenne section. Nous devions écrire notre nom derrière un dessin, et pour ça, aller chercher un truc avec notre nom écrit dessus, qui était scratché à un panneau mural dans la classe. Et je me revois écrire mon nom avant les autres, puis aller consciencieusement me mêler à cette foule pour récupérer le "truc", revenir à mon dessin et faire mine d'écrire. C'est dingue comme on peut vite, inconsciemment, percevoir qu'il ne faut pas avoir l'air trop différent...
Deuxième souvenir dans le même genre: en CP, cette fois, où mon instit était une vraie dragonne. Elle me demande de lire une page de "Gafi le gentil fantôme" à voix haute, et sur cette page il y a le mot "attention", que je sais très bien lire puisque même avant d'entrer en CP, je lisais seule à la maison... Mais je crois qu'on le l'a jamais vu en classe et qu'il s'agit d'un piège, dans lequel je décide de tomber pour ne pas montrer que je sais. Ce qui résulte en une belle engueulade, puisqu'en fait la classe avait vu ce mot pendant que j'étais absente (admirez d'ailleurs le don pour la psychologie de cette enseignante...)
Je signale de plus que personnellement, j'ai plutôt appris à lire avec la méthode syllabique (ancienne), à la maison avec mes parents, au fur et à mesure de nos lectures, même si avec le recul, je constate que c'était la méthode globale (qui consiste à apprendre des mots par coeur) qu'on nous enseignait à l'école. La syllabique est selon moi la plus logique (c'est comme ça que je "vois" les mots dans ma tête, et c'est de plus la seule façon de ne pas être paumé quand on rencontre un mot jamais lu auparavant), et dans tous les cas je crois qu'il faudrait avant tout tenir compte de la façon de "fonctionner" de chaque élève.
Avec la même instit, je me souviens d'une virée à la bibliothèque infusée de "pédagogie moderne", qui me fait d'ailleurs penser point pour point à une description faite par une institutrice de sa formation à l'IUFM (Journal d'une institutrice clandestine, de Rachel Boutonnet): nous avons dû partir à la recherche de certains livres sans plan de la bibliothèque. Le but étant de nous faire comprendre l'utilité dudit plan d'organisation. Le problème, c'est que moi, je savais déjà que les livres étaient classés selon certains critères. Vous n'avez pas idée à quel point on se sent perdu dans ce genre de situation. On ne comprend pas ce qu'on nous demande, on veut faire plaisir à des adultes dont on commence sérieusement à douter: savent-ils ce qu'ils font? C'est terrible, parce qu'à cet âge, on a besoin d'avoir une certaine confiance dans ce qu'on nous dit, ce qu'on nous apprend. Pas d'avoir l'impression de pédaler dans la semoule et que l'enseignant, soit est dans la même situation, soit n'a aucune envie de nous aider à nous en sortir...
Cette même "pédagogie moderne", on la ressentait quand dès le CE1, nos instits nous demandaient de faire des "recherches documentaires" ou la synthèse de leurs explications pour écrire le cours... A cet âge, on n'est pas mûr pour ça, ni moi ni les autres! La seule différence, c'est que moi, je sentais à quel point on ramait. Je sentais le désespoir de l'instit, parfois, quand la classe n'arrivait pas du tout aux conclusions qu'il avait prévues sur son joli plan de séance, mais qu'il s'acharnait quand même, sans vouloir trop nous aiguiller. Que d'heures perdues! Voilà sans doute d'où vient ma formidable capacité d'évasion et de rêve: un besoin vital!
Des anecdotes comme ça, j'en ai pendant toute la primaire, plus ou moins selon l'intelligence des instits... Au collège et au lycée, les cours étaient quand même généralement plus structurés, et les élèves plus à-mêmes de deviner les attentes des profs ; et je cachais moins que je savais, car c'était plus évident vu mes notes. Je me rappelle néanmoins que si par hasard un prof faisait une erreur de correction qui rabaissait ma note, c'était un vrai cauchemar pour moi d'aller réclamer mon dû, pas seulement vis-à-vis des autres élèves mais aussi de certains professeurs...
Des profs de ma connaissance m'accuseraient pour ces remarques d'être simplement trop timide, trop timorée, de trop me soucier du regard des autres. J'ai été tout ça, c'est vrai. Mais il n'en demeure pas moins que le système scolaire n'encourage pas à être bon ; ou disons plutôt qu'il encourage à être moyen voire un petit peu au-dessus, mais surtout pas très bon voire exceptionnel! Briller, c'est mettre le prof dans l'embarras, lui en demander trop, outrepasser la médiocrité dans laquelle la majorité des élèves se complaisent par manque d'imagination (et c'est bien triste que l'école ne donne pas cette imagination, cette soif d'apprendre), et comme le sait tout un chacun, la majorité à toujours raison!
Je connais des tas de cas d'élèves un brin dyslexiques mais très intelligents (cela va assez souvent ensemble), complètement saqués et massacrés par des enseignants, soit incapables de détecter leurs problèmes, soit ne voulant pas travailler à les régler... Comme ce jeune homme qui a toujours eu des problèmes de compréhension mais était super doué en calcul mental, et que son prof de maths accusait de triche car ce n'était tout bonnement "pas possible" qu'il calcule comme ça, de tête, ce qui lui demandait à lui un temps de réflexion. Comme s'il n'était pas dans l'ordre des choses qu'une partie au moins des élèves dépassent le maître...
Et ça m'atterre. Parce que pour moi, le rôle d'un enseignant n'est pas de faire un cours magistral devant un troupeau de moutons, et advienne que pourra, que ceux qui le peuvent retiennent quelque chose! Pour moi, toute la beauté de ce métier devrait être de tenir compte des différences de chacun, et de s'y adapter. De détecter les talents de chacun et d'aider à les mettre à profit... Mais peu d'enseignants sont ainsi. Il y en a, heureusement, et heureusement pour moi j'en ai croisés quelques uns, mais pas assez face à la masse de petits fonctionnaires aigris qui sont là pour le ratio salaire/temps de travail, la sécurité de l'emploi et la retraite assurée.
Quand je pense à tout ce que moi et mon frère avons enduré à l'école, à ces andouilles qui nous ont petit à petit fait détester ça alors que nous partageons une si grande soif d'apprendre, je me demande comment je pourrai mettre mes propres enfants, si j'en ai un jour, dans le système scolaire classique. Bien sûr, on ne peut pas décider à la place de ceux qui ne sont pas en âge de comprendre, mais je garderai toujours en tête les possibilités de scolarisation à domicile, que ce soit avec ou sans le Cned. Parce que l'école n'épanouit pas, ce n'est pas vrai. Ou en tout cas, pas la majorité des enfants...
13:14 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 octobre 2009
Crise et mensonges
Je n'ai pas tant parlé que ça de la crise sur ce blog, un seul article au tout début je crois, dénonçant à l'époque une certaine inconscience de tous ces gens, politiciens et économistes compris, qui croyaient ou voulaient croire que la croissance pouvait être sans fin. Même après plusieurs mois de crise, l'idée d'une "croissance négative" (joli euphémisme inventé par nos gouvernants) passe mal auprès de beaucoup de gens, comme ces agents immobiliers que mon père forme, et qui gardent en tête que les prix ne peuvent que monter!
J'avais aussi, à ce moment-là, critiqué la folie des profits immédiats, et la "dématérialisation" de l'argent, qui ne repose plus sur rien de concret (bourse, etc)
Mais aujourd'hui, je vais plutôt parler de politique. De deux choses l'une: soit nos politiciens sont vraiment nuls à ch... en économie (ce qui n'est pas à exclure, je leur ferais bien une petite formation de compta basique pour apprendre à ne pas dépenser l'argent qu'on n'a pas...), soit ils sont totalement malhonnêtes (impossible!). Le plus flippant, c'est que je commence à croire qu'ils sont les deux...
Je m'explique: tout d'abord, cela fait plusieurs mois qu'on nous dit que la crise est finie, qu'on a "touché le fond" (pour reprendre l'expression utilisée par Christine Lagarde, notre ministre de l'économie, à la télé américaine il y a quelques mois), que la reprise commence (comme l'a dit Raffarin à la télé française, à l'occasion du dernier G20). Ce qui est totalement absurde: même si la bourse repart vaguement, les Français, eux, ne recommencent pas à consommer (pas si cons ; et ceux qui le voudraient, de toute façon, se font rembarrer par leur banque, qui veut rien leur prêter...). L'immobilier continue à dégringoler, et est encore bien au-dessus de la "normale" (définie par ce qu'on peut se permettre avec un salaire moyen).
Rappelons-nous que les Etats-Unis ont chuté pendant au moins deux ans, et rien ne dit qu'ils remontent de sitôt (les ménages mis à la rue par les banques ont peu de chance de consommer beaucoup ; de plus, une vague remontée de l'immobilier est en fait causée artificiellement par les banques en question, qui ont récupéré énormément de maisons mais les mettent sur le marché au compte-goutte, pour ne pas les vendre pour une bouchée de pain) En toute logique, nous décrirons une courbe parallèle à la leur, et descendrons aussi bas...
Pourquoi? Eh bien parce que, comme on nous le serine, la consommation est la clé de la reprise; et pour consommer, les citoyens (ou appelons-les plutôt consommateurs) doivent avoir confiance. Croire que les choses vont mieux, qu'ils peuvent arrêter de faire des économies (taxées par l'Etat) pour faire des emplettes (elles aussi taxées par l'Etat). Et ce que nos gouvernants ont trouvé de mieux pour donner confiance, c'est de... mentir, ou au mieux d'embellir la vérité. Tant pis si ça met en danger les premiers qui y croiront, tant pis si quelques uns y perdent tout. Et tant pis si cette belle stratégie risque aussi de leur faire perdre définitivement la confiance des consommateurs, si ceux-ci s'apercevaient de quelque chose...
Petite digression: autre magnifique démonstration de la clairvoyance de l'Etat, les hausses d'impôt, super incitation à la conso... Des hausses d'impôts? Mais Nicolas n'a-t-il pas promis qu'ils n'augmenteraient pas??? Eh si, mais là encore il s'agit de mots soigneusement choisis et d'une arnaque généralisée: les pourcentages de chaque impôt n'augmentent pas, mais les tranches de population imposables s'élargissent... Ce qui fait, au final, une augmentation du pourcentage moyen de fric du français moyen qui va à l'Etat.
Et dans le même genre, les banques qui ne prêtent pas volontiers, là encore, super idée pour relancer l'économie. Le petit consommateur moyen, quand il demande un crédit conso et qu'on lui dit que c'est trop risqué, pourrait bien avoir une étincelle géniale et se dire que tout ne va pas si bien que ça dans le meilleur des mondes... Quant aux entreprises, pas moyen non plus pour elles d'emprunter, ce qui ne va pas relancer la production... Mais pourquoi qu'on leur a donné du fric déjà, à ces banques? Parce que si elles s'effondraient, on allait dans le mur? Ouais, ben on y va peut-être quand même de toute façon, vu leur empressement à changer de moeurs...
Mais alors, la meilleure vient de sortir dans tous les journaux (Le Monde, Libération, les Echos, divers journaux économiques et financiers...): des jolis chiffres savants qui nous disent que le déficit va baisser, mais que celui de la sécu va monter, et que donc le rapport déficit/PIB va quand même augmenter. Et tous les journalistes recopient sans ciller le communiqué officiel, sans même sortir leur calculette... Attendez un peu de voir la vérif que mon père et moi avons fait!
Selon la déclaration de Fillon:
Déficit en 2009: 141 milliards ; déficit prévu en 2010: 116 milliards.
Déficit de la sécu 2009: 24 milliards ; 2010: 30 milliards.
Déficit/PIB 2009: 8,2% ; 2010: 8,5% (sachant que le PIB est resté assez stable).
Rien ne vous choque, vraiment? Eh bien ces chiffres sont totalement manipulés.
En fait, le déficit TOTAL en 2009, en comptant celui de la sécu, est 141 milliards, donc le déficit SANS LA SECU est 141-24=117 milliards. Par contre, 116 milliards représentent le déficit SANS LA SECU en 2010, le déficit TOTAL s'élèvera donc (selon les prévisions, souvent optimistes) à 116+30=146 milliards.
Là, on retombe sur nos pieds: 141 représente 8,2% environ de 1720, et 146 en représente 8,5%...
Il ne s'agit pas ici de faire dire n'importe quoi aux chiffres, art dans lequel nos représentants sont très doués; non, là c'est de la manipulation pure et simple: avec des chiffres qui empirent tous, on arrive à nous faire que la situation s'améliore. Qu'ils aient tenté le coup ne montre, encore une fois, que leur faible estime d'eux-mêmes et de leur fonction, et leur malhonnêteté congénitale; mais que tout le monde gobe ça sans poser de question, m'afflige au plus haut point.
La démocratie dépend de la séparation des pouvoirs, et ce n'est pas pour rien qu'on surnomme les médias le "quatrième pouvoir": leur indépendance et leur professionnalisme conditionnent les informations que chaque citoyen reçoit, et donc leur réaction...
A bon entendeur, salut!
Pour finir, juste une petite citation extraite de la pièce de théâtre "le Diable rouge" d'Antoine Rault (début du texte cité dans les Echos des 9 et 10 octobre), qui résonne étrangement dans le contexte actuel... Et qui me fait d'ailleurs penser à la réflexion finale de mon article Petites réflexions inspirées par la crise!
"Colbert: Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou...
Mazarin: Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat... l'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette! Tous les Etats font ça."
13:00 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 02 octobre 2009
La justice est aveugle... et tétraplégique
Si vous ne vivez pas sur une île déserte, vous avez sans doute entendu parler ces derniers jours de l'enlèvement et du meurtre d'une joggeuse de 42 ans par un charmant personnage armé d'un couteau, qui a avoué et indiqué où se trouvait le corps. Je ne reviendrai pas sur les détails, mais cet évènement me donne l'occasion sinistre d'argumenter sur notre belle justice.
En effet, le charmant personnage en question avait été condamné, en 2002, à 11 ans de prison pour avoir enlevé et violé une jeune fille de 13 ans. 2002 + 11 ans??? Non, vous ne rêvez pas et si, vous savez toujours compter: il a été bénéficié d'une libération conditionnelle en 2007, soit après une petite moitié de sa peine.
Alors dites-moi si je déraille complètement, mais 1) je trouve que 11 ans pour le viol d'une mineure, c'est plutôt laxiste, et 2) dans tous les cas, 5 ou 6 ans ce n'est certainement pas assez!!!
Car attendez le plus drôle: de ce que j'ai lu sur internet, notre charmant personnage avait interdiction de s'installer à proximité du domicile de sa jeune victime pendant sa conditionnelle ; mais après la fin de cette "peine", il a pu retourner vivre à quelques centaines de mètres de chez elle. Pas du tout traumatisant! Là encore, bravo la justice.
Faut-il vraiment s'étonner que ce genre de personne recommence à la première occasion, quand il croise une femme en train de courir, et qu'il porte "comme par hasard" un couteau sur lui? Car c'est la version de son avocat: il a agi par hasard, "sous le coup d'une pulsion". Ouais, ben les pulsions, tout le monde en a (peut-être pas ce genre là, mais ce n'est pas le sujet), et des tas de gens vivent très bien avec sans embarquer une femme dans leur coffre et la tuer! C'est bien triste si quelques charmants personnages en sont incapables, mais dans ce cas-là, il est de la responsabilité de la justice de les mettre hors d'état de nuire. En les gardant en taule un peu plus de 5 ans, par exemple...
Cela me fait penser à un débat/docu sur Arte, que j'avais vu il y a quelques années, à l'occasion d'un nouveau viol d'un violeur en série qui venait d'être libéré de prison. Un juge interrogé avait fait une remarque qui m'a marquée (et choquée), en gros cela donnait "on ne peut pas enfermer quelqu'un à vie, parce qu'on ne peut pas décemment lui enlever tout espoir". Excusez ma grossiéreté, mais qu'est-ce qu'on en a à foutre, de l'espoir de ce genre de personnes? Où est l'espoir dans l'enfance arrachée à la petite victime du charmant personnage n°1, la vie volée à cette jeune joggeuse, et celles, piétinées, de toutes les victimes du charmant personnage n°2? Et cela, en considérant seulement qu'on ait un "droit à l'espoir": un chômeur en instance de divorce n'en garde pas forcément, c'est bien triste, mais on n'en fait pas toute une histoire!
Mon opinion est claire à ce sujet: on n'a à respecter l' "espoir" d'une personne, que tant qu'elle respecte celui des autres ; quand on viole, qu'on tue, qu'on bafoue aussi sauvagement les droits des autres, on renonce aux siens propres. Attention, je ne parle pas ici de la peine de mort (à laquelle je suis opposée, pour des raisons éthiques, d'efficacité et d'erreurs possibles) ou des conditions de vie des prisonniers ; comme on est des gens civilisés, on enferme ceux qui ne le sont pas dans des conditions les plus humaines possibles (que la France ne respecte de toute évidence pas, mais c'est une toute autre question).
Mais il faut arrêter de poser les coupables en victimes! Sans parler de "punition" ou de "compensation" (qui dans les cas évoqués ne respectent certainement pas le préjudice subi par les victimes), la société doit se protéger de ceux qui bafouent les lois. Ce qui veut dire, notamment, ne pas relâcher quelqu'un dont on est raisonnablement certain qu'il va récidiver (et il me semble évident qu'un violeur n'est pas très bien dans sa tête, et qu'il a souvent toutes les chances de recommencer), surtout sans le faire passer par des traitements ou thérapies (qui marchent ou non, c'est encore un autre sujet ; mais dans tous les cas, laisser quelqu'un en prison quelques années ne suffit pas à le changer, en tout cas pas pour ceux qui agissent sur des "pulsions", comme dit l'avocat comme si c'était une circonstance atténuante...)
Et si cette phrase que je citais m'a autant choquée, c'est aussi parce que c'est un juge qui la prononce. Pas un avocat, de la part duquel cela me semblerait relativement "normal" ou du moins "logique". Un juge! Dans mon esprit, celui-ci est censé être objectif, impartial, évaluer le préjudice subi, les circonstances atténuantes ou aggravantes, la dangerosité de l'accusé, et en tirer une punition raisonnable. Certainement pas s'inquiéter des conséquences de sa décision sur l'accusé, qui pourrait être traumatisé, le pauvre... Le juge représente la société, pas les criminels! Pour ça, ils ont des avocats...
Bref, j'en aurais encore beaucoup à dire mais je vais m'arrêter là ; avec juste une dernière remarque: la prison à perpétuité n'existe plus en France. On peut avoir tué quelqu'un, on est sûr de sortir un jour de prison, à moins de s'y faire tuer (je schématise, mais en gros, c'est ça, car les criminels âgés qui n'ont pas purgé leur peine sont souvent autorisés à sortir pour "mourir dignement"). Donc, en gros, la société est incapable de protéger ses membres d'un individu de façon durable, ce qui est quand même assez inquiétant. De plus, cela provoque un certain "tassement" des peines: quelqu'un qui commet un meurtre "passionnel" (nouveau mot utilisé à toutes les sauces comme si c'était moins grave, alors que justement cela laisse penser que la personne ne peut pas se contrôler) peut même sortir après moins de temps en prison qu'un cambrioleur ou un braqueur de banque qui n'a jamais tué personne (et ce n'est que mon opinion personnelle, mais je classe "voler", même violemment, une catégorie en-dessous de "tuer" et "violer")... Viva la justicia!
13:07 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 03 septembre 2009
Premier jour
Voici un petit texte un peu hors-norme, différent de ce que j'écris habituellement. Pas vraiment une description de passage, mais cela s'en rapproche un peu ; pas du tout un poème, mais il y en a les sonorités et le rythme. Ca m'est venu comme ça, un soir dans le noir, et j'ai été obligée d'allumer la lumière pour m'en débarrasser en le couchant sur le papier.
Cette fille, ce n'est pas moi et ça ne l'a jamais été, bien moins encore que la fille qui faisait semblant. J'ai ressenti les mêmes envies qu'elle, à certains moments, mais je n'ai jamais su jouer la comédie de cette façon ; heureusement, car comme je l'explique dans Nouveau départ, on est vite pris à son propre piège...
Donc voilà ce texte, intitulé Premier jour mais qui pourrait aussi s'appeler 700 jours ou, encore une fois, la fille qui fait semblant, et dont j'ai pensé qu'il se prêterait bien au contexte de la rentrée : dites-moi ce que vous en pensez.

Premier jour, le premier sur plus de 700 qu'elle passera ici. Premier jour, important, capital même: il déterminera tout ce qui suivra.
Cette année, elle a décidé que tout allait changer. Nouveau départ, nouvelles têtes dans un nouvel endroit, chance d'être percue autrement. Elle a bien tout préparé, tout étudié, chaque détail de sa tenue, chaque accessoire, chaque attitude, elle a répété devant son miroir, le soir. Elle a quelques phrases, passe-partout mais cool, à prononcer, elle sait quoi dire, et quoi répondre, dans chaque circonstance, pour ne pas gâcher cette chance.
L'esprit torturé, mais le pas assuré, elle arrive au lycée. Un peu en avance, voir les groupes se former et savoir à qui parler. Comme en mission, mission d'infiltration, elle étudie la situation. Se rémémore tout ce qu'elle a décidé, comme son nouveau surnom. Vital, aucun mot ne doit lui échapper ; pas un lapsus, pas un tic ne doit la démasquer.
Pourquoi serait-elle condamnée à encore incarner la fille coincée, pas vraiment ringarde mais pas populaire non plus? Le collège c'est terminé, le lycée va tout changer. Elle sait qu'elle peut être plus, il faut juste leur montrer.
Et puis de toute façon, elle-même ignore qui elle est, comment eux le sauraient? Elle peut devenir qui elle veut, du moins elle veut le croire. Et comme elle ne sait pas qui elle veut devenir, elle leur laisse la main, elle sera ce qu'ils veulent, pour leur plaire, et pour ce faire elle gère jusqu'au moindre geste, comme si sa vie en dépendait.
N'est-ce pas le cas, en fait? 700 jours en dépendent, autant dire bien plus loin qu'elle ne peut se projeter.
écrit par mari6s, été 2009.
13:20 Publié dans Descriptions de passage, Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 01 septembre 2009
Petits moments en vrac...
Faire un album photos de notre séjour en Irlande, prendre le temps d'imprimer ces images qui restent le plus souvent virtuelles depuis l'ère du numérique, et les coller soigneusement à la mode scrapbooking...
Regarder Veronica Mars en version espagnole (langue & sous-titres), tant pis si c'est pas logique, parce qu'Almodovar ou les telenovelas, bof ; et se mettre à penser et imaginer, non seulement en français et en anglais, mais aussi en espagnol, sans s'en apercevoir avant de tomber sur un mot qu'on ne connaît pas - oh, zut, c'est de l'espagnol ça!
Ecrire encore et encore, et quand on tombe sur un os, un blocage, se lever et aller peindre et bricoler à l'autre bout de la pièce ; une petite boîte à l'acrylique, une horloge décorée de coquillages, des pots à crayons ornés...
Ouvrir ses livres de cours, lire les intros, se laisser entraîner plus loin dans les plus passionnants. Frissonner d'envie à l'idée de comprendre la physique quantique, la sociologie, le russe, le monde quoi!
S'apercevoir du chemin parcouru, de ce qu'on est devenu, des évolutions encore à venir ; pratiquer l'introspection de façon quasi-naturelle, et sans en souffrir, et se rendre compte qu'on se connaît plutôt bien, et qu'on peut encore se surprendre.
Discuter pendant des heures avec ses proches, sur la vie et la mort et la philosophie et la métaphysique, et les films et les livres et les séries télé, et s'extasier devant ce qu'on s'apporte mutuellement en réflexion.
Faire du "logimage" pour se vider la tête, colorier les petites cases et voir apparaître un dessin.
Mordre à pleines dents dans le sandwich que son père a rapporté de son voyage d'affaires.
Ecouter de la musique sur ses écouteurs, seule le soir dans le noir, jusqu'à ce que ses yeux tombent de fatigue et que son esprit arrête enfin de tourner à bloc, arrêter le baladeur et s'endormir...
Se réveiller en douceur le matin, avec la lumière du jour et les petits bruits dehors, et rêvasser et se rendormir.
Etre contente de se lever en se disant qu'on a plein de choses à faire, ou rien du tout.
Respirer, expirer.
Vivre.
Et le savoir.
écrit par mari6s le 30 août 2009
13:28 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 25 juillet 2009
Société de consommation
Une petite anecdote sans doute bien banale, mais qui m'a marquée... L'autre jour, je suis allée racheter un chargeur pour mon téléphone portable, ayant perdu l'ancien. La vendeuse trouve le bon modèle, et m'annonce que j'ai assez de "points fidélité" pour ne pas le payer.
Avant de me dire qu'en fait, j'ai assez de points pour changer de portable. J'ai à peine le temps de dire que je ne tiens pas à en changer, qu'elle me tend d'autorité le catalogue des modèles. Mais comme mon portable n'a qu'un an et qu'il me convient bien, et que je désapprouve farouchement ce genre de gaspillage, je répète de façon claire et intelligible que, non, je n'ai pas besoin d'un nouveau portable, et que l'actuel est très bien.
Horreur, stupéfaction! La pauvre fille, qui ne doit pas avoir l'habitude qu'on résiste à cet argumentaire commercial si élaboré ("vous pouvez, donc faites-le"), et voyant sa commission s'éloigner au galop, tente un désespéré "en tant que conseillère en téléphonie, je vous assure que vous feriez mieux...". Pas très loyal, mais y a de l'idée: le joli mot de 'conseillère' remplace le beaucoup moins fiable 'vendeuse', et elle ajoute juste ce qu'il faut de pathos et d'assurance pour convaincre n'importe quel doux idéaliste converti malgré lui à la société de consommation.
Mais voilà, je suis une extrémiste, une hérétique, et malgré toutes ses avances (notamment un sournois "s'il tombe en panne après, vous devrez payer pour en changer"), je ne cède pas. Et elle me regarde quitter la boutique avec mon chargeur, l'air désolé... Alors que, même en n'achetant qu'un chargeur avec mes points fidélité, je suis contrainte et forcée d'accepter une rallonge d'abonnement chez mon opérateur...

Alors voilà, ma question métaphysique, c'est: que vaut une société où on refourgue un portable gratuit tous les 6 mois, juste pour "fidéliser" une clientèle de moutons, avec tout le gaspillage à la clé?
Enfin bref, on ne changera pas le monde avec des articles de blog... Mais en ressortant avec mon nouveau chargeur et mon vieux portable, j'étais toute fière de moi, et je crois que je vais rayer de ma liste (voir Le prochain truc sur ma liste) le n°13: prendre position selon mes opinions.
texte écrit le 19/07/09 - image de Fotolia
Et vous, qu'en pensez-vous? Dites-le en cliquant sur Commentaires!
13:29 Publié dans Dans ma vie..., Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 05 juin 2009
Elève trop discrète
A l'occasion de la constitution de mon livret scolaire pour le bac, j'ai replongé dans mes archives de bulletins de notes, et un constat m'a sauté aux yeux: depuis tout ce temps, j'étais muette sans m'en rendre compte!
En effet, à travers les années, dès le CP jusqu'au collège et même en 2nde, on retrouve régulièrement le même type d'annotations: élève trop discrète, ne participe pas, pas assez de présence... Au moins, au Cned, on n'a pas ce genre de commentaires!
Je dois l'avouer, pendant longtemps j'ai ignoré jusqu'à la nature de cette "participation" qu'on me demandait avec tant d'insistance. Et quand j'ai compris, forcément, j'ai été déçue: c'est ça ce grand mystère, faudrait que je lève le doigt en sautillant et en suppliant qu'on m'interroge, pour finalement me tromper ou donner une réponse évidente? Vanité des vanités...
Et puis bon, ils étaient tellement inquiets, de si bonne volonté, que je me suis forcée un peu, histoire de les rassurer un bon coup. Erreur fatale! Plus on leur en donne et plus ils en redemandent! Et voilà qu'ils se sentaient maintenant autorisés à m'interroger directement, à me harceler et à briser mes bulles de semi-rêve (car suivre le cours, c'est bien gentil, mais quand on est multitâches comme moi, on ne s'en contente pas!)
Au collège, j'ai bien commencé à voir quel était mon problème, ma tare: je ne participais pas, non pas par timidité maladive ou par peur de l'erreur, mais simplement parce que ça ne m'intéressait pas! Et doublement, car 1) je suis une damnée individualiste qui ne voit pas l'intérêt de "faire avancer la classe", comme ils disent; et 2) les réponses me semblaient si évidentes qu'elles ne valaient pas le coup que je sorte de la bulle sus-évoquée - eh oui, déjà à l'époque, ça n'allait pas assez vite à mon goût...
Et je n'avais rien vu... Car s'il y a une race de professeurs particulièrement pendus aux lèvres de leurs chers élèves, ce sont bien ceux de langues. Logique, me direz-vous, puisque pour savoir parler anglais... il faut le parler, justement! Certes, admettons, même si personnellement, écouter les autres parler est ce qui m'a donné la maîtrise de la prononciation. Mais que l'on soit clair: on peut très bien évaluer l'oral des élèves sur des interrogations (dans ou en dehors du cours), autant pour chaque personne, ce qui assure plus d'équité...
Mais le problème, c'est le sujet sur lequel on doit parler. "Where is Brian" nous dit Gad*, et c'est ça, dans les grandes lignes (les miens s'appelaient Dave et Vanessa). En espagnol, qu'on commence en 4ème, on doit estimer qu'on est plus "murs" puisqu'on nous fait étudier textes et images hautement symboliques, qu'il faut détailler en long en large et en travers, décrivant le moindre brin d'herbe sur la photo, la moindre virgule dans l'article de presse. Et de préférence dans des phrases à rallonge qui tournent autour du pot sans rien vouloir dire, en étalant toutes les belles structures grammaticales qu'on n'a pas du tout comprises. Forcément, à ce jeu-là, j'étais dépassée...
Ce qui m'énervait (et m'énerverait probablement encore si j'y étais confrontée), c'étaient les profs qui comptaient sur les élèves pour faire avancer leur cours, qui trouvaient normal que moi l'intello, je fasse partager ma science aux masses scolaires, même si les masses n'en avaient le plus souvent pas grand-chose à faire. Alors que c'est le boulot des profs, d'enseigner.
Et puis quand par hasard j'avais quelque chose à dire, il arrivait que ce ne soit pas ce qu'ils attendaient, que ce soit une perspective à laquelle ils n'avaient pas pensé, qui ne les intéressait pas pour leur leçon toute préparée, leurs idées toutes faites. Alors franchement, à quoi bon?
Parfois je faisais de la résistance, j'attendais qu'on m'interroge pour parler, point. Parfois au contraire, je me forçais à lever la main deux ou trois fois dans le cours, et même à avoir l'air enthousiaste. Et puis, la majorité du temps, je n'y pensais simplement pas, je suivais dans mon coin sans chercher à en placer une. Parce que déjà toute petite, je n'avais pas besoin du dialogue avec les profs pour faire avancer ma réflexion, je faisais ça très bien toute seule ou à la maison. Je crois que je devais déjà sniffer le discours trop "normé", trop politiquement ou du moins socialement correct...
Alors voilà mon petit coup de gueule contre les enseignants, trop nombreux, qui ne veulent pas laisser à chaque élève son individualité, et son droit au silence, et même - oserai-je aller jusque-là? - au rêve! Les plus silencieux ne sont pas forcément les plus bêtes, ni les plus timides ou névrosés! Stop à la dictature du bruit, arrêtons de croire qu'un élève n'existe ou ne "sait" que s'il se fait remarquer de façon sonore...
texte de MOI - le 29-05-09
* Gad Elmaleh dans un de ses spectacles, évoque un dénommé Brian, personnage de ses manuels d'anglais qui l'a apparemment traumatisé.
13:35 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 18 mai 2009
Retour vers le futur...
Comme je l'ai dit dans l'article 'News from Marianne' (publié le 14 mai), j'écris moins sur moi ces temps-ci, ce que j'interprète comme une période de calme entre deux tempêtes, plus de réponses ou moins de questions dérangeantes... Je me sens vraiment bien dans ma peau, je crois que c'est l'état le plus stable que j'ai jamais connu depuis le début de l'adolescence (ou même avant).
Pourtant il y a encore 2 ans, j'étais paumée. Il y a 2 ans, j'étais au lycée - ou plutôt absente du lycée à cause d'une énième période de maladie. Et si on remonte avant cette absence, j'étais un fantôme qui marchait dans les couloirs, disait "j'en ai marre" trente fois par jour, et ne tenait le coup que grâce à cette petite lueur au bout du tunnel: l'année d'après, adieu le lycée, les escaliers casse-pattes, les profs indifférents, les cours soporifiques. L'année d'après, j'irais au Cned.
Je ne savais rien de cette terre promise mais je m'y raccrochais comme à une bouée de secours. Depuis la fin du 1er trimestre, et même avant si on considère le moment où l'idée a émergé, avant que je ne la prenne au sérieux. Je ne savais rien du Cned, si ce n'est une chose: ça ne pouvait pas être pire que le bahut. Là-dessus, je ne me suis pas trompée. Et j'ai été plutôt agréablement surprise, même si, bien sûr, il a fallu des ajustements. Les profs qui ont tenté de me retenir n'avaient aucune idée de mon mal-être ; aujourd'hui, comment pourraient-ils comprendre à quel point le Cned m'a sauvée et enrichie?
Mais revenons encore un peu en arrière. Car avant le lycée, j'étais au collège. Et déjà là-bas, je m'ennuyais. Je commençais tout juste à réaliser qu'il m'aurait fallu quelque chose d'autre, quelque chose qui m'épanouisse vraiment, où je pourrais faire plus. Je commençais tout juste à remettre en question un système qui ne me convenait pas, après m'être demandé pendant des années (sans doute depuis le primaire) ce qui n'allait pas chez moi, pourquoi je n'arrivais pas à me sentir à ma place...
Déjà à l'époque, j'avais la santé fragile. En 4ème, 1 mois de maladie. C'est le premier évènement qui m'ait vraiment façonnée. Si je devais dire à quel moment j'ai quitté l'enfance, je choisirais sans doute celui-là. Avant, j'étais plutôt insouciante, très timide, très naïve: je voulais la paix, tout simplement, quelle drôle d'idée. Ce mois-là n'a pas changé grand-chose en lui-même: quelques semaines d'ennui, de télé en robe de chambre, de fièvre et d'aphonie. Pas le nirvana, mais pas non plus les affres de l'enfer. Non, c'est le retour, et donc, d'une certaine façon, tout le reste de l'année scolaire, qui m'a fait évoluer. Car voyez-vous, je n'avais pas un cancer, donc un mois d'absence, c'était vraiment trop, ridicule. J'étais une brindille blanche comme un cachet d'aspirine, je devais faire attention au moindre courant d'air, mais aux yeux de la plupart (profs comme élèves) j'étais une malade imaginaire. Et je n'étais pas armée pour réagir. Alors j'ai laissé dire. La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe... Sauf que si, forcément. Mais ça lui apprend sans doute à s'envoler...
Peu à peu, j'ai repris des forces, et appris les bases d'une vie sociale 'normale': de la répartie, quelques gros mots et un bon peu d'ironie. Je ne dirais pas que ça m'a rendue meilleure, mais plus forte, certainement. Ce n'est qu'après ça que j'ai compris la fameuse phrase "Ce qui ne tue pas rend plus fort", que je trouvais auparavant très pessimiste, et qui m'apparaît aujourd'hui comme une façon saine de considérer les évènements négatifs: ne rien regretter puisqu'on ne serait pas le même si cet évènement n'avait pas eu lieu. Et je n'ai pas trop à me plaindre de ce que je suis devenue. Je crois même que sans ces obstacles sur mon chemin, sans ces petites souffrances, j'aurais fatalement souffert plus, plus tard, j'aurais tout obtenu "tout cuit" trop longtemps, ce que je ne trouve pas forcément souhaitable...
Et me voici donc au lycée, malheureuse, pas à ma place. Les réactions tout aussi débiles à ma longue absence en fin d'année n'ont fait que me confirmer que je n'avais rien à faire là. Je débarque donc au Cned en 1ère. Et j'y trouve, enfin, ce qui ressemble à de la plénitude. Je ne vais pas dire que ça s'est fait tout seul. Mais je n'ai jamais, pas une seule fois, regretté ma décision.
L'an dernier, j'allais donc déjà beaucoup mieux, moralement et physiquement. Je ne pleurais presque jamais (alors qu'en 2nde, c'était quasi-hebdomadaire), je ne m'ennuyais plus en cours puisque j'avançais à mon rythme, et en 2 ans je n'ai dû attraper un rhume que deux ou trois fois, sans que ça dégénère sur ma gorge. Mon taux d'anticorps anti-thyroïdiens (qui avait augmenté jusqu'à me faire risquer l'hypothyroïdie) baisse lentement, mais sûrement. Je commençais à l'époque à mieux me connaître, grâce à mon temps libre à la réflexion et à l'écriture...
Et je crois que je viens d'atteindre un sommet de bien-être. J'ai une pêche incroyable, ces temps-ci. Il y a encore quelques mois, l'angoisse revenait de temps en temps, me paralysait au fond de mon lit et me faisait tout voir en noir, surtout l'avenir. Ca fait maintenant un bout de temps qu'elle manque à l'appel, et je ne vais certainement pas la regretter. Peut-être reviendra-t-elle avec ses questions et ses idées noires, peut-être ne suis-je que dans l'oeil du cyclone. Et ça n'est pas forcément une perspective pessimiste, puisque ce sont ces questions qui me permettent d'avancer. Mais je compte bien profiter du soleil et du futur qui me sourit...
écrit le 9/05/09
12:56 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 02 avril 2009
Les ficelles usées des séries télé...
Voici quelques bases d'intrigues souvent utilisées dans diverses séries télé, que j'ai répertorié comme des "ficelles usées". Si j'en ai oublié, signalez-le moi!
Ficelle usée n°1: deux frères sortent successivement avec la même femme.
- Prison Break saison 1 (Michael & Lincoln - Veronica)
- 24h chrono saison 6 (Jack & Graem - Marilyn)
- Journeyman (Jack & Dan - Katy)
Ficelle usée n°2: un père disparu réapparaît avant de se faire tuer.
- Prison Break (père de Michael et Lincoln)
- Supernatural (père de Sam et Dean)
Ficelle usée n°3: un personnage se recase après la "mort" de son conjoint, qui réapparaît.
- Alias (Vaughn - Sydney & Lauren - mort mise en scène)
- Dead Zone (Sarah - Johnny & Walt - coma)
- Les 4400 (le mari de Lily - Lily & ? - disparition orchestrée par le futur)
- Journeyman (Dan - Livia & Katy - disparition dans le passé)
On remarque que le nouveau conjoint a tendance à se faire tuer, à plus ou moins long terme (Alias, Dead zone).
Ficelle usée n°4: affaires de famille quasi mythologiques.
- Alias (Sydney, son père Jack, sa mère Irina, sa demi-soeur Nadia dont le père est Sloane, ses tantes Catia et Elena...)
- 24h chrono saison 6 (Jack ; son frère Graem, marié à l'ex de Jack, Marilyn ; son père Phillip...)
- Le Caméléon (Mademoiselle Parker, sa mère Catherine, son faux père Mr Parker, son père Mr Raines, son frère Mr Lyle, + son demi-frère et demi-frère de Jarod...)
Ficelle usée n°5: une jeune femme amoureuse de son patron/supérieur plus âgé (avec parfois un homme plus jeune pour un joli triangle amoureux).
- FBI Portés disparus (Samantha - Jack - Martin)
- Les experts (Sara - Grissom)
- Stargate SG-1 (Sam - Jack)
- Dr House (Cameron - House - Chase)
Ficelle usée n°6: la "gentille" et la "méchante" petite amie.
- 24h chrono saison 1 (Teri & Nina - Jack)
- Alias (Syd & Lauren - Vaughn)
- Roswell (Liz & Tess - Max)
On remarque qu'après une période de cohabitation, la méchante petite amie trahit le pauvre héros, ce qui lui évite d'hésiter plus longtemps, et il revient vers sa dulcinée (le mieux étant quand la méchante s'est fait tuer)
texte de moi
13:05 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 29 mars 2009
Scandales à répétition chez les cathos
Dans les dernières semaines, les scandales se sont enchaînés pour l'Eglise catholique, mettant à mal l'image du Pape... Je ne vais certainement pas avoir honte d'être catho, mais je suis attristée de voir se répéter encore et encore des erreurs de communications néfastes pour l'image de l'Eglise, et des prises de positions indignes de prétendus "chrétiens"... On the bright side, les récents évènements ont aussi montré qu'il y a des cathos -fidèles mais aussi prêtres, évêques...- prêts à protester quand l'Eglise renie selon eux ses propres principes.
@-°-@
D'abord, la levée de l'excommunication des lefebvristes. Une précision à ce sujet: contrairement à ce que beaucoup pensent, les "évêques" ordonnés "illicitement" n'ont pas été réintégrés dans l'Eglise... Simplement, cette levée d'excommunication représente une main tendue de sa part vers des croyants exclus, main sur laquelle Williamson a craché par ses propos négationnistes... Ajoutez la maladresse coutumière de l'Eglise dans ses communications, et vous avez un premier scandale.
Pour ceux qui ne connaissant pas bien le sujet, je signale que la divergence entre les lefebvristes et l'Eglise catholique vient de Vatican II, le concile qui a eu lieu dans les années 60 et a "modernisé" l'Eglise (si vous la trouvez obsolète, attendez un peu de voir jusqu'où dans le passé les lefebvristes voudraient retourner) Symbole de cette opposition: la messe selon le rite de Saint Pie V (avec le prêtre qui tourne le dos à ses ouailles, et dit la messe en latin)
Mais ce point de détail est l'arbre qui cache la forêt, car les lefebvristes s'opposent aussi à la reconnaissance des autres religions comme aussi respectables que le catholicisme. En effet, l'Eglise reconnaît aujourd'hui qu'il ne faut pas obligatoirement respecter son dogme pour être absolu de ses pêchés et atteindre la "vie éternelle" (comme si Dieu allait changer d'avis à chaque fois que l'Eglise modifie le droit canonique...), or les lefebvristes s'accrochent au "Hors de l'Eglise, point de salut" et voient les non-catholiques comme des "infidèles".
Quant aux tendances négationnistes de Monsieur Williamson, elles ne se généralisent pas à l'ensemble des fidèles lefebvristes. Les Juifs restent apparemment pour beaucoup d'entre eux "le peuple déicide", cela n'en fait pas d'odieux antisémites qui se cachent la réalité historique pour autant.
@-°-@
La petite Brésilienne de 9 ans qui a avorté de jumeaux, ensuite... Mon horreur devant ce drame est double. Parce que je ressens ce que n'importe quel être véritablement humain ressent aussi: de la révolte, de la pitié, de la peine, parce qu'on ne peut qu'imaginer le calvaire qu'a subi cette enfant, parce qu'on ne peut pas accepter la réaction froide et intransigeante d'une institution désuète qui excommunie une mère dont le choix était le seul possible pour sauver son enfant, et des médecins qui ont sauvé une vie au lieu d'en jeter trois par la fenêtre. Excommunication qui doit être d'autant plus cruellement ressentie, dans un pays très catholique comme le Brésil.
Et aussi parce que, en tant que catholique (même si je ne suis pas très orthodoxe), en tant que chrétienne, je ne comprends pas. L'Eglise m'a déjà déçue, j'ai déjà dit clairement que je ne suivais pas tous ses dogmes et que je la trouvais "en retard" sur notre temps. Mais là, il ne s'agit pas d'un mot malheureux, d'une incongruité. Il s'agit d'un refus terrible de toute charité, notion pourtant capitale dans ma religion. Il s'agit d'une condamnation péremptoire, là où Jésus de Narazeth prêche le pardon et l'amour. Il en aurait pourtant fallu, de l'amour et de la charité, dans une situation aussi difficile. Une fois n'est pas coutume, je vais être moi aussi péremptoire: l'évêque de Recife et le cardinal Re ne sont pas chrétiens.
Je ne comprends pas ce besoin de jeter de l'huile sur le feu. Etre contre l'avortement, c'est une position qui se respecte. Mais une fois que "le mal est fait", à quoi servent ces condamnations??? Comme beaucoup de prêtres l'ont heureusement compris, ce qui compte c'est de reconstruire, pas de détruire un peu plus encore! De comprendre, pas de repousser!
Je ne comprends pas non plus quand l'Eglise parle de respect de la vie. Qu'elle soit contre l'avortement, je trouve ça presque logique, même si son inflexibilité en toutes circonstances m'exaspère un peu, et que sa position sur la contraception me semble contradictoire. Mais ici, il ne s'agissait pas (comme le Cardinal Re l'a pourtant affirmé) de préserver la vie des jumeaux à naître! Il ne s'agit pas même de leur "droit à vivre", puisqu'ils n'auraient probablement pas survécu! Comment une fillette de 9 ans, pesant une trentaine de kilos, avec son corps d'enfant, aurait-elle pu porter à terme un enfant, qui plus est des jumeaux? Et si par "miracle" elle les avait mis au monde, elle y serait sans doute restée. Et enfin, quel Dieu voudrait qu'une petite fille accouche au péril de sa vie du double fruit de viols répétés??? Certainement pas le mien.
Et enfin, enfin, ce que je ne comprends pas, c'est l'horreur prononcée par le Vatican pour justifier la non-excommunication du violeur, en résumé: "le viol est moins grave que l'avortement". Je rappelle que l'avortement est puni automatiquement d'excommunication (sans qu'il y ait besoin de l'annoncer publiquement, l'évêque de Recife ayant probablement voulu se mêler ainsi du débat sur la dépénalisation de l'avortement, au Brésil) alors que le pire des violeurs ou des meurtriers ne reçoit aucune "sanction juridique" de la part de l'Eglise catholique... Cela fait écho à mes yeux à ce que je disais dans cet article sur la place des femmes dans l'Eglise: la souffrance d'une femme (quand ce n'est pas une enfant...) violée, meurtrie, détruite, compte moins que celle d'un embryon qui, qu'on le considère ou non comme un être humain, n'est pas encore venu au monde! Messieurs les grands prélats, vous qui n'avez pas même élevé d'enfant, tentez d'imaginer une seconde que vous ayez à élever celui d'un monstre, le rappel permanent du pire jour de votre vie? Il doit falloir beaucoup de force et d'amour pour ne pas haïr un enfant né ainsi, ou du moins pour ne pas regretter qu'il soit né... Beaucoup plus, certainement, que l'évêque de Recife n'en a montré! Oubliez un peu vos grands principes, et montrez un minimum de compassion!
@-°-@
Et puis, enfin, dernière en date, la déclaration du Pape sur le préservatif. Dieu que l'Eglise est nulle en communication! (je sais, "en vain mon nom tu ne citeras" mais là, quand même, zut!) Le Pape est allé en Afrique avec des choses à dire sur la corruption, sur la misère, et tout ce que le monde tout entier retiendra, c'est une phrase sur le préservatif, dont on ne sait même pas exactement si elle a été retransmise fidèlement. Qui était, de plus, soit symptomatique d'une méconnaissance ou d'un déni des réalités, soit très mal formulée.
Je crois avoir déjà dit dans d'autres articles ce que je pensais de la position de l'Eglise sur la contraception. En résumé: irresponsable et mal placée. Parce que le refus de toute contraception (car la seule qu'ils acceptent est la "contraception naturelle" basée sur la température et la prévision de l'ovulation, qui n'en est même pas vraiment une et a un taux d'échec impressionnant ; ou l'abstinence, qui n'est qu'un voeu pieux dans les temps qui courent) fait oublier le message principal: l'Eglise prône des relations sexuelles fondées sur le respect de l'autre (sens original du mot chasteté) et la fidélité, ce qui n'a rien de rididule. Or elle veut, à mon sens, mettre la charrue avant les boeufs: la contraception est, essentiellement, nécessaire parce que les relations ne sont pas respectueuses de cet "idéal" de l'Eglise. Ils devraient tous se concentrer sur la cause plutôt que sur les conséquences! Parce que sinon, les gens ne retiennent que le "pas de contraception", pas le "du respect dans le sexe". Un message négatif là où on devrait entendre un message d'espoir...
De plus, leur position sur le préservatif me semblait déjà criminelle auparavant, et ce qu'a dit le Pape ne fait que me renforcer dans cette idée. Des gens meurent tous les jours à cause du sida, sans parler de toutes les autres sympatiques maladies sexuellement transmissibles... Et l'Eglise continue à vivre dans sa bulle, à prôner l'abstinence. Alors quoi? Toute personne qui se "conduit mal", ou toute personne qui couche avec quelqu'un qui se "conduit mal", est punissable de mort??? Ne vaudrait-il pas mieux contribuer à "limiter les dégâts" en conseillant l'usage du préservatif, et s'occuper après des changements de moeurs?
Update! L'évêque d'Orléans remet en cause la fiabilité du préservatif (sur Yahoo News). Encore du pain bénit pour les journalistes, mais cette déclaration me semble moins scandaleuse, en ce qu'elle repose uniquement sur des considérations scientifiques (c'est-à-dire, le fait que le virus du sida soit plus petit qu'un spermatozoïde et pourrait donc, éventuellement, passer à travers le latex). Je ne connais rien au sujet, mais étant donné que la communauté scientifique semble vouloir nier toute possibilité que cela arrive, je précise tout de même qu'en plus des "accidents" où le préservatif craque, il arrive aussi qu'il y ait des lots défectueux, pas tout à fait imperméables, même pour les spermatozoïdes. La proposition de l'évêque de préciser sur les boîtes de préservatifs que ce n'est pas une contraception fiable à 100%, que ce soit pour les MST ou pour la fécondation, n'a donc rien d'aberrante à mes yeux... Puisqu'il s'agit ici d'informer les gens et pas de leur interdire sans s'expliquer comme si c'était un péché d'utiliser une contraception quelle qu'elle soit.
Résumons: l'Eglise est contre l'avortement et la contraception, parce qu'on ne doit pas empêcher un être humain futur ou possible. Mais dans ce cas, excommunions les couples qui ne couchent plus ensemble! Ainsi que tous ceux qui ne se rencontrent pas par un concours de circonstances, eux aussi tuent un enfant hypothétique!!! Je sais, c'est absurde, mais je me demande juste où est-ce que ce raisonnement s'arrête!
Je concluerai en posant une question toute simple: le Dieu tout puissant en lequel le Vatican croit, ne serait-il pas capable, si tant est qu'il souhaite faire naître un enfant dans un couple qui ne veut ou ne peut pas l'élever (et je me demande bien pourquoi une telle idée lui passerait par la tête), ne serait-il pas capable de contrer l'effet d'un comprimé, d'un morceau de latex?
@-°-@
Vous pouvez maintenant retourner à une activité normale!
Mes autres articles sur la religion:
L'Eglise, une bande de machos?
Mon Credo
Déclaration de foi
Questions de religions
13:05 Publié dans Réflexions, écrits... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : religion, scandale, catho, eglise, catholique, pape, avortement, intégristes, contraception






