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samedi, 18 avril 2015

Description n°31 : Pique-nique urbain

Je renoue avec la tradition des descriptions de passage après une longue interruption. Pas sûr que j'en publie d'autres avant longtemps, je ressens moins le besoin de m'exercer à la description qu'à l'époque où je les avais lancées et n'y reviens donc qu'au gré de scènes qui me marquent.

55 mots. Enjoy !

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Berges de la Seine (© mari6s)

Au bord du fleuve, oasis en cœur de ville, un homme assis sur un muret. Chapeau de cow-boy et pantalon de costume, il finit son déjeuner. Sac à pique-nique noir chic, reflet doré d’une bouteille de champagne presque vide. Les paroles d’une chanson folk s’évadent d’un petit poste radio et s’émiettent au gré du vent.

lundi, 06 avril 2009

Description de passage 17: Déluge d'émotions

En 370 mots, une tentative de description de plusieurs émotions que je peux ressentir, de façon impersonnelle pour mieux les analyser.

lumière qui perce à travers des branches.jpg

Une pensée qui s'introduit insidieusement au milieu d'un millions d'autres pensées, et prend le dessus jusqu'à tout chambouler. Une peur idiote, une idée stressante, un souvenir désagréable et c'est reparti. Malgré toutes les bonnes résolutions, les promesses intérieures de ne plus se laisser aller à ces angoisses paralysantes, de reprendre le dessus, on ne peut empêcher la pensée de s'enfoncer dans le creux de la poitrine, vieille douleur familière, sourde et prégnante à la fois. Le cerveau carbure, fait le tour de l'idée sans pouvoir s'en détourner, chair de poule, mâchoires serrées, comme un début d'envie de pleurer.

Frissonnement qui prend au moment le plus inattendu, les pores de la peau frémissent alors qu'une étrange chaleur semble partir du coeur pour se diffuser dans tout le corps. Pleine conscience du moment, de l'endroit, certitude que l'on se souviendra toujours de cette émotion, malgré toute son insignifiance. Peut-être à cause de toute son insignifiance. Une sorte de plaisir égocentrique et égocentré, simplement d'être en vie, d'être dans cet endroit à ce moment, avec ces gens, et de s'en rendre compte. Une drôle de sensation qui ressemble fort au bonheur dans sa version instantanée.

Une réaction souvent exagérée à quelque chose que quelqu'un a dit ou fait. Une chaleur rouge dans le crâne qui paralyse le cerveau, des décharges dans les membres, la langue se transforme en lame acérée et fait feu. Une sensation qui ne dure pas mais qui empêche de considérer quoi que ce soit d'autre. Et puis les mots sortent, atteignent leur cible. Satisfaction éphémère, puis très vite on réalise ce qu'on a dit, la colère retombe et on se trouve bête, alors on s'éloigne sans dire mot.

Instant de dérive pour l'esprit, distraction passagère. Le cerveau semble soudain se moquer des mathématiques ou de l'espagnol, des infos télévisées ou de la discussion familiale, de tout ce qui se passe autour, et même du corps qu'il dirige. Il navigue, surfe sur des pensées, saute de l'une à l'autre à la vitesse de la lumière, saisit le fil de l'une d'entre elles et le suit pendant quelques secondes, avant qu'un bruit, une idée, une lumière le ramène à la réalité, l'atterrissage est brutal mais le souvenir du voyage est doux.

écrit le 4-03-09 - 370 mots - image de Fotolia

lundi 06 avril 2009 Publié dans Descriptions de passage | Tags : émotion, sensation, sentiment, description, décrire | Commentaires (0) |  Facebook | |

jeudi, 26 mars 2009

Description de passage 16: La création

Une description de passage retrouvée dans un carnet... Sur le thème de la magie de traits qui se transforment et forment, peut-être pas de l'art, mais du moins quelque chose...

pinceau rouge.jpg

Crayon brut sur le papier à grain. Traits, courbes, qui ne ressemblent à rien au premier abord, et puis se complètent, et donnent bientôt une vue d'ensemble, une perspective.

Traits maladroits s'effacent sous la gomme, ombres s'ajoutent et s'estompent au doigt.

Aplats de peinture étalés au gros pinceau, monochrome tout d'abord, avant que des nuances s'ajoutent dans un camaïeu de couleurs.

Traits plus fins au petit pinceau, finitions d'ombres et lumières. Puis on accepte de renoncer à aller plus loin dans le perfectionnisme.

écrite le 29-10-08 - 90 mots - image de Fotolia

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vendredi, 16 janvier 2009

Description de passage 13: courir

Une petite description de 300 mots, illustrant mon dernier footing...

jogging.jpg

Profiter d'une embellie pour se jeter sur ses baskets et aller courir au lac. Il lui aura fallu une vague de froid pour s'apercevoir à quel point le sport est devenu une drogue pour elle, alors que quelques mois auparavant, c'était encore un supplice.

Un bandeau éponge dans les cheveux et un bonnet par dessus, une écharpe autour du cou, et son indispensable MP3. Le temps de trouver une chanson entraînante, et elle est partie, en petites foulées, sans se presser pour trouver son rythme.

Respiration attentive. Prise de conscience du travail de tous ses muscles, du trajet de l'air jusqu'à ses poumons. Sensation d'être vivante, tout simplement. Euphorie.

Un sourire se forme, crispé par l'effort sur ses lèvres mais pétillant dans ses yeux. Elle observe tout autour, le lac, les canards, les arbres, la nature, elle vibre au rythme des chansons qui défilent dans ses écouteurs, et en même temps, son esprit s'enfuit très loin, dans des rêves éveillés que la course envoie en orbite.

Elle est à l'écoute de son corps, elle sait maintenant en décrypter les signaux, ralentit ou accélère le pas ou la respiration. Elle est nulle par rapport à tous ces grands sportifs qu'on peut croiser au stade ou dans les lycées, elle le sait et elle s'en fout. Elle court de mieux en mieux et tout va bien.

Elle ressent l'effort, s'essouffle. C'est presque agréable, et ce qui à la reprise de l'entraînement la décourageait et la poussait à s'arrêter, la booste maintenant pour aller plus loin.

Elle arrive en vue de l'arrivée. Accélère, sprinte presque. Elle a le souffle coupé, les poumons en feu, et ses jambes la tiraillent. Mais elle finit la course et bat tous ses records. Ce qui l'intéresse vraiment, au fond: se mesurer à elle-même et pas aux autres.

description de MOI écrite le 14-01-2009

samedi, 02 août 2008

Description de passage 9: l'amnésique à l'hôpital

Ca fait très longtemps que je n'ai pas posté de Description de Passage. Je n'ai pas vraiment d'excuse, disons que l'ambiance de révision pour le bac, puis de vacances, ne se prête pas vraiment à l'observation nécessaire au processus...

Je n'ai d'ailleurs toujours pas écrit les Descriptions que je vous avais promises après mon voyage à Paris, en mai. Je ne les oublie pas, j'ai toujours les détails en tête, il faut juste que je trouve le temps, l'envie et le courage de les mettre en mots...

En attendant, pour me faire pardonner, en voici une petite qui s'est imposée à moi après coup, comme une évidence.

Rencontre du 25-07-08: 200 mots.

hôpital.jpg

Un vieux monsieur dans un couloir d'hôpital. Cheveux et moustache blancs, pyjama rayé de prisonnier. Il sort des toilettes, la démarche prudente, erre un peu en jetant un oeil par les portes ouvertes. Puis il finit par venir vers moi, un peu timide, s'excusant presque trop, me demandant si je n'aurais pas remarqué d'où il venait au départ: il ne se rappelle plus. Tout se ressemble tant ici...

Des infirmiers viennent le chercher, ne retrouvent pas le brancard sur lequel il est arrivé, vont demander au médecin s'il a le droit de sortir en marchant... Et pendant ce temps-là, il reste au milieu du couloir, le regard bleu un peu perdu, un peu transparent, mais à la fois comme émerveillé par tout ce sur quoi il se pose...

Je ne peux pas le regarder sans sentir défiler les émotions. La pitié, mais aussi tout un tas d'autres moins descriptibles. Et puis les questions se bousculent dans mon cerveau, qui est-il, a-t-il une famille, pourquoi est-il ici... Un mot terrible clignote, sans vraie certitude: Alzheimer. Et puis tant d'images, il me fait penser à un enfant, un sage, un extraterrestre...

Les infirmiers l'emmènent, debout.

texte de MOI - image de Fotolia

jeudi, 05 juin 2008

Méthode des Descriptions de passage

Cela fait maintenant un mois que j'écris des descriptions de passage assez régulièrement.

Certains, dans mon entourage, se sont étonnés de ma capacité à décrire de mémoire, surtout quand ils avaient eux aussi croisé les personnes décrites. Je me suis dit que je pourrais expliquer le processus qui a lieu dans ma petite cervelle...

Tout d'abord, je ne recherche jamais un sujet. Je reste constamment à l'affût, ce qui m'a permis de voir le monde d'un oeil plus attentif et différent, depuis que j'ai commencé mes descriptions de passage. Mais c'est toujours le sujet qui me trouve.

Il m'interpelle d'une façon ou d'une autre et la plupart du temps, je sais instantanément que je vais écrire sur lui.

Alors, je commence à l'observer autant que la situation (et la bienséance) le permet. Parfois ce n'est qu'une rencontre éphémère, en passant en voiture...

Je note dans mon esprit le plus de détails possibles, car bien que j'arrive assez bien à revoir la situation et l'ambiance, j'ai du mal à me souvenir de particularités (couleur des yeux, forme du nez...) si je ne les ai pas exprimés explicitement en pensées.

Souvent, je commence même à rédiger dans mon esprit, même si "au propre", une fois rentrée chez moi, parfois quelques jours plus tard pour laisser décanter, je change la plupart du temps l'organisation de la description.

Et voilà... Je ne modifie jamais rien, ou alors c'est inconscient. Parfois j'exagère un peu un détail qui m'a frappé, mais après tout ce n'est que décrire ma perception du détail.

Depuis que j'ai commencé, mon regard est vraiment différent. Je m'en suis par exemple aperçue pendant mon court séjour à Paris le 20 et le 21: j'étais très attentive, j'avais l'oeil d'une touriste bien qu'y ayant passé beaucoup de temps, le coeur d'une enfant, et le cerveau d'un observateur objectif et critique. Je m'émerveillais et je notais des détails pour les réécrire - ou pas...

texte de MOI

mardi, 03 juin 2008

Description de passage 8: la maison coquette

Une description de passage datant du 7 mai que je viens de retrouver dans mes carnets... 200 mots. Dites moi ce que vous en pensez.

..:..

Une petite maison toute simple, mignonne, devant laquelle je passe régulièrement. En fait, elle n'est pas si petite, mais c'est l'impression qu'elle donne.

Un crépis blanc, un peu sali par les années. Orné de petites briques, rouges pour la plupart, quelques unes en jaune, qui dessinent des motifs sur les bords de la façade, ainsi qu'en dessous et au dessus des fenêtres.

Ces dernières sont en bois verni clair, légèrement orangé, de même que la porte qui se tient, massive, en haut de quelques marches en pierre gris pâle donnant directement sur la rue.

Deux fenêtres de part et d'autre de cette porte, et deux à l'étage, en chien-assis élégant sous le toit de petites tuiles bleues, presque noires.

A celles-ci, on aperçoit des Diddle suspendues. Sans doute deux chambres de petites filles.

Les volets, à fentes horizontales, sont du même bois que les fenêtres et la porte, un peu plus abîmé par les intempéries.

Sur le côté droit, un grand portail à piques noir, souvent ouvert, qui débouche sur un large chemin blanc plein de marques de pneus, lequel arrive à un garage.

On imagine facilement, derrière, un petit coin de jardin bien entretenu avec des jeux d'enfants.

..:..

texte de MOI

mardi 03 juin 2008 Publié dans Descriptions de passage | Tags : description, décrire, portrait, maison, coquette, petite | Commentaires (0) |  Facebook | |

vendredi, 23 mai 2008

Descriptions de passage 5: le fou de la gare & le parieur de l'hippodrome

Comme promis voici les descriptions de passage inspirées de la journée du 8 mai, un peu tard c'est tout ;p...

...oO°Oo...

Les tribunes d'un hippodrome. Début d'une course de trot attelé. Ambiance de fête bon enfant, voix métallique du commentateur.

"Vous devriez jouer sur la 2" me dit une voix, à ma droite. Je me retourne pour voir un petit homme que je n'avais pas remarqué jusque là, assis non loin de moi.

Petit, les cheveux gris blanc, une veste élimée, aussi verte que l'herbe de la piste, et un pantalon vaguement gris. Un visage classique, passe-partout, ridé - il doit avoir 60 ans.

Il disserte encore un moment sur la supériorité du 2, en jargon que je ne comprends pas, même quand je lui explique que je ne peux pas parier, étant donné que je suis mineure. Il continue jusqu'à ce que sa chère 2 soit disqualifiée pour avoir galopé.

Puis il se tait jusqu'à l'arrivée des autres chevaux, et il descend des tribunes pour parier sur la prochaine course.

¨¨°OoO¨¨

Une gare. L'arrivée d'un TER. Flot de passagers qui descendent et montent, puis le train repart et le quai se vide peu à peu. Bientôt, il ne reste plus que moi, deux amies, et un type en noir qui marche de long en large tout au bord de la voie.

Courbé. Le dos penché, la tête plus encore, presque à l'horizontale. Jean délavé noir, T-shirt noir, casquette noire, boots noires. Sac à dos d'écolier, kaki et marron, aux motifs "camouflage".

La peau bronzée, le visage buriné. Des cheveux noirs parsemés de gris dépassent de sa casquette. Son regard est fuyant, ses yeux foncés, son nez aquilin.

Il passe devant nous et commence à parler du TGV qui n'arrivera pas de sitôt dans notre ville, des voies qui ne sont pas conformes et ne sont pas prêtes de l'être... D'abord on croit qu'il s'adresse à nous, puis il devient clair qu'il est seul dans son délire, dans sa bulle.

On oscille entre une vague peur et une bête pitié. Il continue à faire les cent pas en marmonnant dans sa barbe, puis entre dans la zone d'accueil de la gare, où il se plonge dans un examen détaillé du tableau des arrivées.

...oO°Oo...

Textes de MOI

vendredi 23 mai 2008 Publié dans Descriptions de passage | Tags : description, décrire, portrait, fou, gare, train, tgv | Commentaires (0) |  Facebook | |

vendredi, 16 mai 2008

Description de passage 4: nuit d'orage

Voici la description flash d'une nuit d'orage pendant le pont que j'ai passé chez mon oncle.

Oo.oO

1116764661.jpgObscurité quasi complète, perturbée seulement par la petite lumière rouge de la télévision et par le faible éclairage de la nuit presque sans lune, à travers la fenêtre qui me fait face.

Sensation un peu collante du cuir du canapé, assortie de celle, chaude et un peu rêche, de la couverture.

Silence assourdissant, apaisant, parfois entrecoupé des bêlements des moutons ou de bruits dans la pièce d'à côté, où dort le chien. Tintement de pluie sur le toit et la vitre de la fenêtre.

Grondements de tonnerre au loin, suivi par un éclair, hors de vue mais qui illumine la fenêtre. Sur le ciel qui, d'un bleu nuit noire, passe au bleu-violet presque clair, se découpent en noir sans fond le toit d'une bâtisse, la silhouette décharnée d'un arbre, et un fil électrique dans les airs, tendu en diagonale.

Tout s'éteint, tonne, puis se rallume à nouveau, et cela une cinquantaine de fois en quelques minutes à peine. Puis les éclairs s'espacent, avant de s'arrêter pour laisser la place à la nuit sombre et calme.

Oo.oO

texte de MOI - image trouvée avec Yahoo

vendredi 16 mai 2008 Publié dans Descriptions de passage | Tags : description, décrire, obscurité, tonnerre, éclair, orage, nuit | Commentaires (1) |  Facebook | |

dimanche, 11 mai 2008

Descriptions de passage 3: la romantique & la caissière

Voici deux nouveaux portraits, datant du 7 mai. Ils font chacun 150 mots.

#_-_-#°#-_-_#

Une jeune fille dans une pharmacie. Silhouette mince et ondulée: les genoux en arrière, le bassin et le ventre en avant, les épaules et la poitrine en arrière.

Vêtue d'un jean délavé et d'un haut noir et blanc à petites fleurs psychédéliques, décolleté en V, un ruban de dentelle ajusté sous la poitrine.

Les cheveux mi-longs, raides, fins, châtain blond, retenus par un serre-tête. Le regard clair, presque transparent, sans doute bleu ou vert. Dans le vague.

Nerveuse, elle pianote doucement des doigts sur le bloc de papier blanc qu'elle porte au bras comme un bébé, et sur le mignon portefeuille en toile marron qu'elle tient le long de sa cuisse.

Un sac à main à l'épaule, beige avec des fleurs blanches et multicolores, et des brides marron. Des chaussures Kappa noires avec des touches de rose.

La vendeuse la sert, elle sort en fredonnant une petite mélodie.

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Derrière la caisse à tapis roulant, elle glisse les articles sous la machine à biips, sans répit. Soupire et lève furtivement les yeux au ciel, derrière ses lunettes Dior à monture noire épaisse et carrée, quand un client récalcitrant l'exaspère.

Visage vaguement familier qu'on a déjà dû croiser, ici ou dans les rayons, mais auquel on n'a jamais vraiment prêté attention - trop préoccupé par ses achats, ses soucis.

Cheveux courts, auburn-rouge, une raie sage sur le cîté, le nez fin et droit, les lèvres discrètement ornées de gloss.

Uniforme du magasin, sorte de blouse rouge et blanche. Mains soignées qui se posent sur les produits à un rythme d'enfer, bagues aux doigts. Marques de bronzage sur ses bras fins, musclés.

"... €, s'il vous plaît. Merci, au revoir."

Et chacun reprend le fil de sa vie, on emmène les sacs et elle recommence son travail à la chaîne.

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Voilà! Comme d'habitude, j'attends des commentaires!!!

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textes de MOI