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samedi, 26 novembre 2016

Puzzle 45 : No Light, no Bravery in your Bright Blue Eyes

So long ago, another life... I could feel your heart beat. Every little thing that you have said and done feels like it's deep within me. You are the hole in my head, you are the space in my bed, you are the silence in between what I thought and what I said...

Beneath the stains of time, the feelings disappear, a revelation in the light of day – you can't choose what stays and what fades away. Everyone I know goes away, in the end.

I know that there's something missing – does it mean you're leaving me? When you showed me myself, I became someone else... Would you need me if I told you what I've become? You are someone else, I am still right here.

I know I would apologize if I could see your eyes, but there’s no light, no light in your bright blue eyes, I never knew daylight could be so violent. And I see no bravery, no bravery in your eyes anymore, only sadness.

A Place in Time (Amanda Abizaid)

As Long as You Love Me (Backstreet Boys)

No light no light (Florence & The Machine)

Hurt (Johnny Cash)

Back Home (Caribou)

In the sun (Joseph Arthur)

No Bravery (James Blunt)

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Il y a si longtemps, une autre vie... Je sentais les battements de ton cœur. Toutes les petites choses que tu as dites ou faites sont comme gravées au fond de moi. Tu es la faille dans mon esprit, tu es le vide dans mon lit, tu es le silence entre ce que j’ai pensé et ce que j’ai dit...

Derrière les taches du temps, les sentiments s’évanouissent, une révélation à la lumière du jour – on ne choisit pas ce qui reste et ce qui s’efface. Tous ceux que je connais finissent par s’en aller, au bout du compte.

Je sais qu’il manque quelque chose – ça veut dire que tu me quittes ? Quand tu m’as montré qui j’étais, je suis devenu quelqu’un d’autre... Aurais-tu besoin de moi si je te disais ce que je suis devenu ? Tu es quelqu’un d’autre, je suis toujours là.

C’est sûr, je m’excuserais si seulement je voyais tes yeux, mais il n’y a pas d'éclat, pas d'éclat dans tes beaux yeux bleus, je n’aurais jamais deviné que la lumière du jour pouvait être aussi violente. Et je ne vois plus aucune bravoure, aucune bravoure dans tes yeux, seulement de la tristesse.

© Composition réalisée par moi (mari6s) sans rémunération quelle qu'elle soit, à partir des chansons citées ci-dessus, dont les droits appartiennent à leurs auteurs, compositeurs et interprètes respectifs. Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure, ainsi que les droits cités précédemment, et d'inclure un lien vers mon blog. Je suis également l'auteure de la traduction libre.

samedi, 13 août 2016

Puzzle 43 : Waiting for You to Come Home from a Thousand Miles Away

You look so beautiful today, I'm a thousand miles away, I wake up to your sunset and it's driving me mad, and I need you, and I miss you, and I wonder if you ever think of me. My heart is so jetlagged, do you still remember my touch at all? Say you'll hold a place for me in your heart.

It's all up in the air and we stand still to see what comes down... I know distance doesn't matter but you feel so far away, so I try to find the words that I could say, hearing you whisper through the phone, “wait for me to come home.”

Don't you worry about the distance, I'm right there if you get lonely, close your eyes... Listen to my voice, it's my disguise, I'm by your side. I swear it will get easier, remember that with every piece of you.

If I could fall into the sky, do you think time would pass me by? I cannot wait for you to come home. For now you're not here and I'm not there, it's like we're on our own, and I don't belong living in your precious memory.

I find the map and draw a straight line, the distance from A to where you'd be. It's only finger-lengths that I see, and though a thousand miles seems pretty far, they've got planes and trains and cars. I'd walk to you if I had no other way, you know I'd walk a thousand miles if I could just see you tonight.

I don't know where it is, I don't know when, but I want you around. If you wait for me, if you think of me, I'll come for you.

I Can Wait Forever (Simple Plan)

Hey There Delilah (Plain White T’s)

Jet Lag (Simple Plan)

A Thousand Miles (Vanessa Carlton)

Gone So Long (Breathe Carolina)

The Promise (Tracy Chapman)

She Is (The Fray)

Photograph (Ed Sheeran)

Set The Fire to the Third Bar (Snow Patrol)

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Tu es splendide aujourd’hui, je suis à des milliers de kilomètres, je me réveille quand le soleil se couche chez toi et cela me fait perdre l’esprit, j’ai besoin de toi, je me languis de toi, et je me demande s’il t’arrive de penser à moi. Mon cœur est en plein décalage horaire, te souviens-tu encore de mes caresses ? Dis-moi que tu me garderas une place dans ton cœur.

Tout reste en suspens et nous restons figés en attendant de voir ce qui retombe... Je sais que la distance n’a aucune importance, mais tu sembles si loin, alors je tente de trouver les mots que je pourrais te dire, quand je t’entends murmurer au téléphone, « attends mon retour ».

Ne t’en fais pas pour la distance, je suis là si la solitude te guette, ferme les yeux... Écoute ma voix,  c’est le masque que je porte pour arrive près de toi. Je te jure que ce sera plus facile avec le temps, souviens-t’en de tout ton cœur.

Si je pouvais tomber dans le ciel, penses-tu que le temps m’oublierait ? J’ai tellement hâte que tu rentres. Pour l’instant tu n’es pas là et je ne suis pas là-bas, c’est comme si nous étions tous les deux seuls, et ma place n’est pas dans tes précieux souvenirs.

J’ai trouvé la carte et dessiné une ligne droite, la distance du point A jusqu’à toi. Je ne vois que quelques doigts qui nous séparent, et même si mille kilomètres peut sembler tellement loin, c’est pour ça qu’on a des avions et des trains. Je marcherais jusqu’à toi si je n’avais pas d’autre solution, tu sais que je marcherais des milliers de kilomètres  si je pouvais simplement te voir ce soir.

Je ne sais pas où et je ne sais pas quand, mais je veux ta présence à mes côtés. Si tu m’attends, si tu penses à moi, je viendrai te chercher.

 

© Composition réalisée par moi (mari6s) sans rémunération quelle qu'elle soit, à partir des chansons citées ci-dessus, dont les droits appartiennent à leurs auteurs, compositeurs et interprètes respectifs. Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure, ainsi que les droits cités précédemment, et d'inclure un lien vers mon blog. Je suis également l'auteure de la traduction libre, dans laquelle j'ai notamment choisi de ne pas mentionner le genre du locuteur et du destinataire.
L'image quant à elle ne m'appartient pas, je l'ai trouvée ici avec possibilité de la télécharger gratuitement, mais je n'ai pas pu obtenir d'informations précises sur l'auteur et les droits de diffusion. Si vous la reconnaissez, faites-moi signe, je serai ravie de citer l'auteur (ou s'il le faut, de la retirer).

mercredi, 08 juin 2016

Puzzle 41 : Healing & Letting Pain Go

Life goes easy on me most of the time, but I don't know how these cuts heal – the first cut is the deepest, but the rest still flipping hurt. I'll describe the way I feel, weeping wounds that never heal. They say ‟have courage”, and I'm trying to, trying not to let the first tear fall out, trying not to think about turning around.

I'm being so brave, as far as anyone can tell, I'm fine, but everyone I know is trying to smooth it over and no one knows what to say. I spoke these words out loud, would no one hear me? It’s like I’m trying to scream underwater…

Is it getting better or do I feel the same? All that I know is I'm breathing now, and all I can taste is this moment. And still it's hard somehow to let go of my pain, trapped inside this twisted circle, I find comfort in pain. Swear to me that it will get easier, I’ll remember it with every piece of me.

 

The Blower’s Daughter (Damien Rice)

Song for someone (U2)

Wrong direction (Passenger)

Special K (Placebo)

Do you want to build a snowman (Frozen)

Highway don’t care (Tim McGraw)

How to be alone (Allison Weiss)

The great escape (P!nk)

Ronan (Taylor Swift)

Empty (Ray Lamontagne)

One (U2)

Keep breathing (Ingrid Michaelson)

Iris (Goo Goo Dolls)

Burn with you (Lea Michele)

Tears and Rain (James Blunt)

Photograph (Ed Sheeran)

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Photographe : © Dom's Shootings. Modèle : k-méléon.

La vie me sourit plutôt la plupart du temps, mais je ne sais pas comment ces entailles peuvent cicatriser – la première est la plus profonde, mais les suivantes font quand même très mal. Je vais décrire ce que je ressens, des plaies béantes qui ne se referment jamais. Ils disent « Sois courageuse » et je fais de mon mieux, de mon mieux pour ne pas laisser la première larme couler, de mon mieux pour ne pas penser à faire machine arrière.

J’ai tellement de courage, de ce que tout le monde peut voir, je vais bien, mais ils essaient tous d’arranger les choses et personne ne sait quoi dire. J’ai prononcé ces mots à voix haute, personne ne m’entend-il ? C’est comme si j’essayais de hurler sous l’eau…

Est-ce que je me sens mieux ou toujours pareille ? Tout ce que je sais c’est que je respire en ce moment, et tout ce que je sens c’est cet instant. Et curieusement il me reste difficile de me détacher de ma douleur, piégée dans ce cercle tordu, je trouve du réconfort dans la souffrance. Jure-moi que cela va s’arranger, je m’en souviendrai de tout mon être.

© Composition réalisée par moi (mari6s) sans rémunération quelle qu'elle soit, à partir des chansons citées ci-dessus, dont les droits appartiennent à leurs auteurs, compositeurs et interprètes respectifs. Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure, ainsi que les droits cités précédemment, et d'inclure un lien vers mon blog.

mercredi, 04 mai 2016

Armoiries de Clo - Même pas peur des dragons

Nouvelles armoiries, réalisées pour l'anniversaire d'une amie (avril 2016).

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Tiercé en pairle de carnation, d’or et de gueules, accompagné à dextre d’un crayon et d’un pinceau passés en sautoir du troisième, chapés et chaussés de fer et de carnation, et à senestre d’une clef de sol du deuxième. L'écu surmonté d’un visage féminin du premier criné de sable et dissimulé par un masque vénitien de gueules et d’or, qu’entourent deux dragons en vol des mêmes. Soutenu par des fleurs d’angélique d’argent et de sinople et de bleuets d’azur, et supporté par deux chats rampants, l’un de tanné et de sable et l’autre des mêmes et d’argent.  Surmontant l’écu, un listel du même portant le cri « Par Saint Georges ! » d’azur, et surmontant la suite du cri « Même pas peur des dragons » de sinople. Sous l’écu, un listel du premier portant la devise « La liberté commence où l’ignorance s’arrête » d’or.

Rouge : joie

Or : lumière

Bleu : loyauté, liberté

Vert : espoir

Bleuet : délicatesse, timidité

Angélique : inspiration

Dragon : persévérance

Masque vénitien : costumes, théâtre

Citation de Victor Hugo.

mercredi, 06 avril 2016

Puzzle de chansons n°40 : Running in Space and Time

That's me in the corner, that's me in the spotlight, losing my religion, trying to find anything I can feel that I can believe in... I was disappearing in plain sight; there's a lot of things that can kill a man, there's a lot of ways to die. Some are already dead that walk beside me, can't you see that we're dead until we wake up? I only want to die alive.

The storm is coming but we don't mind, people are dying, we close our blinds. We counted all our reasons, excuses that we made, we're running out of alibis. Do the bloodied sheets on those cobbled streets mean we have wasted time?

See our world is slowly dying, I'm not wasting no more time. When seas cover lands and when men are no more, we'll find a place in time, a place in time beyond the sun, a place in time to call our home.

But for now it’s time to run, it’s time to run! Run – is this to be our fate? Hide – freedom is ours as long as we escape. I can't tell where the journey will end but I know where to start.

Till then we’ll make our bed from a disused car, with a mattress of leaves and a blanket of stars, we'll stay awake beneath the trees. We'll watch the buildings turn to dust, all alone in space and time, there's nothing here but what’s here's yours and mine.

Losing my religion (R.E.M.)

In the sun (Joseph Arthur)

No light no light (Florence & The Machine)

Empty (Ray Lamontagne)

The Great Escape (Woodkid)

Break free (Ariana Grande)

Keep breathing (Ingrid Michaelson)

Blame it on me (George Ezra)

The Bitter End (Placebo)

I Really Want You (James Blunt)

Prayer in C (Lilly Wood and the Prick)

A Place in Time (Amanda Abizaid)

Run boy run (Woodkid)

The way it ends (Landon Pigg)

Wake me up (Avicii)

Life’s for the living (Passenger)

I’ll hold my breath (Ellie Goulding)

Every you every me (Placebo)

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Image Fotolia

C’est moi, là dans le coin, là sous les projecteurs, je perds la foi, j’essaie de trouver quelque chose qui me donne l’impression de pouvoir y croire... Je disparaissais sous les yeux de tous ; il y a de nombreuses choses qui peuvent tuer un homme, de nombreuses façons de mourir. Certains sont déjà morts alors qu’ils marchent à mes côtés, ne vois-tu pas que nous sommes morts jusqu’au moment où nous nous réveillons ? Je veux simplement être en vie quand je mourrai.

La tempête arrive mais nous ne nous en soucions pas, les gens meurent, nous fermons les yeux et les volets. Nous avons compté toutes nos justifications, les prétextes que nous avons inventés, nous arrivons à court d’alibis. Les feuilles ensanglantées répandues dans ces rues pavées signifient-elles que nous avons perdu du temps ?

Notre monde meurt à petit feu vois-tu, je n’ai plus de temps à perdre. Quand les océans recouvriront les terres et que les hommes ne seront plus, nous trouverons un espace dans le temps, un espace dans le temps au-delà du soleil, un espace dans le temps qui nous appartiendra.

Mais pour l’instant il est temps de courir, il est temps de courir ! Cours – est-ce donc notre destin ? Cache-toi – la liberté est à nous tant que nous fuirons. Je ne peux pas te dire où le voyage se terminera, mais je sais par où commencer.

En attendant nous ferons notre lit dans une voiture abandonnée, avec un matelas de feuilles mortes et une couverture d’étoiles, nous veillerons sous les arbres. Nous regarderons les immeubles revenir à la poussière, seuls au monde dans l’espace-temps, il n’y a rien ici mais ce qui est là est à toi et à moi.

© Composition réalisée par moi (mari6s) sans rémunération quelle qu'elle soit, à partir des chansons citées ci-dessus, dont les droits appartiennent à leurs auteurs, compositeurs et interprètes respectifs. Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure, ainsi que les droits cités précédemment, et d'inclure un lien vers mon blog.

Notes de traduction :

« Losing my religion » dans la chanson de R.E.M. vient en fait d’une expression utilisée principalement au Sud des États-Unis, qui signifie qu’on est à bout, en colère, ou que l’on jure (l’idée de départ venant de l’interdiction religieuse de jurer et de blasphémer).

Choix qui pourrait vous surprendre : j’ai traduit « close our blinds » par « fermer les yeux et les volets ». « Blinds » ici signifie stores, mais je trouvais particulièrement marquante dans la chanson le jeu de mot, volontaire ou involontaire, sur « blind », aveugle, qui me rappelle toujours « turn a blind eye » (fermer les yeux, faire semblant de ne rien voir). J’ai donc choisi de traduire comme je pouvais cette idée.

J’ai choisi de traduire « bloodied sheets » par « des feuilles ensanglantées », même si « sheet » tout seul signifie plus souvent « draps »… Je ne sais pas quelle était l’idée de départ, mais je visualisais plus facilement des papiers s’envolant dans la rue.

mercredi, 02 décembre 2015

J'ai vu et entendu... In extremis (album et concert) de Francis Cabrel

J’ai eu la chance d’assister au concert de Francis Cabrel pour son dernier album, In extremis, comme je l’avais déjà fait il y a six ans pour sa tournée précédente, Des roses et des orties.

Deux heures trente de bonheur, avec une première partie très sympathique également. Comme à son habitude, Cabrel confie la première partie à un jeune auteur-compositeur des Rencontres d’Astaffort. En 2009 nous avions vu Marie Cherrier, cette fois nous avons découvert Benoît Dorémus. Un joli ensemble guitare-voix avec des textes à l’angle original et décalé, notamment sur les ruptures (Brassens en pleine poire ; Déjà, ma chère Laura)… et sur la lecture au petit coin (Lire aux chiottes).

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Cabrel interprète ensuite une bonne partie des titres du nouvel album, mais aussi de nombreux classiques des précédents, réorchestrés et réinterprétés avec une grande originalité, comme Sarbacane et C'est écrit (Sarbacane, 1989), ou La dame de Haute-Savoie (Fragile, 1980), ou chantés avec le public, comme Je l'aime à mourir (Les chemins de traverse, 1979).

Il est accompagné tour à tour par ses excellents musiciens à la basse, au piano, à l’accordéon, au violon, avec diverses percussions, ainsi que par un chœur de trois femmes à la voix de miel. À noter, la sono parfaitement réglée pour mettre en valeur la voix et les instruments, c’est relativement rare en concert. Les jeux de lumière et de projecteurs sont très bien pensés, très beaux, et on ressort en n’ayant mal ni aux oreilles, ni aux yeux, mais des étoiles plein la tête.

Le sourire aux lèvres tout au long du concert et la larme à l’œil pour les chansons les plus dures et émouvantes comme Cabrel sait les faire : Mandela, pendant ce temps (In extremis), mais aussi Cent ans de plus (Hors-saison, 1999) sur l’histoire des Afro-américains, African tour (Des roses et des orties, 2008) sur le périple des migrants, ou encore La corrida (Samedi soir sur la Terre, 1994).

Il a beau ne pas se considérer comme un chanteur à voix, Cabrel montre en concert l’étendue de son coffre sur les parties les plus poignantes de chansons comme Dur comme fer, La voix du crooner (In extremis) ou C’est écrit (Sarbacane, 1989).

On est toujours épaté par le renouveau dans les arrangements et l’orchestration, tout en constatant encore une fois que les chansons les plus anciennes de Cabrel ne sont pas datées. Tous ses titres se juxtaposent à merveille sans rupture sensible entre les différents albums, et on a l’impression de connaître les nouveaux depuis des années dès la première écoute, tout en redécouvrant les anciens à chaque fois.

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Quant à l’album, sorti au printemps dernier, il est lui aussi très réussi. On reconnaît la « patte » de Cabrel dès les premiers accords de guitare, et on découvre mille petits trésors d'écriture au fil des écoutes.

Dur comme fer
Pour cette chanson qui swingue, Cabrel trempe sa plume dans le vitriol, avec pour autant toujours une certaine tendresse, et peint le portrait des politiciens à la promesse facile, « soulevés par la grâce, [qui disent qu’ils vont] changer nos vies, sous les dorures des palaces on a juste peur qu’[ils oublient]. »

À chaque amour que nous ferons
Une ballade toute douce à l’ambiance intimiste, sur l’amour qui dure, l’amour de la vie de tous les jours. « Le monde peut dormir tranquille, il ne fait qu’un rêve à la fois ; des rêves à la fois, j’en fais mille, ils ont tes manières et ta voix. »

Le pays d'à côté
Ce titre aux chœurs africains mais au message universel plaide pour plus de solidarité et de responsabilité politique, et moins de repli sur soi. Plutôt que de « [laisser] faire par profit ou manque de courage » et de se rassurer en se disant que « le pays d’à côté est couvert de nuages », il nous incite à agir ici, maintenant.

Azincourt
Cette chanson sur la bataille d’Azincourt, sanglante défaite française dans l’actuel Pas-de-Calais pendant la Guerre de Cent Ans dont on commémore cette année les 600 ans, l’aborde d’un angle original et avec l’image récurrente des papillons, « insectes pris de court dans l'affreux tourbillon des flèches taillées pour traverser les poumons ». C’est une complainte intimiste, très dure, dédiée plus particulièrement aux survivants dont « la famille dira ils sont aveugles et sourds, comme on se moquera des gestes qu'ils feront, personne ne saura qu'ils voient partout des papillons. »

In extremis
Magnifique et très dur, ce titre raconte le « génocide par précaution » des oiseaux, qui « chantent dans une langue éteinte » et représentent un « trouble à la normalité ». Référence au massacre des moineaux considérés comme nuisibles sous Mao Tse-Tung (ce qui a provoqué un déséquilibre écologique majeur), et écrit en pensant aux langues régionales comme l'occitan, si longtemps écrasées par le français, il évoque aussi plus largement la tendance à la normalisation et à l’éradication des différences. Le résultat étant qu’ « on parle tous la même langue, comme ça on peut suivre l'écho de la même voix qui rabâche sur la même chaîne d'info. »

Dans chaque cœur
Très émouvante et douce, cette chanson raconte l’histoire d’un célèbre chemin de croix, de ceux qui « rient de voir les marques à ses genoux » mais aussi de celui qui « pour le faire boire, […] s’est approché », montrant que « dans chaque cœur » il peut faire bien froid mais « il y a un printemps caché ». Un message d’amour universel exécuté brillamment.

Partis pour rester
Un bel hymne au temps qui passe, à la « grande aiguille [qui] se déplace » malgré tous nos efforts pour « faire du surplace ». Un peu rock, un peu blues, tempo marqué, une voix subtilement doublée, c’est aussi une chanson d’amour : « une vie à t'enlacer mille fois recommencée, et c'est pour ça qu'on va rester, rester. »

Mandela, pendant ce temps
Une ode émouvante à Mandela, qui raconte le temps qui passe pour tout le monde pendant ses vingt-sept années de captivité. « Au matin de tes vingt-sept ans, pense à tout ce que tu as pu faire, plusieurs fois le tour de la Terre, imagine tout ce temps Mandela sur son lit de camp ». Joli parallèle original et accompagné par des chœurs jazzy pour les refrains.

Les tours gratuits
Une très belle comptine aux airs de ritournelle, sur les enfants qui s’en vont et les parents qui restent, à travers la métaphore des manèges et des jeux. « Tournez belles licornes, tournez chevaux de bois, vous tournez pour la forme, elles ne reviendront pas. » Restent les souvenirs des « millions de fois où [l’on a] vu briller [leurs] yeux ». Magnifiquement écrit avec le champ lexical des tours, tourner, retourner...

La voix du crooner
Cette chanson pleine de tendresse raconte la persévérance d’un chanteur vieillissant sans grand succès, qui « chante ses amours lointaines qui ne déroulent qu'un seul thème : les jours passés sont les meilleurs ». Elle me fait un peu penser dans son ton à Piano Man de Billy Joel, qui parle elle aussi de ces artistes qui font rêver comme ils peuvent les gens ordinaires.

Pas si bêtes
Cabrel chante ici l’urgence de vivre et danser malgré tout ce qui va mal : « Sans vouloir vous offenser, si le ciel doit se renverser ce sera sur nos toitures percés, et ça, on n’est pas si bêtes, on le sait ». On retrouve le même côté désabusé par rapport aux « élites » que dans Dur comme fer : « Celui qui tient les manettes d’une main lance les dés et de l’autre, les arrête ».

Les fontaines du jazz
Titre bonus dont le thème rappelle Cent ans de plus (Hors-saison, 1999) qui racontait l’histoire des noirs aux États-Unis et disait : « après ça faut pas que tu t'étonnes, c'est eux qui ont fait, eux qui ont fait, Son House et Charlie Patton, Howlin' Worf et Blind Lemon ». Celui-ci cherche les racines du jazz dans les ghettos pauvres et glauques, où « toutes les filles du quartier apprenaient à compter sur les touches d'un piano d'occase ». « Demandez à Billy à Chet ou à Louis comment ça fait quand la vie vous écrase. »

À écouter et à réécouter, et je ne saurais trop vous encourager à aller le voir en concert s'il reste des places sur des dates près de chez vous !

samedi, 12 septembre 2015

Humeur du moment n°17

Un livre : Métro Baker Street (The Case of the Gypsy Goodbye,
Nancy Springer)

Une chanson : In the sun (Joseph Arthur).

Une série télé : Les enquêtes de Murdoch (The Murdoch Mysteries,
créé par Maureen Jennings).

Un film : La face cachée de Margo (Paper Towns,
réalisé par Jake Schreier).

Un site internet : Pixlr (outil gratuit en ligne similaire à Photoshop).

Un mot : talents.

Un objet : une pastèque.

Une activité : m'amuser à découvrir les secrets des formules d'Excel.

Une météo : une brise rafraîchissante.

Niveau de stress : 2/10.

Niveau d’angoisse : 4/10.

Niveau de contentement : 9/10.

Niveau de bien-être : 8/10.

samedi 12 septembre 2015 Publié dans Dans ma vie..., Humeur du moment | Tags : humeur, moment, sélection, livre, film, série, site, chanson, musique, mot, météo | Commentaires (0) |  Facebook | |

mercredi, 22 avril 2015

Puzzle de chansons n°32 : Making up an empty bed

Am I making it up? Was there something I missed? Was it all in my head? In an empty bed, early morning hours got me dreaming of your face, and I can't sleep much longer without you here. If this isn't real, I don't know what is, still got my lipstick on your skin. Am I making it up? Was it all just a dream? In my dreams it felt so right, but I woke up every time. Tossing, turning, struggled through the night with someone new ; lantern burning, flickered in my mind for only you. When you’re near me the flame's burning, now it’s getting dark in this heart of mine. If this isn't real, then tell me what is. Wake me up now and tell me this is all a bad dream.

Making it up (Allison Weiss)

Infinity (AJR)

How to be alone (Allison Weiss)

If this isn’t real (Texas)

Break free (Ariana Grande)

This love (Taylor Swift)

One kiss later (Ashton Lane)

All the little lights (Passenger)

Everything I didn’t say (Five Seconds of Summer)

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L’ai-je inventé ? Ai-je manqué quelque chose ? N’était-ce que mon imagination ? Dans un lit vide, le petit matin me surprend à rêver de ton visage, et je ne peux guère dormir plus sans ta présence. Si ce n’est pas réel, je ne sais pas ce qui peut l’être, il reste de mon rouge à lèvres sur ta peau. L’ai-je inventé ? N’était-ce qu’un rêve ? Dans mes rêves tout semblait si parfait, mais je me réveille à chaque fois. Je me tourne et me retourne, j’essaie tant bien que mal de passer la nuit avec quelqu’un d’autre ; une flamme danse et vacille dans mon esprit, juste pour toi. Quand tu es près de moi, elle brûle, à présent l’obscurité gagne mon cœur. Si ce n’est pas réel, alors dis-moi ce qui l’est. Réveille-moi maintenant et dis-moi que tout ça n’est qu’un mauvais rêve.

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* Crédits image : je publie cette image, qui ne m'appartient pas, sans crédits car je n'ai pas pu retrouver l'original. Je l'ai trouvée sur un blog qui n'en citait pas l'auteur et elle m'a vraiment tapé dans l’œil, j'ai essayé d'identifier la source par « reverse image search » sur ce site, mais il y a des centaines de résultats dont certains remontent à 2008 et certains où elle a été modifiée avec ajouts de textes par exemple, et je n'ai pas réussi à savoir s'il y a des droits particuliers. Elle est parfois intitulée « His side of the bed », parfois « Empty bed » ou encore « Missing you ». Si vous avez plus d'infos ou si cette image vous appartient, n'hésitez pas à me contacter pour que je précise les crédits ou pour que je la retire de mon blog si nécessaire.

samedi, 11 avril 2015

Puzzle de chansons n°31 : The skies of this love

I was an island before you came along, put your boat in my sand, your hand in my hand, your heart in my songs. Clear blue water, high tide came and brought you in, and I could go on and on, on and on, and I will. Summer rain was pouring down, we forgot the world around, staying up to count the stars. And I don't know if it's me or you, but I can see the skies are changing in all the shades of blue. Skies grew darker, currents swept you out again, and you were just gone and gone, gone and gone. The water filled my lungs, I screamed so loud but no one heard a thing, like trying to scream underwater. If it's gonna be a rainy day, there's nothing we can do to make it change. Rain came pouring down when I was drowning... that's when I could finally breathe and this love came back to me.

I was an island (Allison Weiss)

This Love (Taylor Swift)

Without You (One Two)

Please don’t stop the rain (James Morrison)

Clean (Taylor Swift)

The great escape (P!nk)

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Fresh Summer Rain par BlackJack0919

J’étais une île avant que tu débarques, ton bateau sur ma plage, ta main dans ma main, ton cœur dans mes chansons. L’eau était bleue et claire, la marée est montée et t’a déposé, et j’en ai tellement plus à dire, tellement plus et je le ferai. La pluie d’été tombait à verse, nous avons oublié le monde autour de nous, oubliant de dormir pour compter les étoiles. Et je ne sais pas si c’est toi ou moi, mais je vois que le ciel se transforme dans toutes les nuances de bleu. Le ciel s’est obscurci, le courant t’a emporté et tu as simplement disparu, disparu. J’ai bu la tasse, j’ai crié si fort mais personne n’a rien entendu, c’était comme essayer de hurler sous l’eau. Si la journée doit être pluvieuse, on ne peut rien y faire. Il s’est mis à pleuvoir à verse alors que je me noyais... et j’ai enfin pu respirer, et cet amour m’est revenu.

mercredi, 01 avril 2015

Puzzle de chansons n°30 : The sound of silence in our molds

Un puzzle plus long que de coutume car j'ai repris des éléments plus narratifs qu'à mon habitude, avec des extraits qui sont donc plus longs...

People talking without speaking, people hearing without listening, the sound of silence grows as the spider's kiss is laid. The tumor becomes malign but the kids are doing fine. I can't take it any longer, thought that we were stronger, I forgot what to do to fit the mold. How I wish I could surrender my soul, shed the clothes that become my skin, see the liar that burns within my needing. And I stumbled down to the stomach of the town, and we all had new iPhones but no one had no one to call. We're feeling so anaesthetized in our comfort zone, well I’m sick of this town, this blind man’s forage, they take your dreams down and stick them in storage. You can have them back when you’ve paid off your mortgage and loans. Oh hell with this place, I’ll go it my own way! The wind was sweet and smelled of home, the sea was rough and felt unknown. I saw my fears in your eyes, you saw your fear in mine. Can we keep our bearings straight, or will we be blown off course? Are we instruments of fate? Do we really have a choice?

The Sound of Silence (Simon & Garfunkel)

The Bitter End (Placebo)

I Hate This Part (Pussycat Dolls)

Who You Are (Jessie J)

Tears and Rain (James Blunt)

Life’s for the Living (Passenger)

Never-Ending Why (Placebo)

Boat Song (Woodkid)

When Things Explode (Unkle)

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Des gens qui discutent sans se parler, des gens qui entendent sans écouter, le bruit du silence augmente quand l’araignée vous embrasse. La tumeur devient maligne, mais les enfants vont bien. Je ne peux plus continuer, je nous croyais plus forts, j’ai oublié quoi faire pour rentrer dans le moule. Comme j’aimerais pouvoir rendre mon âme, ôter les vêtements qui deviennent ma peau, voir le menteur qui brûle au cœur de mon besoin. Et j’ai titubé jusqu’au ventre de la ville, et nous avions tous de nouveaux iPhones mais on n’avait personne à appeler. On se sent tellement anesthésié dans notre zone de confort, eh bien j’en ai marre de cette ville, d’avancer à tâtons, ils vous enlèvent vos rêves et les mettent au garde-meubles. On peut les récupérer une fois qu’on a payé son hypothèque et ses crédits. Oh ras-le-bol de cet endroit, je pars de mon côté ! Le vent était doux et sentait bon la maison, la mer était rude et évoquait l’inconnu. J’ai vu mes peurs dans tes yeux, tu as vu la tienne dans les miens. Pourrons-nous garder nos repères, ou partirons-nous à la dérive ? Sommes-nous les instruments du destin ? Avons-nous réellement le choix ?

© Composition réalisée à partir des chansons citées ci-dessus et traduit en français par mari6s. Si vous le citez, merci de préciser que j'en suis l'auteure et d'inclure un lien vers mon blog.